Les Randos de Fred & Paul

Etape 4 : Rebecq → Nivelles (25 km) réalisée en juillet 2018

La quatrième étape de ce « Tour du Brabant wallon » débute, vers 9h, au pied de l’église St-Géry de Rebecq. Nous quittons la Grand Place et descendons la rue des Sauniers où nous remarquons, sur une des maisons, cette inscription : Maison natale d’Ernest et Alfred Solvay, créateurs de l’industrie de la soude à l’ammoniaque.

Un peu plus bas, nous passons devant les hospices. Fondés entre 1290 et 1308 par Marie de Rethel, dame d'Enghien, veuve de Walter Ier seigneur d'Enghien, ils comportent des constructions du XVIe siècle ainsi qu’une chapelle qui a été, pendant longtemps, le but d'un pèlerinage à St-Erasme pour la guérison des affections intestinales. Une grande partie des bâtiments a été détruite par un incendie en 2003. Depuis septembre 2013, le site, entièrement rénové, accueille la nouvelle maison communale ainsi que des services communaux.

GRP 127 : Rebecq, les hospices

Nous longeons les bâtiments des anciens moulins d'Arenberg et franchissons ensuite la Senne, sur deux passerelles métalliques. Les chutes de la Senne, au centre de Rebecq, ont été exploitées depuis le Moyen-âge pour la mouture des céréales. L'ensemble architectural des moulins, composé du grand moulin et du petit moulin, a été racheté par la commune en 1973. Situé sur la rive gauche de la rivière, le grand moulin était déjà exploité dans la première moitié du XVe siècle par des meuniers désignés par les propriétaires des lieux, les seigneurs d'Enghien, dont dépendait Rebecq. À partir de 1607-1608, il a appartenu aux ducs d’Arenberg. Au XIXe siècle, ces derniers ont vendu le moulin à la famille Minne qui a agrandi les bâtiments pour les transformer en fabrique de bas de soie. Le moulin a ensuite servi d'entrepôt à grain et on y a aussi fait le broyage des aliments pour bétail. Resté en activité jusqu'en 1964, le grand moulin abrite aujourd'hui le musée du porphyre, la bibliothèque communale et le syndicat d'initiative de Rebecq.

Construit au XVIIIe siècle, le petit moulin, actionné par la Senne, possédait à l'origine une roue extérieure en bois. Celle-ci fut remplacée en 1910 par une turbine provenant du moulin de Quenast, incendié. Grâce à la passion de quelques-uns les meules du petit moulin fonctionnent à nouveau. Dans le petit moulin, on peut assister à des démonstrations de meunerie ancienne.

GRP 127 : Rebecq, moulins d'Arenberg GRP 127 : Rebecq, moulins d'Arenberg

En suivant la rue du Pont, nous atteignons l’ancienne gare de Rebecq. C’est depuis cette dernière qu’un train touristique « Le petit train du bonheur » emmène les voyageurs jusqu’à Rognon. Ce trajet de 4 km s’effectue dans la campagne en longeant la Senne. Juste après la gare, nous tournons à droite dans le sentier des Chevaux ; un sentier herbeux nous menant à la chaussée de la Genette.

GRP 127 entre Rebecq et Hennuyères

Nous empruntons cette rue, sur 200 mètres, et prenons, sur la gauche, un discret sentier. Au terme de ce dernier, le tracé jaune et rouge monte rejoindre la N6 par une succession d’agréables sentiers herbeux. Nous traversons prudemment cette route et descendons, sur l’asphalte, au milieu des champs, vers Hennuyères. C’est au début de ce tronçon que nous quittons la province du Brabant wallon pour cheminer, pendant quatre kilomètres, dans celle de Hainaut.

GRP 127 entre Rebecq et Hennuyères

Grâce à un passage souterrain, nous franchissons la ligne de chemin de fer (Bruxelles - Mons) et suivons ensuite la rue de la Gare. Juste après un pont, nous prenons un sentier, longeant le Coeurcq (affluent de la Senne), envahi par les ronces et les orties. Ce court tronçon bucolique est malheureusement suivi par un parcours de 2 km sur l’asphalte, à la limite entre les deux provinces. Ce trajet en côte, de 65 à 120 mètres d’altitude, s’achève lorsque nous prenons la vweye Chemin vert.

