Les Randos de Fred & Paul

Etape 10 : Houyet → Beauraing (22 km) réalisée en octobre 2018

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le train entre les gares de Beauraing et de Houyet.

C’est vers 10h30 que nous commençons, à la gare de Houyet, cette étape. Notre parcours sera aujourd’hui totalement commun avec celui du GR 577. Cet itinéraire de grande randonnée (170 km) fait le « Tour de la Famenne » via notamment Marche-en-Famenne, Rochefort, Houyet et Durbuy. Nous suivons le RAVeL (ancienne ligne Houyet - Jemelle) sur 300 mètres et prenons ensuite l’allée de Rasteau ; commune française du département du Vaucluse jumelée avec Houyet depuis 1991. Nous passons sous la voie ferrée et empruntons la rue de l’Hileau durant 500 mètres. Nous longeons brièvement ce cours d’eau qui est un affluent de la Lesse ; nous le retrouverons à Wiesme, dans 8 km.

Le tracé blanc et rouge pénètre dans la forêt et aborde la première côte de la journée en montant d’abord un large chemin de terre (de 132 à 191 mètres d’altitude). Nous descendons d’une quinzaine de mètres avant de reprendre l’ascension sur un chemin forestier longeant, pendant 1,6 km le ruisseau de Remoine. Au sommet (271 mètres d’altitude), nous tournons à droite sur un chemin de terre suivant la lisière de la forêt et partant ensuite au milieu des champs.

GR 126 entre Houyet et Mesnil-Eglise GR 126 entre Houyet et Mesnil-Eglise

Nous atteignons la N929 et l’empruntons sur 200 mètres. Au bord de cette grand-route, nous découvrons la chapelle Notre-Dame de la Salette nichée à l’abri d’un tilleul et d’un marronnier. Cette chapelle blanche, datant de 1867, a été construite grâce à la générosité de Louise-Marie d’Orléans, première reine des Belges.

GR 126 entre Houyet et Mesnil-Eglise, chapelle ND de la Salette

Par la rue du Monument, nous arrivons au centre de Mesnil-Église. C’est dans ce village, un peu après l’église que nous trouvons un banc, sur une place en amphithéâtre, pour effectuer la pause de midi.

GR 126 : Mesnil-Eglise, église

Après cet arrêt, nous prenons la rue Basse qui, au-delà d’une petite chapelle devient un chemin empierré. À un carrefour de trois chemins, au lieu-dit « Tienne du Grand Sart », nous tournons à gauche sur un large chemin où affleure le rocher schisteux. Ce chemin, évoluant entre bois et prairies, passe au pied d’une éolienne puis amorce sa descente (de 254 à 152 mètres d’altitude) vers le village de Wiesme.

GR 126 entre Mesnil-Eglise et Wiesme GR 126 entre Mesnil-Eglise et Wiesme

Le GR 126 passe sous la ligne SNCB (Dinant - Bertrix) que nous avons empruntée ce matin pour rejoindre Houyet mais que nous avions aussi longuement suivie lors de l’étape précédente, le long de la Lesse. Nous franchissons l’Hileau et atteignons le centre de Wiesme et son église dédiée à Sainte-Geneviève. Cet édifice remplace, depuis 1932, une précédente église construite en 1767 et démolie en 1947. Il existait jadis à Wiesme une fabrique de pâtes alimentaires qui occupait une dizaine d'ouvriers.

Nous traversons le village et, après les dernières maisons, nous grimpons vers une forêt. Ce beau chemin s’élève, entre les pâtures, sur un banc de schiste. Peu avant d’entrer dans la forêt, nous admirons le paysage et devinons le chemin par lequel nous sommes descendus tout à l’heure.

GR 126 entre Wiesme et Neuville GR 126 entre Wiesme et Neuville

Nous pénétrons dans le bois du Roi où nous allons progresser durant un peu plus de deux kilomètres. Appartenant au domaine de la Donation royale, ce massif forestier s'étend sur plus de 400 ha et est constitué principalement d'une chênaie-charmaie, entrecoupée de diverses plantations résineuses (pins sylvestres et douglas, en particulier). Le déboisement d’une succession de clairières a permis d’amener un peu de soleil dans la forêt. Ces ouvertures permettent à une flore exceptionnelle et caractéristique des sols pauvres de Famenne de s’épanouir. Le site attire, à son tour, de nombreux papillons dont le Damier de la succise, une espèce menacée d’extinction qu’on ne trouve pratiquement plus que dans cette région.

