Les Randos de Fred & Paul

Etape 5 : Bomal → Wéris (16 km) réalisée en août 2016

Bomal, situé au confluent de l’Ourthe et de l’Aisne, abrite quelques vieilles demeures caractéristiques de l’architecture régionale ainsi qu'un vieux moulin à eau, toujours en fonctionnement. Le village est dominé par un château de style classique, reconstruit entre 1774 et 1776 par Jean-Baptiste de Hayme, bourgmestre de Liège en 1778 et 1786.

Bomal : anciennes maisons Bomal : le château

Il est 10h lorsque nous commençons cette cinquième étape, à la gare de Bomal, sous une légère pluie. Nous suivons, pendant 600 mètres, la N806 avant de prendre un chemin caillouteux montant à travers bois. A la sortie de celui-ci, le GR poursuit son ascension au milieu des prairies pour atteindre 239 mètres d’altitude, soit 100 mètres plus haut que notre point de départ.

GR 57 entre Bomal et Durbuy GR 57 entre Bomal et Durbuy

En nous retournant, nous apercevons le sommet du Mont des Pins où nous étions passés lors de l'étape précédente. Après la traversée de la N831, nous suivons un chemin descendant, au milieu des bois, vers un pré dans lequel nous entrons grâce à un étroit passage entre les clôtures.

La sortie de la prairie se fait, elle aussi, au moyen d’un passage entre les clôtures mais, difficulté supplémentaire, il y a un petit gué à franchir. Juste après, les balises rouges et blanches nous font grimper un petit raidillon, rendu un peu glissant par la pluie. Au sommet, le ciel se dégageant légèrement, nous profitons d’un beau point de vue sur la vallée de l’Ourthe.

GR 57 entre Bomal et Durbuy, passage d'échalier GR 57 entre Bomal et Durbuy, point de vue sur l'Ourthe

Après un tronçon campagnard relativement plat, nous atteignons Warre où nous effectuons une petite pause. Le village possède quelques belles fermes du XIXe siècle en moellons calcaires.

GR 57 entre Bomal et Durbuy, village de Warre

Par de beaux sentiers entre bois et prairies, nous descendons vers Durbuy. En chemin, nous découvrons la petite chapelle dédiée à Notre-Dame del Cherra. Ce nom, de consonance espagnole a donné naissance à la légende qui veut qu’une statue de la Vierge ait été abandonnée à cet endroit par un soldat espagnol. Transportée en l’église de Tohogne, la statue est mystérieusement revenue d’elle-même à cet endroit, où l’on érigea la chapelle.

GR 57 entre Bomal et Durbuy

Il est presque midi quand nous entrons dans Durbuy où nous observons tout d’abord l’anticlinal. Aussi appelé le rocher d’Homalius et plus fréquemment la roche de la Falize, ce rocher est constitué de couches de calcaires dolomitiques formant un plissement dû à la tectonique.

Durbuy : l'anticlinal

C’est au XIe siècle, avec l’édification du château, que le nom de Durbuy apparait. Après l’affranchissement du village vers 1270, il se dota d’une enceinte fortifiée qui enserrait un périmètre d’environ 550 mètres, pour une superficie de deux hectares. Il ne reste plus aucun vestige de ce dispositif de fortifications mais, la ville respecte encore dans les grandes lignes le plan ancien.

Les maisons bordant les ruelles du centre historique constituent un ensemble homogène et très pittoresque. L’ancienne halle aux blés se signale par son pignon à colombage. Mentionnée déjà en 1380, souvent remaniée, elle a moins servi comme halle que comme siège principal des activités judiciaires et administratives de la cité. Les consoles sculptées supportant l’encorbellement de la toiture, représentant à gauche la Folie, et à droite la Sagesse.

Durbuy : l'ancienne halle aux blés

Près du vieux pont sur l’Ourthe, se dresse le château des comtes d’Ursel, reconstruit par cette famille au XVIIe siècle sur les ruines de l’ancienne forteresse médiévale, et rénové de 1880 à 1882.

Durbuy : le château des Comtes d'Ursel

Depuis le Parc des Topiaires (visité en août 2011), on a une très belle vue sur le château. Ce parc présente, dans un grand jardin de 10 000 m², une collection de plus 250 figures taillées dans le buis. Certaines plantes de ce jardin, unique en Europe, ont acquis leur forme après 20 ans de modelage.

Durbuy : parc des Topiaires

Nous quittons la « plus petite ville du monde » par le Thier des Béguines. En 100 mètres, nous allons grimper de 50 mètres par un escalier bien entretenu d’abord, par un sentier escarpé ensuite. Arrivés en haut, nous aurions pu jouir d’une belle vue sur Durbuy mais la végétation nous en empêche, dommage !

Durbuy : Thier des Béguines

Nous empruntons la bien nommée rue des Crêtes puis la rue St-Amour, où se trouve une confiturerie, avant de suivre un chemin gravillonné descendant pendant un kilomètre. Nous rejoignons ensuite la N983 que nous suivons jusqu’au centre de Barvaux où nous effectuons la pause pique-nique à la terrasse d’un café. Certaines personnes du groupe commanderont une Chouffe (bière de la région d’Houffalize) à moins qu’il ne s’agisse d’une soupe...

