Les Randos de Fred & Paul

Etape 3 : Mons → Grand-Reng (23 km) réalisée en septembre 2019

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le bus TEC 134/ entre Grand-Reng (Place) et Mons (SNCB).

Vers 9h15, nous descendons du bus, à la gare de Mons, et prenons la direction du centre-ville. Le tracé blanc et rouge passe devant la collégiale Sainte-Waudru et le beffroi (visités lors de l’étape précédente) puis, par la rue d’Enghien, il accède au jardin du Mayeur. Ce dernier a été aménagé de 1930 à 1936 et s'étend sur l'ancien territoire agreste de l'hôtel de ville. On peut notamment y voir la sculpture du « Ropieur », qui éclabousse l'eau de sa fontaine sur les passants ; il symbolise l'esprit facétieux du gamin montois.

Nous descendons l'escalier menant dans la cour de l’hôtel de ville puis, un passage voûté nous conduit sur la Grand Place. Au centre de celle-ci, un anneau de 12 mètres de diamètre symbolise les 19 communes de Mons ainsi que l’arène du combat entre Saint-Georges et le Dragon. La Grand Place présente un panorama de l'architecture civile du XVe au XXe siècle.

GR 129 : Mons, jardin du Mayeur

L'hôtel de ville a été construit entre 1458 et 1477 mais, le manque de ressources financières n’a pas permis de mener à leur fin les travaux entrepris ; l’édifice reste donc inachevé. La charpente, longtemps provisoire, est profondément modifiée au XVIIIe siècle lorsque le campanile vint coiffer de sa masse disproportionnée l'ensemble médiéval. La légende du singe porte-bonheur, encastré à gauche du porche de l’hôtel de ville, remonte à 1930. Statuette en fer forgé, porte-bonheur des Montois et de tous ceux qui lui caressent le crâne de la main gauche, ce singe, dit du Grand-Garde, constitue une véritable énigme pour les historiens locaux. Nul ne sait s’il s’agit du chef-d’œuvre d'un forgeron voulant accéder à la maîtrise dans sa profession, de l’enseigne d'une taverne qui se trouvait dans les caves de l'hôtel de ville ou d’un pilori pour enfants « turbulents ».

GR 129 : Mons, hôtel de ville

Le GR 129 quitte le centre de Mons en passant près des églises Sainte-Elisabeth et Saint-Nicolas. Nous traversons ensuite le boulevard périphérique et continuons, en face, au bord de la N90 pendant 400 mètres. Sur ce tronçon, nous longeons le parc du Waux-Hall aménagé au XIXe siècle. Ce vaste parc de cinq hectares se situe à l’emplacement du fort dit des « Hollandais » qui formait un ouvrage avancé de la dernière fortification. Nous prenons la rue Vilaine qui se prolonge, après 700 mètres, par un chemin empierré. Ce parcours bien agréable se poursuit jusqu’à Hyon où nous effectuons un petit détour pour admirer le pont-barrage.

GR 129 entre Mons et Hyon

La Trouille, affluent principal de la Haine, traverse le village d’Hyon. Cette rivière reçoit les eaux de la Wampe et du By. Il y a plusieurs siècles, la confluence de ces trois cours d’eau a été l’endroit idéal pour l’établissement d’un complexe hydraulique important. Lorsque le moulin fonctionnait, les portes-guillotines des 12 arches (il en reste 8) étaient baissées ; l’eau était alors dirigée vers le bief qui alimentait les roues du moulin. À l’opposé du pont se trouvait un second canal voûté qui était ouvert lorsqu’il fallait mettre la rivière à sec en amont pour procéder à son curage. En temps normal, le meunier jouait savamment avec les différentes vannes afin d’obtenir le débit d’eau nécessaire au fonctionnement des roues du moulin. Lorsque les vannes étaient ouvertes, l’eau coulait sur la cascade composée d’une série de huit gradins en pierre. Ces marches n’étaient pas qu’esthétiques car sans elles, l’érosion causée par les eaux aurait endommagé les fondations du pont-barrage et provoqué son effondrement.

GR 129 : pont-barrage de Hyon GR 129 : pont-barrage de Hyon

Peu après ce barrage, nous grimpons (de 41 à 103 mètres d’altitude) un sentier raviné qui se faufile, à travers bois, vers le mont Panisel. Au sommet, nous contournons un imposant tilleul planté à la fin du XVIIIe siècle par les Révolutionnaires. Nous descendons le versant sud de la colline et avançons ensuite, sur un chemin pavé, en lisière de terres cultivées.

GR 129 entre Hyon et Spiennes GR 129 entre Hyon et Spiennes GR 129 entre Hyon et Spiennes

Un peu avant d’atteindre la N40, nous bifurquons dans la rue du Marais et progressons sur celle-ci pendant 650 mètres. À la fin de cette rue, devant une vaste propriété, le GR 129 tourne à gauche et emprunte un sentier contournant un champ. Vers midi, nous entrons dans Spiennes et y trouvons un banc pour effectuer la pause pique-nique. Dans ce village, nous croisons le GR 412 : le sentier des terrils, qui traverse la Wallonie d'ouest en est, de Bernissart à Blegny-Mine. Son numéro d'attribution fait référence au 4 décembre qui est le jour de la fête de Sainte-Barbe, sainte vénérée des mineurs. Le parcours commun à ces deux sentiers de grande randonnée n’est que de 200 mètres.

