Les Randos de Fred & Paul

Etape 7 : Hotton → Queue de Vache (20 km) réalisée en février 2017

Nous voici de retour à Hotton, cinq mois plus tard, pour poursuivre notre périple sur le GR 57 en compagnie de notre groupe de randonneurs. Jusqu’en 2008, le tracé du GR entre Hotton et La Roche-en-Ardenne était bien différent de celui que nous allons suivre aujourd’hui. Jadis, le tracé rouge et blanc cheminait sur la rive droite de l’Ourthe mais, depuis 2008, il reste sur la rive gauche ; il traverse ainsi quelques charmants villages et offre de beaux points de vue.

C’est vers 10h que notre groupe de vingt randonneurs entame cette nouvelle étape. Nous croisons ici, à Hotton, le tracé du GR 577. Cet itinéraire de grande randonnée (170 km) fait le « Tour de la Famenne » via notamment Marche-en-Famenne, Rochefort, Houyet et Durbuy. Nous longeons très brièvement l’Ourthe (que nous ne reverrons plus aujourd’hui) avant de prendre un peu d’altitude en empruntant un sentier en bordure d’une propriété.

GR 57 entre Hotton et Waharday

Nous rejoignons la route de la Libération et passons à côté du cimetière militaire britannique du Commonwealth. Hotton marqua la limite de l’avancée allemande pendant la contre-offensive des Ardennes de décembre 1944. La plupart des soldats enterrés ici ont péri au cours des opérations pour arrêter et repousser les Allemands. Des 667 tombes, 340 sont des soldats, 325 des aviateurs et une d’un correspondant de guerre ; 527 sont Britanniques, 88 Canadiens, 41 Australiens et 10 Néo-Zélandais.

Dans le cimetière, on peut voir la sépulture d’un soldat d'origine Belge, âgé de 18 ans, qui a combattu sous l'uniforme de la 53e Welsh Division. Monsieur Jimmy Short, jardinier anglais préposé à l’entretien du cimetière durant de nombreuses années, y est inhumé depuis le 13 novembre 1978 : c’est la 667e tombe. L’entretien de ce cimetière est assuré par la « Commonwealth War Graves Commission ». Créée en 1917, cette Commission gère 1,7 million de sépultures de victimes des deux guerres.

Hotton : cimetière militaire britannique du Commonwealth

Après 300 mètres, le GR quitte la route de la Libération pour effectuer une boucle passant près des grottes de Hotton et revenir ensuite, un peu plus haut, sur cette même route. Les galeries de la grotte sont creusées par infiltration d'eaux de pluie, dans une roche qui constitue la Calestienne, bourrelet calcaire qui se déroule d'ouest en est sur plus de 120 km. On peut suivre cette épine calcaire, de la frontière française jusqu’à Remouchamps, en passant par Chimay, Couvin, Nismes, Beauraing, Han-sur-Lesse, Rochefort, Marche, Hotton, Barvaux, Durbuy. Voilà énumérées les principales grottes de Belgique.

À Hotton, les eaux de pluie se réunissent en une rivière souterraine qui se jette dans l'Ourthe en aval du village d'Hampteau. Les eaux usent, corrodent la pierre et donnent naissance à de merveilleuses galeries. La variété des couleurs des concrétions s’explique par la diversité des sols que l’eau traverse. La promenade souterraine dure environ une heure, à une température oscillant entre 12 et 16 degrés. Le visiteur descend jusqu’à 65 mètres de profondeur, dans une galerie de 200 m de longueur ; il remonte ensuite 30 mètres à pied puis 35 en ascenseur.

Depuis toujours, les richesses minérales de la région faisaient l’objet d’une exploitation intensive par les premiers industriels. Ces nombreuses carrières produisaient du « petit granit » ou des « pierres bleues » pour la construction des habitats, le contour de baies ou encore pour le dallage des allées. Ces pierres calcaires étaient aussi transformées en grenailles ou réduites en chaux dans des fours encore visibles.

À l’approche de l’hiver 1958, des membres du spéléo-club de Belgique se glissent dans l’ouverture du massif de pierre, arrivent dans une salle somptueuse puis poursuivent toute la nuit leur découverte de l’abîme. Mais il faut attendre 1962 pour que la grotte soit accessible au public. C’est la seule grotte touristique du pays intégralement classée, tant elle est remarquable pour la rareté de ses concrétions. Les grottes des 1001 nuits à Hotton sont classées au Patrimoine naturel exceptionnel de Wallonie.

Hotton : grottes des 1001 nuits

Après ce « détour », nous retrouvons la route de la Libération que nous suivons, durant 800 mètres, jusqu’à une route plus importante. De l’autre côté de cette grand-route, le GR qui avait déjà pris de l’altitude depuis Hotton (de 178 à 257 mètres), grimpe encore un peu plus fort pour atteindre 386 mètres. Cette ascension se fait sur de beaux chemins empierrés à travers le bois de Hampteau.

