Les Randos de Fred & Paul

Etape 9 : Targnon → Sedoz (17 km) réalisée en août 2017

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le bus TEC 142 entre Sedoz et Targnon.

Afin de rejoindre le tracé du GR 571, nous devons d’abord, depuis le centre de Targnon où nous sommes descendus du bus, parcourir 700 mètres. De retour sur le tracé rouge et blanc, nous empruntons, sur 400 mètres, la N645. Avant un virage, à proximité d’un camping, nous quittons cette route pour suivre un petit chemin descendant vers la Lienne. Nous traversons une dernière fois ce cours d’eau qui est ici tout proche de son point de confluence avec l’Amblève.

La passerelle franchie, nous montons un chemin caillouteux à travers bois. 600 mètres plus loin, nous effectuons presqu’un demi-tour et descendons légèrement, à flanc de coteau. A travers la végétation, nous apercevons la N645 ainsi que la Lienne que nous surplombons ici. Nous progressons encore, pendant 1 km, sur cet agréable parcours forestier montant rejoindre une petite route.

GR 571 entre Targnon et Chession GR 571 entre Targnon et Chession

Dans la descente, lorsque la route asphaltée tourne à gauche, le GR prend un chemin empierré vers la droite. Grâce à un échalier, fort étroit, nous pénétrons dans une prairie. Nous devinons, dans la haie vive, le portillon que nous devons franchir pour sortir de cette prairie et... entrer dans la suivante. Nous passons encore un troisième portique avant de grimper un sentier entre deux clôtures. En nous retournant, nous profitons d’un beau panorama.

GR 571 entre Targnon et Chession GR 571 entre Targnon et Chession

Nous arrivons au sommet, à 316 mètres d’altitude, dans le hameau de Chession. Celui-ci compte, environ, une quarantaine de maisons pour la plupart construites en pierres du pays. Le tracé rouge et blanc passe à côté d’une belle maison en colombages avant de descendre entre les prairies.

GR 571 : Chession GR 571 entre Chession et Lorcé

Nous traversons une route et poursuivons la descente, d’abord au milieu de la campagne puis, dans un petit bois. En bas (231 mètres d’altitude), nous franchissons la N616 et continuons, presqu’en face sur un sentier longeant un ancien moulin, bien restauré. Nous tournons ensuite à droite et descendons un chemin forestier parallèle au ruisseau du Pouhon.

GR 571 entre Chession et Lorcé, ancien moulin GR 571 entre Chession et Lorcé, ruisseau du Pouhon

Si nous avions remonté un peu le cours de ce ruisseau, nous serions arrivés sur le site où se trouvait, jusqu’en 2001, l’usine d’embouteillage de l’eau de Bru. Déjà à l'époque romaine, les cartes militaires mentionnent l'existence des sources de Bru. Les premiers à faire le commerce de cette eau qui non seulement ne rend pas malade mais en plus soigne, seront, au XVIIe siècle, les moines de l'abbaye de Stavelot - Malmedy.

Les destins de l'eau de Spa et de l'eau de Chevron (commune où est située la source Bru, avant la fusion des communes en 1977) sont étroitement liés. Chevron est vendue frauduleusement sous l'étiquette Spa pour concurrencer cette dernière qui connaît un grand succès. Le volume d'eau de Chevron vendu dépassera même celui de sa rivale. La Révolution française met un terme à l'aventure Bru - Chevron tandis que Spa continue à se développer tirant profit du développement touristique de la région.

Il faudra attendre 1903 pour que trois Anversois développent ici une première exploitation industrielle de captage et de mise en bouteille. L'eau est vendue sous la marque « Chevron ». En 1981, le groupe Spadel rachète la société et décide de se débarrasser de la marque Chevron suite à des démêlés judiciaires avec le géant américain du pétrole du même nom. Spadel décide de donner un réel positionnement à cette eau qui n'en avait quasiment pas eu jusqu'ici et crée un nouveau segment de marché : l'eau légèrement pétillante.

Le trajet effectué par l’eau à travers le sous-sol rocheux dure environ cinquante ans. L’eau provenant de la pluie ou de la neige s’infiltre jusqu’à 600 m de profondeur, où elle entre en contact avec des roches carbonatées. Sous la pression du sous-sol, cette eau remonte ensuite jusqu’à cinquante ou cent mètres de profondeur : c'est là que l’eau légèrement pétillante jaillit. Entre le puisage et l'embouteillage, on sépare le CO2 de l'H2O pour pouvoir enlever le fer de l'eau (sinon le goût serait très prononcé et il y aurait des dépôts rougeâtres au fond des bouteilles) et ensuite, on réinjecte ses « perles » à l'eau.

