Les Randos de Fred & Paul

Basilique du Sacré-Cœur de Koekelberg

C’est l’un des bâtiments religieux les plus importants et les plus imposants de Bruxelles. De par ses dimensions (longueur 164 m, largeur 107 m, hauteur 93 m), c'est la cinquième église en ordre de grandeur du monde et le plus grand bâtiment Art Déco d'Europe occidentale.

Depuis 1880, le roi Léopold II rêvait d’ériger, sur le plateau de Koekelberg, un panthéon national à l’exemple de celui de Paris, et ceci à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de la Belgique. Le projet ne parvenant pas à faire l’unanimité, ni à rassembler les fonds nécessaires, sera finalement abandonné. Impressionné par la basilique du Sacré-Cœur à Paris, le roi opta pour un édifice religieux. Ce n’est que 25 ans plus tard, qu’il posa la première pierre mais, les travaux furent interrompus durant la Première Guerre mondiale. Le 11 novembre 1970, la cérémonie du 25e anniversaire d'épiscopat du Cardinal Suenens, archevêque de Malines-Bruxelles, marqua l'achèvement de la construction de la basilique.

Bruxelles : basilique de Koekelberg

Le bâtiment est inspiré par l'architecture Art Déco, mais également par le modernisme du début du XXe siècle. La structure de l'édifice est entièrement en béton armé recouvert de terre cuite émaillée. De l'intérieur, on a une belle vue d'ensemble sur les différentes chapelles et sur les nombreux vitraux, offerts par des personnalités, des associations et des congrégations du monde catholique. Grâce à un ascenseur, on peut accéder au panorama (à 52,80 mètres) sur la terrasse en dessous de la coupole. Par temps clair la vue s'étend jusqu'à Vilvorde, Hal, Malines.

Bruxelles : basilique de Koekelberg (intérieur)

Place Sainte-Catherine et Tour Noire

La place qui s'étend autour de l'église Sainte-Catherine a été aménagée en 1870, après le comblement du grand bassin Sainte-Catherine. L'architecte Joseph Poelaert a érigé, entre 1854 et 1873, cette nouvelle église de style hétéroclite (il se serait inspiré de l’église Saint-Eustache à Paris). La nouvelle place a absorbé les anciens quais au Sel et aux Semences. De ce dernier, toutes les constructions ont été démolies sauf la Tour Noire et la tour baroque de l'ancienne église, datant de 1629.

Bruxelles : église Sainte-Catherine

La Tour Noire fait partie de la première enceinte construite au XIIIe siècle. Grâce aux efforts de Charles Buls, elle fut conservée et restaurée en 1889. L'épaisseur du mur est percée, çà et là, d'une meurtrière par où l'assiégé pouvait lancer des traits sur l'assiégeant. La partie supérieure a été modifiée et ne correspond plus au type primitif. À l’origine, la tour n'avait qu'une plateforme à ciel ouvert, entourée d'un parapet à créneaux. Aujourd'hui, on y voit une sorte d'étage supérieur, percé de trois fenêtres et d'un toit conique. Vers la ville, ce toit est adossé à un pignon à gradins.

Bruxelles : tour église Sainte-Catherine, tour noire

Grand béguinage

Il y avait jadis plusieurs béguinages à Bruxelles dont le Grand béguinage, appelé béguinage Notre-Dame de la Vigne. À la fin du XIVe siècle, il y avait ici 1 200 béguines ! Ce Grand béguinage avait de très importants revenus grâce à l’industrie du drap, la principale industrie de Bruxelles jusqu’au XVIIIe siècle. Les béguines tissaient effectivement du drap, et les autorités de la ville aimaient faire appel à elles pour leurs commandes, car elles étaient apparemment des prestataires plus faciles que la corporation des drapiers.

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le béguinage constituait un véritable village (il s’étendait sur près de sept hectares) à côté de la ville. Il faut imaginer cette place entourée de ruelles où s’accolaient petites et grandes maisons, le tout entouré d’une enceinte extérieure et d’un fossé. Ce type d’agencement peut encore se voir à Bruges, par exemple.

L’église Saint-Jean-Baptiste au Béguinage a été bâtie entre 1657 et 1676. La décoration de la façade, résolument baroque, dérive de l’église du Gesù à Rome. En 1797, le régime français ferma l'église et les béguines se dispersèrent peu à peu. L’année suivante, on commença à morceler les vastes terrains et les sillonner de rues nouvelles.

Bruxelles : église Saint-Jean-Baptiste au Béguinage

Passage du Nord

C’est au XIXe siècle qu’est née en Europe, et principalement à Paris, la mode des galeries commerciales. Entre 1820 et 1860, Bruxelles est aussi touchée par cet engouement des passages couverts. On y construira, durant cette période, une dizaine d’édifices, dont ne subsistent de nos jours que trois : les Galeries Saint-Hubert, la Galerie Bortier et le Passage du Nord. Comme le Passage Lemonnier à Liège (premier passage de ce type construit en Belgique), ce passage, inauguré en 1882, est représentatif du type « rue galerie ».

