Les Randos de Fred & Paul

Etape 8 : Steinebrück → Saint-Vith (24 km) réalisée en septembre 2020

Vers 9h30, nous commençons, à Steinebrück, près de l’ancien bâtiment des douanes, cette dernière étape sur le GR 56. Le nom « pont de pierre » (en allemand) fait référence au pont construit, en 1855, au-dessus de l’Our. Jusqu'à l'achèvement de l'autoroute en 1984, Steinebrück avait encore une certaine importance en tant que poste-frontière pour le trafic routier. L'ancien pont n'est aujourd’hui plus utilisé que pour le trafic frontalier local.

Nous quittons rapidement la N646 pour emprunter le RAVeL qui passe sous l’imposant viaduc de l’E42. Surplombant l’Our à 80 m de haut, ce pont mesure 712 m et sa plus grande travée est de 104 mètres. Après environ 900 mètres, nous abandonnons le RAVeL 46 pour le RAVeL 47 que nous allons suivre, de plus ou moins près, durant six kilomètres ; la cohabitation avec les nombreux cyclistes n’est pas toujours évidente !

GR 56 entre Steinebrück et Auel

Nous passons à côté d’un ancien pont ferroviaire et franchissons ensuite l’Our qui marque la frontière entre la Belgique et l’Allemagne. L’incursion allemande du GR 56 n’est que d’un kilomètre et permet de découvrir le village de Hemmeres. Au cours du traité de Versailles, lorsque les régions d’Eupen, Malmedy et Saint-Vith sont devenues belges, les 1,1 km de la ligne de chemin de fer (Vennbahn) qui traversaient le village devenaient territoire belge. Les Belges auraient alors souhaité incorporer Hemmeres, resté allemand, mais cette volonté échoua suite aux protestations des habitants. En avril 1949, le village est devenu belge suite aux rectifications du tracé de la frontière mais, en 1956, Hemmeres est redevenu allemand.

GR 56 entre Steinebrück et Auel

Après avoir retraversé l’Our (sur une passerelle en bois datant de 2008), nous quittons le RAVeL pour suivre un chemin caillouteux longeant une prairie. Le répit est de courte durée puisque 600 mètres plus loin, de retour au bord de l’Our, nous retrouvons la piste cyclable. Nous effectuons une petite pause au niveau de l’ancienne halte ferroviaire d’Auel.

GR 56 entre Steinebrück et Auel GR 56 entre Steinebrück et Auel

À partir de 1889, la quiétude avait déserté le hameau d’Auel car depuis cette date les trains traversaient bruyamment la localité à la vitesse « impressionnante » de 40 km/h. Cependant, les trains de voyageurs de la ligne Saint-Vith - Ulflingen (Troisvierges) ne s’arrêtaient pas à Auel. En effet, lors de la construction de la voie, aucune gare, pas même une simple halte, n’avait été envisagée à cet endroit. Les habitants d’Auel qui voulaient prendre le train devaient se déplacer à la gare de Reuland, à 3 km de leur village.

Au début des années 1930, les chemins de fer belges aménagèrent une halte à Auel. Jusqu’à l’invasion de mai 1940, les habitants eurent ainsi la possibilité de prendre le train vers Saint-Vith ou Ulflingen, cinq fois par jour dans les deux directions. En septembre 1944, lors de leur retraite, les troupes allemandes dynamitèrent de nombreux ponts du chemin de fer, dont les quatre enjambant l’Our entre la gare de Reuland et Hemmeres. Les ponts n’ont jamais été réparés et la voie fut démontée en 1954 ; la localité a retrouvé sa quiétude de jadis.

À la sortie d’Auel, après avoir franchi l’Our une dernière fois, nous prenons un chemin herbeux évoluant non loin du RAVeL sur 600 mètres. Si le tracé blanc et rouge revient ensuite sur la piste cyclable, nous préférons, pour notre tranquillité, emprunter le chemin caillouteux qui lui est parallèle. Peu après la gare de Reuland, nous quittons définitivement le RAVeL et les bords de l’Our pour grimper, au-delà de la N693, vers Weweler.

GR 56 entre Auel et Weweler GR 56 entre Auel et Weweler

Au sommet de cette rude ascension, nous effectuons, comme recommandé dans le topo-guide, un aller-retour afin d’admirer la chapelle dédiée à Saint-Hubert. La tour romane du XIIIe siècle est coiffée d’une toiture originale ressemblant à sept petits capuchons superposés. La nef et le chœur (XVe et XVIe siècles) semblent écrasés sous les pentes interminables et successives de leur toit.

GR 56 : Weweler, chapelle St-Hubert

Le long de la rue descendant vers Burg-Reuland, nous découvrons une vingtaine de croix et profitons surtout du beau point de vue sur le village et son château. Peu avant d’atteindre le centre de la localité, située de l’autre côté de l’Ulf (un ruisseau de 18 km, affluent de l’Our), nous croisons le tracé du GR 5 avec qui nous cheminerons pendant 700 mètres.

