Les Randos de Fred & Paul

GR 15 : Burnontige → Harzé (15 km) - juin 2020

Nous quittons Burnontige, qui tire son appellation de la présence de l'ancienne chaussée romaine de Brunehaut, en prenant la rue de Jehonhé. Au début de cette rue, nous découvrons la roue d’un ancien moulin situé sur le ruisseau de Gehonheid ; le moulin a disparu depuis une soixantaine d’années.

GR 15 entre Burnontige et Ernonheid

À la sortie du hameau, le GR 15 emprunte un large chemin caillouteux montant légèrement. Après 750 mètres, nous arrivons à un croisement où nous prenons, sur la droite, un autre chemin caillouteux sur lequel l’ascension se poursuit. Pendant deux kilomètres, nous progressons à travers bois et nous nous rapprochons ainsi de l’E25.

GR 15 entre Burnontige et Ernonheid GR 15 entre Burnontige et Ernonheid

Par un sentier, le long de l’autoroute, nous parvenons à la N66. De l’autre côté de cette route, nous évoluons encore à côté de l’E25, durant 500 mètres, mais sur l’asphalte cette fois. Le tracé blanc et rouge prend ensuite, vers la gauche, un chemin goudronné se dirigeant, entre les prairies, vers Le Grand Trixhe.

GR 15 entre Burnontige et Ernonheid GR 15 entre Burnontige et Ernonheid

Au-delà de ce hameau, nous prenons un chemin annoncé sans issue aboutissant dans un pré. Après avoir traversé cette prairie, nous continuons sur un sentier forestier atteignant, 550 mètres plus loin, un chemin caillouteux. C’est là que nous croisons le tracé du GRP 571 : Tour des Vallées des Légendes avec lequel nous ferons parcours commun pendant 1,7 km. Ce sentier de grande randonnée permet en +/- 186 km, de découvrir trois des plus belles vallées ardennaises : l'Amblève, la Salm et la Lienne.

GR 15 entre Burnontige et Ernonheid GR 15 entre Burnontige et Ernonheid

Les deux GR prennent ce chemin, en légère descente, passant dans le « Bois Renard Pieri » et arrivant à la N30. Après 150 mètres, sur cette grand-route, nous tournons à droite et pénétrons dans le « Grand Bois de Berleur » dans lequel nous allons évoluer durant 1,5 km. Peu après avoir franchi le ruisseau du Moulin de Bosson, nous nous séparons du GRP 571 que nous retrouverons dans 15 km, lors de la prochaine étape, à Aywaille.

GR 15 entre Ernonheid et Trou de Bosson GR 15 entre Ernonheid et Trou de Bosson

Le GR 15 progresse, pendant 1,2 km, sur un beau sentier en surplomb de la N30 et du ruisseau du Moulin de Bosson. Ce cours d’eau qui, plus loin, s’appelle le ruisseau du Pouhon deviendra finalement la Lembrée. Cette dernière se jette dans l’Ourthe au hameau de Palogne, près du château fort de Logne. Au lieu-dit « Trou de Bosson », nous contournons une maison et montons, à l’arrière de celle-ci, un étroit sentier à flanc de colline. Ce sentier, toujours parallèle à la grand-route, devient progressivement un chemin forestier.

GR 15 entre Ernonheid et Trou de Bosson GR 15 entre Ernonheid et Trou de Bosson

À la sortie du bois, nous passons à côté d’une stèle érigée à la mémoire de Francis Vanmechelen. Il fut l’un des pionniers des sentiers de grande randonnée avec Lucien et André Cailloux, Henri Léonard, Roland Huysmans et Alain Dawance. Il était aussi le porte-parole des sentiers GR lors de toutes les manifestations, rallyes pédestres, sorties collectives et lors de chaque inauguration de nouveaux sentiers de grande randonnée.

L’idée d’élever ce monument à la mémoire de Francis Vanmechelen, décédé à 45 ans, a été portée par les administrateurs des Sentiers GR, dont Roland Huysmans et Jean Englebert. Sa réalisation a été rendue possible grâce à une campagne de souscription à laquelle de nombreux randonneurs ont répondu favorablement. Une plaque, en hommage à Roland Huysmans décédé en 2006, a été ajoutée à ce monument.

GR 15 : stèle Francis Vanmechelen et Roland Huysmans

Nous descendons une petite route et traversons ensuite la N30. Le GR 15 longe le ruisseau du Pouhon et atteint, peu après un manège équestre, la chapelle Sainte-Anne du Pouhon.

