Les Randos de Fred & Paul

Etape 2 : Lens → Mons (18 km) réalisée en septembre 2019

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le train entre les gares de Mons et de Lens.

Au départ de la gare de Lens, nous devons marcher 250 mètres afin de retrouver le tracé blanc et rouge. Nous suivons d’abord un étroit sentier parallèle à la ligne de chemin de fer puis, un autre sentier, gravillonné lui aussi, en bordure de prairie.

GR 129 entre Lens et Erbaut

Nous traversons la N56 et continuons notre cheminement sur un agréable sentier. À mi-parcours, nous rejoignons la Dendre orientale que nous longeons pour la dernière fois. Au niveau d’une ancienne ferme, le balisage, tout comme hier, diffère du parcours indiqué dans le topo-guide ainsi que du plan GPX figurant sur le site des SGR. Après vérification, il s’agit d’une mise à jour du tracé du GR 123 (ici commun au GR 129) ; ce sentier de grande randonnée est actuellement en cours de modification.

Nous empruntons donc ce « nouveau » tronçon sans trop savoir où nous allons… Le tracé blanc et rouge se rapproche de la N56 et prend, un peu avant d’atteindre cette dernière, un chemin de terre progressant, pendant 1,5 km, au milieu des champs. Près d’Erbaut, nous retrouvons le parcours initial et décidons, même s’il n’y passe plus, d’effectuer un petit détour pour découvrir le centre de ce village. L'église, de style classique, est dédiée à Saint-Barthélemy. À Erbaut, chaque année depuis 1853, une procession en hommage à ce saint parcourt le village.

GR 129 entre Lens et Erbaut GR 129 : Erbaut, église Saint-Barthélemy

Par des chemins campagnards, tantôt herbeux, tantôt asphaltés, nous arrivons à Erbisoeul. Nous passons à côté de l’église, dédiée à Saint-Martin, puis nous prenons un chemin herbeux parallèle à la ligne de chemin de fer (Bruxelles - Mons). Au terme de ce tronçon de 900 mètres, au niveau de la gare d’Erbisoeul, nous nous séparons du GR 123 ; les deux circuits étaient communs depuis Attre.

GR 129 : Erbisoeul, église Saint-Martin GR 129 entre Erbisoeul et Mons

Le GR 129 longe encore un peu la voie ferrée puis, devant une maison avec une reproduction de la tour Eiffel dans son jardin, il tourne à gauche et pénètre dans le bois de Ghlin. Le premier kilomètre dans ce bois s’effectue sur une petite route, en légère montée (de 70 à 92 mètres d’altitude). Arrivés au sommet, nous abandonnons l’asphalte pour un agréable parcours forestier, d’1,5 km, sur des chemins de terre ou caillouteux. Il est presque midi quand nous arrivons au hameau de Mouligneau. C’est au sympathique café « Le Mouligneau » que nous effectuons la pause casse-croûte en dégustant, sur les recommandations du barman, la bière : La Montoise 5. Cette bière blonde est composée de 5 grains et de 5 houblons différents.

GR 129 entre Erbisoeul et Mons, bois de Ghlin GR 129 entre Erbisoeul et Mons, bois de Ghlin

Au XVe siècle, un ermite s'installa dans le bois de Ghlin et se fit construire une cellule ainsi qu'un oratoire dédié à la Vierge. Cette chapelle, bâtie près d'un ruisseau où se trouvait un moulin, prit alors progressivement le nom de Notre-Dame de Moulineau. En 1615, la peste s'est abattue sur la région et décima la population. La légende raconte que Notre-Dame de Moulineau sauva les habitants en faisant cesser ce fléau. En souvenir de ce jour, une confrérie prit l'initiative de mettre en place une procession ; cette procession annuelle se déroule toujours à Ghlin lors de la fête de l'Assomption.

