Les Randos de Fred & Paul

Cahors

Sous le règne d'Auguste, les Romains complètent leur conquête par la fondation d'une ville au centre du territoire des Cadurques, peuple gaulois habitant les lieux, à l'intérieur d'un large méandre du Lot proche d'une résurgence vénérée par les Gaulois en l’honneur de la déesse Divona. La capitale des Cadurques romanisés fut « Divona Cardurcorum » mais cette ville périt en 571, incendiée par Théodebert, roi franc d’Austrasie. De cette époque, il reste quelques vestiges dont l’arc de Diane et un morceau de l’amphithéâtre.

L’arc de Diane est le dernier vestige visible des thermes romains. Le bâtiment a probablement été édifié à la fin du Ier siècle de notre ère et aurait servi jusqu’au milieu du IVe siècle ; il était alimenté en eau par un aqueduc. La surface totale au sol s'étendait sur environ 3000 m2.

GR 65 : Cahors, arc de Diane

Les vestiges de l’amphithéâtre gallo-romain du Ier siècle se cachent sous les allées Fénelon. En forme d'ovale de 110 mètres de long sur 90 de large, ils ont été découverts en 2007 durant la construction d’un parking ; une partie de cet amphithéâtre est visible au niveau -1 du parking.

GR 65 : Cahors, vestiges de l'amphithéatre gallo-romain

St-Didier édifia une première cathédrale en 650. Après les raids des Vikings, Sarrasins et Huns, une nouvelle cathédrale dédiée à St-Etienne, s’élève en 1119. Large de 56 mètres, la façade occidentale comporte quatre niveaux. Celle-ci a été construite au XIVe siècle dans un double but : consolider l'édifice, d'une part, et répondre à un mouvement de fortification de la ville. Le tympan qui ornait initialement cette façade est transféré sur la façade nord.

GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne

Le portail nord est encadré d'étroites arcatures aveugles coupées par une frise qui borde la troisième archivolte. Cette dernière est décorée de personnages et de diables aux occupations violentes et peu avouables.

GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne

Le tympan représente l'Ascension du Christ. Celui-ci, entouré d'une mandorle, est encadré par deux anges. Cette scène principale est flanquée de plusieurs petites scènes représentant la vie de St-Etienne. Au registre inférieur, de petites arcades trilobées abritent onze des douze apôtres et la Vierge.

GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne

La cathédrale comprend une nef unique (caractéristique qui sera reprise dans le gothique méridional), sans bas-côtés ni transept, à deux travées. Un narthex très surélevé précède la nef. On y trouve une fresque du XIVe siècle consacrée au péché originel.

GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne

L'originalité de la cathédrale réside dans son architecture à coupoles. Au-dessus des deux travées se trouvent deux immenses coupoles. De ce fait, la nef est très large (plus de 20 mètres), pour une longueur plus modeste. C'est à Cahors que ce type d'architecture a atteint ses plus grandes dimensions, avec des coupoles de 18 mètres de diamètre dont la clef de voûte s'élève à 32 mètres ; Cahors n'est, sur ce point, dépassé que par Ste-Sophie à Istanbul.

GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne

Entre 1495 et 1509, on adjoint à la cathédrale un cloître, de style gothique flamboyant, formant un vaste carré de 28,5 mètres de côté. Il a été particulièrement touché par les dévastations commises par les Protestants en 1580, lorsqu'ils ont mis la ville à sac.

GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne GR 65 : Cahors, cathédrale St-Etienne

Construit aux temps des guerres franco-anglaises, le pont Valentré constitue un exemple rare d'architecture militaire française de cette époque, et l'un des plus beaux ponts médiévaux fortifiés subsistant encore. Décidé par les consuls de la ville, en 1306, il était destiné à défendre la ville contre les attaques en provenance du sud. Toutefois, ni les Anglais, ni Henri IV ne l'attaquèrent.

