Les Randos de Fred & Paul

Etape 4 : Grand-Reng → Thuin (26 km) réalisée en 2019

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le train entre les gares de Thuin et d'Erquelinnes puis, le bus TEC 134/ entre Erquelinnes (SNCB) et Grand-Reng (Place).

En face de l’église de Grand-Reng, nous prenons une ruelle qui se poursuit par la rue du Cimetière. Un peu avant d’atteindre ce dernier, nous tournons à gauche et abordons le premier tronçon campagnard de l’étape. Pendant 2,5 km, nous évoluons, en légère montée, sur le macadam, entre les prairies et les terres cultivées. Sur ce parcours, nous passons sous l’ancienne ligne de chemin de fer (Binche - Erquelinnes) qui est aujourd’hui un RAVeL.

GR 129 entre Grand-Reng et Solre-sur-Sambre

De l’autre côté de la N40, le GR 129 grimpe une petite route et se dirige ensuite vers un bois. À la sortie de celui-ci, nous devons emprunter un chemin qui, selon le topo-guide (édition 2007), est « bordé de hautes herbes, d’orties et de ronces ». Douze ans plus tard, la situation ne s’est pas arrangée et ledit chemin est devenu impraticable… nous n’avons d’autres choix que de marcher, pendant 700 mètres, au bord d’un champ de betteraves.

GR 129 entre Grand-Reng et Solre-sur-Sambre GR 129 entre Grand-Reng et Solre-sur-Sambre

Après un autre chemin herbeux, un peu plus praticable, nous parvenons au lieu-dit « Les Six Chemins ». Là, nous prenons un chemin de terre descendant, pendant 1,3 km, entre les champs, jusqu’à la N561. Au bord de cette route, on trouve une belle chapelle. C’est sur l’asphalte que nous continuons la descente vers la Sambre en passant sous la ligne SNCB (Charleroi - Erquelinnes).

GR 129 entre Grand-Reng et Solre-sur-Sambre

Au niveau de l’écluse n°1, nous franchissons la rivière et poursuivons en direction du centre de Solre-sur-Sambre en longeant la Thure. Ce cours d'eau de 25 km, affluent de la Sambre, a donné son nom à une abbaye, aujourd'hui disparue, l'abbaye de la Thure, qui se trouvait à mi-chemin entre Solre-sur-Sambre et Bersillies-l'Abbaye.

GR 129 : écluse de Solre-sur-Sambre

Nous effectuons une pause tout en admirant le château de Solre-sur-Sambre. Celui-ci est situé dans une plaine, autrefois marécageuse, en contrebas du village. Entouré de larges douves alimentées par la Thure, le château consistait à l’origine (milieu du XIIIe siècle) en un gros donjon contrôlant une basse-cour. Celle-ci fut entourée au XIVe siècle d’une enceinte avec quatre tours d’angle circulaires dessinant un ample quadrilatère. Au XVe siècle, on ajouta aux tours en façade, surtout pour des raisons de prestige, les couronnements de mâchicoulis que l’on peut encore voir.

Le château défendait jadis le comté de Hainaut face à la France d’une part, et face à la principauté de Liège d’autre part. Le grand donjon est percé de petites ouvertures qui rappellent bien son caractère de base défensif. Le pont en pierre à deux arches, qui mène à l'entrée de ce donjon, remplace un pont-levis et date de la fin du XIXe siècle. Le château est un des témoins les mieux conservés de l’architecture médiévale de la région.

GR 129 : château de Solre-sur-Sambre

Au-delà du château, nous suivons un court instant la Thure avant de rejoindre, par la rue Émile Vandervelde, la N55. De l’autre côté de cette route, nous prenons un sentier passant entre des jardins privés et un champ. Le tracé blanc et rouge emprunte ensuite, sur 1,6 km, l’assiette de l'ancienne ligne de tram qui reliait Solre-sur-Sambre à Montignies-Saint-Christophe. Ce parcours, après avoir franchi la Hantes, entame une légère montée régulière entre des haies vives. La Hantes, qui prend naissance à Froidchapelle, coule vers Beaumont avant de passer brièvement en France. De retour en Belgique, elle remonte vers le nord et se jette, après 31 km, dans la Sambre en amont de Labuissière.

GR 129 entre Solre-sur-Sambre et Labuissière GR 129 entre Solre-sur-Sambre et Labuissière

À hauteur d’une croix en bois, nous quittons le remblai de l’ancien vicinal et continuons sur le plateau agricole pendant trois kilomètres. Au milieu de ce tronçon, parfois très boueux, nous laissons partir vers la droite, la liaison permettant de rejoindre, en 27 km, le GRP 125 : Tour de l'Entre-Sambre-et-Meuse au niveau des lacs de l’Eau d’Heure.

GR 129 entre Solre-sur-Sambre et Labuissière

À l’entrée de Labuissière, le GR 129 retrouve l’asphalte mais l’abandonne rapidement pour descendre un étroit sentier menant à la Sambre. Comme à Solre-sur-Sambre, c’est au niveau de l’écluse que nous franchissons le cours d’eau. Nous empruntons la N561 et prenons, après 300 mètres, la rue Saint-Pierre qui passe par-dessus la ligne de chemin de fer (Charleroi - Erquelinnes).

GR 129 entre Solre-sur-Sambre et Labuissière GR 129 : écluse de Labuissière

Un peu plus loin, nous redescendons vers la Sambre en suivant, pendant 1,6 km, une petite route évoluant entre champs et prairies. Nous longeons la rivière un court instant et remontons, par un agréable chemin forestier, vers le plateau agricole.

