Les Randos de Fred & Paul

Etape 9 : Orp-le-Grand → Jodoigne (25 km) réalisée en septembre 2019

Vers 8h45, nous commençons cette longue étape qui se déroulera entièrement, comme la précédente, en « Hesbaye brabançonne ». La belle église romane d’Orp-le-Grand est bordée par la place du 11e Dragons Français, en souvenir de ce régiment qui s’opposa, en 1940, à l’avancée des chars de l’armée allemande sur le territoire d’Orp-Jauche. Nous descendons la rue du Soldat Virgile Ovart et franchissons la Petite Gette puis, par la rue Henri Collin, nous quittons le centre de la localité. Le GRP 127 suit, durant 850 mètres, un sentier longeant la rivière et aboutit à Maret. Nous découvrons, à l’entrée de ce hameau, un ancien moulin. Témoignage de l’utilisation de la force motrice des eaux de la Petite Gette, ce bâtiment, cité dès 1278, renferme un mécanisme encore complet.

GRP 127 entre Orp-le-Grand et Pellaines GRP 127 entre Orp-le-Grand et Pellaines

Après avoir traversé le ruisseau de la Baclaine, nous entrons dans la province de Liège où nous marcherons pendant quatre kilomètres. Nous prenons un chemin empierré, en légère montée, devenant ensuite bétonné. Durant 1,5 km, nous progressons, entres les champs avec, sur la gauche, la ligne TGV (Bruxelles - Liège) et l’E40. S’il fait un peu frais ce matin, en cours d’après-midi la température dépassera les 25°.

GRP 127 entre Orp-le-Grand et Pellaines

Le tracé jaune et rouge passe sous la ligne ferroviaire et l’autoroute avant d’entamer, de l’autre côté, un second tronçon campagnard d’un kilomètre. Si l’on fait abstraction des éoliennes, nous profitons, sur ce chemin caillouteux, d’un beau et vaste panorama. Nous arrivons aux premières maisons de Pellaines où nous empruntons, peu avant l’église, un discret sentier en bordure d’une terre cultivée.

GRP 127 entre Orp-le-Grand et Pellaines GRP 127 entre Orp-le-Grand et Pellaines

Nous avançons sur la rue de Pellaines et tournons, après 300 mètres, dans un sentier bétonné, bordé de peupliers. De retour dans le Brabant wallon, nous atteignons la place de Linsmeau où se dresse la chapelle Notre-Dame de la Colombe. Selon la légende, le chevalier Jean de Racour avait fait le vœu de bâtir une chapelle à l'endroit où il verrait une blanche colombe. Sorti indemne d'une bataille, il aperçut une colombe sur la place communale de Linsmeau et y fit construire la chapelle actuelle en 1327. Reconstruit au début du XVIIIe siècle, l’édifice est entièrement bâti en tuffeau à l’exception des parties basses en pierre de Gobertange.

GRP 127 : Linsmeau, chapelle ND de la Colombe

Le « Tour du Brabant wallon » emprunte la rue du Centre, sur 300 mètres, avant de déboucher sur la N64. Cette route a été créée dans les années 1770 pour relier Hannut à Tirlemont. De l’autre côté de la nationale, nous avons droit à un beau parcours, en pente douce, sur des chemins de terre, entre les champs. Les terres des plateaux agricoles de la Hesbaye brabançonne seraient parmi les meilleures de Belgique ; on y cultive principalement le maïs, la betterave sucrière ou les pommes de terre.

GRP 127 entre Pellaines et Hélécine GRP 127 entre Pellaines et Hélécine

Par le chemin du Diable, nous descendons vers Neerheylissem et découvrons, à l’entrée du village, la ferme de Wetsinghen. Cette ferme brabançonne, du XIXe siècle, présente un logis néoclassique rehaussé de détails décoratifs tels les fers forgés du balcon et les épis de faîtage.

