GR 14 : Malmedy → Trois-Ponts (20 km) - avril 2017
Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le bus TEC 745 entre Trois-Ponts (Gare) et Malmedy (place Albert Ier).
Vers 648, Malmedy se développa autour du monastère érigé par saint Remacle. Ce monastère était indissociable de son église abbatiale édifiée à la fin du Xe siècle. En 1689, suite au passage des troupes de Louis XIV, l’abbatiale et le monastère ont été détruits par le feu.
En 1776, on posa la première pierre de l’église actuelle consacrée, en 1784, aux saints Pierre, Paul et Quirin. Dès 1795, après l’annexion de la principauté de Stavelot-Malmedy par la République française, elle servit pendant un temps d’écurie et de magasin de vivres pour les troupes d’occupation.
Placés sous la domination de la Prusse depuis le traité de Vienne, suite au traité de Versailles et à l'issue d'un référendum, les cantons d'Eupen, Malmedy et Saint-Vith sont annexés à la Belgique en 1920. Côté religieux, depuis plus d’un millénaire, ces cantons faisaient partie de l’archevêché de Cologne.
En 1921, un diocèse d'Eupen - Malmedy est créé par le pape Benoît XV. L'abbatiale bénédictine est élevée au rang de cathédrale, titre qu’elle conservera malgré la dissolution, par le pape Pie XI, du diocèse, en 1925, et le rattachement à celui de Liège.
La façade est encadrée de deux hautes tours carrées à lanternon octogonal qui abritent le carillon ainsi que les quatre bourdons. À l'intérieur, on peut, notamment découvrir une chaire de vérité en bois, abondamment sculptée, datant de 1779 ainsi qu'une châsse, de 1698, contenant les reliques de saint Quirin.
Mise à jour, juin 2018 : le tracé du GR 14 est à présent commun au GR 56 ; il suit le même itinéraire que celui-ci jusqu'au pont de Challes. Les paragraphes ci-dessous, jusqu'à la jonction avec ce GR, ne sont donc plus d'actualité.
Depuis la cathédrale, nous nous dirigeons vers le vieux pont sur la Warche. L’ouvrage, vraisemblablement en bois, est mentionné au début du XIIIe siècle. Le premier pont de pierre, comportant sept arches, fut construit entre 1619 et 1622. De graves défauts aux fondations débouchèrent sur sa nécessaire reconstruction en 1765.
Le pont est flanqué d’une statue de Saint-Jean Népomucène. Nommé aumônier à la cour de Wenceslas, roi de Pologne et empereur d’Allemagne, il s'attira le courroux de ce dernier en refusant de lui révéler le contenu de confessions intéressant le monarque.
Après moult pressions, emprisonnements et autres séances de « questions », Wenceslas scella le sort du malheureux. Jean Népomucène termina son existence dans le lit de la Vltava, précipité du haut du pont Charles à Prague, le 16 mai 1393.
Il fut canonisé en 1729, après quoi sa vie et sa légende se répandirent en Europe. Sa fin tragique propulsa tout naturellement Saint-Jean Népomucène au titre de protecteur des ponts et, depuis, sa statue orne de nombreux ouvrages d'art.
400 mètres plus loin, le GR 14 traverse à nouveau la Warche. Sur la droite, nous découvrons une jolie chapelle. Dédiée, en 1188, à Sainte-Marie-Madeleine, elle desservait une ancienne léproserie. Reconstruite en 1554, elle fut bientôt associée au culte de la Vierge.
En 1741, suite à une épidémie de peste qui fit plus de 200 victimes, Nicolas Lejeune fit don d’une statue en bois de la Vierge et l’Enfant. C’est ainsi que la chapelle devint celle de Notre-Dame des malades, but de nombreux pèlerinages aux siècles passés.
Les nombreux exvotos qui tapissent les murs témoignent de la ferveur populaire dont la Vierge des malades était et est encore l’objet.
Au rond-point sur la N62, nous tournons à droite, puis nous prenons à gauche la route de Falize. Pendant plus de 2,5 km, nous allons marcher sur cette route ; un parcours parfois très dangereux en l’absence de trottoirs.
Au milieu de ce tronçon routier, le GR 14 est rejoint par le GR 56 avec qu'il fera parcours commun durant 6,5 km. À la sortie du hameau de Falize, nous quittons enfin cette route pour un chemin goudronné se dirigeant vers les rochers de Falize.
Nous effectuons un petit détour pour admirer le point de vue, sur la vallée de la Warche, du haut de ces rochers. Ce bloc de quartzite a résisté à l’érosion de la rivière creusant son thalweg.
700 mètres plus loin, le tracé blanc et rouge emprunte un chemin de terre descendant, à travers bois, vers la Warche. Nous cheminons ensuite en lisière de forêt et franchissons, une dernière fois, la rivière.
La Warche prend sa source dans l'entité de Büllingen et se jette, après une quarantaine de kilomètres, dans l'Amblève à proximité du hameau de Warche, sous le viaduc autoroutier, où nous passerons bientôt. En amont de Malmedy, les barrages de Bütgenbach et de Robertville ont été construits sur son cours.
Nous longeons une prairie et rejoignons, après 400 mètres, une route suivie vers la gauche ; nous sommes proches du confluent de l’Amblève et de la Warche. Sur cette route, nous passons sous l’imposant viaduc de Bellevaux (E42) et traversons le hameau de Warche.