GR 56 : Burg-Reuland Burg-Reuland : jonction entre le GR 5 et le GR 56

Nous passons sous le porche d’une ancienne maison et suivons la N693 jusque devant l’église Saint-Étienne. L’édifice a été érigé au début du XVIIe siècle à l’emplacement d’une chapelle déjà mentionnée en 1213. Cette reconstruction a été commandée par Balthasar von Pallandt ; à l’intérieur, on peut voir le sarcophage, en marbre noir, de ce seigneur et de sa dame. La tour de l’église a probablement été restaurée en 1772.

GR 56 : église de Burg-Reuland

Le tracé blanc et rouge grimpe vers les ruines du château dont la première mention date de l’an 963. Vers 1600, la place forte connut de nombreuses transformations avant d’être incendiée par les troupes françaises en 1759. Le plan du château est celui d’un quadrilatère de 65 m sur 55 m. De trois côtés, de puissants murs avaient été érigés. Au nord, un grand fossé artificiel, maintenant comblé, en interdisait l‘approche. Au sud se trouve la haute et puissante tour, probablement une des plus vieilles parties du château (XIVe siècle) appelée « Bergfried ». Du côté nord-ouest se trouve une belle tour à coins arrondis.

GR 56 : château de Burg-Reuland GR 56 : château de Burg-Reuland

Après la visite gratuite du site (380 mètres d’altitude), nous prenons une petite route montant jusqu’à une exploitation agricole et descendant ensuite, entre champs et prairies, vers Bracht. Nous traversons le village et continuons l’ascension, sur une petite route de campagne, vers Maspelt (512 mètres d’altitude) situé 2 km plus au nord. Nous effectuons une pause boisson, bien méritée, près de l’église Saint-Hilaire datant de 1932.

GR 56 entre Burg-Reuland et Maspelt

À la sortie du village, le GR 56 abandonne enfin l’asphalte pour un chemin herbeux descendant, entre les prairies, vers un petit hameau (404 mètres d’altitude). Nous franchissons l’Hasselbach et montons un chemin caillouteux en lisière de forêt. Au sommet, nous longeons un champ de maïs et rejoignons, 400 mètres plus loin, la route menant à Neidingen. Grâce à un sentier herbeux, nous descendons vers le village en évitant cette route.

GR 56 entre Maspelt et Neidingen GR 56 entre Maspelt et Neidingen

Juste avant la charmante église dédiée à Saint-Antoine et datant de 1682, nous passons par-dessus la rivière Braunlauf ; ce matin, entre Steinebrück et Hemmeres, nous avons déjà croisé ce cours d’eau, affluent de l’Our.

GR 56 : église de Neidingen

C’est malheureusement ici que nous retrouvons le tracé du RAVeL 47 que nous allons à présent suivre durant deux kilomètres. Un panneau nous informe sur l’arrivée du chemin de fer à Neidingen et les modifications qu’il engendra : disparition de deux maisons, de quelques granges et étables. Par ailleurs, les toitures en chaume des fermes d’une part, les étincelles jaillissant des locomotives à vapeur d’autre part augmentaient considérablement les risques d’incendies. En 1921, deux habitations furent effectivement réduites en cendres. Si Neidingen était traversé par la « Vennbahn », ses habitants par contre n’avaient pas la possibilité d’y prendre le train. Ce n’est que dans les années 1930 qu’un arrêt a été aménagé mais il fut rapidement supprimé, dès avant la Seconde Guerre mondiale.

GR 56 entre Neidingen et Wiesenbach

Peu après le viaduc de l’E42, nous atteignons le hameau de Wiesenbach, situé le long de la N646. De l’autre côté de la grand-route, toujours sur le RAVeL, nous passons derrière la ravissante chapelle Saint-Barthélemy. Lieu de culte et centre de pèlerinage de temps immémorial, site d’un ancien sanctuaire païen dédié à la déesse Visuna, bâtie sur un cimetière d’époque franque, cette chapelle jouit d’une tradition historique emblématique. Faisant partie des plus anciens édifices classés de Belgique, décorée de peintures murales du XVe siècle redécouvertes par hasard en 1982, son origine remonterait au IXe siècle. Le porche de la chapelle abrite un banc et une table en pierre où le tribunal d’échevins de Saint-Vith aurait siégé.

GR 56 : chapelle de Wiesenbach

Quelques mètres après le camping de Wiesenbach, nous quittons la piste cyclable pour un sentier qui monte à travers bois. Pendant 1,8 km, nous marchons dans la forêt, en légère montée, et parvenons au bord d’une route où est érigé un monument en mémoire des soldats américains qui ont défendu Saint-Vith en décembre 1944.

GR 56 entre Wiesenbach et Saint-Vith GR 56 entre Wiesenbach et Saint-Vith

700 mètres plus loin, le tracé blanc et rouge sort de la forêt et amorce la descente vers Saint-Vith. Ce parcours asphalté, essentiellement campagnard, de deux kilomètres se termine à hauteur d’un rond-point sur la N676. Il ne nous reste alors plus qu’à monter l’Aachener Strasse pour rejoindre le centre-ville et ainsi clôturer cette dernière étape sur le GR 56.

GR 56 : Saint-Vith