Les Randos de Fred & Paul

Etape 9 : Ombret-Rawsa → Rotheux-Rimière (18 km) réalisée en août 2013

C'est vers 9h20 que nous commençons l'étape la plus courte de la semaine. Le soleil, déjà bien présent, ne nous quittera pas aujourd'hui ! La crème solaire et les chapeaux seront donc de sortie. Nous quittons Ombret-Rawsa en montant un escalier qui nous conduit sur le chemin de Hottine en direction de la ferme du même nom. Sur la gauche, apparaissent la Meuse et les tours de la centrale de Tihange.

Dès les années 1960, la Belgique opte pour une production électrique partiellement basée sur le nucléaire : la consommation connaît une croissance régulière et les combustibles fossiles ne peuvent plus constituer la seule option pour répondre à la demande d'énergie. Ceci conduit à la construction de trois réacteurs nucléaires, à eau pressurisée, à Tihange (de 1975 à 1985). Pour refroidir le cœur des réacteurs, de l'eau est prélevée puis renvoyée dans la Meuse. Les circuits de refroidissement sont équipés chacun d'une tour de refroidissement et alimentent en vapeur un groupe turbo-alternateur constitué d'une turbine et d'une génératrice électrique d'environ 1000 mégawatts. C'est Electrabel qui en assure l'exploitation.

GR 575-576 : Tihange, centrale nucléaire

Nous passons à côté de la ferme de Hottine, reconstruite en 1715 et isolée à l'ouest du village d'Hermalle-sous-Huy ; c'est une ancienne dépendance de l'abbaye de Flône. Un peu après cette ferme, nous franchissons le ruisseau d'Oxhe. Ce petit affluent (20 km) de la Meuse est constitué par la réunion d'un bras principal appelé ruisseau du Fond d'Oxhe, qui prend sa source à Villers-le-Temple, et d'un affluent appelé ruisseau de Falogne, qui prend sa source à St-Séverin.

GR 575-576 : Amay, ferme de Hottine

Pendant près de 2 km, nous suivons un chemin de terre, parallèle à la N90, menant à l'entrée du village d'Hermalle-sous-Huy. Proche de l'église et implanté dans le noyau central, le château est entouré d'un parc partiellement emmuraillé. Il est disposé autour d'une cour d'honneur en fer à cheval et est défendu par une ceinture de douves. Le plan rectangulaire date certainement du Moyen-âge, époque où il aurait été flanqué de quatre tours. Il a été reconstruit en grande partie au XVIIe siècle en moellons de grès, calcaire et brique et transformé en bâtiment de style mosan avec l'adjonction de deux tours quadrangulaires.

À côté, la ferme castrale en carré, des XVIIe et XVIIIe siècles, a été laissée à l'abandon en 1975 suite à l'arrêt des activités agricoles. Elle a été rénovée par ses nouveaux propriétaires et abrite maintenant un centre touristique composé du musée de la Gourmandise et du musée des Postes restantes.

GR 575-576 : château d'Hermalle-sous-Huy

Après être passés devant l'église St-Martin d'Hermalle-sous-Huy, nous franchissons une barrière métallique et entamons une longue montée, en direction du village de St-Séverin, à travers le bois d'Hermalle. Le sentier, fort encaissé par endroits, devient un agréable chemin herbeux entre les fougères. Nous poursuivons ensuite l'ascension dans une pessière (forêt naturelle d'épicéas) avant de prendre un chemin de terre en lisière de forêt, parallèle au ruisseau de Falogne.

GR 575-576 entre Hermalle-sous-Huy et St-Séverin GR 575-576 entre Hermalle-sous-Huy et St-Séverin, Bois d'Hermalle

Il est un peu plus de midi lorsque nous entrons dans St-Séverin en Condroz. Nous effectuons la pause pique-nique au bord de l'étang puis, nous allons visiter l'église. Au flanc d'une butte, l'édifice, en grès psammite dit « pierre d'avoine », est accessible par une longue volée d'escaliers. Son plan traditionnel s'inspire du style roman clunisien. La nef principale et les bras du transept, de même hauteur, dessinent une croix ; le chœur se termine par une abside semi circulaire basse, flanquée de trois absidioles. Une belle tour lanterne octogonale domine la croisée du transept.

