Les Randos de Fred & Paul

GRP 127 : Blanmont → Perwez (23 km) - juillet 2019

Nous démarrons cette étape, vers 9h30, à la gare de Blanmont. Si le ciel est fort nuageux aujourd’hui ce n’est pas pour nous déplaire, car l’itinéraire va se dérouler majoritairement en pleine campagne là où les coins ombragés sont assez rares. Nous prenons un chemin caillouteux longeant la voie ferrée et aboutissant près du moulin « Al Poudre ». Cet ancien moulin, situé sur l’Orne, daterait de 1608. En 1815, Napoléon en fit son dépôt de munitions, d’où son appellation actuelle. Depuis 1972, le site et son parc de trois hectares sont utilisés pour des événements (concerts, séminaires, mariages).

GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent, Domaine Al Poudre

300 mètres plus loin, le tracé jaune et rouge s’éloigne de la ligne de chemin de fer et descend rejoindre l’Orne. Un agréable sentier, au bord du cours d’eau, nous mène jusqu’à un terrain de camping ; au milieu de celui-ci, se dresse la tour d’Alvaux (ou tour des Sarrasins).

GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent, l'Orne

En 1199, Berthe, abbesse du monastère de Nivelles, vend la terre d’Alvaux aux seigneurs de Walhain. Ces derniers aménagent le site et édifient cette tour dans la seconde moitié du XIIIe siècle. D’une quinzaine de mètres de haut, la tour est relativement bien préservée. Le premier étage était constitué d’un cellier qui servait au stockage des marchandises. Un escalier intra-muros conduit aux deux étages supérieurs : le second était utilisé comme salle de séjour, le troisième servait de dortoir. De petites fenêtres et quelques meurtrières percent l’épaisse muraille.

GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent, Tour d'Alvaux

Par un chemin de remembrement, nous quittons la vallée de l’Orne et montons (de 107 à 136 mètres d’altitude) à travers champs. Au sommet, nous tournons vers la droite et descendons franchir le ruisseau de Corbais avant de remonter, toujours sur le béton, vers la N4.

GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent

De l’autre côté de l’axe routier, nous suivons brièvement la rue Hautbiermont avant de prendre un chemin de terre, en lisière d’un champ. Un sentier nous ramène à la rue Hautbiermont que nous empruntons sur 250 mètres. Le GRP 127 franchit ensuite le Nil… il ne s’agit nullement du fleuve égyptien mais d’un ruisseau, prenant sa source à Walhain et se jetant, après 12 km, dans l’Orne.

GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent

Nous continuons sur un chemin bétonné se dirigeant, entre les champs de maïs, vers le moulin du Tiège (que nous devinons entre les arbres). Le toponyme de ce moulin vient de sa situation sur une ligne de crête. Si les moulins à eau apparaissent déjà, dans la région, au Moyen Âge, le premier moulin à vent ne verra le jour qu’en 1615 ; la plupart seront élevés au XIXe siècle. Le moulin du Tiège a été construit en 1834 et s’arrêta de tourner en 1946. De forme tronconique, ce moulin, à calotte tournante, possède encore l’essentiel de son mécanisme interne.

GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent

800 mètres plus loin, nous empruntons, sur la droite, un chemin de terre dénommé « ligne 324 » ; il s’agit de l’assiette du vicinal qui reliait Chastre à Jodoigne. En suivant ce chemin jusqu’à la place du Tram, où se trouvait la gare de Nil-Saint-Vincent, nous passons à côté du centre géographique de la Belgique.

GRP 127 entre Blanmont et Nil-Saint-Vincent, ligne 324

Un petit monument, inauguré en 1998, marque l’endroit exact de ce point déterminé par l’Institut géographique national. Avant l’attribution à la Belgique des cantons de l’est (Eupen, Malmedy) à la suite du traité de Versailles de 1919, le centre de la Belgique se situait à Ittre. Le socle de cette structure métallique représente la croûte terrestre, le triangle schématise la Belgique et les trois pylônes symbolisent les trois régions.

