Les Randos de Fred & Paul

Etape 6 : Pepinster → Pont de Belleheid (35 km)

Nous avons réalisé ce parcours en deux parties :

  • En novembre 2015, nous avons effectué le tronçon entre Pepinster et Spa (20 km). Nous sommes revenus à Pepinster grâce au train.

  • Trois mois plus tard, nous avons parcouru les 15 km entre Spa et le pont de Belleheid. Pour effectuer ce tronçon, nous avons pris le bus TEC 744 entre Sart-Station et Spa.

Depuis le centre de Pepinster, nous empruntons la rue François Jacob avant d’amorcer la première montée qui nous fait passer, en 300 mètres, de 138 à 166 mètres d’altitude. Au lieu-dit « Pepinster Mousset » nous laissons partir, tout droit, l’itinéraire principal vers Chaudfontaine et Angleur. Peu après un quartier d’habitation, nous descendons vers la Hoëgne par un sentier sillonnant le versant boisé.

GR 573 entre Pepinster et Theux

À la sortie du bois, nous suivons brièvement la rue El Fagne. Le balisage blanc et rouge prend ensuite la direction de la N666 qu’il atteint, 200 mètres plus loin, après une rude montée (de 153 à 187 mètres d’altitude). En face, nous prenons le chemin de l’Hermitage que nous suivons pendant un kilomètre. Nous progressons sur ce chemin, quasi rectiligne, au milieu du bois et profitons pleinement des belles couleurs automnales. Grâce à un tourniquet, nous pénétrons dans une prairie que nous traversons pour atteindre le hameau dénommé « Pouillou-Fourneau ».

GR 573 entre Pepinster et Theux

Si le début de l’étape s’est effectué sur des chemins forestiers, nous allons à présent, pendant 4 km, marcher sur l’asphalte. Une petite route campagnarde, à flanc de colline, nous mène vers la N62. Durant ce trajet, nous passons par le charmant hameau de Rondehaie et découvrons, un peu plus loin, un crucifix original et très coloré. De l’autre côté de la grand-route, nous passons près du cimetière de Theux avant un nouveau tronçon asphalté de 3 km. Ce parcours sinue sur le plateau, entre les prairies, jusqu’à Jevoumont. Dans ce village, un itinéraire de liaison permet de rejoindre le GR 5 (2 km) et le GR 575-576 : A travers le Condroz (7 km).

GR 573 entre Theux et Spa, fenêtre de Theux

Le GR 573 retrouve enfin les petits chemins et descend dans le vallon de Targnon. Le ruisseau franchi, nous montons vers la route de Becco que nous traversons. Nous cheminons ensuite sur un chemin de terre entre les prairies et arrivons, un kilomètre plus loin, à Hestroumont. Nous avons ensuite droit à un beau parcours forestier, de 2,5 km, dans le bois de Rohaimont.

GR 573 entre Theux et Spa

Nous atteignons la N62 que nous traversons prudemment. Nous franchissons le pont sur le Wayai puis, après être passé sous le chemin de fer, nous entrons dans la forêt domaniale de Spa. Par un chemin en lacets, nous reprenons de la hauteur (de 230 à 306 mètres d’altitude) avant de suivre la « Promenade de la Grande Duchesse », un large chemin descendant vers l’agglomération spadoise. Après une barrière d’accès à la forêt, le balisage blanc et rouge évite le centre de Spa et grimpe, durant 500 mètres, un raidillon (de 276 à 351 mètres d’altitude).

Au sommet, nous suivons la « Promenade Reickem ». Cette promenade s'appelait autrefois « Pèlerine Voie » cependant, c'est le nom donné par les ouvriers qui l'ont aménagée qui a survécu. Mal payés, ces derniers, par dérision, l'ont appelée « Reickem », du nom d'un village limbourgeois (alors dans la Principauté de Liège) où existait un dépôt de mendicité.