GR 57 entre Hotton et Waharday

Au sommet, nous effectuons une petite pause boisson et entamons aussitôt la descente, toujours à travers bois, vers le ruisseau de « Wade les Mohons ». Une partie de la forêt a récemment été abattue et, comme bien souvent après le débardage, les chemins forestiers sont laissés dans un très mauvais état !

GR 57 entre Hotton et Waharday

A peine avons-nous franchi le ruisseau (253 mètres d’altitude) que le tracé rouge et blanc reprend de la hauteur mais, sur l’asphalte cette fois. Nous grimpons à travers le village de Waharday via la rue des Bruyères. Waharday, comme tous les villages que nous découvrirons aujourd’hui, fait partie de la commune de Rendeux. L’habitat est principalement composé de fermes traditionnelles en long, du XIXe et surtout du XXe siècle, bâties en moellons de grès schisteux. A la sortie du village, nous hésitons à effectuer la pause de midi à côté de la table d’orientation, située au niveau de la petite chapelle Notre-Dame des Champs mais, à cause du vent, nous préférons avancer quelques centaines de mètres afin de trouver un endroit plus abrité.

GR 57 entre Waharday et Chéoux

Nous cheminons, durant un kilomètre, sur un chemin gravillonné en bordure d’un champ avant de pénétrer dans une forêt de résineux où nous effectuons une large boucle. C'est là que nous atteignons le point culminant de l’étape à 404 mètres d’altitude. Dans la descente sinueuse vers le village de Chéoux, certains tronçons sont particulièrement boueux mais heureusement personne ne chutera.

GR 57 entre Waharday et Chéoux GR 57 entre Waharday et Chéoux

Le groupe effectue une pause au centre de Chéoux (261 mètres d’altitude) où se dresse l’église Ste-Gengulphe et une belle chapelle colorée dédiée, elle aussi, à Notre-Dame des Champs.

GR 57 : Chéoux, église Ste-Gengulphe

Nous quittons ce paisible village par la rue de la Fontaine et, une fois de plus, le tracé rouge et blanc reprend de la hauteur. La route asphaltée passe à côté d’un chêne imposant et atteint le lieu-dit « La Journalle » où se trouve un abri avec des bancs et une table d’orientation. Depuis cette dernière, nous apercevons celle de Waharday où nous sommes passés en fin de matinée. Les deux sites se trouvent, à vol d’oiseau, à deux kilomètres l’un de l’autre mais, par le GR 57, nous avons parcouru six kilomètres.

GR 57 entre Chéoux et Hodister

Jusqu’à Hodister, situé 2 km plus loin, le parcours se déroule essentiellement dans les bois de résineux et même si le ciel s’assombrit quelque peu, le temps restera sec jusqu’à l’arrivée. Nous découvrons dans le village (395 mètres d'altitude), quelques belles maisons à colombages ainsi que l’église dédiée à St-Brice. A la sortie d’Hodister, ce sont les sculptures de Jean-Marie Collet qui attirent notre attention.

GR 57 entre Chéoux et Hodister GR 57 : Hodister, église St-Brice

Après une vie professionnelle dans la sidérurgie liégeoise, cet habitant de Hodister aime travailler le fer et le métal ; cette matière froide à laquelle il veut donner une chaleur en la travaillant, maîtrisant peu à peu ses pouvoirs, sa richesse, sa sensibilité. Jean-Marie Collet crée des sculptures faites d’assemblages délirants, fourmillant de symboles. Il représente des situations à la fois comiques et dramatiques où les objets de notre époque sont omniprésents, avec des personnages pleins de poésie et d’humour.

GR 57 Hodister, sculptures de Jean-Marie Collet

Mise à jour, août 2017 : avant d’atteindre Warizy, le GR 57 passe dorénavant par l’ermitage St-Thibaut et le village de Marcourt. Ce nouvel itinéraire allonge le parcours d’environ cinq kilomètres.

Nous nous dirigeons à présent vers Warizy en cheminant sur des chemins de terre au milieu des campagnes. Les deux derniers kilomètres de cette étape se déroulent d’abord sur des chemins herbeux entre des prairies puis, sur des sentiers forestiers descendant jusqu’à la N888. C’est sur le parking d’un camping, à côté du moulin dit « Queue de Vache », situé le long de cette route, que nous retrouvons les voitures et que nous terminons cette étape bien vallonnée (540 mètres de dénivelé).

GR 57 entre Hodister et Warizy GR 57 entre Warizy et Queue de Vache

Selon certaines sources, le moulin dit « Queue de Vache » (ou Kawe di Vatche, en wallon) doit son nom à une déformation du terme latin « At caue viae » qui signifie : à la fin de la voie. Il s'agissait en fait de la fin d'un passage romain qui quittait La Roche-en-Ardenne pour rejoindre la voie romaine conduisant à Tongres.