Après un kilomètre sur cet agréable chemin, nous entamons l’ascension vers le village de Lorcé. Cette montée, de 208 à 301 mètres d’altitude, commence dans la forêt et se poursuit sur un chemin herbeux entre des prairies. A l’entrée de Lorcé, nous empruntons un sentier qui mène à l’église St-Georges. Celle-ci a été reconstruite, au XIXe siècle, à l'emplacement d'une ancienne tour gallo-romaine, en style roman.

GR 571 entre Chession et Lorcé GR 571 : Lorcé, église St-Georges

Nous trouvons, à proximité d’un beau puits, un banc où nous installer pour le pique-nique. A la sortie du village, le GR 571 grimpe encore 400 mètres, sur l’asphalte, avant d’entrer dans la forêt où il va cheminer durant cinq kilomètres. Ce parcours s’effectue d’abord sur de petits sentiers qui nous mènent au point culminant de l’étape, à 394 mètres d’altitude.

GR 571 entre Lorcé et Nonceveux

A un T, nous tournons à droite sur un chemin empierré descendant, pendant 1,6 km, vers le ruisseau de la Belle Foxhalle. Nous continuons la descente le long du cours d’eau mais, alors que nous sommes presqu’au bord de l’Amblève, le balisage nous fait traverser le ruisseau à gué et remonter sur l’autre rive. Une centaine de mètres plus loin, nous rebroussons chemin à droite et suivons, sur 500 mètres, une sente en surplomb de la rivière.

GR 571 entre Lorcé et Nonceveux GR 571 entre Lorcé et Nonceveux, ruisseau de la Belle Foxhalle

Nous atteignons ensuite l’endroit où il est possible d’emprunter une variante « inondation ». En cas de crue de l’Amblève, le tracé du GR peut s’avérer impraticable et cette variante permet de poursuivre le parcours en toute sécurité. C’est par une petite sente très peu balisée que nous rejoignons l’Amblève. En cette fin du mois d’août, nous pouvons rester au bord de la rivière et progresser, pendant deux kilomètres, sur de beaux sentiers. L’année dernière, nous marchions, lors de la seconde étape, sur l’autre rive.

GR 571 entre Lorcé et Nonceveux, variante inondation GR 571 entre Lorcé et Nonceveux, le long de l'Amblève GR 571 entre Lorcé et Nonceveux, le long de l'Amblève

Alors que peu à peu le ciel s’assombrit annonçant l’arrivée d’une averse, nous nous éloignons de l’Amblève en prenant un sentier un peu abrupt. Nous arrivons à Nonceveux où nous découvrons, à l’entrée d’un camping, un panneau annonçant que nous sommes au « Payis des dobes Démons ». L’interprétation de ce surnom serait la suivante : quand les habitants de Nonceveux et de Sedoz ont appris que le premier train allait passer près de chez eux, ils ont été perturbés car ils croyaient que les vaches ne donneraient plus de lait. Alors, dès que le train est arrivé, ils l’ont poursuivis avec des fourches ; c’est pour cela qu’on appelle ces habitants, les dobes Démons (les doubles démons).

Le dimanche le plus proche du 17 janvier, Nonceveux célèbre la fête de St-Antoine l'Ermite. A l’origine, cette fête, tradition vieille de plus de trois siècles, attirait tous les petits éleveurs de la région qui venaient s’approvisionner en pains bénits à l’office. Ceux-ci étaient ensuite distribués au bétail car ils avaient la vertu de préserver les bêtes des coliques une année durant. La tradition évolua on ne sait trop comment, ni pourquoi mais ce ne furent plus des pains mais des galets (sortes de gaufres) qui furent bénits. Un sage aura probablement estimé que si « c’esteût bon po lès bièsses çà l’sèrêt ot’tant po lès djins. » Depuis lors, ce sont désormais les gens qui se partagent les milliers de galets confectionnés selon une recette traditionnelle.

GR 571 : Nonceveux, les dobes Démons

Nous passons par-dessus la ligne de chemin de fer et parvenons, peu après, à la N633. Nous longeons la grand-route, sur le trottoir protégé par une glissière de sécurité, pendant 500 mètres. Alors que les premières gouttes commencent à tomber, nous atteignons Sedoz. C’est au parking près du café « Le Ninglinspo » que nous finissons cette belle étape ainsi que notre périple sur le GR 571.