GRP 127 entre Hennuyères et Virginal

Ce beau chemin ombragé nous mène à la N280, suivie sur 150 mètres. Par la rue du Moulin à vent, nous descendons vers Virginal. C’est dans le centre du village que nous retrouvons le tracé du GR 12 (Amsterdam - Bruxelles - Paris), déjà croisé à Braine-le-Château lors de l’étape précédente. Pendant 1,7 km, nous allons cheminer avec ce GR et donc suivre ses balises blanches et rouges.

GRP 127 entre Hennuyères et Virginal, vweye Chemin vert

Plusieurs découvertes, au début du XIXe siècle, prouvent l’existence du village de Virginal dès l’époque romaine. Vers 655 Ste-Renelde, fille du Comte de Hainaut Waubert III lègue les terres de Virginal et de Saintes à l’abbaye de Lobbes. Comme cette abbaye fait partie de la principauté de Liège, Virginal devient une enclave de cette principauté. Reconstruite entre 1827 et 1828, l’église St-Pierre, sous son aspect extérieur assez austère, n’en est pas moins accueillante. Une partie du chœur de cette nouvelle église repose sur d’anciennes fondations romanes. De style néo-classique, l’édifice renferme quelques trésors.

GRP 127 : Virginal, église St-Pierre

Après une petite pause boisson, nous prenons la direction du bois des Nonnes. Pour atteindre ce dernier, nous empruntons plusieurs sentiers, assez vallonnés, passant entre prés et sous-bois. À la fin du court tronçon (300 mètres) dans le bois des Nonnes, nous nous séparons du GR 12 et progressons en lisière du bois sur environ 500 mètres.

GRP 127 entre Virginal et Fauquez GRP 127 entre Virginal et Fauquez, séparation du GR 12

Le tracé jaune et rouge prend, sur la droite, un chemin campagnard se dirigeant vers une ferme ; au lieu-dit « Mon plaisir ». Nous contournons l’exploitation agricole et descendons, de 108 à 53 mètres d’altitude, vers le canal Bruxelles - Charleroi. Ce parcours, entre les champs, s’effectue sur une petite route où les coins ombragés sont hélas très rares. Avant d’atteindre le canal, nous franchissons la Sennette. Ce cours d’eau qui prend sa source à Familleureux, dans le Hainaut, passe à Écaussinnes et Ronquières. La Sennette arrose ensuite, dans le Brabant wallon, Virginal, Ittre et Oisquercq avant de se jeter dans la Senne, près de Clabecq.

GRP 127 entre Virginal et Fauquez

Nous empruntons, sur 900 mètres, le chemin de halage longeant le canal Bruxelles - Charleroi ; canal que nous avions traversé, à Oisquercq, lors de l’étape précédente. Nous prenons un certain plaisir à observer un pratiquant du stand-up paddle tentant de rester debout sur sa planche malgré les passages répétitifs d’un bateau tractant un ski nautique. Nous franchissons le canal et trouvons, de l’autre côté, une aire de pique-nique où nous installer pour la pause de 12h30. L’arrêt sera cependant de courte durée car le banc se trouve en plein soleil...

GRP 127 entre Virginal et Fauquez, canal BXL - Charleroi

Le parcours de l’après-midi commence par une côte de 2,5 km. Cette ascension, de 60 à 138 mètres d’altitude, au milieu des champs de maïs et de céréales, s’effectue d’abord sur l’asphalte puis, sur un chemin gravillonné. La route que nous suivons marque, sur 1,6 km, la frontière entre le Brabant wallon et le Hainaut. Au sommet, au lieu-dit « Le Croiseau », à hauteur d’une imposante exploitation agricole, nous traversons la N533 et prenons, en face, le chemin de Feluy.

GRP 127 entre Fauquez et Monstreux

Nous descendons, entre les terres cultivées, et devinons, dans le lointain, l’imposante tour du plan incliné de Ronquières. Inauguré en 1968, le plan incliné est l’œuvre majeure qui a permis la mise en service du canal à 1350 tonnes. Grâce à cet ouvrage, le trajet de Charleroi à Bruxelles comporte 10 écluses (+ le plan incliné) contre 55 pour l’ancien canal à 70 tonnes et 38 pour le canal à 300 tonnes. Le plan incliné de Ronquières compense une dénivellation de 68 m sur 1432 m de longueur. Il est constitué de deux bacs montés sur rails (sas mobiles) équipés chacun d’un contrepoids de 5200 tonnes. Le parcours entre les deux biefs dure environ 22 minutes. La tour, de 150 mètres de haut, se visite et offre une vue imprenable sur la région.