Nous longeons le cimetière de Spa, installé à cet endroit en 1841. Le cimetière primitif de la cité thermale se trouvait, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, en plein centre-ville, aux abords de l’église Notre-Dame et St-Remacle. Désaffecté en 1784 sur ordre de l’empereur Joseph II qui interdit dorénavant l’inhumation dans les églises et les villes, le cimetière migre place des Ecoles. Là, il se développe selon une forme tripartite, offrant un espace réservé aux confessions catholique et protestante, reflet du cosmopolitisme de la ville, ainsi qu’à titre privé, à la famille Cockerill. Des problèmes de surpopulation et de salubrité justifient, en 1841, un nouveau transfert du cimetière.

Nous atteignons un carrefour forestier où le GR 573 croise le GR 15. Ce sentier de grande randonnée, de près de 200 km, relie Monschau (Montjoie), en Allemagne, à Martelange, à la frontière luxembourgeoise. Il passe notamment par Eupen, Spa, Aywaille, Houffalize et Bastogne. Depuis peu, l’itinéraire a été prolongé, de 29 km, pour atteindre la source de la Semois à Arlon.

GR 573 entre Spa et le lac de Warfaaz

Le GR 573 traverse la N685 et continue, en face, dans la rue du Jeu de Paume. Bien vite, nous retrouvons les chemins forestiers et découvrons le « Pavillon Hesse ». C’est un Bobelin (surnom donné, à Spa, aux curistes), le prince Hesse-Rhinfels, qui a pris l’initiative de faire construire, en 1769, ce pavillon à ses frais. Il s’agissait de permettre aux promeneurs qui empruntaient les promenades créées à cette époque de se reposer. Lors de ses séjours à Spa, le prince avait l’habitude de donner des fêtes dans son petit pavillon. Cet édifice n’a pas résisté au temps et en 1851, il fut rebâti. L’architecture primitive n’a pas été conservée et la forme carrée a été modifiée pour devenir octogonale.

GR 573 entre Spa et le lac de Warfaaz, pavillon Hesse

Un peu plus loin, nous profitons, sur un banc, du beau panorama sur la cité thermale. Un panneau, accroché à un arbre, nous informe que nous sommes ici au point de vue de la carrière « Pirosson ». Celle-ci a fourni les pierres pour de nombreux bâtiments de la ville et des environs. Nous surplombons ensuite la carrière « Canul » qui se situe 100 mètres en contrebas. Cette carrière tiendrait son nom d’un SDF qui n’avait d’autre abri pour loger qu’un surplomb de rocher dans la carrière. Une nuit, le rocher glissa et notre pauvre homme fut écrasé sous les pierres.

GR 573 : point de vue sur Spa

Le tracé blanc et rouge suit un chemin forestier à flanc de coteau et, après 1,5 km, coupe en oblique la N629 que l’on apercevait depuis un moment déjà. Nous descendons ensuite vers le lac de Warfaaz. Le 26 juillet 1882, Spa est victime d’une importante inondation par les eaux du Wayai. En 1890, la ville décide d’édifier un barrage qui formera le lac de Warfaaz ; la construction durera quatre ans. Le lac, d’une superficie est de 6,5 hectares, est alimenté par le Wayai. Cette rivière, qui prend sa source dans un hameau portant le même nom, traverse la ville de Spa avant de se jeter dans la Hoëgne à Theux. La réserve d’eau est évaluée à 300 000 m3.

GR 573 : le lac de Warfaaz

Nous longeons le lac sur 500 mètres puis, nous prenons un sentier qui s’étire au flanc du bois de « la Hé du Pouhon ». Le GR 573 rejoint la route du Lac de Warfaaz qu’il suit pendant 200 mètres avant de gravir, dans un petit bois, un chemin rocailleux. Nous nous dirigeons vers le village de Sart en progressant sur un chemin de terre, entre les prairies. C’est sur ce trajet que nous atteignons le point culminant de cette étape : 381 mètres d’altitude.

GR 573 entre le lac de Warfaaz et Sart GR 573 entre le lac de Warfaaz et Sart

Sart est probablement né au XIe siècle, quand les paysans (« essartèrent ») défrichèrent la forêt ardennaise. Au XVe siècle, le village connaît son âge d’or grâce aux activités métallurgiques ; en effet, nombreux sont les fourneaux, forges et platineries dans les bassins de la Hoëgne (17 établissements à la fin du XVe siècle) et du Wayai. En 1458, les magistrats de Liège font dresser un perron dans le village et en 1534, le prince-évêque octroie aux Sartois le droit de tenir foires et marchés. Jusqu’au XVIe siècle, la population de Sart était quatre fois plus importante que celle de Spa.