Près du rocher de Warche, l’itinéraire abandonne l’asphalte et se prolonge par un agréable sentier entre deux prairies.
Ce piton rocheux, dominant l’Amblève d’une trentaine de mètres, est formé d’une roche très dure : le quartzite. La rivière ayant eu du mal à forcer le passage, la vallée est ici resserrée, alors qu’en amont et en aval, elle coule dans une large plaine alluviale.
Un peu plus loin, nous progressons dans le bois de Challes qui s’étire le long de la vallée de l’Amblève. Ce parcours forestier descend lentement vers la rivière qu’il vient finalement frôler.
Après avoir abandonné le GR 56, au niveau du pont de Challes (une passerelle métallique peinte en vert), nous arrivons dans le hameau de Challes où nous découvrons une charmante fermette.
Le GR 14 franchit l’Eau Rouge, ici à quelques mètres de son point de confluence avec l’Amblève, et continue le long de cette dernière sur un étroit sentier. Ce beau tronçon est jalonné de panneaux en bois où l’on peut lire diverses citations et proverbes sur le thème de l’eau.
Notre parcours arrive à présent à Stavelot ; sans toutefois entrer dans le centre-ville.
La double abbaye de Stavelot et Malmedy a été fondée, aux alentours de 650, par saint Remacle, au centre d’un vaste domaine octroyé par le roi des Francs Sigebert III. Grâce à la générosité des divers souverains, ce domaine s’accrut encore au cours des siècles.
Il devint dès lors un État à part entière avec à sa tête un prince-abbé, prince territorial du Saint Empire. Mis à sac par les Normands en 881, les deux monastères frôlèrent la séparation et procédèrent au partage de leurs biens.
La présence des reliques du saint fondateur à l’abbaye de Stavelot lui apporta la prééminence sur Malmedy. C’est la Révolution française qui mit fin à l’existence de l’abbaye ; le dernier témoin de l’imposante église abbatiale est la tour carrée.
Celle-ci présente des bases romanes appartenant à l’avant-corps ouest de l’église consacrée, en 1040, par le prince-abbé Poppon. Reconstruite en 1536, cette tour domine aujourd’hui les vestiges archéologiques de l’église.
De nos jours, les bâtiments conventuels constituent la partie la plus imposante des vestiges de l’abbaye. Devenus propriété de la Région wallonne, et restaurés entre 1999 et 2002, ils abritent désormais le musée de la principauté de Stavelot-Malmedy ainsi que le musée du circuit de Spa-Francorchamps et le musée Apollinaire.
Les trois ailes actuelles, construites autour du cloître, avaient été édifiées aux côtés de l’ancienne abbatiale, entre 1740 et 1780, en briques et calcaire dans le plus pur esprit classique de l’époque. La quatrième aile du cloître a disparu en même temps que l’église détruite à la Révolution.
Juste après avoir franchi l’Amblève, le GR 14 tourne à droite et passe à côté d’un half-track américain. Le 12 septembre 1944, les soldats de la 1ère armée US libèrent la ville, mais le 18 décembre, alors que von Rundstedt tente une percée sur le front des Ardennes, les Waffen-SS reviennent et sèment à nouveau la terreur.
Cent trente-six civils seront lâchement assassinés durant l'hiver 1944-1945. La cité de Saint Remacle se relève en reconstruisant ses maisons, ses quartiers... Les nombreuses tanneries, si prospères aux XVIIIe et XIXe siècles, sont démolies.
Nous suivons la route de Wanne jusqu’à la sortie de l’agglomération, puis nous prenons sur la droite un chemin de terre. Alors que nous nous rapprochons de l’Amblève, le tracé blanc et rouge monte légèrement dans le bois de l’Abbaye.
Sur ce tronçon, nous découvrons un cheval de trait prêt à effectuer du débardage... une image que l’on aimerait voir plus souvent !
Au terme de ce parcours, à travers bois, en surplomb de l’Amblève, nous entamons la longue montée vers Aisomont. En deux kilomètres, nous allons passer de 280 à 446 mètres d’altitude et abandonner définitivement cette rivière.
Celle-ci prend sa source aux confins du parc naturel des Hautes Fagnes - Eifel, à une altitude d’environ 600 mètres et se jette, après 93 km, dans l’Ourthe à proximité de Comblain-au-Pont. Le nom germain signifierait « rivière des aulnes » (ambla = « aulne » et ah va = « eau »). Ses principaux affluents sont la Warche, l’Eau Rouge, la Salm et la Lienne.
Dans le centre du village d’Aisomont, nous trouvons un petit parc avec un banc où nous reposer quelques instants. Nous suivons une route pendant 650 mètres puis obliquons, à gauche, en direction de la tour Leroux.
Nous grimpons les 47 marches de cette tour afin d’admirer le panorama s’offrant à nous. Depuis ce belvédère de 16,65 m de haut, nous découvrons les vallées de la Salm à gauche, du ruisseau de Bodeux, au centre, et de l'Amblève sur la droite.
Il ne nous reste plus qu’à descendre, via divers sentiers forestiers, vers la gare de Trois-Ponts où nous terminons cette étape.
