Les Randos de Fred & Paul

Etape 2 : Soiron → Saive (20 km) réalisée en juin 2017

Avant de débuter cette étape, attardons nous quelques instants sur l’histoire du village de Soiron. La première trace écrite le concernant est un acte, daté de 1005, de l'empereur Henri II accordant au chapitre de St-Adalbert d'Aix-la-Chapelle les bénéfices du ban de Soiron. Les chanoines, pour protéger et gérer leurs biens, recourent aux services de voués, parmi lesquels Godefroid de Bouillon (1095) puis des ducs de Limbourg. Soiron est ainsi intégré au duché de Limbourg qui est lui-même acquis par le duché de Brabant après 1288. Au XVe siècle, le ban de Soiron devient une seigneurie. Un violent tremblement de terre secoue le village en 1692 ; les dégâts sont importants. La reconstruction s'effectue de façon somptueuse car, au XVIIIe siècle, le village prospère grâce à ses activités commerciales (marchés), manufacturières (fabriques textile, clouteries...) et agricoles.

GR 563, vue sur Soiron

À proximité immédiate du château, une imposante ferme, datant principalement des XVIIe et XVIIIe siècles, s’inscrit au cœur du village. Ces vastes dimensions rappellent toute la puissance et la richesse du châtelain, détenteur du pouvoir local. La grange attenante est prolongée, vers 1836, par un séchoir « à chardons » en briques, témoin de l’intense activité lainière de la région. Les très nombreuses fentes qui transpercent la maçonnerie assuraient une importante circulation d’air pour faciliter le séchage des chardons. Des brosses garnies de chardons étaient utilisées dans l’industrie textile lors du lainage, destiné à faire ressortir le duvet moelleux du drap.

GR 563, Soiron : séchoir à chardons

Etablie sur un monticule à l’extrémité de la place centrale, l’église St-Roch occupe une position privilégiée dans le village. Cité pour la première fois en 1086, l’édifice se compose d’une tour amarrée à un ample vaisseau de huit travées, reconstruit en 1723 par le seigneur du lieu après le tremblement de terre de 1692. La tour, millésimée « 1627 », semble comme absorbée par les puissantes dimensions de la nef suivie du chœur. A l’intérieur, on peut admirer des fonds baptismaux en pierre calcaire du XIIIe siècle, témoignages du premier édifice roman, ainsi qu’un somptueux maître-autel de style Louis XIV qui a déterminé, par ses dimensions, la hauteur de la nef.

GR 563, Soiron : église St-Roch

Il est presque 11h lorsque nous quittons Soiron qui figure, depuis 1999, parmi les « Plus beaux villages de Wallonie ». Nous suivons un sentier aboutissant à un tourniquet permettant d’accéder à une prairie. Nous traversons le hameau de « Bouhêye » et continuons l’ascension sur de petites routes jusqu’à une ferme isolée, à 271 mètres d’altitude (point culminant de l’étape). Par un chemin de terre, entre des haies vives, nous descendons progressivement jusqu’à rejoindre une route dénommée : chemin du Bois d’Olne. Au bord du chemin, nous découvrons une étrange sculpture représentant un cheval, une girafe,...  ?

GR 563 entre Soiron et Olne GR 563 entre Soiron et Olne

Nous arrivons devant une maison et reprenons un peu de hauteur avant de tourner à droite pour un parcours d’1,5 km principalement sur l’asphalte. Dans le hameau de Grihanster, nous rejoignons le tracé du GR 5 avec qui nous cheminerons toute la suite de l’étape (15 km). Le balisage, à présent blanc et rouge, quitte l’asphalte pour emprunter un sentier descendant fortement, à travers bois, vers le hameau de « Touvoye ».

GR 563 entre Soiron et Olne, Touvoye

Sur 300 mètres, nous suivons la rue Tonvoye avant de franchir, sur un petit pont, le ruisseau de la Hazienne. De l’autre côté du cours d’eau, le GR grimpe (de 140 à 235 mètres d’altitude) en direction d’Olne. Cette ascension s’effectue d’abord sur un sentier fortement raviné puis, sur un chemin de terre entre les prés.

GR 563 entre Soiron et Olne, ruisseau de la Hazienne GR 563 entre Soiron et Olne

Avant d’effectuer la pause pique-nique, à la sortie d’Olne, nous découvrons ce village classé lui aussi, depuis 2004, parmi les « Plus beaux villages de Wallonie ». C’est au début du XIe siècle que se développe le domaine primitif d’Olne, à l’instar de Soiron, don de l’empereur Henri II au chapitre de l’église St-Adalbert d'Aix-la-Chapelle.

L’habitat traditionnel, issu des XVIIe et XVIIIe siècles et de la renaissance mosane, propose une architecture relativement homogène, entremêlant maçonneries de calcaires et de briques. Il est aussi le reflet de la population de l’époque, essentiellement constituée d’artisans, ouvriers, commerçants et marchands. Ainsi, les constructions plus modestes côtoient des maisons bourgeoises, témoignage ostensible de l'essor économique lié à la proximité des grandes villes de Verviers et Liège.

Le charme de l’église St-Sébastien est dû en partie à l’ancien cimetière qui l’entoure et à sa position surélevée au cœur du village. Bâtie en 1005, sur l’ordre d’Henri II, cet édifice de style roman ne comprenait qu’un chœur et une nef. Au XVIe siècle, suite au délabrement de son église, le curé Bodeson entreprend des travaux de restauration pour consolider le bâtiment ; il y adjoint une tour carrée en pierres calcaires.