Liaison vitrée entre deux rues commerçantes fréquentées, le Passage du Nord est construit sur six niveaux avec une longueur de 70 mètres sur 6 de large et totalise un peu plus de 5 000 m². L’intérieur de la galerie est rehaussé par la présence de 32 caryatides (quatre fois la même série de huit statues). Deux statues d’enfants sont placées des deux côtés de la passerelle ; elles mettent en scène une allégorie de la récréation d’un côté, et de la méditation de l’autre.

Bruxelles : passage du Nord

Place des Martyrs

Cette place déconcerte par sa quiétude et son ordonnance classique du XVIIIe siècle, mais aussi par l'étroitesse de ses issues et son manque d'arbres. Au milieu de cette place, on trouve une crypte où sont enterrés les martyrs des journées de septembre 1830 ; d'où le nom de place des Martyrs donné à cette place. Celle-ci s'appelait auparavant place Saint-Michel et avait été bâtie, en 1774-1775, sur l'emplacement de l'ancienne Rame aux Draps (prairie où les drapiers, moyennant une redevance, venaient étendre leurs draps sur des séchoirs) créée deux siècles plus tôt.

Bruxelles : place des Martyrs

Le monument central, dont les sculptures sont en marbre blanc de Carrare, est surmonté d’une représentation de la Liberté inscrivant les journées des 23, 24, 25 et 26 septembre 1830. Sous les quatre anges, et sous le niveau de la place, les quatre faces du monument comportent des bas-reliefs représentant des scènes de la Révolution belge.

Bruxelles : place des Martyrs, crypte

Deux autres monuments seront ajoutés plus tard, aux deux extrémités de la place : le monument consacré à Jenneval (compositeur de la Brabançonne), et celui en mémoire de Frédéric de Mérode, tous deux morts au combat en octobre 1830.

Bruxelles : place des Martyrs, monument Frédéric de Mérode & Jenneval

Cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule

Au VIIe siècle, il existait un petit oratoire, dédié à l’Archange Saint-Michel, situé à l’intersection de chemins suivis par les pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle. Vers la moitié du XIe siècle, cet oratoire est remplacé par une église romane. Elle devient le siège de la première paroisse de la ville. En 1047, le comte de Louvain la dote d’un chapitre de douze chanoines et y fait transporter les restes de Sainte-Gudule. Cette nouvelle église prend le nom de collégiale des Saints-Michel-et-Gudule.

Au début du XIIIe siècle, le duc de Brabant Henri Ier fait remplacer l’église romane par la magnifique église que nous admirons aujourd’hui. Cette époque coïncide avec l'apparition du style gothique dans nos régions. Presque 300 ans furent nécessaires pour mener à son terme cette gigantesque entreprise qui fût achevée sous le règne de l'empereur Charles Quint. Son architecture présente les différentes caractéristiques du gothique brabançon.

En 1962, l’archevêché de Malines-Bruxelles élève le sanctuaire au rang de cathédrale. Depuis l’enterrement du duc Jean II de Brabant en 1312, l’édifice sert de cadre prestigieux à de grandes cérémonies : le couronnement de l’empereur Charles Quint, le mariage de nos souverains,…

Bruxelles : cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule

À l’intérieur de l’édifice, on peut admirer de remarquables vitraux du XVIe siècle, dont ceux de la chapelle du Saint-Sacrement qui évoquent les différents épisodes du légendaire Miracle du Saint Sacrement. Une plaque de bronze a été apposée, en 1977, sur le mur nord de la chapelle pour attester de la non-historicité de la légende. Dans le collatéral gauche, un escalier permet d’accéder aux vestiges de l’église romane, dont le plan est matérialisé sur le sol par des dalles plus claires.

Bruxelles : cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, vitrail Saint-Sacrement

Palais royal

Le Palais royal occupe une partie de l’emplacement de l’ancien Palais des ducs de Brabant, complètement détruit en 1731. On édifie alors, face au nouveau parc de Bruxelles, deux grands hôtels destinés, respectivement, au gouverneur militaire et au ministre plénipotentiaire, adjoints du gouverneur général.

Lorsqu’en 1815, suite aux décisions du congrès de Vienne, le royaume des Pays-Bas est constitué, il faut édifier un palais pour le roi Guillaume Ier qui doit résider alternativement dans les capitales des provinces du nord et du sud de son royaume. Les deux anciens hôtels sont réunis par une construction en saillie sur leurs façades. Le rez-de-chaussée laisse un passage public ouvert vers la place par des arcades soutenant une haute colonnade surmontée d’un tympan triangulaire. En 1904, le Roi Léopold II fait remanier complètement la façade du palais et crée les jardins qui le précède, en empiétant sur la place des Palais, qui est, d’autre part, élargie du côté du parc. Ces travaux ne seront terminés que sous le règne du Roi Albert Ier.