Dès le XVe siècle, l'industrie du fer était une activité très répandue à différents endroits du territoire de la commune d'Aywaille. De nombreuses forges et fourneaux virent le jour dans plusieurs villages et plus précisément là où coulait l'eau nécessaire à leur fonctionnement (les soufflets servant à activer les feux des fourneaux étaient actionnés au moyen d'une roue hydraulique). Avec le développement de toutes ces activités, les populations s'étaient densifiées et souhaitaient disposer d'un lieu de culte afin de satisfaire à leurs obligations chrétiennes.

Collienne de Neufforge (dit « de Pouhon »), un puissant industriel qui possédait plusieurs établissements, avait établi ses ateliers le long du ruisseau du Pouhon. C’est ce seigneur qui prit l'initiative de faire construire la chapelle tant réclamée. Dédiée à Sainte-Anne et à Saint-Remacle, elle allait porter le nom de « chapelle Sainte-Anne du Pouhon ». Le 4 septembre 1524, le prince-évêque Érard de la Mark en approuva la fondation. La chapelle fut construite à côté de la demeure du riche industriel ; celle-ci a été démolie en 1862.

En 1782, la chapelle, laissée à l'abandon, était dans un état lamentable. L'archidiacre du Condroz prit la décision d’interdire la célébration des offices et les populations locales durent alors se tourner vers l'église de Harzé ou vers la maison vicariale des Pouhons. La chapelle fut entièrement restaurée en 1789 mais la pratique du culte fut interrompue durant la Révolution. La messe dominicale a encore été dite jusqu'en 1925, date à laquelle on mit fin aux offices religieux tant ce bâtiment, sombrant dans l'oubli, tombait en ruines.

La petite église de Houssonloge fut alors construite à l'initiative du châtelain de Harzé ; tous les objets de valeur ornant la chapelle Sainte-Anne y ont été transférés. Dix ans plus tard, le Gouverneur de la Province de Liège prit des dispositions pour faire remettre en bon état la route menant à la chapelle. Le culte y fut alors rétabli. Au cours de cette même année 1935, le docteur Louis Thiry a été l'initiateur d'une confrérie visant à rendre un peu d'intérêt à la chapelle. En 1937, après avoir été une nouvelle fois restaurée, la chapelle Sainte-Anne fut classée par la commission des Monuments et des Sites.

GR 15 : chapelle Sainte-Anne du Pouhon

Un peu plus loin, nous franchissons, sur une passerelle, le ruisseau du Pouhon et passons à côté d’une croix d’occis (à la mémoire de Michel Collard, mort en 1690). Le sentier nous mène jusqu’au hameau de La Levée où nous entamons la dernière, et non des moindres, côte de l’étape. Pendant un kilomètre, nous montons et passons de 280 à 384 mètres d’altitude.

GR 15 entre Trou de Bosson et Harzé GR 15 entre Trou de Bosson et Harzé

Au sommet, au milieu des prairies, nous profitons d’un vaste panorama et amorçons ensuite la descente, essentiellement sur l’asphalte, vers Harzé (230 mètres d’altitude). C’est devant le château, situé sur la N30, que nous terminons ce parcours, vers 15h30.

GR 15 entre Trou de Bosson et Harzé

C'est à l'époque féodale que Harzé apparaît dans l'histoire. Un acte de l'abbaye de Stavelot daté de l'an 890 en fait alors état. C'est probablement à ce moment qu'un seigneur établit un ouvrage défensif, sur un éperon dominant la vallée du Wayai et faisant face aux plaines de Pironboeuf, pour se protéger contre les envahisseurs. La seigneurie de Harzé fait alors partie du duché de Luxembourg et relève du comté de Montaigu-en-Ardenne. Elle verra se succéder une dizaine de dynasties à sa tête.

Si les origines d'un château remontent probablement au IXe ou Xe siècle, l'édifice actuel est l'œuvre du comte Ernest de Suys de Lynden qui fit aménager, dans les années 1632 à 1645, l'ancien fenil transformé en une vaste salle des comtes. Ses armoiries, ainsi que celles de son épouse, surmontent le porche d'entrée donnant accès à la grande cour du château.

GR 15 : château de Harzé

La façade du château, restaurée entre 1909 et 1924, constitue un exemple remarquable du style Renaissance mosane, avec ses arcades en plein cintre sur colonnes toscanes et ses fenêtres à triples meneaux. Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de la bataille des Ardennes, le château fut réquisitionné par l'armée américaine qui y installa un état-major dirigé par le général Matthew Ridgway. Ce dernier y reçut le Field marshal, Bernard Montgomery, le 24 décembre 1944 et le général Dwight Eisenhower le 28 décembre 1944. Une plaque commémorative placée dans le porche d'entrée relate ces événements.

GR 575-576 : château de Harzé

Propriété de la province de Liège depuis 1973, le château est devenu un centre de séminaires résidentiels, de réception de mariage et d'hébergement. Ses anciennes dépendances abritent le musée de la Meunerie et de la Boulangerie.