Les Randos de Fred & Paul

Etape 5 : Nivelles → Sart-Dames-Avelines (23 km) réalisée en mars 2019

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le bus TEC 568 entre Sart-Dames-Avelines et Nivelles.

Depuis l’arrêt du bus, nous devons marcher environ 800 mètres afin de rejoindre le GRP 127 là où nous l’avons laissé il y a plusieurs mois ; ce parcours s’effectue essentiellement sur le RAVeL.

Revenus sur le tracé blanc et rouge (puisque nous sommes en compagnie du GR 121), nous prenons le Vieux Chemin de Braine-le-Comte et, 200 mètres plus loin, nous descendons un chemin de terre dans un petit bois. Nous passons sous le RAVeL et atteignons les faubourgs de Nivelles. Après la traversée des N533 et N27a, nous empruntons brièvement l’étroite rue Seutin.

GRP 127 entre Monstreux et Nivelles

C’est dans cette rue que nous découvrons les vestiges de la tour Simone, dissimulée derrière une grille. Nivelles, au Moyen Âge, était entourée d’une enceinte : une puissante muraille de 2,50 m d’épaisseur, bordée de fossés partiellement inondés, à l’extérieur, et renforcée de remblais sur une largeur de 8 m, à l’intérieur. Neuf tours au moins, faisant saillie à l’extérieur du rempart et percées de meurtrières, permettaient aux gardes de surveiller les fossés et de tirer sur d’éventuels assaillants qui seraient parvenus jusqu’au pied des murailles.

La tour Simone est l’une d’elles, la seule qui soit encore debout. En effet, après avoir longtemps protégé la ville le rempart devint, au XIXe siècle, une entrave à son développement. Il fut alors détruit, tandis qu’on établissait les boulevards sur les fossés comblés. Quelques vestiges subsistent encore, mais fragmentaires et souvent cachés au fond des cours ou des jardins. La tour Simone est le seul témoin monumental et vraiment évocateur de l’enceinte.

GRP 127 : Nivelles, tour Simone

Le GRP 127 effectue quelques détours avant d’aboutir sur la Grand-Place au pied de la collégiale Sainte-Gertrude. Nous prenons quelques minutes pour visiter ce très bel édifice qui témoigne de l’existence d’une abbaye, fondée à cet endroit au milieu du VIIe siècle. Gertrude y prit, en tant qu’abbesse, la direction d’une communauté de moines et de moniales qui deviendra plus tard un chapitre de chanoines et chanoinesses.

GRP 127 : Nivelles, collégiale Ste-Gertrude

La collégiale, considérée comme « patrimoine exceptionnel de Wallonie », est l’une des plus anciennes et des plus grandes églises romanes d’Europe. Elle fut consacrée en 1046 en présence d’Henri III, empereur romain germanique, et de l’évêque de Liège Wazon. L’édifice est impressionnant à regarder de l’extérieur, surtout lorsque l’on se trouve devant l’avant-corps occidental. Ce massif barlong présente cinq registres de hauteurs inégales. La contre-abside originale fut remplacée en 1662 par un portail baroque qui céda la place à une restitution de la contre-abside romane lors de la restauration menée durant les années 1970-1980.

Les derniers éléments constitutifs du massif occidental sont les deux hautes tourelles qui flanquent le massif barlong au nord et au sud. La tourelle sud porte le fameux jacquemart appelé Jean de Nivelles. Cet automate, vêtu à l’espagnole, en laiton doré de deux mètres de haut, pèse 350 kilos. Offert à la ville par le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, au XVe siècle, il a été déplacé en 1617 de l'ancien hôtel de ville vers cette tourelle où il sonne tous les quarts d’heure. La tourelle nord, appelée « tour Madame », était jadis contiguë au palais abbatial.

GRP 127 : Nivelles, collégiale Ste-Gertrude

L’intérieur de la collégiale est de dimensions impressionnantes : plus de 100 mètres de long, plus de 44 mètres de large au transept oriental et 20 mètres de hauteur de plafond dans la nef centrale. Seules les pièces principales du mobilier de la collégiale accumulé au fil du temps ont trouvé place dans l’édifice restauré. Parmi celles-ci : deux chaires de vérité du sculpteur Laurent Delvaux, des stalles renaissance, le char qui, depuis le XVe siècle, est destiné à porter la châsse de Sainte Gertrude,…

Les reliques de sainte Gertrude ont été placées en 1296 dans une châsse, chef-d’œuvre d’orfèvrerie française, détruite en grande partie en 1940. Les précieux restes, qui ont pu être récupérés, reposent depuis 1982 dans une châsse contemporaine que l’on doit à l’artiste Félix Roulin. Cette châsse peut prendre trois formes différentes.

GRP 127 : Nivelles, collégiale Ste-Gertrude

Après cette visite, nous contournons l’édifice et quittons la Grand-Place ainsi que le centre-ville de Nivelles. Nous abandonnons le GR 121 et pénétrons, de l’autre côté de la N27, dans le parc de la Dodaine. Ce parc tiendrait son nom du « dos d’âne », du barrage que le rempart médiéval opposait au cours d’un ruisseau qui prend sa source au sud de la ville. Les eaux ainsi freinées s’étalaient en une zone marécageuse qui sera régularisée au XVIIe siècle. Dès 1811, ce « marais bourbeux, dominant la ville en répandant sur elle des miasmes pestilentiels » incite le maire à l’aménager en promenade publique avec bassin, pelouses et allées plantées d’arbres.

