Les Randos de Fred & Paul

Etape 4 : Hal → Groenendael (22 km) réalisée en janvier 2016

Avant de débuter cette étape, attardons nous quelques instants sur l’histoire de la basilique de Hal.

Le sanctuaire primitif, qui occupait l’emplacement de l’église actuelle, était consacré à St-Martin, évêque de Tours, et abritait une chapelle dédiée à Notre-Dame où se pressaient de nombreux pèlerins attirés, notamment, par une procession annuelle. Avisée du culte fait à la Madone, Ste-Elisabeth de Hongrie, fit don à l’oratoire d’une statue de Notre-Dame. La ferveur pieuse dont la Vierge était l’objet ne fit que croître.

La pose de la première pierre d’une nouvelle église a eut lieu en 1341 et les travaux se sont poursuivis durant 130 ans. Hal fut sévèrement assiégé à deux reprises. La première fois, en 1489, par les armées de Philippe de Clèves en lutte contre Maximilien d’Autriche ; la ville résista tout aussi courageusement, en 1580, face aux troupes protestantes. Les 32 boulets de canon actuellement exposés dans une niche, derrière une grille, au bas de la tour, sont ceux que Notre-Dame, protectrice de l’église durant les épreuves de la guerre, aurait recueillis dans son tablier...

Streek-GR Groene Gordel : Hal, basilique St-Martin

La tour carrée et massive, monte sur cinq étages et atteint 71 mètres ; l’étage supérieur abrite le carillon de 54 cloches. La chapelle de Trazegnies abrite un magnifique retable (1533) en albâtre illustrant en sept médaillons les sacrements de la vie chrétienne. Ils sont surmontés, dans une niche, de la statue de St-Martin. On peut aussi voir, à l’intérieur de l’édifice : le gisant de Joachim, enfant de Louis XI, mort, en 1460 à l’âge de quatre mois, alors que son père, encore dauphin de France, s’était réfugié à Genappe ; les fonts baptismaux gothiques (1446) dont le couvercle, à trois étages, figure trois cavaliers (St-Martin, St-Georges et St-Hubert).

Streek-GR Groene Gordel : Hal, basilique St-Martin (retable et fonts baptismaux)

Dès le XVe siècle, l’église fut élevée au rang de collégiale. Cinq siècles plus tard, en octobre 1946, le pape Pie XII décerna le titre honorifique de basilique mineure. Petite anecdote : après son mariage avec le prince Philippe, la princesse Mathilde a offert son bouquet de mariée à la Vierge de Hal.

L’hôtel de ville a été construit, entre 1608 et 1616, sous la domination des archiducs Albert et Isabelle. Le majestueux bâtiment a été construit dans le style renaissance flamande, un mélange d'éléments médiévaux, renaissance et baroque. Devant l’édifice, on peut admirer la statue d’Adrien François Servais, célèbre violoncelliste né et mort à Hal (1807 - 1866).

Streek-GR Groene Gordel : Hal, hôtel de ville et statue Adrien François Servais

C’est vers 9h30 que nous démarrons cette étape en suivant la Basiliekstraat jusqu’au canal Bruxelles - Charleroi. Même s’il ne fut inauguré qu’en 1832, l’idée de relier le bassin de Charleroi, spécialisé dans l’extraction de la houille, à Bruxelles remonte à plusieurs siècles. De nombreux projets se succédèrent mais la construction du canal demandait de mobiliser d’importants moyens financiers. Le territoire de la région appartint à différente nation au fil du temps et la dénivellation entre Charleroi et Bruxelles ajoutait une difficulté supplémentaire.

Le canal, dont les travaux ont débuté en 1827, prend naissance à Dampremy, où il est relié à la Sambre. Il traverse quelques communes carolorégiennes et continue vers Seneffe, Ronquières, Tubize, Hal et Bruxelles, où il rejoint le canal de Willebroek. Le percement de ce canal permettait, via le canal de Willebroek et l'Escaut de livrer du charbon aux Pays-Bas. En 1854, le canal est élargi et approfondi sur certaines portions jusqu’à la taille de 300 tonnes. Après la Deuxième Guerre mondiale, l’agrandissement du canal est à nouveau nécessaire jusqu’au gabarit de 1350 tonnes. Aujourd’hui, douze ouvrages d’art jalonnent le canal de Charleroi à Bruxelles dont dix écluses, un plan incliné et une porte barrage.

Nous passons devant la gare et un kilomètre plus loin notre parcours atteint enfin la campagne. Le tracé jaune et rouge emprunte ensuite, sur 800 mètres, en quasi ligne droite, d’étroits sentiers asphaltés, entre les terres cultivées, où nous devons marcher en file indienne.