À la fin du XVIIe siècle, lorsque les makas se sont tus, les Sartois se sont principalement tournés vers l’agriculture céréalière, l’élevage et l’exploitation de la fagne (en particulier de la tourbe). Dès 1847, les terres incultes sont mises en valeur par des plantations massives d’épicéas. Au fil du temps, comme la plupart des agriculteurs de la région, les agriculteurs sartois se sont dirigés vers la culture herbagère liée à l’élevage des vaches laitières ; en 1846, il y avait 485 fermes sur le territoire communal. Depuis 1977, date de la fusion des communes, le village de Sart ainsi que ses proches hameaux font partie de la commune de Jalhay.

Nous effectuons une brève pause, car il fait froid et la pluie menace, sur la place du Marché. Si la tour forte date du XIIe siècle, le reste de l’église St-Lambert date de 1705. On peut y voir deux pierres tombales de bourgmestres du XVIIe siècle et dix dalles funéraires encastrées dans les murs extérieurs. Les fonds baptismaux romans, retaillés en 1620, rappellent le gigantesque incendie qui, en 1615, détruisit l’édifice ainsi que 42 maisons de la place. Seule la tour forte fut miraculeusement épargnée.

Le Perron, datant de 1458, est le symbole des libertés et franchises communales, concédé comme ceux des autres bans de Franchimont, par les autorités principautaires. La pomme de pin, surmontant la colonne de pierre, évoque la cohésion du peuple et son indépendance. C'est à son pied qu'étaient promulgués les règlements et que se rendaient jugements et sentences sous l'Ancien Régime.

GR 573 : église et perron de Sart

Nous quittons Sart en empruntant la rue Nicolas Hansoulle. Une petite sente, entre deux haies, nous mène à la route dite « Croupets du Moulin » qui passe au-dessus de l’autoroute E42. Après 1 km sur cette route, nous descendons vers la Hoëgne que nous franchissons grâce à une passerelle métallique.

GR 573 entre Sart et le pont de Belleheid

Le tracé blanc et rouge suit un chemin rocailleux qui s’élève progressivement avant de redescendre pour traverser successivement la Statte et la Hoëgne. Nous entamons ensuite, selon moi, le plus beau tronçon de l’étape. Durant 2,5 km, nous cheminons sur un sentier le long de la Hoëgne ; rivière que nous franchissons à plusieurs reprises grâce à des ponts construits sur des troncs d’arbres.

GR 573 entre Sart et le pont de Belleheid GR 573 entre Sart et le pont de Belleheid GR 573 entre Sart et le pont de Belleheid

Au niveau de Parfondbois, près de Solwaster, nous découvrons une ancienne tourbière. Celle-ci avait une superficie de huit hectares et est aujourd’hui envahie par la végétation. À cet endroit, on extrayait et préparait de la tourbe pour les bains de Spa. Ce traitement thérapeutique y a été développé, depuis 1889, grâce aux qualités particulières de ce matériel végétal de type alpin appelé « péloïde », substance provenant de l’espèce « sphagnum » caractérisée par son pH très bas.

L’exploitation commença en 1935 et, en 1994, toute la tourbe utilisable était extraite du site. Le travail se faisait par lignes perpendiculaires à la Hoëgne et on chargeait la tourbe sur des wagonnets, seul moyen d’accès au chantier. Certaines années, près de 600 m3 de tourbe partaient vers la station thermale. Nous pouvons encore apercevoir les vestiges de rails et wagonnets qui ont servi à l’exploitation. Cette tourbière, propriété de la Région Wallonne, fut abandonnée et est devenue une petite réserve naturelle gérée par le comité culturel de Sart-Jalhay.

GR 573 entre Sart et le pont de Belleheid, tourbière de Solwaster

Nous terminons cette étape au « Pont de Belleheid » où nous retrouvons le tracé principal du GR 573. Afin d’atteindre Sart-Station, où nous avons laissé la voiture, nous devons encore parcourir 2 km, en partie hors GR.