En dos-d'âne, long de 138 mètres, avec six grandes arches de 16,50 mètres, ce pont est flanqué d'avant-becs crénelés et surmonté de trois tours carrées à créneaux et mâchicoulis dominant l'eau de 40 mètres. Deux barbacanes protégeaient son accès, mais seule celle du côté de la ville a été conservée.

GR 65 : Cahors, pont Valentré GR 65 : Cahors, pont Valentré

La construction en s'éternisant sur plus d'un demi-siècle (le pont a été commencé en 1308 et achevé en 1378), a fait naître la légende que chaque cadurcien se plaît à raconter. Exaspéré par la lenteur des travaux, le maître d'œuvre signa un pacte avec le Diable. Selon les termes de ce contrat, Satan mettra tout son savoir-faire au service de la construction et, s'il exécute tous ses ordres, il lui abandonnera son âme en paiement. Le pont s'éleva avec rapidité, les travaux s'achevèrent, le contrat arriva à son terme. Pour sauver son âme, car il ne tint pas à finir ses jours en enfer, le maître d'œuvre demanda au diable d'aller chercher de l'eau à la source des Chartreux, pour ses ouvriers, avec un crible. Satan revint naturellement bredouille, l'exercice étant impossible, et perdit son marché. Décidé à se venger, le Diable envoya chaque nuit un diablotin pour desceller la dernière pierre de la tour centrale, dite « Tour du Diable », remise en place la veille par les maçons.

En 1879, lors de la restauration du pont, l'architecte fit apposer dans l'emplacement vide, une pierre sculptée à l'effigie d'un diablotin. Ainsi à chaque fois que le Diable vérifie si le pont est bien inachevé, il se fourvoie en pensant que c'est l'un des siens qui démantèle le pont.

GR 65 : Cahors, Diable du pont Valentré

En 1316, le cadurcien Jacques Duèze devient pape sous le nom de Jean XXII. Voulant enrichir sa ville natale, il fonde l'université, favorise la vie religieuse et le commerce et attire à sa cour d'Avignon les élites locales. On peut voir dans la partie haute de la ville, trois immeubles qu’il fit bâtir : St-Barthélémy, sobre église languedocienne de briques ; le palais de Pierre Duèze, son frère ; et, à côté, la tour Jean XXII, haute de 34 mètres, à cinq étages de fenêtres géminées.

GR 65 : Cahors, église St-Barthélémy et tour Jean XXII

La ville a conservé un très riche patrimoine médiéval et renaissance dont plusieurs centaines de maisons.

GR 65 : Cahors, ancienne maison GR 65 : Cahors, ancienne maison GR 65 : Cahors,: ancienne maison

Léon Gambetta, petit-fils d'un immigré italien originaire de Gènes, est le grand personnage de Cahors : avocat, député de Paris puis président du Conseil, c'est un républicain farouche opposé au Second Empire. Il sera, après la guerre de 1870-71, l'un des fondateurs de la Troisième République. Une statue monumentale de bronze rappelle la mémoire de ce Cadurcien illustre.

GR 65 : Cahors, statue Leon Gambetta

Sur la place St-Urcisse, on découvre « l'horloge monumentale à billes ». Offerte à la ville de Cahors en 1997, sa fabrication a demandé deux ans de travail à son concepteur. Une bille descend d'un côté grâce à un système de contrepoids, qui fait démarrer la chute d'une seconde de l'autre côté. En tout, 54 boules de flipper de 80 grammes chacune font tourner l'horloge. Un balancier très lent et très lourd (il pèse près de 30 kg) dépose 30 cm plus bas les billes. C'est ce dénivelé qui donne de l'énergie à l'horloge. Elle est réglée pour qu'un balancement soit complet toutes les 15 secondes. Les mécanismes qui font tourner les aiguilles n'ont besoin d'aucune autre source énergétique, excepté un petit moteur électrique pour faire remonter les billes.

GR 65 : Cahors, horloge monumentale à billes GR 65 : Cahors, horloge monumentale à billes