Les Randos de Fred & Paul

Etape 1 : Liège → Flémalle (16 km) réalisée en mars 2016

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le train entre Flémalle-Haute (2 km hors GR) et Liège-Palais.

Il est un peu plus de 10h lorsque nous débutons cette première étape. Alors que le parcours démarre devant l'auberge de jeunesse en Outremeuse, nous avons décidé de commencer à l'hôtel de ville... plus proche de la gare de Liège-Palais.

Construit entre 1714 et 1729 à l'emplacement de l'ancienne maison de ville gothique détruite par les Français en 1691, l'hôtel de ville est un imposant bâtiment en U de deux étages alternant la brique et la pierre calcaire. L'édifice est surnommé « La Violette » car, au XIIIe siècle, quand naissent les institutions communales, les magistrats chargés d'administrer la cité veulent se démarquer du prince-évêque et du palais épiscopal. Pour tenir leurs réunions, ils choisissent, place du Marché, une maison bourgeoise dont le rez-de-chaussée est occupé par des commerçants dont l'enseigne représente une violette.

L'hôtel de ville de Liège est le prototype des hôtels de ville du pays liégeois ; il a notamment servi de modèle pour ceux de Tongres et de Huy. Il est reconnu patrimoine exceptionnel de Wallonie depuis 2002.

Liège : hôtel de ville - La Violette

Nous passons à côté de la « Maison du peket », une adresse incontournable où l'alcool de genièvre tient la vedette avec plus de 250 sortes, avant d'entrer dans la rue du Carré ; c'est avec une largeur d'environ un mètre, la rue la plus étroite de Liège. Un peu plus loin, nous découvrons l'ancienne halle aux viandes.

Liège : rue du Carré

Il existait plusieurs halles aux viandes à Liège mais, pour mieux assurer leur contrôle sur la Mangonie, les autorités préférèrent regrouper les différentes boucheries en un seul lieu et choisirent d'installer ici, en bord de Meuse, l'ensemble du commerce de la viande. C'est ainsi que la nouvelle grande halle des bouchers, que l'on peut toujours admirer aujourd'hui, fut inaugurée en novembre 1546. Elle resta en activité jusque dans les années 1970.

Liège : halle aux viandes

Nous traversons la rue Féronstrée puis la rue Hors Château avant d'attaquer l'ascension de la Montagne de Bueren. Cet escalier de 374 marches a été construit en 1881 pour détourner les militaires casernés à la citadelle. En effet, les militaires en permission descendaient dans le centre-ville pour les cabarets, bistrots et quartiers un peu chauds de l'époque. Ils étaient souvent un peu éméchés quand ils devaient rejoindre leur caserne et faisaient du tapage dans les rues avoisinantes. On leur a donc construit un accès qui permettait de rejoindre directement la caserne.

Le nom de ce mur de 30 % de dénivelé évoque Vincent de Bueren qui avec Goswin de Strailhe commanda l'expédition des six cents Franchimontois dans la nuit du 29 au 30 octobre 1468.

Liège : Montagne de Bueren

Arrivés au sommet, nous reprenons notre souffle puis poursuivons la montée vers le quartier Ste-Walburge. La suite du parcours jusqu'au parc Naimette Xhovémont se fera à travers les rues de la ville. Xhovémont viendrait du wallon « hover », signifiant balayé : mont balayé par les vents. Nous nous trouvons ici sur un ancien terril, formé à partir de 1874, aux flancs de la colline dominant l'actuelle clinique St-Joseph. Le terril fut utilisé jusqu'en 1926.

Liège : Thier Savary

Nous contournons un terrain de sport et cheminons sur des petits sentiers boueux entre les hêtres, les marronniers et les tilleuls. Un hêtre exceptionnel, tant par sa taille que par son allure noueuse, capte notre attention. De nombreux clous sont enfoncés dans le tronc. Serait-ce un arbre guérisseur, sur lequel, jadis, on venait planter un clou après avoir frotté celui-ci sur la partie malade, dans l'espoir que l'arbre « prenne le mal » ? Certains le pensent, mais les spécialistes mettent en doute cette hypothèse.

Liège : parc Xhovemont

Le tracé rouge et blanc nous emmène à la découverte des hôpitaux liégeois puisque qu'après être passés, en début de balade, près du Centre Hospitalier Régional de la Citadelle, nous voici à côté de la Clinique St-Joseph. Durant les trois prochains kilomètres, nous passerons encore successivement devant l'Institut Neuropsychiatrique Notre-Dame des Anges, la Clinique de l'Espérance et découvrirons les travaux de la future Clinique du Mont Légia.

Nous atteignons la place du Haut-Pré, où se trouvait, jusqu'à sa démolition dans les années 1960, la gare du même nom. Le chemin de fer arriva à Ans, en août 1838 ; Liège était ainsi la première ville de Wallonie et la troisième ville belge importante à être desservie par le rail, après Bruxelles en 1835 et Anvers en 1836. Mais pour se rapprocher du centre-ville, il fallait d'abord résoudre le problème de la forte déclivité du terrain (± 150 m) qui ne permettait pas aux motrices de remonter la pente. C'est l'ingénieur Henri Maus qui eut alors l'idée d'un système de câbles sans fin en acier pour tirer les convois. On installa des machines à vapeur ici au Haut-Pré, constituant ainsi deux rampes : une première entre Liège Guillemins et Liège Haut-Pré et une autre entre Liège Haut-Pré et Ans. Le mécanisme du plan incliné, mis en activité dès 1842, cessa d'être utilisé en 1871. Les motrices étant devenues plus puissantes, on utilisa alors une motrice libre - une allège - pour pousser les convois dans la côte.

