Les Randos de Fred & Paul

Etape 9 : Targnon → Ernonheid (18 km) réalisée en mai 2019

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le bus TEC 265 entre Werbomont (chemin d'Ernonheid) et la gare d'Aywaille puis, le bus TEC 142 jusqu'à Stoumont (Targnon).

En août 2017, nous avons déjà parcouru cette étape qui allait alors jusqu’à Sedoz. Ce parcours a depuis été modifié avec la mise en place d’un nouveau tronçon pour rejoindre le point de départ du GRP 571 à Pont-de-Scay (Comblain-au-Pont) et ainsi faire une grande boucle. De plus, le balisage a changé de couleur ; il est désormais marqué en jaune et rouge comme tous les « GR de pays ». Nous découvrons donc, aujourd’hui, cette étape dans sa nouvelle version…

Afin de rejoindre le GRP 571, nous devons d’abord, depuis le centre de Targnon où nous sommes descendus du bus, parcourir 700 mètres. De retour sur le tracé jaune et rouge, nous empruntons, sur 400 mètres, la N645. Avant un virage, à proximité d’un camping, nous quittons cette route pour suivre un petit chemin descendant vers la Lienne. Nous traversons, une dernière fois, ce cours d’eau qui est ici tout proche de son point de confluence avec l’Amblève.

GR 571 entre Targnon et Chession

La passerelle franchie, nous montons un chemin caillouteux à travers bois. 600 mètres plus loin, nous effectuons presqu’un demi-tour et descendons légèrement, à flanc de coteau. À travers la végétation, nous apercevons la N645 ainsi que la Lienne que nous surplombons ici. Nous progressons encore, pendant un kilomètre, sur cet agréable parcours forestier montant rejoindre une petite route.

GR 571 entre Targnon et Chession

Dans la descente, lorsque la route asphaltée tourne à gauche, le GRP prend un chemin empierré vers la droite. Grâce à un échalier, fort étroit, nous pénétrons dans une prairie. Nous devinons, dans le lointain, le portillon que nous devons franchir pour sortir de cette prairie. Nous grimpons ensuite un sentier entre deux clôtures tout en profitant, en nous retournant, d’un beau panorama.

GR 571 entre Targnon et Chession

Nous arrivons au sommet, à 316 mètres d’altitude, dans le hameau de Chession. Celui-ci compte, environ, une quarantaine de maisons pour la plupart construites en pierres du pays. Le tracé passe à côté d’une belle maison à colombages avant de descendre entre les prairies. De temps en temps, nous trouvons encore d’anciennes marques blanches et rouges…

GR 571 : Chession GR 571 entre Chession et Lorcé

Nous traversons une route et poursuivons la descente, d’abord au milieu de la campagne puis, dans un petit bois. En bas (231 mètres d’altitude), nous franchissons la N616 et continuons, presqu’en face sur un sentier longeant un ancien moulin, bien restauré. Celui-ci a été construit en 1634 et est resté en fonctionnement jusqu'en 1939. Nous tournons ensuite à droite et descendons un chemin forestier parallèle au ruisseau du Pouhon.

GR 571 entre Chession et Lorcé, ancien moulin GR 571 entre Chession et Lorcé, ruisseau du Pouhon

Après un kilomètre sur cet agréable chemin, nous entamons l’ascension vers le village de Lorcé. Cette montée, de 208 à 301 mètres d’altitude, commence dans la forêt et se poursuit sur un chemin herbeux entre des prairies. À l’entrée de Lorcé, nous empruntons un sentier menant à l’église Saint-Georges. Celle-ci a été reconstruite, au XIXe siècle, à l'emplacement d'une ancienne tour gallo-romaine, en style roman.

GR 571 entre Chession et Lorcé GR 571 : Lorcé, église Saint-Georges

Nous trouvons, à proximité d’un beau puits, un banc où nous installer pour la pause de midi. À la sortie du village, nous grimpons 400 mètres avant d’atteindre un croisement en Y. La branche de droite (ancien tracé de ce GRP) est devenue un itinéraire de liaison qui permet de rejoindre Nonceveux et Sedoz ; la branche de gauche, que nous suivons, est le début du nouveau tronçon d’environ 30 km rejoignant Pont-de-Scay.