GRP 127 : Hélécine, ferme de Wetsinghen

C’est ici que nous croisons les GR 128 et Streek-GR Hageland avec qui nous ferons parcours commun pendant 1,6 km. Le GR 128 : Vlaanderenroute relie, sur 680 kilomètres, Wissant (en France) à Aachen. Le Streek-GR Hageland résulte de l'association de différents tronçons des GR 128, GR 512 et GR 5 reliés entre eux afin d'effectuer une boucle de 151 km. En 2015, nous avons parcouru la totalité de ce circuit régional. Près d’un manège équestre, les trois parcours prennent le sentier d’Elsenbosch et pénètrent ensuite dans le parc du Domaine provincial d’Hélécine. Même s’il n’est que 11h30, nous effectuons ici la pause de midi et testons la « Château d’Hélécine », une bière blonde triple refermentée en bouteille et brassée à Jandrain-Jandrenouille.

GRP 127 entre Pellaines et Hélécine

Le Domaine provincial d'Hélécine se situe sur le site de l'ancienne abbaye des prémontrés d'Heylissem fondée en 1129 par René de Zétrud, seigneur hesbignon. Les bâtiments de l'abbaye furent endommagés par les guerres successives. Le palais abbatial a été reconstruit de 1760 à 1780 par Laurent Benoît Dewez, premier architecte du Gouverneur général des Pays-Bas Autrichiens. Les bâtiments monumentaux sont de style Louis XVI. Le palais est dominé par la façade en pierre de Gobertange de l'ancienne église abbatiale dont le chœur a disparu. De nombreux éléments décoratifs enrichissent l'architecture : pilastres, frontons triangulaires, médaillons sculptés,... Les deux ailes identiques qui bordent la cour accueillaient la remise à voitures, les écuries et l'orangerie. Convertis en château de plaisance, les bâtiments ont subi vers 1870 quelques transformations menées par l'architecte Alphonse Balat.

L'abbaye d'Heylissem a joué, dans la région, un rôle socio-économique important car elle y possédait de nombreux domaines agricoles qu'elle exploita durant près de six siècles. Après la Révolution française, les bâtiments de l'abbaye sont sécularisés, comme nombre de biens religieux. Ils abritent alors diverses industries : une fabrique de tissus puis une fabrique d'eau de vie de pomme de terre. En 1836, les bâtiments sont convertis en une sucrerie qui devient rapidement une des plus importantes de la région, employant une grande partie des villageois dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cependant, sous l'influence grandissante de la sucrerie de Tirlemont, elle périclite jusqu'à sa fermeture en 1927. Il ne reste aucune trace des bâtiments industriels démolis dans les années 50. L'ensemble des bâtiments est classé depuis 1955. En 1962, le lieu est devenu un Domaine provincial, aujourd'hui pôle à la fois culturel et touristique pouvant accueillir des séminaires.

GRP 127 : Domaine provincial d'Hélécine

Après une longue pause, nous quittons le site par la rue de l’Abbaye et tandis que les GR 128 et Streek-GR Hageland s’en vont vers la droite, nous prenons vers la gauche et aboutissons à la N64. De l’autre côté de cette route, nous progressons dans la rue Olivier Benne pendant 700 mètres. Peu avant la N279, nous bifurquons vers un petit bois puis, nous passons dans un tunnel, fort sombre, sous l’autoroute E40 et la ligne TGV.

GRP 127 entre Hélécine et Noduwez

Le chemin pavé nous mène à l’entrée de Noduwez où nous découvrons la cense Poelman ou ferme Germeau. Construite en 1685, cette ferme est un des édifices les plus anciens de l’entité d’Orp-Jauche. Ses bâtiments se répartissent autour d’une cour carrée qui rejoint la rue par un imposant portail fermant une entrée en anse de panier. Les petites baies à meneaux, les hauts pignons à gradins et le soubassement en moellons biseauté sont autant d’éléments qui attestent de l’époque de construction du bâtiment.

