Les Randos de Fred & Paul

GR 14 : Saint-Hubert → Mirwart (21 km) - avril 2019

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le bus TEC 162b entre Mirwart et Saint-Hubert.

Quelques mots sur Saint-Hubert et sa basilique avant de commencer cette étape.

L’initiative de la fondation de l’abbaye revient à Pépin II de Herstal et à son épouse Plectrude. À la fin du VIIe siècle, leur intention était probablement d’évangéliser la région et d’installer des moines capables de gérer et de faire fructifier un domaine. Au cœur d’un réseau routier romain dense et d’un environnement de villas gallo-romaines laissées à l’abandon, les moines prennent possession d’une clairière riche en ressources.

À partir de 815, l’abbaye rencontre de grandes difficultés et tombe en décadence. L’évêque de Liège envoie des moines bénédictins, les dote d’un vaste domaine et leur obtient, en 825, la translation du corps de saint Hubert de Liège à Andage. Saint Hubert devient alors l’objet d’un culte extraordinaire comme patron de l’Ardenne, des chasseurs et saint guérisseur de la rage. Ainsi, non seulement Andage deviendra Saint-Hubert, mais l’abbaye bénédictine, rétablie et richement dotée, deviendra centre religieux et administratif, moteur commercial, moteur culturel, moteur industriel, jusqu’à sa vente en octobre 1797.

GR 14 : basilique de Saint-Hubert

La basilique est édifiée entre 1526 et 1564 ; la voûte d’ogive qui recouvre la nef date de 1633. La façade (1700 - 1702) est un décor qui masque et englobe les anciennes tours (XIIIe, XVIe, XVIIe siècle) et leurs tourelles d’escalier polygonales. Elle est de style plutôt classique, bien que les tours octogonales soient d’inspiration baroque.

Au-dessus du porche d’entrée, les armoiries de Clément Lefèvre sont surmontées de la crosse, de la mitre et de l’épée, signes de puissance et d’autorité comme abbé et seigneur sur sa terre de Saint-Hubert. Sous l’horloge, on peut lire l’inscription : MORS CERTA, INCERTA DIES, NEC HORAM IPSE DICES (la mort est certaine, le jour incertain, ce n’est pas toi qui en diras l’heure). Entre les deux tours, un relief évoque l’épisode crucial de la conversion d’Hubert. La statue, au sommet, représente saint Hubert revêtu des habits d’évêque de Liège ; elle date de 1986.

GR 14 : basilique de Saint-Hubert

À l’intérieur de l’édifice, on peut admirer le cénotaphe de saint Hubert, sculpté en 1847, commandé et offert à l'église par le roi Léopold Ier. Réalisé en pierre de France, il se présente comme un sarcophage de style néogothique, surmonté d'une statue, en marbre de Carrare, de saint Hubert accoudé, en demi-gisant et revêtu de ses habits épiscopaux. Huit scènes de la vie du saint décorent les faces du monument.

GR 14 : basilique de Saint-Hubert, cénotaphe

Nous découvrons aussi les statues monumentales des quatre évangélistes ; elles ont été sculptées dans du bois de tilleul et peintes en blanc afin d’imiter la pierre. Le maître-autel (1731) mesure 17 mètres de haut. Il est réalisé en marbre de Humain, village où les moines disposaient d’une carrière. Dans la crypte, partie la plus ancienne de l’église, se trouvent les tombes des derniers abbés de l'abbaye de Saint-Hubert. C’est dans la crypte que se trouvaient les reliques de saint Hubert ; celles-ci ont disparu depuis le XVIe siècle. Les moines gardaient secret de l'emplacement du corps du saint ; ce secret se transmettait de prieur en prieur. Quand le dernier abbé est parti, il a emporté avec lui son secret.