Nous poursuivons sur un sentier pavé parallèlement à la ligne de chemin de fer ; un parcours qui pourrait être agréable s'il n'y avait pas autant de détritus en tout genre sur les côtés... il en sera hélas de même sur plusieurs kilomètres !

Liège : sentier du Haut-Pré

Le GR passe sous l'autoroute A602 puis s'en va rejoindre le RAVeL (ligne 210 : Ans - St-Nicolas). Sur notre droite, se trouve le site de l'ancien charbonnage de Patience et Beaujonc sur lequel on construit la Clinique du Mont Légia. Prévue pour une ouverture en 2018, elle regroupera l'activité des trois cliniques liégeoises du CHC : St-Joseph, Espérance et St-Vincent. Avec 720 lits d'hospitalisation classique et 120 places d'hôpital de jour, elle proposera une palette de soins complète (hospitalisation, consultations, examens médicaux). Pas moins de neuf grues sont utilisées pour les travaux...

Liège : travaux du Mont Légia

Un peu plus loin, face au terril de l'Espérance, nous empruntons sur 1 km le RAVeL. Il s'agit de l'ancienne ligne 212 qui reliait la gare d'Ans aux charbonnages Gosson-Kessales. Arrivés devant le terril du Gosson 1, nous avons la possibilité avec le GR 412 d'en faire la visite mais nous préférons continuer notre périple en direction du terril du Gosson 2. Le GR 412 : le sentier des terrils, traverse la Wallonie d'ouest en est, de Bernissart à Blegny-Mine. Son numéro d'attribution fait référence au 4 décembre qui est le jour de la fête de Ste-Barbe, sainte vénérée des mineurs.

Avec une surface dépassant les 40 hectares et un volume de plus de 9500 milliers de m³, le terril du Gosson est l'un des plus vastes de la région. Cet ancien site charbonnier, désaffecté depuis les années 1960, est un véritable petit paradis vert dans le tissu urbanisé liégeois. La diversité des milieux a permis à des centaines de plantes et d'animaux de coloniser cet espace encore vierge de nature il y a moins d'un siècle.

Terril du Gosson

Après avoir franchi le pont sur la ligne de chemin de fer 36A, nous tournons dans la rue du Carrefour qui descend (18 %) vers la rue Toute-Voie. Passage sous l'autoroute A604 avant de poursuivre par l'avenue des Robiniers et de prendre ensuite une allée bétonnée à l'arrière d'un quartier d'habitations.

GR 579 entre Liège et Flémalle : bois du Mont

Nous longeons des bâtiments scolaires et empruntons un escalier menant dans la rue Champs d'oiseaux. C'est par le Thier Beauduin que nous descendons vers Flemalle-Grande. Le dernier kilomètre « citadin » passera par une succession de rues et de sentiers herbeux dans des quartiers de logements sociaux. Vers 13h15, nous atteignons un chemin de terre que nous suivons, à travers la campagne, jusqu'à l'entrée du Fort de Flémalle.

GR 579 entre Liège et le fort de Flémalle

Construit par Brialmont en 1888, le Fort de Flémalle fut le théâtre durant la première guerre mondiale de la résistance opposée aux envahisseurs. Suite à la menace de subir le même sort que Loncin tombé la veille, il se rendit. Les allemands occupèrent le fort et le modifièrent de façon à le rendre plus efficace et à le sécuriser davantage. Après-guerre, le Fort fut laissé à l'abandon jusqu'en 1929 où un nouveau bâtiment fut creusé sous l'ancien, une tour d'air alimentant l'espace en air frais. Aujourd'hui, grâce à une ASBL qui a pris en charge la mise en valeur du site, la quasi-totalité du Fort est accessible au public. Les 1700 mètres de galeries permettent, grâce à des panneaux didactiques, de rappeler les moments pénibles mais héroïques qui s'y sont déroulés.

Fort de Flémalle

Cette tour, reliée au Fort par un souterrain, a été construite pendant l'entre-deux-guerres ; elle servait de tour d'aération et de guet. Depuis 2014, elle sert de support à une intervention artistique contemporaine. Une artiste d'origine libanaise y a réalisé une série d'entailles figurant les jours d'attente des soldats prisonniers.

Fort de Flémalle : tour d'aération

Nous profitons d'un banc sur le parking du Fort pour nous reposer un peu et manger notre pique-nique. Nous descendons par un chemin de terre très boueux vers Souxhon.

GR 579 entre le fort de Flémalle et Souxhon

Un peu avant l'église St-Nicolas de Souxhon, le GR 579 croise une liaison menant vers le GR 412 sur laquelle nous nous engageons par erreur. En effet, cet itinéraire ne figure pas dans notre topo-guide et le balisage est assez mal indiqué. Ce n'est qu'après deux kilomètres que nous constatons que nous nous sommes trompés. La fin de notre étape est prévue, à la gare de Flémalle-Haute (2 km hors GR) mais, nous en ferons le double pour y arriver !