Streek-GR Groene Gordel : Hal, gare Streek-GR Groene Gordel entre Hal et Dworp

Dans la Nachtegaalstraat, nous découvrons l’ancien sanatorium « Rose de la Reine » transformé depuis une dizaine d’années en maison de repos. Après avoir traversé l’autoroute E19, nous tournons à droite et suivons une route asphaltée sur 600 mètres. Cette dernière monte en direction du « Camp de la Fresnaye », un camp permanent et ancien centre de formation de la Fédération des scouts de Belgique. C’est en 1938 que la famille Solvay met à la disposition des Scouts Catholiques et des Boy-Scouts de Belgique, cette propriété de 25 ha située sur la commune de Beersel. Ce camp, entièrement dévoué aux scouts et autres mouvements de jeunes, est ouvert toute l'année et peut recevoir des groupes jusqu'à 230 personnes.

Streek-GR Groene Gordel entre Hal et Dworp : la Fresnaye

Le Streek-GR Groene Gordel emprunte un chemin pavé descendant vers la Krabbosstraat. De l’autre côté de cette grand-route, nous suivons un petit chemin qui devient, après une centaine de mètres, un sentier herbeux cheminant entre deux clôtures.

Streek-GR Groene Gordel entre Hal et Dworp

Au terme de ce sentier, nous suivons, vers la gauche, un chemin asphalté descendant (de 89 à 52 mètres d’altitude) vers une zone boisée. En bas, les balises jaunes et rouges, nous emmènent, pendant un kilomètre, le long du Kapittelbeek ; un parcours bien agréable en suivant les méandres de cette rivière qui prend sa source dans le bois de Hal et se jette, à Dworp, dans le Molenbeek.

Streek-GR Groene Gordel entre Hal et Dworp, le long du Kapittelbeek

Vers 11h15, nous arrivons dans le village de Dworp où, après avoir traversé l’Alsembergsesteenweg, nous effectuons une petite pause devant la maison communale. Ce bâtiment en briques jaunes, construit au début du XXe siècle, se dresse à l’emplacement de l'ancienne église romane (déplacée et surtout agrandie en 1894). Juste à côté, on peut voir le pilori datant de la fin du XVIIIe siècle.

Streek-GR Groene Gordel : Dworp, maison communale

Nous descendons dans la Molenbeekstraat, par l’escalier situé à l’arrière de la maison communale, et retrouvons, en bas, le tracé du GR 12 (déjà brièvement suivi lors de la première étape) ; les deux parcours seront communs pendant un kilomètre. En suivant le Laureinsborreweg, nous atteignons le début d’un sentier cheminant le long du Molenbeek.

Streek-GR Groene Gordel entre Dworp et Alsemberg

La vallée du Molenbeek est considérée comme étant le berceau de l’industrie du papier en Belgique. Déjà au XVIe siècle, l’industrie artisanale s’y installa, essentiellement parce que les petites rivières aux courants rapides étaient propices à l’implantation de moulins à eau. Sous l’impulsion de la révolution industrielle, ces moulins à eau évoluaient vers de grosses usines.

Le moulin à papier Herisem et ancienne cartonnerie Winderickx, que nous découvrons à présent, constitue un site industriel du XIXe siècle qui s'est développé autour d'un ancien moulin à papier. Le site se compose du moulin à papier originel, de la cartonnerie, de sa ferme (avec meunerie) et de son habitation. De nos jours, il abrite un musée, une taverne, une salle de fêtes et des locaux destinés à l'organisation d'événements et de réunions.

Streek-GR Groene Gordel : moulin à papier d'Herisem

Nous quittons ici le GR 12 et poursuivons, avec les balises jaunes et rouges, en direction d’Alsemberg situé 2 km plus loin. Ce trajet s’effectue principalement le long du Molenbeek mais qui est ici, d’après la carte topographique, dénommé « Termeulenbeek ».

Streek-GR Groene Gordel entre Dworp et Alsemberg, le long du Molenbeek

Après la pause pique-nique, à mi-parcours, dans un café du centre d’Alsemberg, nous reprenons notre périple en nous dirigeant vers l’église Notre-Dame. Selon la légende, Ste-Elisabeth de Hongrie se serait rendue vers 1229 à la cour d'Henri II, duc de Brabant. À son initiative, on aurait fait construire un sanctuaire sur une colline située au sud de Bruxelles. Elisabeth aurait reçu d'un ange l'instruction de construire l'église dans un champ planté de lin sur pied, non encore mûr. De là l'iconographie qui figure souvent Notre-Dame d'Alsemberg flanquée de deux bottes de lin. D'après cette même légende, une statue de la Vierge aurait été offerte par la fille aînée d'Elisabeth, Sophie, seconde épouse d'Henri II de Brabant.