Bruxelles : palais royal

Le Palais royal est l'un des plus beaux bâtiments officiels de la capitale. Situé en face du Palais de la Nation, à l'autre extrémité du parc royal, c’est le lieu où le Roi exerce ses prérogatives de chef d'Etat ; c'est ici qu’il accorde ses audiences et que les affaires de l'État sont traitées. Outre le bureau du Roi et celui de la Reine, le Palais royal abrite les services du Grand Maréchal de la Cour, du Chef de Cabinet du Roi, du Chef de la Maison Militaire du Roi et de l'Intendant de la Liste Civile du Roi. Il comporte aussi des salons d'apparat où sont organisées les grandes réceptions, ainsi que des appartements mis à la disposition des chefs d'État en visite officielle.

Flagey, Maison de la radio

La création en 1930 de l’INR mit fin aux années pionnières de la radio. Face au développement de ce média, un édifice de diffusion de conception contemporaine devenait indispensable. À l’issue du concours lancé en 1933, un jury couronne le projet de l’architecte belge Joseph Diongre. Celui-ci combine le souci de recherche architecturale à la volonté de répondre aux exigences acoustiques et techniques les plus sévères. L’originalité du concept réside également dans la dimension d’accueil du public ainsi que dans le raffinement du détail, les matériaux utilisés et la création d’un mobilier adapté.

Dès son lancement, le paquebot (surnom donné à cause de la forme du bâtiment) connaît une notoriété internationale. La qualité des studios, en particulier le Studio 4, est reconnue mondialement et attire les musiciens les plus prestigieux pour des concerts, des festivals ou des enregistrements (musique classique, contemporaine, jazz). Liée à la création radiophonique et musicale, le bâtiment voit en 1953 l’avènement de la télévision. Il devint ainsi pendant plus de trente ans le pôle audiovisuel par excellence. Lorsque les occupants d’origine quittèrent le bâtiment en 1974, celui-ci allait héberger, et ce jusqu’à sa fermeture en 1995, plusieurs institutions culturelles lui donnant ainsi une nouvelle dimension.

Bruxelles : Flagey, Maison de la radio

Rénové et inauguré en septembre 2002 sous le nom de « Flagey », le bâtiment a aujourd’hui retrouvé sa fonction d’origine avec la création d’un espace musical avec studios d’enregistrement, salles de concerts et de cinéma. Il est devenu un lieu à la programmation éclectique.

Bruxelles : Flagey, Maison de la radio (studio 4)

Abbaye de la Cambre

Seule rescapée d’une ribambelle d’abbayes dont le Moyen Âge cercla la ville de Bruxelles, elle s’élève, en 1201, sous l’impulsion d’une moniale, dame Gisèle. Le duc de Brabant lui cède un terrain, en bordure de forêt de Soignes, à proximité d’un point d’eau (la source du Maelbeek) pour parer aux besoins de la communauté. À ce stade, l’abbaye porte la griffe médiévale : le couvent, le réfectoire, l’école et l’infirmerie sont massés autour d’une cour et enlacés par un mur parsemé de portes. Grâce aux largesses des princes et de la bourgeoisie, l’abbaye est prospère et peut se targuer, à la fin du XIIIe siècle, d’être l’un des fleurons du patrimoine brabançon.

De nouveaux bâtiments sont construits, au début du XIVe siècle, dont l’église abbatiale qui est le seul bâtiment de cette époque toujours présent. L’abbaye coule des jours heureux, jusqu’aux guerres de Religion du XVIe siècle. Prise en tenaille entre les belligérants, elle est saccagée en 1578 par les calvinistes avant d’être incendiée, en 1581, par les troupes espagnoles.

Bruxelles : abbaye de la Cambre

À la fin de l’Ancien Régime, deux abbesses transforment l’abbaye en un bel ensemble symétrique. On leur doit notamment ce que nous pouvons encore contempler aujourd’hui : les jardins en terrasses, la cour d’honneur et ses deux grandes ailes latérales, le portail de l’église, le palais abbatial et l’escalier majestueux menant aux jardins. Les travaux sont à peine terminés lorsqu’arrive la Révolution française. Les révolutionnaires s’empressent de fermer les maisons religieuses, les dérobant au passage et empêchant les communautés de se reformer.

Le site, laissé à l’abandon, est largement pillé et devient un dépôt de mendicité jusqu’en 1870. Quatre ans plus tard, l’abbaye abrite l’École militaire de Belgique : le cloître devient un réfectoire, la salle du chapitre un tripot et la moitié de l’église... un gymnase ! Dans les bagages de l’armée, l’Institut cartographique militaire investit les lieux en 1871. En 1908, l’École militaire déménage, tout en abandonnant dans son sillon l’Institut cartographique qui, toujours présent sur le site, est renommé : Institut géographique national.

Bruxelles : abbaye de la Cambre

Dès le XIXe siècle, les abords de l’abbaye s’urbanisent. Lors de la Première Guerre mondiale, l’abbaye sert d’hôpital pour les troupes allemandes. Une campagne de restauration focalisée sur l’église, le cloître, les jardins et la chapelle s’étale de 1920 à 1940. Dans cette dynamique de réhabilitation, l’Institut supérieur des Arts décoratifs (future École nationale supérieure d’Architecture et des Arts visuels) s’installe dès 1926 et n’a jamais délogé depuis. L’église, quant à elle, est rendue au culte en 1927 après avoir été abandonnée à des activités profanes pendant plus de cent ans.