GRP 127 : Nil-Saint-Vincent, centre géographique de la Belgique

À la sortie de Nil-Saint-Vincent, le « Tour du Brabant wallon » se poursuit, pendant 2,2 km, sur un chemin de remembrement, rectiligne, montant lentement entre les terres cultivées. Nous aboutissons à la rue Chèvequeue ; celle-ci permet de relier le centre de Walhain à la N4. Réalisée à l’époque où la comtesse de Marsan (1720-1803) était seigneur de Walhain, la voirie fut d’abord dénommée « rue du Bois de Boulogne » en souvenir de la vie parisienne de la dame. En 1910, la rue est transformée en drève par la plantation de tilleuls sur ses abords. Après la Seconde Guerre mondiale, elle prit le nom du ruisseau, le Chèvequeue, dont elle longe le parcours.

GRP 127 entre Nil-Saint-Vincent et Walhain

Nous passons à côté de la ferme de la Basse-cour ; ce bel exemple de ferme brabançonne en quadrilatère possède un corps de logis millésimé 1618 sur les ancres de la façade. En face, la ferme de la Marette, mentionnée pour la première fois à la fin du XVIe siècle, est connue pour avoir été le théâtre d’un épisode lors de la bataille de Waterloo. C’est ici que le maréchal Grouchy, ayant reçu pour mission de Napoléon de poursuivre l’armée prussienne en retraite, installa son quartier général le matin du 18 juin 1815.

GRP 127 : Walhain, ferme de la Basse-cour

Nous trouvons, face aux ruines du château féodal de Walhain, un banc où effectuer la pause de midi. L’édifice fut le centre d’une seigneurie qui se développa dans la seconde moitié du XIIe siècle avec la famille des Walhain. La seigneurie tomba ensuite aux mains de la puissante famille des de Glimes et des de Bergues de 1430 à 1567 ; c’est à ce moment que le château fort fut réaménagé en château de plaisance. Après la Révolution française, le site a été vendu comme bien national et s’est peu à peu dégradé ; les propriétaires successifs n’y résidant pas. Les ruines sont encore ceinturées d’un double réseau de douves, aujourd’hui asséchées. Édifié en plusieurs étapes, le château présente un plan polygonal dont le donjon occupe l’un des angles. Ce dernier, la partie la mieux conservée et la plus ancienne, remonte à la fin du XIIe siècle.

GRP 127 : Walhain, ruines du château féodal

Au-delà du centre sportif de Walhain, nous abordons un tronçon campagnard, et malheureusement bétonné, de cinq kilomètres. C’est au niveau de la N29, reliant Gembloux à Jodoigne, que ce parcours, un peu monotone, prend fin.

GRP 127 entre Walhain et Perwez GRP 127 entre Walhain et Perwez

Nous traversons la nationale, très fréquentée, et rejoignons, via une belle drève, la ferme de Limelette. Le nom de cette ferme en quadrilatère serait lié à Henry de Limelette, un vassal de Godfroid de Perwez au XIIIe siècle. Elle a été entièrement rebâtie au XIXe siècle, époque où elle appartenait à la famille Solvay.

GRP 127 entre Walhain et Perwez

Devant la ferme, nous tournons à gauche et passons ensuite sous l’autoroute E411. Un peu plus loin, le GRP 127 franchit un autre pont ; celui-ci doit servir à la route de contournement de Perwez, mais cette dernière ne verra probablement jamais le jour… Après cet ouvrage inutile, nous retrouvons enfin un chemin de terre. Long de trois kilomètres, c’est l’un des derniers chemins de terre subsistant à Perwez.

GRP 127 entre Walhain et Perwez, contournement de Perwez GRP 127 entre Walhain et Perwez

Nous progressons à la lisière du bois des Ducs et franchissons le Thorembais. Cet affluent de la Grande Gette irrigue deux villages auxquels il a donné son nom : Thorembais-Saint-Trond et Thorembais-les-Béguines. Le chemin de terre, entre les champs de céréales, continue au-delà du RAVeL 147 et devient un chemin herbeux.

GRP 127 entre Walhain et Perwez GRP 127 entre Walhain et Perwez

Le tracé jaune et rouge longe le bois de Burlet et, par des sentiers, arrive à Perwez et plus précisément au quartier de Mont. Nous prenons la rue du Mont puis, par une succession d’agréables sentiers urbains, nous parvenons à proximité de la Grand Place. C’est là que nous terminons, vers 15h30, cette étape.