Les Randos de Fred & Paul

GR 14 : Botrange → Malmedy (19 km) - octobre 2021

Il est 9h30 lorsque nous commençons, à Botrange, cette étape dont la première moitié (11 km) va se s’effectuer en compagnie d’un itinéraire de liaison du GR 56 : Cantons de l'Est et parc naturel Hautes Fagnes - Eifel. Depuis la Maison du Parc (656 mètres d’altitude), nous évoluons, pendant un kilomètre, en descente, sur une large allée rectiligne passant au milieu des résineux. Après un rapide droite - gauche, nous quittons le couvert forestier et abordons un court tronçon fagnard.

GR 14 entre Botrange et Reinhardstein GR 14 entre Botrange et Reinhardstein

Grâce à une passerelle en bois, nous franchissons le Ghâster et pénétrons à nouveau dans la forêt. Pendant 1,7 km, le tracé blanc et rouge va progresser le long de ce cours d’eau (principal affluent du Bayehon) et passer de 593 à 518 mètres d’altitude. Le début du parcours, jusqu’au pied des pistes de ski d’Ovifat, est relativement aisé. Nous avançons ensuite sur un sentier escarpé, très humide par endroits, serpentant dans ce beau cadre sauvage. Sur des passerelles aménagées, nous franchissons plusieurs fois le ruisseau.

GR 14 entre Botrange et Reinhardstein, le Ghâster GR 14 entre Botrange et Reinhardstein, le Ghâster

Au confluent du Ghâster et du Bayehon, nous prenons un chemin gravillonné montant le long de ce second cours d’eau. Le Bayehon prend sa source aux environs du signal de Botrange et rejoint, après 9 km, la Warche un peu en aval du château de Reinhardstein. 900 mètres plus loin, nous abandonnons ce large chemin pour grimper un étroit sentier au milieu des bruyères.

GR 14 entre Botrange et Reinhardstein

De retour sur le chemin principal, nous découvrons la cascade du Bayehon. D’une hauteur de neuf mètres, c’est la deuxième plus importante cascade du pays, après celle de Coo. La forêt encadre de toutes parts ce lieu féérique perdu au fond de la combe.

GR 14 : cascade du Bayehon

Après une petite pause, nous poursuivons, durant 700 mètres, la montée en rive droite du Bayehon. Au sommet, 585 mètres d’altitude, le GR 14 tourne à gauche et descend, par un chemin empierré, rejoindre une route. Pendant près de deux kilomètres, nous marchons sur cette route qui traverse le village de Longfaye. C’est peu après le pont franchissant le Bayehon que nous quittons l’asphalte pour descendre (de 502 à 436 mètres d’altitude) le long du ruisseau. Le cours d’eau a creusé ici un étroit défilé entre des pentes abruptes couvertes de sombres pessières. Sur 2 km, nous passons à trois reprises le Bayehon, grâce à des passerelles en bois.

GR 14 entre Botrange et Reinhardstein, le Bayehon GR 14 entre Botrange et Reinhardstein, le Bayehon

Nous atteignons le confluent du Bayehon et de la Warche et prenons, sur la gauche, un chemin de terre longeant ce second cours d’eau. Après 850 mètres, nous délaissons temporairement les bords de Warche pour grimper vers le château de Reinhardstein. Cette ascension, d’une vingtaine de mètres, s’effectue sur de beaux sentiers à flanc de coteau.

GR 14 entre Botrange et Reinhardstein

Vers 12h30, nous arrivons à l’entrée du château de Reinhardstein et profitons de la cafétéria de ce dernier pour manger notre pique-nique tout en dégustant la bière locale. Le château comprend une importante bâtisse de forme irrégulièrement arrondie qui abrite notamment une salle des gardes et une chapelle. Le donjon, de forme carrée, comporte cinq niveaux et abrite, entre autres, la bibliothèque et la salle des archives.

Au XIVe siècle, Wenceslas, duc de Luxembourg - qui allait aussi devenir duc de Brabant et de Limbourg - doit souvent venir à la rescousse de son voisin, le prince-abbé de Stavelot. Il charge un seigneur des environs, Renaud de Waimes, de faire construire une maison forte sur un rocher dominant la Warche. Ce dernier s'acquitte de sa mission et commence la construction du château en 1354.

GR 14 : chateau de Reinhardstein

De successions en alliances, le château de Reinhardstein passa entre les mains de différentes familles ; la plus prestigieuse étant celle des Metternich qui occupa les lieux de 1550 jusqu’à la Révolution française. Le dernier Metternich, seigneur de Reinhardstein, était le père du prince de Metternich qui présida le congrès de Vienne en 1815 lorsque, après la défaite de Napoléon, les alliés se partagèrent l'Europe.