GR 57 entre Durbuy et Barvaux

Pendant des siècles, Barvaux a été tourné vers la rivière et a su profiter des avantages économiques liés à sa présence. Tout au long de l’Ourthe, on a construit des « vennes », barrages destinés à remonter le niveau de l’Ourthe pour la rendre navigable. Les premières mentions de navigation sur l’Ourthe remontent au XIIIe siècle. A partir du XVIe siècle, Barvaux devient le port le plus important de l’Ourthe grâce à l’essor remarquable de l’industrie métallurgique à Durbuy. Mais aussi parce que tous les chemins de la vallée de l’Aisne, où se trouvaient tous les fourneaux, communiquaient avec la route des fers dont Barvaux était le terminus.

La navigation était possible toute l’année à condition d’adapter le tonnage au débit de l’eau. La technique était simple : les barques qui descendaient à Liège, étaient emportées par le courant et dirigées grâce au gouvernail. A la remontée, le cheval tirait la barque depuis le chemin de halage ; il fallait en moyenne deux jours pour remonter.

De nombreuses familles de bateliers, les « oûtleûs » vivaient de la batellerie et descendaient de 3 jours en 3 jours à Liège sur leurs barques appelées « bètchètes ». Ces barques à fond plat mesuraient 20 m de long sur 3 m de large et avaient un tirant d’eau de 85 cm. Elles étaient tirées par un seul cheval et pouvaient transporter de 30 à 40 tonnes. Après près de six siècles, la navigation sur l’Ourthe a connu son déclin avec l’apparition, en 1866, du chemin de fer et la création de grands axes de communication facilitant le transport par rail et par route.

Depuis 20 ans, à Barvaux, un parc à thème « Le labyrinthe » prend place chaque été dans un champ de maïs de onze hectares. Des comédiens animent cette attraction touristique qui propose chaque année une nouvelle thématique et un nouveau spectacle.

Barvaux : le labyrinthe

Après le repas, nous entamons une longue ascension de cinq kilomètres passant de 137 à 360 mètres d’altitude. Le tracé rouge et blanc suit d’abord la N841 jusqu’à la gare de Barvaux puis la route de Hotemme, en direction du domaine du même nom. Cette réserve naturelle qui s’étend sur 150 hectares est constituée de forêts, de prairies et d’un beau parc aménagé pour la promenade. Son relief vallonné et la grande diversité de sa flore en font une zone d’intérêt paysager et biologique.

Nous empruntons un chemin rocailleux pendant 1 km puis, hélas, c’est de nouveau sur l’asphalte que nous progressons. Dans le hameau de Morville, le groupe effectue une brève pause à côté d’une statue supposée représenter un escargot mais qui nous fait tous penser à autre chose...

GR 57 entre Barvaux et Wéris, ancienne balise GR 57 entre Barvaux et Wéris, sculpture à Morville

C’est sous la pluie que nous poursuivons la montée, à travers bois, vers le « lit du diable ». Longue de 240 cm, large de 140 cm et haute de 60 cm, cette pierre est formée de deux parties contiguës : une partie principale plate, légèrement concave, représente le lit et une partie plus haute fait office d'oreiller. Selon une légende, le diable se reposait à cet endroit avant de descendre au centre de la terre (en enfer) sous la pierre Haina située un peu plus haut.

Une autre légende raconte qu'un meunier de la vallée de l'Aisne avait promis de livrer son âme au diable si ce dernier lui construisait une digue pour alimenter son moulin. Ce qui fut fait en une nuit. Mais, le lendemain, le meunier ne respecta pas sa parole et le diable détruisit aussitôt cette digue. Fatigué par ce travail, le diable vint se reposer sur cette pierre.

Wéris : le lit du diable

Le GR fait ensuite un petit détour pour aller contempler la « pierre Haina ». Nous devons grimper de 35 mètres pour redescendre aussitôt le rocher observé. Cette pierre, qui se trouve à 360 m d’altitude, domine les premiers contreforts de l'Ardenne. Une légende rapporte que cet éperon rocheux boucherait un trou descendant aux enfers, là où réside le diable. Celui-ci la soulève certaines nuits pour sortir et descendre au village où il se livre à des méfaits.

De cette légende naquit la tradition, chez les villageois, de blanchir la pierre annuellement, à l'équinoxe d'automne. Une fois blanchie, le diable n'ose plus s'en approcher, le blanc étant couleur de pureté. De nos jours, le blanchiment de la pierre Haina est l'œuvre d'un petit groupe de fervents wérisiens qui montent là-haut aux alentours du 21 septembre, au coucher du soleil.

Wéris : la pierre Haina

Vers 16h, après un dernier kilomètre en légère descente, nous entrons dans Wéris où se termine cette étape. Wéris est un village au noyau dense parcouru par de nombreuses rues et ruelles. Ses bâtisses, groupées autour de la place de la Pierre et de l’église romane, sont édifiées en moellons de calcaire, de grès, de poudingue ou encore à pans-de-bois.

L’origine du bourg remonte à la fin de l’époque néolithique, comme le prouve la présence de l’ensemble mégalithique remarquable qui figure parmi les mieux conservés de Belgique. Ce site est composé de dolmens et de menhirs façonnés en pierre de poudingue. Le « Dolmen Nord » est une sépulture collective datée de 2000 ou 1800 avant J.-C. Cette tombe, constituée de six gros blocs dressés sur champs supportant une couverture de deux grandes dalles, est qualifiée d’allée couverte. Le poids de la plus vaste des deux dalles avoisine les 30 tonnes ! Depuis 1972, le « Dolmen nord » est classé comme patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Wéris : le dolmen nord