Les Randos de Fred & Paul

Etape 4 : Trois-Ponts → Vielsalm (20 km) réalisée en septembre 2016

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le train entre les gares de Vielsalm et de Trois-Ponts.

Jusqu'en 1860, Trois-Ponts n'est qu'un hameau d'une dizaine de maisons, mais sa situation à la croisée des axes routiers en fait un lieu de passage fréquenté. D'ailleurs, un relais de poste est attesté dans Trois-Ponts dès le XVIIIe siècle. C’est à Trois-Ponts que la Salm et le Baleur se jettent dans l'Amblève. Un pont sur la Salm, un sur l'Amblève et un sur le Baleur, c'est de cette particularité qu'est né le nom de la commune.

Après trois étapes le long de l’Amblève, nous quittons, ici à Trois-Ponts, cette rivière pour suivre un de ses affluents : la Salm. Nous laissons le GR 14 poursuivre sa route vers Stavelot et Malmedy pour descendre, peu après la gare, sur un sentier qui rejoint la rive droite de la Salm. Le GR 14 : Sentiers de l'Ardenne, avec qui nous avons fait parcours commun pendant 500 mètres, permet, en 276 km, de relier Monschau (Allemagne) à Sedan (France). En Belgique, il passe notamment par Malmedy, La Roche-en-Ardenne, Saint-Hubert, Transinne et Bouillon ; il continue ensuite son périple jusqu’à Paris.

GR 571 entre Trois-Ponts et Spineux

Pendant 1,5 km, à part un petit détour pour éviter un camping, le tracé blanc et rouge reste proche de la Salm et, contrairement à un panneau nous annonçant un passage difficile, ce parcours est tout à fait accessible.

GR 571 entre Trois-Ponts et Spineux, le long de la Salm

Juste avant d’atteindre la N68, nous tournons à gauche et entamons la première côte de la journée. C’est à travers bois que, pendant trois kilomètres, nous montons pour ainsi passer de 300 à 477 mètres d’altitude.

GR 571 entre Trois-Ponts et Spineux GR 571 entre Trois-Ponts et Spineux

Au cours de cette ascension, nous découvrons une croix dédiée à un certain Cyrille ainsi que plusieurs grandes fourmilières.

GR 571 entre Trois-Ponts et Spineux, croix Cyrille GR 571 entre Trois-Ponts et Spineux, fourmilière

Arrivés au sommet, près du village d’Aisomont, nous empruntons un chemin herbeux qui pénètre à nouveau dans la forêt. Ce parcours boisé se poursuit en légère descente jusqu’à l’entrée de Spineux.

GR 571 entre Trois-Ponts et Spineux

Nous effectuons une petite pause dans ce village, près d’une fontaine-abreuvoir et d’un monument en hommage aux 112e et 424e régiments US qui ont libéré le secteur de Wanne lors de l’offensive des Ardennes.

GR 571 : Spineux, monument en hommage aux 112e et 424e régiments US

Après ce monument, nous prenons un chemin caillouteux descendant entre des prairies puis, nous poursuivons sur l’asphalte jusqu’à la N68. Le GR 571 traverse cette grand-route, la Salm, et continue vers le pont du chemin de fer (Trois-Ponts - Gouvy). Sur la droite, nous découvrons un monument en souvenir du combat de Rochelinval en 1940.

GR 571 entre Spineux et Grand-Halleux GR 571 entre Spineux et Grand-Halleux, monument en souvenir du combat de Rochelinval en 1940

Les 2,5 km nous séparant de Grand-Halleux se déroulent d’abord sur un sentier forestier puis, à la sortie du bois, sur un large chemin herbeux entre des haies vives.

GR 571 entre Spineux et Grand-Halleux GR 571 : vue sur Grand-Halleux

Nous retrouvons l’asphalte peu avant d’atteindre une rue plus importante que nous suivons vers la gauche. Cette rue est dénommée : rue de l’entraide Berchem-Sainte-Agathe. Depuis juillet 1946, l'ancienne commune de Grand-Halleux est jumelée avec cette cité du nord-ouest de Bruxelles. C’est Grand-Halleux qui fournit chaque année, depuis ce jumelage, les sapins de Noël qui garnissent Berchem-Sainte-Agathe.

Nous trouvons dans cette rue, une plaine de jeux avec quelques bancs où nous installer pour manger nos tartines. Après avoir franchi le passage à niveau et le pont sur la Salm, nous traversons puis suivons, sur 300 mètres, la N68. En passant devant l’église, nous découvrons une stèle évoquant, à nouveau, l’offensive des Ardennes.

