Les Randos de Fred & Paul

Etape 2 : Château de Horst → Aarschot (17 km) réalisée en juin 2015

Les parties les plus anciennes du château de Horst, encore visibles aujourd'hui, datent du début du XVe siècle. Le lumineux donjon de pierre blanche, les douves-étang et toutes les fondations du château remontent au moins à cette époque. Le donjon de 30 mètres s'élève sur cinq niveaux. Son sommet est aménagé en chemin de ronde. Depuis le XVIIe siècle, cette imposante tour est coiffée d'une toiture à clocheton.

Le château sera, à la Renaissance, le premier édifice d'importance dans nos provinces à connaître des modifications qui en feront davantage un château de plaisance qu'une place forte médiévale. Le dessin de sa façade, avec ses belles lignes de pierre et de brique, appelées chaînage, date du XVIe siècle. En octobre 2007, la comtesse d'Hemricourt de Grunne vend à la Région flamande un lot comprenant le domaine de 113 hectares, le château, et... le fantôme d'Almeric Ier Pynnock qui, selon la légende, hante toujours les lieux.

Streek-GR Hageland : château de Horst Streek-GR Hageland : château de Horst

Après avoir laissé une des voitures à la gare d'Aarschot, nous venons avec l'autre jusqu'au château de Horst où nous reprenons notre périple sur le Streek-GR Hageland. Un beau panneau nous informe que nous croisons ici le tracé blanc et rouge du GR 512. C'est par de petits sentiers herbeux que débute cette seconde étape ; d'abord le long de l'étang ceinturant le château puis, entre bois et prairies.

Streek GR Hageland : étang du château de Horst

Si les trois premiers kilomètres se font sur un terrain plat, la suite sera différente avec un parcours plus accidenté en approchant du Beninksberg. Au détour d'un chemin nous voici soudain comme transporter dans une autre région car sur les coteaux, devant nous, se trouvent des vignobles.

Il y a environ 15 millions d'années, la mer s'étendait jusqu'à Diest. Les fortes marées ont formé un paysage de bancs de sable et lorsque l'eau s'est retirée, ces bancs de sable ont durci pour former des collines de grès riche en fer. La couche pierreuse accumule la chaleur le jour pour la libérer la nuit, un phénomène favorable au processus de maturation des raisins.

Un bon sous-sol ne suffit pas pour produire un vin savoureux. Un vignoble moyen a besoin de 1 800 à 2 000 heures d'ensoleillement par an, les variétés hâtives de raisins blancs nécessitant quelque 1 100 heures. Notre pays avec +/- 1 500 heures d'ensoleillement et une température annuelle moyenne de 11°C convient bien à la culture du raisin et surtout des cépages blancs. C'est grâce à ces divers éléments que le Hageland est devenu la région viticole la plus septentrionale d'Europe.

Streek-GR Hageland : vignobles du Hageland

Les habitants du Hageland avaient parfaitement compris, dès le Moyen-âge, qu'ils vivaient sur des terres précieuses. Au XIIe siècle, Godefroid Ier, duc du Brabant, possédait un vignoble à Louvain et les premiers vignobles ont fait leur apparition à Aarschot, Diest et Hoegaarden dès le XIIIe siècle. Initialement, la viticulture était l'affaire des congrégations religieuses mais, au fil du temps, l'homme ordinaire s'est également tourné vers la plantation des pieds de vigne. Mais, le vin du Hageland fut de plus en plus supplanté par les vins du Rhin et de France. Le refroidissement du climat et les guerres de Religion qui ont duré des années ont donné le coup de grâce à la viticulture du Hageland à partir de 1570.

Le vin du Hageland a cependant connu une grande renaissance grâce à quelques amis qui ont décidé, en 1972, de relancer la viticulture. Ils ont fondé une association et replanté des pieds de vigne sur les coteaux méridionaux. L'Université catholique de Leuven et l'Ecole horticole provinciale de Leuven offrent les connaissances et l'appui nécessaires, grâce à quoi la qualité des vins du Hageland ne cesse de s'améliorer. Les viticulteurs sont de plus en plus nombreux à transformer leur hobby initial en activité professionnelle et une association professionnelle a vu le jour en 1995. La reconnaissance par une appellation d'origine contrôlée a suivi rapidement et le vin du Hageland prospère aujourd'hui comme jamais auparavant.