GRP 127 : Noduwez, ferme Germeau

Le tracé jaune et rouge évite le centre de Noduwez et s’en va par la rue André Mathys en direction du bois Pardon. Nous longeons ce petit espace boisé et descendons, un chemin de remembrement, vers le ruisseau de Piétrain. Après avoir franchi ce cours d’eau nous marchons, pendant un kilomètre, principalement sur des chemins herbeux entre champs et prairies.

GRP 127 entre Noduwez et Saint-Jean-Geest GRP 127 entre Noduwez et Saint-Jean-Geest

Près de Piétrain (village très connu grâce à sa race porcine), nous traversons la N222 et continuons, en face, sur des chemins passant au milieu des terres cultivées. C’est sur ce parcours de 2,5 km que nous atteignons le point culminant de l’étape à 98 mètres d’altitude. Peu avant 15h, nous arrivons à Saint-Jean-Geest où nous effectuons une petite pause boisson. Le nom « Geest » proviendrait de la rivière qui coule dans cette région : la Grande Gette ; on retrouve ce nom dans trois villages (Saint-Jean, Sainte-Marie et Saint-Remy). L’église de Saint-Jean-Geest n’est pas dédiée à ce saint, comme on pourrait le croire, mais à Saint-Georges.

GRP 127 entre Noduwez et Saint-Jean-Geest GRP 127 entre Noduwez et Saint-Jean-Geest

Par un chemin herbeux, le GRP 127 descend vers la N29. Après avoir franchi cette grand-route, ainsi que le RAVeL 142, nous entrons dans Sainte-Marie-Geest et admirons l’église Saint-Pierre.

GRP 127 entre Saint-Jean-Geest et Jodoigne GRP 127 : église de Sainte-Marie-Geest

Nous traversons la Grande Gette et suivons la rue de la Filature qui devient, au-delà des dernières maisons du village, un chemin de terre. La Grande Gette prend sa source à Perwez et passe notamment par Bomal, Jauchelette, Jodoigne, Zétrud-Lumay. Elle traverse ensuite les villes d'Hoegaarden et Tienen avant de rejoindre, après 50 km, la Petite Gette, à Budingen. Le chemin s’élève à travers champs et longe ensuite, sur un kilomètre, la lisière d’une zone boisée. À l’entrée de Jodoigne, nous franchissons à nouveau la Grande Gette et débouchons, 200 mètres plus loin, sur la Grand Place de la ville.

GRP 127 entre Saint-Jean-Geest et Jodoigne

Jodoigne fait partie des diverses fondations d'Henri Ier, duc de Brabant. Ce dernier, soucieux d’agrandir les frontières de la Maison de Louvain, fit mainmise, en 1184, sur la seigneurie de Jodoigne. À l’origine modeste domaine rural, Jodoigne gagna donc rapidement le rang d’agglomération urbaine. Favorisée par le duc, la cité acquit une certaine prospérité. Relais entre les grandes villes du duché (Louvain, Bruxelles,…) et les campagnes, la cité avait pour principale fonction la redistribution de produits alimentaires ou d’artisanat ; une ville-marché était née.

Le duc de Brabant décida de bâtir une ville neuve sur l’éminence dominant le point de confluence du cours de la Grande Gette et du ruisseau Saint-Jean, en vis-à-vis direct de la colline où s’inscrit le quartier Saint-Médard. À l’intérieur du vaste périmètre emmuraillé qui protégeait la cité proprement dite, il n’y avait pas de lieu de culte public - du moins à l’origine -, puisque le tracé des fortifications n’incluait pas le quartier Saint-Médard, ni son église. Au début du XIVe siècle, une chapelle consacrée à la Vierge Marie est donc construite dans la cité intra-muros. Aujourd’hui, cette chapelle (Notre-Dame du Marché) a été partiellement désacralisée ; elle sert encore de lieu de culte mais est aussi devenue un lieu culturel où des concerts et des expositions sont organisés.

GRP 127 : Jodoigne, chapelle ND du Marché