GR 129 : chapelle de Moulineau

Après cette pause, nous suivons la rue Fiesty qui longe, pendant 1,2 km, le bois de Ghlin. Le trace blanc et rouge oblique ensuite à droite et continue son cheminement, en lisière de forêt, dans la rue de la Garenne. Juste avant un pont ferroviaire, nous quittons l’asphalte pour emprunter un chemin de terre progressant en surplomb de la ligne de chemin de fer.

GR 129 entre Erbisoeul et Mons

Grâce à une passerelle piétonne, nous pouvons traverser l’E19 - E42 en toute sécurité. De l’autre côté de l’autoroute, nous descendons la rue Félix Nihoul jusqu’à la N552 que nous suivons sur une petite centaine de mètres. Après avoir traversé cette route, nous grimpons le talus du chemin de fer et empruntons le pont ferroviaire afin de franchir le canal Nimy - Blaton - Péronnes.

GR 129 entre Erbisoeul et Mons, canal Nimy - Blaton

Ce canal relie, en 39 km, Nimy (lac du Grand Large) à Péronnes au niveau de l'Escaut. Il forme, avec le canal du Centre et le canal Bruxelles - Charleroi, la liaison entre l’Escaut et la Meuse. Inauguré en octobre 1955 (après 18 ans de travaux), il remplace l’ancien canal Pommerœul - Antoing, ouvert en 1826. À cette époque, le Borinage avait besoin d’un moyen de transport efficace pour livrer la très grande quantité de charbon récolté dans les mines de la région. Le canal profitant de la faible pente de la vallée de la Haine n’a pas besoin de beaucoup d’écluses ; il n’en possède que deux à sa jonction avec l’Escaut pour surmonter une différence de niveau totale de 18,10 mètres.

Le GR 129 passe sous le pont ferroviaire où se trouve une plaque commémorative en mémoire à deux soldats britanniques qui se sont distingués ici, le 23 août 1914, lors de la bataille de Mons. Nous longeons ensuite, sur 600 mètres, le site du Grand Large. Ce plan d'eau artificiel, avec son port de plaisance, constitue une extension du canal Nimy - Blaton - Péronnes qu'il relie au canal du Centre. Le site de 35 hectares a été créé à la suite de la mise hors service du canal Mons - Condé à la fin des années 1960.

GR 129 : Mons, Grand Large

Après ce tronçon bétonné, où nous observons les nombreux jet-skis, nous nous dirigeons vers le centre de Mons en prenant une petite route parallèle aux lignes de la SNCB et à la Haine. À l’origine de cette rivière, on trouve plusieurs sources et ruisseaux nés sur le territoire d’Anderlues. La Haine dévale assez rapidement vers le nord jusqu’à Carnières et Morlanwelz puis oblique vers l’ouest ; elle contourne ensuite les collines de Mons, par le nord, et continue son chemin en direction de l’Escaut qu’elle rencontre à Condé, après 60 km. La Haine a donné son nom à l'historique comté de Hainaut et plus récemment à la province de Hainaut.

Par la porte du Parc, nous pénétrons dans la ville de Mons. C’était l’une des six portes de l’enceinte communale construite à la fin du XIIIe siècle. Constituée d’un grand portail central et de deux tourelles à poivrière, elle était dotée au départ d’un pont-levis remplacé plus tard par un pont dormant. La porte a été démolie lors de la construction de la fortification hollandaise (1815 - 1820) et remplacée par une nouvelle porte, elle-même démolie entre 1861 et 1865.

Nous montons la rue des Dominicains et arrivons, 300 mètres plus loin, au square Franklin Roosevelt ; c’est là que nous terminons, peu avant 15h, cette étape et retrouvons la voiture laissée là le matin. Même si nous traverserons la ville demain en début d’étape, nous profitons de l’après-midi pour visiter deux monuments : la collégiale Sainte-Waudru et le beffroi.