GR 126 entre Wiesme et Neuville, bois du Roi

À la sortie de la forêt, le tracé blanc et rouge se dirige vers Neuville et pour rejoindre ce village, il chemine durant 2,5 km sur des petites routes de campagne. Ce parcours plat et presque rectiligne franchit, peu après la N911, un ruisseau : le Biran. Ce cours d’eau, prend naissance au sud de Beauraing et se jette dans la Lesse à Wanlin. Il traverse tout au long de son parcours une plaine au sol argileux et schisteux typique de la Famenne.

GR 126 entre Wiesme et Neuville

Dans Neuville, nous effectuons une petite pause devant l’église dédiée à l’assomption de la Vierge Marie. C’est une des plus anciennes églises de la commune de Beauraing qui a gardé des traces de son origine romane.

GR 126 : Neuville, église Notre-Dame

Nous abordons ensuite la dernière difficulté de l’étape : une côte d’un kilomètre qui va nous faire grimper de 160 à 275 mètres d’altitude. C’est sur des sentiers à travers le bois de Martouzin que nous montons vers le plateau. En cours d’ascension, nous passons, sans nous en rendre compte, la ligne SNCB (Dinant - Bertrix) qui traverse ici la colline grâce au tunnel de Pondrôme (702 mètres de long). Près du sommet, au niveau d’une plate-forme d'envol des parapentes, nous profitons d’un beau point de vue sur le village de Martouzin et la plaine famennoise.

GR 126 entre Neuville et Beauraing, bois de Martouzin GR 126 : vue sur Martouzin

Nous quittons le bois de Martouzin mais restons cependant en lisière de celui-ci durant un peu plus d’un kilomètre. Ce chemin caillouteux nous amène à la N40 que nous traversons prudemment. De l’autre côté, nous marchons, durant 800 mètres, sur un chemin herbeux le long d’un champ de maïs. Au bout de ce chemin, nous laissons le GR 126 continuer tout droit et tournons vers la droite afin de rejoindre la gare de Beauraing (2 km hors GR).

GR 126 entre Neuville et Beauraing GR 126 entre Neuville et Beauraing

Le mardi 29 novembre 1932, vers six heures du soir, une jeune fille de Beauraing, Fernande Voisin, et son frère Albert, se rendent au pensionnat pour y chercher leur sœur Gilberte. Deux autres jeunes filles, les sœurs Degeimbre, les accompagnent. Albert Voisin, dans la pénombre, aperçoit une lueur blanche qui semble se promener sur le talus, au-dessus d'une grotte dédiée à Notre-Dame de Lourdes. Ses amies distinguent elles aussi une forme humaine se déplaçant au même endroit. Effrayés, les cinq enfants, âgés de 9 à 15 ans, s'enfuient chez eux fort troublés.

Le même phénomène se déroule le lendemain soir ainsi que jeudi 1er décembre. Les enfants avertissent les parents Degeimbre qui se décident à les accompagner sur les lieux. La vision se manifeste aussitôt aux enfants seuls qui tombent à genoux, récitant l'Ave Maria. Le dimanche 4, à la question « Êtes-vous bien la Vierge Immaculée ? » ; l'apparition répond par un signe affirmatif. Le même phénomène se produit les 5, 6 et 8 décembre. Plus de dix mille personnes sont là. Le 17 décembre, la Vierge demande aux enfants la construction d'une chapelle. Le 23, l'apparition exprime le souhait qu'on vienne à Beauraing en pèlerinage.

GR 126 : Beauraing, statue de la Vierge

Le 2 janvier, 25 000 personnes sont présentes. La Vierge, après avoir dévoilé des secrets aux enfants, déclare : « Je suis la mère de Dieu, la reine des Cieux ; priez toujours, adieu ». Après trente-trois apparitions et de nombreuses études de théologiens et médecins, en 1943, Mgr Charue obtient de Rome un décret autorisant le culte de Notre-Dame de Beauraing. Le Pape Jean-Paul II est venu prier Notre-Dame de Beauraing, le 18 mai 1985.

Aujourd’hui, le domaine qui entoure le jardin des apparitions s’est enrichi progressivement de plusieurs bâtiments modernes, susceptibles de rassembler plusieurs milliers de pèlerins. Une chapelle votive, bâtie en 1947 en pierre du pays, constitue le cœur des sanctuaires.

GR 126 : Beauraing, chapelle votive

Le bâtiment principal reste l’ancienne école des sœurs qui est devenue l’accueil pour les pèlerins et les malades. À l’arrière du site se dresse un édifice en béton, construit en 1964. Le rez-de-chaussée abrite l’église du Rosaire et à l’étage, que l’on atteint par une rampe, se trouve la basilique (titre reçu en 2013) qui sert lors de grands rassemblements comme le pèlerinage du 22 août. Dans le jardin des apparitions, sous l’autel, se trouve la crypte Saint-Jean qui abrite un chemin de croix en céramique de Max van der Linden.