GR 563, Olne : église St-Sébastien

Au départ des protestants hollandais, Olne retrouve sa sérénité et, en 1761, l’église prend l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui : trois nefs réunies sous une même toiture et un large chœur à cinq pans. Dans le mur d’enceinte du vieux cimetière sont encastrées vingt-cinq croix funéraires. Deux portails classés permettent l’accès à l’église : le plus ancien en moellons est couvert d’un « teûtê », l’autre est pourvu d’une haute grille en fer forgé datée de 1774.

Au centre du village, la maison communale, ancienne demeure de notable, a été bâtie en 1747. En 1848, elle a été acquise par la commune. Ce bâtiment évoque l’atmosphère cossue chère à la classe bourgeoise, autant soucieuse d’apparence que de confort.

GR 563, Olne : maison communale

Nous quittons Olne en passant devant un imposant calvaire. Jusqu’à l’entrée du village de St-Hadelin, 1,5 km plus loin, nous suivons un chemin herbeux et passons à côté d’un vieux tilleul : le Tilleul Charlemagne. Certainement âgé de près de 500 ans, c’était l’arbre de justice de St-Hadelin. Il donne son nom à la campagne du Tiyou où l’armée française a établi son campement en 1690. Réduit de nos jours à un tronc presqu’exclusivement creux, il porte encore vaillamment son beau feuillage.

GR 563 entre Olne et St-Hadelin

A la sortie de St-Hadelin, le balisage rouge et blanc nous emmène dans un bosquet. Le sentier, bien large au commencement, devient de plus en plus raviné... mieux vaut passer ici par temps sec ! Nous suivons ensuite la rue Pont Al Plantche, sur 400 mètres, avant de tourner à gauche au coin d’une maison. Par un étroit sentier herbeux, nous descendons, entre les prairies, vers la N621.

GR 563 entre St-Hadelin et Micheroux GR 563 entre St-Hadelin et Micheroux

De l’autre côté de la grand-route, nous grimpons la rue Longue Voie et passons ainsi, en 600 mètres, de 187 à 240 mètres d’altitude. Au sommet, au niveau d’une place triangulaire, nous tournons à droite et franchissons, peu après, un ancien portail avec deux grilles. Nous passons devant le château de Foxhalle, une belle bâtisse de la seconde moitié du XVIIIe siècle. A la fin du chemin asphalté, nous nous engageons dans un étroit sentier passant entre une clôture et une haie vive.

Nous atteignons la rue des Carmes que nous suivons sur une centaine de mètres. Au moment de tourner à gauche pour emprunter un sentier, un autocollant sur le poteau nous informe que le GR 412 rejoint ici le GR 563 (et donc le GR 5). En fait, il ne s’agit pas du GR 412, que nous croiserons réellement dans 1,8 km, mais d’une de ses nombreuses boucles (ici le Tour de Soumagne). Le sentier du « Laid Broly » chemine entre une terre cultivée et une prairie avant de s’enfoncer dans un bosquet en surplomb d’un ruisseau.

GR 563 entre St-Hadelin et Micheroux, sentier du Laid Broly

Nous franchissons un échalier et pénétrons ainsi dans une première prairie où nous évoluons parmi les vaches. Un portillon métallique permet d’entrer dans une seconde pâture, sans vaches, que nous traversons pour rejoindre la rue Pansery. Au bout de cette rue, le tracé rouge et blanc aboutit à la N3.

GR 563 entre St-Hadelin et Micheroux, passage d'échalier

Après avoir traversé la grand-route, nous rejoignons l’ancienne ligne 38 (déjà suivie lors de l’étape précédente) et y croisons le vrai tracé du GR 412. Pendant 2,7 km, nous ferons parcours commun avec ce sentier de grande randonnée dénommé le « sentier des Terrils ». Le GR 412 traverse la Wallonie d'ouest en est, de Bernissart à Blegny-Mine ; son numéro d'attribution fait référence au 4 décembre qui est le jour de la fête de Ste-Barbe, sainte vénérée des mineurs.

GR 563 entre Micheroux et Evegnée Tignée, RAVeL ligne 38

Nous contournons le terril du Hasard qui, en principe, n’est pas accessible au public. Cependant, de nombreuses personnes le gravissent atteignant ainsi une altitude de 355 mètres, ce qui en fait le plus haut terril de Belgique. Du sommet, par temps clair, on a une vue imprenable sur le pays de Herve et, au-delà, sur le plateau des Hautes-Fagnes. Au sud-ouest, les tours de la centrale de Tihange, au nord la vallée de la Meuse et vers l’est la zone frontalière avec l’Allemagne et les Pays-Bas.

GR 563, Micheroux : terril du Hasard

Pendant 700 mètres, nous suivons la rue de la Chapelle avant d’emprunter un chemin caillouteux. Ce dernier, tout en circulant entre les champs cultivés, nous fait passer tout près du fort d’Evegnée. Ce fort est l’un des douze forts qui composaient la position fortifiée de Liège à la fin du XIXe siècle. Il fut construit entre 1888 et 1892 selon les plans du général Brialmont. Contrairement aux forts français édifiés durant la même période, il fut entièrement construit avec du béton non-renforcé, nouveau matériau pour l'époque, plutôt qu'en maçonnerie. Le fort fut lourdement bombardé lors de la Première Guerre mondiale ainsi qu'au début de la Seconde Guerre mondiale.

GR 563 entre Evegnée Tignée et Saive

Nous cheminons sur le Thier Hamal avant de traverser la voie de Saive. Le parcours asphalté, au milieu des prairies, se poursuit durant près d’un kilomètre, jusqu’à une exploitation agricole dite « Ferme des Hospices ». Là, nous tournons à gauche et descendons, par un sentier raviné, vers le village de Saive. C’est peu après 16h que nous terminons cette seconde étape.

GR 563 entre Evegnée Tignée et Saive