Sainte Waudru vécut à Mons au VIIe siècle et fonda, autour d'elle, une communauté de moniales, qui se transforma plus tard en chapitre de chanoinesses. C’est ici que s'est construite une église primitive, puis une église romane et enfin cette collégiale dont l'édification débuta vers 1450 ; les travaux vont durer près de 250 ans. Les chanoinesses auront également le projet de construire une tour de 190 m de haut, la plus haute tour d’Europe à l’époque. Cette tour, dont les premières pierres ont été posées vers 1549, ne fut jamais terminée ; les travaux ont été définitivement arrêtés en 1686. Haute de 25 mètres, la collégiale mesure plus de 100 mètres de long et accueille de multiples œuvres d’art.

GR 129 : Mons, collégiale Sainte-Waudru GR 129 : Mons, collégiale Sainte-Waudru

Suspendue au-dessus de l'autel, on peut admirer la châsse qui renferme les ossements de sainte Waudru. Dans un premier temps enterré, son corps fut probablement ensuite conservé dans une crypte, puis monté sur l'autel et enfin mis en hauteur, au-dessus de l'autel, au XIXe siècle. La situation de la châsse permettait aux pèlerins (auxquels l'accès du chœur était interdit) de vénérer sainte Waudru en passant par le déambulatoire. Cette châsse reste toute l'année suspendue au-dessus de l'autel sauf la veille du dimanche de la Trinité (le dimanche qui suit la Pentecôte, c'est-à-dire le huitième dimanche après Pâques) où elle est descendue lors d'une grande cérémonie avant d'être déposée le lendemain sur le « Car d'Or » pour la procession annuelle. Avec le combat de saint Georges contre le dragon qui se déroule le même jour, ces événements constituent un trésor reconnu par l'UNESCO comme patrimoine immatériel de l'humanité.

GR 129 : Mons, châsse de Sainte-Waudru

Le Car d’Or est un chariot, blanc et doré, datant du XVIIIe siècle. Il est constitué de deux trains de roues, les grandes derrière et les petites devant, exactement comme les chariots des paysans jusque dans les années 1950 ; il est tiré par six chevaux. Deux grosses lanières de cuir, armées de métal, soutiennent le vaisseau sur lequel prennent place les enfants de chœur, le prêtre et la châsse lors de la procession. Près de 1800 participants, répartis en une soixantaine de groupes, font revivre le temps d’une matinée, les seigneurs, les confréries et les corporations qui ont fait la richesse de la ville. Vers midi, à la fin de la procession, dans l’enthousiasme général, des milliers de mains poussent le Car d’Or au sommet de la rampe Sainte-Waudru, un raidillon pavé cahoteux qui longe la collégiale. L’enjeu est de taille car la légende dit que le Car d’Or doit gravir la rampe d’un seul élan afin d’éviter que le malheur ne s’abatte sur la ville.

GR 129 : Mons, le Car d'Or

Unique beffroi de style baroque existant en Belgique, il est le monument le plus fameux de Mons (87 mètres de haut). Il a été édifié entre 1661 et 1669, à l’emplacement de l’ancienne tour ronde dite « Tour de l’Horloge » qui dominait la colline et donnait, dès la fin du XIVe siècle, sa silhouette si caractéristique à la ville. Sur le plan communal, le beffroi jouait le rôle de tour de guet mais permettait aussi de détecter les incendies. En outre, l’horloge donnait l’heure à toute la population. En août 1837, Victor Hugo découvre Mons et décrit ainsi, à son épouse Adèle, le beffroi : « Figures-toi une énorme cafetière flanquée au-dessous du ventre de quatre théières moins grosses. Ce serait laid si ce n’était grand. ».

Le carillon du beffroi est un des plus anciens de Wallonie. Mis en place au XVIIe siècle, il s’est progressivement enrichi de plusieurs cloches jusqu’au XXe siècle. Il se compose de 49 cloches de factures différentes, lui conférant un caractère unique et historique. Avec son bourdon de 5500 kg, son poids total est de 25 tonnes, ce qui en fait un des plus lourds de Wallonie. Tous les quarts d’heure, une horloge électronique enclenche un système électromécanique ancien qui joue 4 airs folkloriques montois.

GR 129 : beffroi de Mons