Streek-GR Hageland : vignobles du Hageland

Après un long chemin creux en sous-bois, nous arrivons devant le portillon d'entrée de la réserve naturelle du Beninksberg. À peine celui-ci franchit que plusieurs possibilités de chemins s'offrent à nous mais plus aucunes balises ! Finalement, après plusieurs vaines tentatives, nous retrouvons les marques jaunes et rouges.

Streek-GR Hageland : Beninksberg

Nous passons le pont enjambant l'autoroute E314 avant d'entamer la seconde ascension du jour vers le Wijngaardberg, passant de 19 à 67 m d'altitude ! Nous cheminons, au milieu des poiriers, sur un large chemin herbeux, avant de virer à droite et de grimper entre deux rangs de vignes.

Streek-GR Hageland : Wijngaardberg Streek-GR Hageland : Wijngaardberg

Ayant déjà parcouru 8 km, nous effectuons une courte pause boisson avant de poursuivre la montée. Au sommet, nous retrouvons des plantations de poires mais aussi de pommes.

Sur la crête, un peu à l'écart du chemin, se trouve une construction unique qui s'étend sur 1546 mètres : les restes d'un mur construit sur la ligne de séparation entre le bois, sur le plateau, et le vignoble. Erigé, aux alentours de 1815, à l'aide de grès ferrugineux provenant des carrières de la région, ce mur protégeait les rangs de vignes contre les vents froids du Nord. A l'origine, il faisait 1,7 m de large et 2 m de haut. Actuellement, il est dans un triste état à de nombreux endroits. Avec les terrasses sur le flanc sud de la colline, c'est le dernier témoin du grand vignoble situé sur le Wijngaardberg, au début du XIXe siècle.

Streek-GR Hageland : Wijngaardberg, ancien mur

D'agréables sentiers forestiers puis campagnards nous mènent à l'entrée de Gelrode où, une nouvelle fois, le balisage manque de précision et mériterait un passage des baliseurs ! Il est un peu plus de midi quand nous atteignons le centre du village. Le café « De Moedermeule », attenant au moulin du même nom, serait un bel endroit pour pique-niquer. Je demande au serveur si nous pouvons nous installer pour manger nos tartines et bien sûr prendre une consommation chacun mais celui-ci refuse... pourtant sa terrasse est quasiment déserte ! Tant pis, nous poursuivons notre route.

Ce moulin, monté initialement à Mechelen, date de 1667. Il était d'une envergure supérieure à la moyenne et reçut de ce fait le surnom de Moedermeule. En raison des inconvénients que présentaient ses dimensions, il a été réduit à des proportions plus conformes à la normale. Démonté en 1830, il fut acheminé, par bateau, jusqu'à Gelrode où il fut reconstruit à l'emplacement qu'il occupe encore de nos jours.

Streek-GR Hageland : Gelrode, Moedermeule

Le Streek-GR Hageland nous fait traverser une autre réserve naturelle, celle de l'Eikelberg. Si le circuit est très beau, il n'y a malheureusement pas de banc pour nous installer afin de manger. De vieux troncs d'arbres nous permettront de nous asseoir mais la pause sera perturbée par les piqures de taons ! La suite de la rando, jusqu'à Aarschot, se fait sur des sentiers passant tantôt dans les bois, tantôt dans un surprenant paysage de landes et de bruyères.

Streek-GR Hageland : Eikelberg Streek-GR Hageland : Eikelberg

Nous traversons une route importante avant de monter, toujours par des petits chemins, vers la tour Orléans (ou « Aurelianustoren ») sur le Kouterberg. Rare vestige des anciens remparts d'Aarschot, elle a été érigée entre 1360 et 1365 puis maintes fois détruites et reconstruites par la suite. La tour est l'un des points les plus hauts de la ville à 40 mètres d'altitude ! Du haut, on aurait une vue panoramique sur Aarschot et la vallée du Demer mais, le vandalisme a rendu l'ascension impossible ; de plus l'importante végétation ne permettrait pas d'observer le paysage.

Streek-GR Hageland : Aarschot, Aurelianustoren

Un peu au-delà de cette tour, nous quittons le tracé jaune et rouge pour descendre dans la ville et retrouver la voiture sur le parking de la gare.