GR 571 entre Lorcé et Paradis, variante vers GR 15

L’ascension, nettement moins forte, se poursuit pendant 300 mètres avant de tourner vers la gauche. Nous profitons d’un beau point de vue sur les vallées environnantes mais, le ciel, de plus en plus nuageux, se montre menaçant et nous sommes contraints de sortir, un peu plus loin, la cape. Par un agréable chemin de terre progressant d’abord le long d’une prairie puis, dans une forêt, nous atteignons la N616. L’usine d’embouteillage de l’eau de Bru se trouve, depuis 2001, au bord de la grand-route. Juste avant cette dernière, nous prenons, sur la droite, un chemin forestier.

GR 571 entre Lorcé et Paradis GR 571 entre Lorcé et Paradis

Déjà à l'époque romaine, les cartes militaires mentionnent l'existence des sources de Bru. Les premiers à faire le commerce de cette eau qui non seulement ne rend pas malade mais en plus soigne, seront, au XVIIe siècle, les moines de l'abbaye de Stavelot - Malmedy.

Les destins de l'eau de Spa et de l'eau de Chevron (commune où est située la source Bru, avant la fusion des communes en 1977) sont étroitement liés. Chevron est vendue frauduleusement sous l'étiquette Spa pour concurrencer cette dernière qui connaît un grand succès. Le volume d'eau de Chevron vendu dépassera même celui de sa rivale. La Révolution française met un terme à l'aventure Bru - Chevron tandis que Spa continue à se développer tirant profit du développement touristique de la région.

Il faudra attendre 1903 pour que trois Anversois développent ici une première exploitation industrielle de captage et de mise en bouteille. L'eau est vendue sous la marque « Chevron ». En 1981, le groupe Spadel rachète la société et décide de se débarrasser de la marque Chevron suite à des démêlés judiciaires avec le géant américain du pétrole du même nom. Spadel décide de donner un réel positionnement à cette eau qui n'en avait quasiment pas eu jusqu'ici et crée un nouveau segment de marché : l'eau légèrement pétillante.

Le trajet effectué par l’eau à travers le sous-sol rocheux dure environ cinquante ans. L’eau provenant de la pluie ou de la neige s’infiltre jusqu’à 600 m de profondeur, où elle entre en contact avec des roches carbonatées. Sous la pression du sous-sol, cette eau remonte ensuite jusqu’à cinquante ou cent mètres de profondeur : c'est là que l’eau légèrement pétillante jaillit. Entre le puisage et l'embouteillage, on sépare le CO2 de l'H2O pour pouvoir enlever le fer de l'eau (sinon le goût serait très prononcé et il y aurait des dépôts rougeâtres au fond des bouteilles) et ensuite, on réinjecte ses « perles » à l'eau.

Arrivé au point culminant de l’étape (415 mètres d’altitude), le GRP 571 rejoint la N616. Nous marchons au bord de cette route pendant un kilomètre et franchissons l’E25. De l’autre côté de l’autoroute, nous prenons, sur 850 mètres, le chemin gravillonné qui la suit. Un peu plus loin, à la sortie de la forêt, nous découvrons le hameau de Paradis.

GR 571 entre Lorcé et Paradis

Le tracé jaune et rouge progresse sur des chemins, en bordure de prairies, pendant 1,3 km. Après un bref tronçon sur l’asphalte, où nous subissons une autre petite averse, nous pénétrons dans le « Grand Bois de Berleur ». À l’entrée de ce massif forestier, nous nous étonnons de trouver un poteau avec la mention « Ville d’Arlon ».

GR 571 entre Paradis et Ernonheid GR 571 entre Paradis et Ernonheid

Le parcours descend lentement vers le ruisseau du Moulin de Bosson. Ce cours d’eau qui se jette dans la Lembrée marque ici la frontière entre les communes d’Aywaille et de Ferrières. C’est près de ce ruisseau que nous croisons le tracé du GR 15 : Sentiers de l’Ardenne avec qui nous cheminerons durant 1,7 km. Ce sentier de grande randonnée, de près de 230 km, relie Arlon à Monschau (Montjoie), en Allemagne. Il passe notamment par Martelange, Bastogne, Houffalize, Aywaille, Spa et Eupen.

GR 571 entre Paradis et Ernonheid

Le balisage, à présent blanc et rouge, rejoint la N30 qu’il emprunte sur 150 mètres. Le dernier kilomètre de l’étape du jour s’effectue, en légère montée, sur un chemin caillouteux passant dans le « Bois Renard Pieri ». Vers 15h, nous arrivons dans le village d’Ernonheid où nous retrouvons la voiture.

GR 571 entre Paradis et Ernonheid