L’église romane antérieure a été remplacée, à partir de 1350, par la construction actuelle, de style gothique tardif qui possède toutes les caractéristiques de l’architecture brabançonne du XIVe siècle. La voûte fut seulement terminée en 1470 grâce à un don du duc Charles le Téméraire, venu en pèlerinage en 1466. La construction de la tour débuta en 1503 et son élévation, jusqu'à la hauteur de la voûte, s'est achevée en 1527. Vers 1520, grâce à l'empereur Charles Quint qui a offert du bois provenant de la forêt de Soignes, on a pu poursuivre le voûtement de la nef. En 1866, débuta une restauration générale qui se termina, en 1891, avec l'achèvement de la flèche dont la pointe porte une couronne ducale, en référence au rôle de plusieurs ducs de Brabant dans la création de ce sanctuaire.

Streek-GR Groene Gordel : Alsemberg, église Notre-Dame

Nous contournons l’église et prenons la direction de Rhode-St-Genèse que nous atteignons après un kilomètre. Tout comme Kraainem, Drogenbos, Linkebeek, Wemmel, Wezembeek-Oppem, cette commune bénéficie de facilités linguistiques qui permettent aux habitants francophones de pouvoir, entre autres, utiliser le français lors de leurs communications avec l'administration communale. Nous traversons le centre-ville et poursuivons notre périple, en zone urbaine, jusqu’à la gare.

Après être passés sous la voie ferrée, nous tournons à droite et 100 mètres plus loin, le balisage jaune et rouge nous emmène dans le sentier des Pêcheurs, le long des étangs historiques de Lansrode (où étangs Geevaert). Au début du XIIIe siècle, des étangs d’élevage ont été aménagés par l’abbaye de la Cambre, dans la zone des sources de la vallée du Molenbeek, pour produire du poisson pour les couvents.

Pendant un kilomètre, nous cheminons sur ce sentier qui ne nous offre hélas aucun point de vue car de hautes haies ou clôtures protègent du regard les nombreuses propriétés privées. Nous rejoignons la Dragonderstraat et longeons encore quelques étangs avant de suivre le chemin de l’Age de la Pierre. Ce beau sentier forestier se poursuit entre deux terres cultivées (combien de temps résisteront-elles encore à la pression immobilière ?) et rejoint ensuite un quartier résidentiel.

Streek-GR Groene Gordel entre Rhode-St-Genèse et Groenendael

Le Streek-GR Groene Gordel traverse la chaussée de Waterloo et entame ensuite un parcours de 5 km dans la forêt de Soignes. Via la drève Francus, nous débouchons dans la drève de Lorraine où notre itinéraire s’unit, pendant 300 mètres, au GR 126 : Brussegem - Membre-sur-Semois (déjà rencontré lors de la première étape).

Streek-GR Groene Gordel entre Rhode-St-Genèse et Groenendael

Nous tournons à gauche dans le sentier Preumont et atteignons le point culminant de l’étape (134 mètres d’altitude). Après 2 km sur ce chemin bien agréable, nous arrivons au bord du « Ganzepootvijver » (étang de la patte d’oie). Trois ruisseaux se rejoignent ici, formant le dessin d'une patte palmée, à proximité de l’endroit où les moines du prieuré de Groenendael érigèrent un petit barrage dans le but d’élever des poissons. Nous longeons trois autres étangs, eux aussi aménagés par les moines, et découvrons une petite chapelle, construite à la fin du XIXe siècle, dédiée à St-Corneille.

Streek-GR Groene Gordel entre Rhode-St-Genèse et Groenendael : chapelle St-Corneille Streek-GR Groene Gordel entre Rhode-St-Genèse et Groenendael

Après la traversée de l’avenue Dubois, nous passons à côté du musée de la forêt installé dans l’ancienne ferme du prieuré de Groenendael. Un simple ermitage, mentionné une première fois en 1304, reçoit trois chanoines de la collégiale de Bruxelles en 1343. Deux de ceux-ci y fondent une communauté de vie basée sur la règle de St-Augustin. Le prieuré est reconstruit et agrandi entre 1450 et 1500. En 1520, Philippe de Clèves fait élever un palais, près des bâtiments claustraux, qui sert souvent de rendez-vous de chasse à Charles Quint. L'infante Isabelle y séjourne aussi fréquemment et contribue à son embellissement. Le prieuré de Groenendael ayant été supprimé en 1784, l'église et les autres bâtiments sont vendus et démolis trois ans plus tard. Une tentative de restauration, faite par le conseil de Brabant (juin 1790), échoue avec l’arrivée du pouvoir français. La démolition ultime intervient en 1825.

Grâce à une passerelle aménagée pour les cyclistes, nous pouvons franchir le ring de Bruxelles en toute sécurité. C’est à la gare de Groenendael, 500 mètres plus loin, que nous finissons cette étape.