Du fait de la création du plan incliné, le tracé du canal a été totalement modifié entre Seneffe et Ronquières. L’ancien canal, désaffecté, dont le tracé passe par Arquennes et Feluy suit les vallées très encaissées de la Samme puis, de la Sennette. Considéré par beaucoup comme un « havre de paix et de nature », ce témoin du passé permet de vagabonder et de découvrir un bel environnement. Par des chemins pavés, nous descendons rejoindre cet ancien canal.

GRP 127 entre Fauquez et Monstreux

Arrivés à 72 mètres d’altitude, nous montons un chemin asphalté et progressons ensuite, sur un chemin de terre, à la lisière d’un bois. À l’approche de Monstreux, nous apercevons, la ferme du Castia. Au XVIIe siècle, un noble d’origine portugaise se mit en tête de construire un château prestigieux à Bornival. Mais il avait vu trop grand et ne put s’acquitter des dettes qu’il avait dû contracter. Le bien inachevé fut alors laissé à l’abandon et servit comme réservoir de matériaux pour la construction de certaines maisons de Bornival et l’agrandissement de l’église. Du domaine, il ne subsiste que l’ancienne ferme du château « Le Castia ».

GRP 127 : Bornival, le Castia

Nous passons à côté d’une charmante chapelle où nous profitons d’un petit espace ombragé pour effectuer une pause boisson. Un peu après cette chapelle, selon le topo-guide, il sera possible, lorsque le pont sur la Thisnes (démoli en février 2016) sera reconstruit, de rejoindre Monstreux en passant à travers les prairies. Ce pont étant encore inexistant, nous sommes contraints de suivre l’asphalte pour atteindre Monstreux.

GRP 127 entre Fauquez et Monstreux

Avant d’arriver dans le village, nous franchissons la Thines ; rivière que nous suivions de loin, depuis trois kilomètres. Le cours d’eau prend sa source dans les campagnes au sud-ouest de Nivelles, près du village de Thines. Il traverse Baulers, Nivelles, Monstreux et Bornival, avant de se jeter dans la Samme. Alors qu’elle ne fait que dix kilomètres, la Thines comptait jusqu’à douze moulins en 1860, moulins à farine et moulins à papier. Au XIXe siècle, un bras artificiel a été creusé sous la ville de Nivelles pour limiter ses débordements. Pour la même raison, de grands travaux ont encore été menés au centre de la cité aclote, dans les années 1950, pour recouvrir la rivière dans sa traversée de la ville.

Le « Tour du Brabant wallon » traverse le petit village de Monstreux. Une charte de l’abbaye de Nivelles fait mention de Monstreux dès 877. Ce nom proviendrait de « Monasteriolum » (petit monastère) ; il y eut en effet jadis ici une abbaye, dédiée à Ste-Gertrude. La ferme de l’abbaye, construite en carré sur les hauteurs du village, rappelle ce passé.

GRP 127 : Monstreux

Après être passés devant l’église St-Michel, nous prenons un sentier ombragé, le long du ri des Corbeaux. Nous longeons une prairie et arrivons sur une petite route, où nous rejoignons le tracé blanc et rouge du GR 121. Ce sentier de grande randonnée, déjà croisé à Wavre, débute précisément dans la cité du Maca et s’en va ensuite vers Louvain-la-Neuve et Nivelles ; il rejoint le GR 12 à Ronquières. Après un court tronçon commun, ces deux GR se séparent dans le bois de la Houssière, le GR 121 parcourant alors le Hainaut avant de se diriger vers Boulogne-sur-Mer.

GRP 127 entre Monstreux et Nivelles

C’est en compagnie du GR 121 que nous effectuons les deux derniers kilomètres de l’étape. Après le passage sous l’autoroute E19, nous progressons sur le RAVeL ; un tronçon pas vraiment passionnant mais qui a le mérite d’être ombragé ! Tandis que le parcours s’en va vers le centre de Nivelles, nous restons encore un peu sur le RAVeL afin de rejoindre le parking St-Michel où nous avons stationné le second véhicule ce matin.