GR 129 entre Hyon et Spiennes

Spiennes a été un site d'habitat sédentaire dès le néolithique. La localité était d'ailleurs un marché d'exportation et d'importation du silex grâce à un réseau de chemins le reliant à l'extérieur. Pendant environ 2000 ans, des milliers de puits ont été creusés sur une surface de 150 hectares. Dès 1842, des souterrains d’extraction, creusés dans la pierre, furent mis à jour et en 1867 lors du creusement de la tranchée du chemin de fer de Mons à Charleroi, des découvertes importantes furent effectuées : Spiennes se révéla être l'un des sites les plus caractéristiques en Europe pour la civilisation néolithique avec ses puits d’accès aux chantiers d’extraction et ses galeries souterraines. En décembre 2000, les experts de l’UNESCO ont reconnu les mines de Spiennes comme Patrimoine Mondial de l’Humanité.

Nous franchissons la Trouille et suivons un chemin pavé se dirigeant vers un imposant viaduc ferroviaire ; celui-ci a, paraît-il, des allures de pont romain mais l’épaisse végétation ne nous permettra pas de le vérifier. Au-delà de ce viaduc, nous entamons un premier tronçon campagnard d’1,6 km sur des chemins herbeux et/ou caillouteux.

GR 129 entre Spiennes et Givry GR 129 entre Spiennes et Givry GR 129 entre Spiennes et Givry

À la fin de ce parcours, nous retrouvons l’asphalte et longeons les anciennes dépendances du château de Beugnies. Le pavillon d’entrée, datant de 1774, domine cet ensemble de bâtiments, en forme de L, profondément remanié. Un peu plus loin, nous traversons la rue d’Harveng et continuons, en face, sur une petite route passant entre les prairies.

GR 129 : château de Beugnies

Nous croisons, à nouveau, la Trouille et prenons, peu avant la N40, un chemin caillouteux parallèle à cette grand-route. La Trouille, dont la source se situe près de Grand-Reng (commune d’Erquelinnes), s’écoule d’abord brièvement en France avant de sillonner les campagnes de Givry et de Mons ; la rivière se jette, après 25 km, dans la Haine, à Jemappes. Notre parcours, quasi rectiligne, entre champs et prairies, atteint, après 1,6 km, le terrain de football de Givry.

GR 129 entre Spiennes et Givry

Par un tourniquet, nous accédons à une prairie que nous traversons, en oblique, en direction du cimetière. Au départ de Givry, une liaison permet, en 51 km, de rejoindre le GR 122 près de Sebourg (France). Après avoir franchi la Trouille, nous prenons un sentier arrivant devant le porche d’entrée de la ferme de la Cour (XVIIIe siècle).

GR 129 entre Spiennes et Givry GR 129 : Givry, ferme de la Cour

Le tracé blanc et rouge traverse une dernière fois la Trouille puis rejoint la N40 qu’il emprunte sur une quarantaine de mètres. En suivant la rue de la Vallière nous montons vers la chaussée Brunehaut ; cette antique voie romaine reliait Bavay à Cologne. Au bord de cette route, nous découvrons la charmante chapelle Notre-Dame de Pitié datant de 1741.

GR 129 : Givry, chapelle ND de Pitié

De l’autre côté de la chaussée Brunehaut, nous poursuivons l’ascension sur un chemin, quasi rectiligne, progressant entre les terres cultivées. Après deux kilomètres, nous passons au pied de l’imposante tour que nous avions en ligne de mire depuis un moment déjà. Nous longeons ensuite la lisière du bois d’Aveau et tournons, 500 mètres plus loin, sur une petite route suivie jusqu’à l’ancienne ferme du Petit-Rigneux.

GR 129 entre Givry et Grand-Reng GR 129 entre Givry et Grand-Reng, ferme du Petit-Rigneux

Juste avant cette ferme, le GR 129 tourne à gauche et s’en va, pendant deux kilomètres, sur une route de remembrement ; ce parcours, peu intéressant, est rendu pénible suite à des travaux sur la N40 qui entrainent une déviation de toute la circulation sur ce chemin campagnard. Arrivés à un carrefour de cinq voies, nous optons pour le chemin du Point du Jour et aboutissons, 650 mètres plus loin, à l’entrée de Grand-Reng.

GR 129 entre Givry et Grand-Reng

Vers 16h, nous atteignons la place de la Résistance où nous retrouvons la voiture laissée là le matin. Cœur du village, l’église Notre-Dame possède une tour latérale provenant de l’ancienne église gothique et portant le millésime 1620. Ce vestige a été intégré dans la construction de l’édifice actuel en 1905 ; la flèche du clocher est la plus haute du Hainaut.

GR 129 : église de Grand-Reng

Autrefois, tous les villages situés le long de la frontière française (comme Grand-Reng) étaient le territoire des contrebandiers qui étaient organisés par bandes ; ils déposaient les produits frauduleusement importés dans des maisons dites « de confiance » laissant à d’autres le soin d’en assurer la distribution. De France, ils amenaient l’alcool et repartaient de Belgique avec du tabac qui avait été préalablement compressé pour le rendre moins volumineux.