GR 129 entre Labuissière et Lobbes GR 129 entre Labuissière et Lobbes

Nous progressons brièvement sur la route de Fontaine et bifurquons, après une ferme, sur un chemin herbeux. Celui-ci descend vers un bosquet où coule le ruisseau des Prés des Sarts. Ce cours d’eau franchit, nous montons en lisière de forêt vers le lieu-dit « Bois de Beau » et redescendons, par un chemin encaissé, vers la Sambre.

GR 129 entre Labuissière et Lobbes GR 129 entre Labuissière et Lobbes

En nous retournant, nous observons, perché sur la colline où nous étions un peu plus tôt, le château Grignard. Cette curieuse bâtisse, construite au XIXe siècle à la demande d’Auguste Rivage, tire son nom du lieu-dit « Mont de Grignard » sur lequel elle est érigée. À cet endroit, au VIIe siècle, Landelin et ses brigands rançonnaient les voyageurs et pillaient la région. Plus tard, Landelin, repenti, se racheta et implanta notamment l’abbaye de Lobbes. L’appellation « château » provient sans doute du caractère vertical marqué de l’architecture.

GR 129 entre Labuissière et Lobbes, château Grignard

Durant 2,8 km, nous marchons sur le chemin de halage au bord de la Sambre. Le nom « Sambre », pourrait venir du gaulois « Samara » : tranquille. Cette rivière prend sa source en France, près du Nouvion-en-Thiérache sur le plateau de Saint-Quentin. Elle arrose Maubeuge avant d’entrer en Belgique à Erquelinnes. Elle passe par Thuin, Charleroi, Sambreville et Floreffe avant de se jeter dans la Meuse à Namur. Son cours est long d'environ 180 km (dont 88 en France). En chemin, nous passons sous un pont métallique sur lequel circulait jadis la ligne de chemin de fer reliant Mons (Cuesmes) à Chimay.

GR 129 entre Labuissière et Lobbes, la Sambre

À la fin de ce tronçon, nous grimpons un sentier, un peu raide, et arrivons sur la N652 près d’un beau portique : la Portelette. Cette construction, érigée à la fin du XVIIe siècle, constituait la « porte de Binche » de l’ancienne enceinte de l’abbaye Saint-Pierre de Lobbes. Cette dernière a été fondée, vers 654, par saint Landelin, le brigand converti devenu ermite. Le premier abbé de Lobbes est Ursmer (mort en 713) qui développa les bâtiments monastiques. Au VIIIe siècle, l'abbaye est léguée à l'évêché de Liège. Dès lors, elle jouera un rôle de première importance dans la vie religieuse, politique et intellectuelle de la principauté de Liège.

L'histoire de l'abbaye est ensuite une longue suite d'événements heureux ou malheureux, s'étalant sur près de 1000 ans. Le passage à Lobbes des troupes révolutionnaires françaises a été particulièrement dévastateur ; l'abbaye fut pillée, incendiée et la communauté monastique dispersée. L’abbaye a été officiellement dissoute en 1796, et ce qu’il en reste fut vendu comme biens publics. Les deux niches de « La Portelette » abritent les statues de Saint-Landelin, en aval, et Saint-Ursmer, en amont.

GR 129 : Lobbes, la Portelette

Le tracé blanc et rouge descend vers le centre de Lobbes et monte ensuite les escaliers menant à la collégiale Saint-Ursmer. Celle-ci a été bâtie, vers 823, à l'emplacement d’une église plus petite construite au VIIe siècle par Ursmer pour y inhumer les abbés et les moines qu’on ne pouvait pas enterrer dans l’église abbatiale, par respect pour les reliques de saint Pierre qui y étaient conservées. En 973, l’église acquiert le statut de collégiale qu’elle perd en 1409 lorsque le chapitre, fuyant la guerre qui opposait Liégeois et Bourguignons, se réfugie à Binche pour s’y installer définitivement.

Une grande partie de l’édifice actuel remonte à l’époque carolingienne, à l’exception de la tour avec le porche accolé, du chœur et de la crypte qui sont d’époque romane (fin du XIe siècle). Au cours des siècles, l'église va subir de nombreuses transformations, parfois excessives. La collégiale a été entièrement rénovée au début du XXe siècle. Dans la crypte, on peut voir les sarcophages des deux successeurs immédiats de Landelin à la tête de l’abbaye : saint Ursmer et saint Ermin (décédé en 737). S’y trouvent également deux belles dalles funéraires des abbés Guillaume Cordier et Guillaume Caulier.

GR 129 : Lobbes, collégiale Saint-Ursmer GR 129 : Lobbes, collégiale Saint-Ursmer

Après cette pause culturelle, nous redescendons, par un agréable sentier, vers la Sambre et progressons sur le chemin de halage, pendant 300 mètres. Lorsque nous quittons la rivière, c’est pour grimper (de 136 à 180 mètres d’altitude) vers Les Waibes. Cette rude montée se fait tantôt sur des sentiers, tantôt via des escaliers.

GR 129 entre Lobbes et Thuin

Au sommet, nous traversons la N59 et atteignons, 350 mètres plus loin, l’église du Christ-Roi. L’intérieur de cet édifice est surprenant de par sa nef unique et son plafond lambrissé.

GR 129 entre Lobbes et Thuin, église des Waibes

C’est peu après cette église que nous quittons le tracé blanc et rouge pour descendre vers la gare de Thuin (environ 900 mètres hors GR) et ainsi terminer cette longue et belle étape.