C'est en 1091 que le comte de Clermont, Gislebert, et sa famille cèdent à l'abbaye des Sts-Pierre-et-Paul de Cluny l'église de St-Symphorien (le nom du village est le résultat d'une confusion produite à cette époque entre St-Séverin et le véritable patron de la paroisse primitive). La nouvelle église, dédiée, aux Sts-Pierre-et-Paul, est bâtie entre 1136 et 1145. Le prieuré restera clunisien jusqu'au début du XVIe siècle. En 1574, il est cédé aux Jésuites de Liège qui l'occupent pendant deux siècles. Classée en 1851, l'église connut alors une longue période de restauration : reconstruction du chœur, du transept et des absides en 1862, des nefs en 1900. De nouvelles modifications vers 1915 lui donneront son aspect actuel.

GR 575-576 : St-Séverin, église Sts-Pierre-et-Paul GR 575-576 : St-Séverin, église Sts-Pierre-et-Paul

L'intérieur, caractérisé par sa sobriété, renferme de superbes fonts baptismaux (XIIe siècle) en calcaire. Les faces latérales de la cuve baptismale sont ornées de lions aux pattes fléchies tandis que ses angles sont ornés de visages humains barbus dont l'un représente une tête couronnée légèrement inclinée.

GR 575-576 : St-Séverin, église Sts-Pierre-et-Paul (fonts baptismaux)

Après la visite de l'église, nous quittons St-Séverin en Condroz et nous retrouvons rapidement sur un chemin de terre entre les champs. Nous rejoignons une route asphaltée, près du château ferme de Halledet, et continuons sur celle-ci pendant près de deux kilomètres. Ce long tronçon très plat et rectiligne, au milieu de la campagne, n'est pas la plus belle partie de l'étape... d'autant plus qu'il fait chaud et qu'il n'y a pas le moindre petit bosquet pour nous offrir un peu d'ombre !

GR 575-576 entre St-Séverin et Neupré

Nous arrivons sur le territoire de Neupré. Le nom de cette commune a été choisi car il forme un acronyme avec les initiales des quatre anciennes communes de NEUville en Condroz, Plainevaux, Rotheux-Rimière et Ehein, regroupées lors de la fusion des communes de 1977. Néanmoins, le toponyme « Neupré » n'est pas un néologisme : il désignait déjà jadis un hameau de la commune de Rotheux-Rimière. Le GR 575-576 franchit la N677, passe dans un lotissement et rejoint la N639 qu'il suit jusqu'à la N67, la Route du Condroz, qu'il traverse aussi. Un peu en dehors du parcours, on peut admirer le château de Neuville ainsi que le cimetière américain.

Le château de Neuville n'est pas ouvert au public, néanmoins on peut s'en approcher depuis la rue de l'Ermitage. Construit en moellons de grès, le château fort (XIIIe siècle) était entouré de douves dont deux ponts-levis permettaient le passage. Les douves existent toujours mais, les ponts-levis ont été remplacés par des ponts en pierres. En 1724, la famille de Lannoy, devient propriétaire du domaine pour une période de 130 ans. Elle apporte de conséquentes modifications au château. De forteresse, il devient demeure de plaisance et figure parmi les plus remarquables de la Principauté de Liège. En 1940, le château est occupé par les troupes allemandes. En décembre 1944, deux bombes volantes (V1) tombent à proximité du château, dans l'étang, endommageant gravement l'édifice. Puis, pendant de nombreuses années, le château est abandonné, livré aux intempéries et aux pilleurs. Aujourd'hui, il a été entièrement rénové et est occupé par une société.

GR 575-576 : Neupré, château de Neuville

Le cimetière commence à accueillir des dépouilles dès février 1945. Le site a probablement été ouvert pour désengorger le cimetière américain d'Henri-Chapelle : il allait en effet frôler la saturation provisoire avec ses 17 000 soldats, avant le rapatriement d'un grand nombre de corps via Anvers. Le cimetière couvre une superficie d'un peu plus de 36 ha et compte 5329 tombes de soldats américains. Il doit son établissement au devoir de mémoire entrepris par l'American Battle Monuments Commission qui gère, entre autre, 14 cimetières militaires hors territoire américain commémorant la Seconde Guerre mondiale. Le cimetière, avec ses constructions remarquables, a été terminé en 1962.

GR 575-576 : Neupré, cimetière américain

Nous prenons un petit chemin asphalté, faisant partie d'une promenade locale appelée « Au fil de l'eau » (en référence aux très nombreux points d'eau, pompes et fontaines de la commune) pour aboutir devant l'une des deux églises de Rotheux-Rimière, où nous finissons cette étape. Le village possède, en effet, deux églises : la plus ancienne, datant de 1764, abrite aujourd'hui la bibliothèque communale ; la nouvelle, située 50 mètres plus loin, date de 1892.

GR 575-576 : Neupré, les deux églises de Rotheux