La place forte ne sera jamais un lieu de défense où de sanglants combats auront lieu. Le château servait plutôt de refuge en cas de guerre, ou de conflit. Sa situation en fait un abri exceptionnel ; en plein creux de la vallée de la Warche, il est invisible des villages aux alentours. En plus de sa fonction de refuge, il a également servi de camp de base pour des parties de chasse ou de somptueuses fêtes. Ce que l'on sait moins, c'est que plusieurs sorcières ont également été enfermées dans ces murs avant la tenue de leur procès.

À la Révolution française, plusieurs propriétés des Metternich sont mises sous séquestre ; c’est aussi le cas de Reinhardstein. En 1812, le comte de Metternich vend le château. Laissé à l’abandon, il se dégrade fortement au fil du temps. En 1965, Jean Overloop, enseignant à Bruxelles et passionné d’histoire, découvre, presque par hasard, le château en ruine. En se basant sur les minces archives retrouvées, il lui faut près de deux ans, aidé de quelques passionnés et s’appuyant sur le savoir-faire des artisans locaux, pour relever Reinhardstein. Depuis 1971, la forteresse est ouverte au public.

GR 14 : chateau de Reinhardstein

Après cette pause, nous redescendons vers la Warche par un sentier à flanc de coteau avec quelques passages un peu plus compliqués. Nous franchissons le cours d’eau et remontons sur l’autre versant. Durant cette ascension, nous quittons l’itinéraire de liaison du GR 56 : Cantons de l'Est et parc naturel Hautes Fagnes - Eifel et rejoignons la variante « Warche » de ce même GR. Ce parcours de 36 km commence à Malmedy et remonte le cours de la rivière jusqu’à sa source ; il rejoint ensuite, près du village d’Honsfeld, l’itinéraire principal.

En compagnie de cette variante, nous abordons, à présent, un tronçon forestier de 4,5 km. Ce parcours, bien vallonné, est une alternance de petits sentiers et de larges chemins. Par endroits, sur les flancs escarpés du versant, nous profitons de beaux points de vue…

GR 14 entre Reinhardstein et Malmedy GR 14 entre Reinhardstein et Malmedy GR 14 entre Reinhardstein et Malmedy

Un chemin campagnard nous mène jusqu’au village de Chôdes. Là, nous retrouvons l’asphalte sur lequel nous avançons, en légère descente, sur environ deux kilomètres. Au terme de ce tronçon, peu après un village de vacances, nous entamons la descente, à travers la forêt, vers Malmedy.

GR 14 entre Reinhardstein et Malmedy GR 14 entre Reinhardstein et Malmedy

Pour rejoindre le centre-ville, le tracé blanc et rouge emprunte le chemin du Calvaire. Établi au XVIIe siècle sous la forme de croix en bois sur l’une des parties les plus escarpées du vieux chemin de Chôdes, le calvaire a connu au fil des années certaines modifications. En 1728, les vieilles croix étant fortement détériorées, le père capucin Albert de Dinant érigea à leur place, avec l’aide de quelques jeunes paroissiens, cinq stations massives, une grande croix et une chapelle. En 1873, les anciennes stations ont été remplacées par les quatorze stations qui composent ordinairement le chemin de croix. Le 16 mars 1913, la paroisse de Malmedy inaugura le chemin de croix actuel de style néo-classique.

GR 14 entre Reinhardstein et Malmedy, calvaire de Livremont GR 14 entre Reinhardstein et Malmedy, chemin du Calvaire

La colline où nous nous trouvons présente la particularité d’être entièrement constituée de poudingue. Le « poudingue de Malmedy », datant de la fin de l’ère primaire (entre 295 et 250 millions d’années), constitue une curiosité géologique unique en Belgique, car à l’inverse des autres poudingues d’origine marine, celui-ci est d’origine continentale. Cette roche a joué un rôle indéniable dans l’implantation des monastères de Malmedy et Stavelot.

C’est sur la place Albert Ier, au pied de l’obélisque, que nous terminons cette étape. Cet obélisque a été érigé, en 1781, sous l’abbatiat et avec l’aide financière (500 florins) de l’avant-dernier prince-abbé, Jacques de Hubin, qui y fit d'ailleurs graver ses armoiries et sa devise, inscriptions qui disparurent à la révolution. L’eau de la fontaine était réservée à la population avec défense d’y faire boire les animaux ou d'y laver le linge.

Parcours de l'étape

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