GRP 127 : Nivelles, parc de la Dodaine

Près de la piscine communale, nous sortons du parc de la Dodaine. Nous longeons des installations sportives et empruntons ensuite un sentier, en bordure du ruisseau de la Dodaine. Ce sentier est malheureusement de courte durée et c’est l’asphalte qui prend le relais pendant six kilomètres !

GRP 127 entre Nivelles et Houtain-le-Val

Au-delà d’un quartier résidentiel, nous prenons peu à peu de la hauteur en suivant une petite route de campagne. Nous traversons, en l’absence de passage sécurisé, le R24 (contournement sud de Nivelles) et longeons ce dernier sur environ 400 mètres. Le ruban asphalté nous amène, près du château du Bois de Nivelles, au point culminant de cette étape à 165 mètres d’altitude.

GRP 127 entre Nivelles et Houtain-le-Val

Un peu avant de franchir successivement la ligne de chemin de fer (Charleroi - Bruxelles) et la N586, nous découvrons une chapelle, dédiée à Saint-Joseph, construite en 1939. De l’autre côté de la grand-route, nous suivons, en légère descente, une route passant au milieu des terres cultivées.

GRP 127 entre Nivelles et Houtain-le-Val, chapelle Bois de Nivelles

Après avoir longé trois fermes et un petit aéroclub, nous retrouvons un chemin de terre. 700 mètres plus loin, à un croisement, nous prenons la branche de droite qui est un chemin herbeux. Ce dernier passe dans un petit tunnel buissonneux avant de devenir un chemin de terre.

GRP 127 entre Nivelles et Houtain-le-Val GRP 127 entre Nivelles et Houtain-le-Val

Au croisement suivant, le tracé jaune et rouge tourne vers la gauche et descend, au milieu des champs, vers Houtain-le-Val. Avant d’atteindre le centre de la localité, nous traversons un quartier résidentiel et trouvons, dans le sentier de la Fontaine Mayaux, un banc, au pied d’une source, où nous installer pour la pause tartines.

GRP 127 : Houtain-le-Val, fontaine Mayaux

La Dyle prend sa source sur le territoire de Houtain-le-Val. Dans sa partie wallonne, la rivière traverse les communes de Genappe, Court-Saint-Étienne, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Wavre et enfin Grez-Doiceau. Elle poursuit ensuite son cours en région flamande pour se jeter dans le Rupel, après un parcours de 86 km. Le Rupel, quant à lui, se jette dans l’Escaut quelques kilomètres plus loin.

GRP 127 : Houtain-le-Val, sources de la Dyle

Le village d’Houtain-le-Val est composé de deux seigneuries : Houtain-le-Mont et Houtain-le-Val réunies en une seule commune en mai 1802. Tout proche de l’église, on trouve le château qui aurait été fondé par Walter de Holton, premier seigneur d'Houtain, en 1129. L’édifice, encore habité par la descendance du comte de Moerkerke, offre une façade d'une belle ordonnance, dont le châtelet d'entrée, flanqué de tours rondes, date du XVIe siècle.

GRP 127 : château d'Houtain-le-Val

Nous franchissons la N93 et prenons le chemin de la Mouline. Un peu plus loin, au coin d’une propriété, le GRP 127 emprunte le sentier « de Loupoigne et del Waronge ». Celui-ci traverse une prairie puis, suit la lisière d’un bois.

GRP 127 entre Houtain-le-Val et Sart-Dames-Avelines, sentier de Loupoigne et del Waronge GRP 127 entre Houtain-le-Val et Sart-Dames-Avelines, sentier de Loupoigne et del Waronge

Après un kilomètre, nous descendons un sentier et passons, sur un ponceau, la Dyle (116 mètres d’altitude). Par la rue de Loupoigne, nous arrivons dans le village de Loncée dont nous traversons la place centrale. En suivant un discret sentier, nous aboutissons dans la rue aux Saules. C’est sous une température de plus en plus printanière que nous progressons, sur une petite route, au milieu de la campagne.

GRP 127 entre Houtain-le-Val et Sart-Dames-Avelines GRP 127 entre Houtain-le-Val et Sart-Dames-Avelines

Au « Dernier Patard », le tracé jaune et rouge croise plusieurs routes et opte pour la rue de l’Egalité qui le conduit jusqu’à la N5. Peu après le pont surplombant cette route, nous entamons un tronçon campagnard de deux kilomètres. Le chemin tantôt pavé, tantôt empierré, nous mène jusqu’à une ferme où un alpaga nous regarde passer avec curiosité.

GRP 127 entre Houtain-le-Val et Sart-Dames-Avelines

Près d’une ferme équestre, nous cheminons en lisière de forêt puis, par une succession d’agréables sentiers (parfois discrets), nous atteignons le centre de Sart-Dames-Avelines. Un sart est un terrain défriché ; une aveline est une espèce de noisette. Ce serait donc le sart de la Dame Aveline sans savoir s'il s'agit d'un prénom ou d'une dame « aux noisettes ». Cette personne faisait sans doute partie de la famille de Houtain et aurait (mais on n'en trouve pas de trace) entamé, au XIIe siècle, le défrichement de la grande forêt s'étendant au sud de Nivelles. Le « s » est d'ajout récent.

GRP 127 entre Houtain-le-Val et Sart-Dames-Avelines