GR 571 : Grand-Halleux, stèle de la bataille des Ardennes

Le 16 décembre 1944, les troupes allemandes lancèrent une offensive surprise dans les Ardennes belges et le nord du Grand-Duché de Luxembourg. Cette bataille, également surnommée « la bataille du saillant », en raison de la forme de la ligne de front après la percée allemande, fut la plus grande et la plus meurtrière à laquelle fut confrontée l'armée américaine durant la Seconde Guerre mondiale. Dans la vallée de la Salm, les combats entre les parachutistes américains et les soldats allemands firent de nombreuses victimes civiles et militaires.

Nous montons la rue Emile Tromme qui, après les dernières maisons, devient un chemin herbeux. Presqu'au sommet, après une montée d’une quarantaine de mètres, nous tournons à gauche vers un carrefour où se trouvent un ancien poteau directionnel et une croix en bois avec l’inscription « Jean Giet ».

GR 571 entre Grand-Halleux et Vielsalm GR 571 entre Grand-Halleux et Vielsalm : poteau directionnel et croix Jean Giet

À ce carrefour, le tracé blanc et rouge opte pour le chemin gravillonné de droite qui se dirige vers le parc à gibier « Le Monti ». Près de l’entrée du parc, nous tournons à droite sur un chemin empierré descendant jusque Hourt. Dans ce village, pour la troisième fois aujourd’hui, nous traversons successivement la N68, la Salm et la ligne de chemin de fer.

GR 571 entre Grand-Halleux et Vielsalm GR 571 entre Grand-Halleux et Vielsalm, la Salm

Nous bifurquons à gauche dans la rue des Raines suivie, en parallèle de la voie ferrée, pendant 1 km. Nous quittons cette route pour un chemin de terre qui s’élève dans une forêt de résineux. Après 2,5 km sur ce tronçon boisé, nous franchissons le ruisseau de Rencheux, sur une passerelle, et atteignons le village du même nom.

GR 571 entre Grand-Halleux et Vielsalm

Autrefois, Rencheux abritait le troisième bataillon des Chasseurs Ardennais. La vaste caserne Ratz (fermée en 1994) y est toujours visible mais le bâtiment a depuis été réaffecté à un parc d'activités économiques regroupant plusieurs entreprises, ainsi que des activités associatives et d'habitat. Nous longeons cet ancien camp militaire puis traversons la N822. Tandis que le GR continue tout droit, nous prenons à gauche la rue du Vivier descendant vers la gare de Vielsalm (1 km hors GR) où se termine cette quatrième étape.

Devant cette gare, on peut admirer un monument inauguré il y a quelques semaines à l’occasion des 50 ans de la Marche Européenne du Souvenir et de l’Amitié.

Vielsalm : 50 ans de la Marche Européenne du Souvenir et de l’Amitié

Créée en 1967 par le 3e bataillon de Chasseurs Ardennais, la Marche du Souvenir était un exercice militaire organisé dans le cadre des fastes de l'unité. Il avait pour but de parcourir les lieux de combats de la ligne de défense des Chasseurs Ardennais en mai 1940. Les participants à cet exercice, quasi tous du bataillon, étaient des militaires actifs et des appelés effectuant leur service militaire. Cette marche se déroulait en 4 étapes de +/- 30 km entre Arlon et Rochelinval (Trois-Ponts) et eut lieu pour la première fois en mai 1967.

L’année suivante, d'autres unités militaires, des officiers de réserve et des civils furent autorisés à y participer. Malgré l'effort physique important, la participation de militaires et de civils augmentait. En 1971, son nom devenait Marche du Souvenir et de l'Amitié (MSA). Arlon fut désignée ville de départ parce que c'est dans cette ville que furent créées en 1933 les unités de Chasseurs Ardennais. Bastogne et Vielsalm qui étaient les villes de garnison d'unités de Chasseurs Ardennais sont devenues des villes-étapes. Martelange, un des hauts lieux de combat des Chasseurs Ardennais où ceux-ci perdirent de nombreux hommes, deviendra également ville-étape. Dès 1968, Houffalize, idéalement située entre Bastogne et Vielsalm, fut aussi choisie ; cette ville a été presque totalement détruite lors de la bataille des Ardennes.

Les organisateurs, afin de renforcer encore les sentiments historiques de la marche, décidèrent de rallier, au cours des étapes, tous les monuments dédiés aux combats. Les villes-étapes s'associèrent aussi davantage à l'organisation en créant diverses animations pour les marcheurs.

Vielsalm : 50 ans de la Marche Européenne du Souvenir et de l’Amitié

Le nombre de marcheurs étrangers étant en constante augmentation, la MSA deviendra en 1993 la MESA (Marche Européenne du Souvenir et de l'Amitié). Malgré la disparition des miliciens et de nombreuses unités militaires belges, la MESA survivra dans sa formule et selon ses traditions. Aujourd'hui, les villes-étapes varient selon les itinéraires empruntés et, le nombre de marcheurs civils dépasse très largement celui des militaires.