GR 14 : basilique de Saint-Hubert, crypte

Depuis la basilique, nous descendons jusqu’au rond-point sur la N808, où trône un cerf crucifère. De l’autre côté de l’axe routier, nous prenons la rue du Thier et débutons une longue ascension (de 428 à 515 mètres d’altitude). À mi-parcours, avant d’emprunter « Lu p’tite voye », nous profitons d’un beau point de vue sur la basilique. Au-delà d’une exploitation agricole, la montée se poursuit sur un chemin herbeux entre deux clôtures. Au sommet, nous avançons en bordure d’un pré jusqu’à la lisière d’un bois. Après avoir franchi une barrière, le GR 14 entame un long parcours forestier.

GR 14 entre Saint-Hubert et le Fourneau Saint-Michel GR 14 entre Saint-Hubert et le Fourneau Saint-Michel

Nous traversons le ruisseau de Chermont avant de longer le parc à gibier de Saint-Hubert. 800 mètres plus loin, le tracé blanc et rouge oblique vers la droite et descend dans le vallon du ruisseau de Lorcy (485 mètres d’altitude). Nous franchissons le cours d’eau et, en poursuivant sur le même chemin, quasi rectiligne, nous reprenons de la hauteur.

GR 14 entre Saint-Hubert et le Fourneau Saint-Michel GR 14 entre Saint-Hubert et le Fourneau Saint-Michel

Au terme d’une ascension d’un kilomètre, nous parvenons au point culminant de cette étape (548 mètres d’altitude). Profitant d’un banc, nous effectuons une pause boisson avant d’aller découvrir, au milieu de la clairière, un monument dédié au roi Albert Ier. Sur la stèle, en pierre naturelle, une plaque gravée commémore les passages du souverain belge. On peut y lire : « Sur le sommet où il s'attarda souvent, le roi Albert s'arrêta longuement dans l'automne 1933. À son dernier voyage solitaire au cœur de nos forêts ».

GR 14 entre Saint-Hubert et le Fourneau Saint-Michel, monument roi Albert

Nous longeons la clairière et pénétrons dans la forêt domaniale Saint-Michel. Après 800 mètres, nous rejoignons une petite route sinueuse suivie, en descente, sur 2 km. Ce trajet s’effectue dans le vallon du ruisseau de Palogne ; cours d’eau que nous franchissons à plusieurs reprises. Au lieu-dit « Pont Mauricy », là où le ruisseau de Palogne se jette dans la Masblette, le GR 14 effectue une grande boucle et remonte notamment le cours de cette rivière. Nous décidons de ne pas faire ce parcours et de prendre au plus court afin de gagner un peu plus de cinq kilomètres… et de pouvoir surtout, après l’étape, visiter le site du « Fourneau Saint-Michel ».

GR 14 entre Saint-Hubert et le Fourneau Saint-Michel GR 14 entre Saint-Hubert et le Fourneau Saint-Michel, pont Mauricy

Même si nous ne sommes qu’au début du mois d’avril, il fait déjà chaud. Nous profitons de ce beau temps en nous posant, sur un banc, pour manger nos tartines. De retour sur le tracé blanc et rouge, nous continuons la descente vers le « Fourneau Saint-Michel » et en apprenons davantage sur le cours d’eau, la faune et la flore grâce à divers panneaux didactiques. La Masblette prend sa source dans les forêts au nord-est de Saint-Hubert et se jette, après 14 km, dans la Lomme, près de Masbourg.

Nous traversons la N849 et arrivons, peu après, au Fourneau Saint-Michel. Implanté au cœur de la forêt, l’ensemble se compose de deux musées. Le premier est consacré au fer et à la métallurgie ancienne. Le complexe métallurgique a été construit, en 1771, par le dernier père abbé de Saint-Hubert, Dom Nicolas Spirlet. Le second (visité après l’étape) a pour caractéristique d’être composé de bâtiments anciens, démontés dans leur village d’origine et reconstruits sur le domaine, ou seulement reconstitués à l’identique.

C'est en 1972 que la première bâtisse a été reconstruite sur le site en plein air ; on en compte aujourd’hui une soixantaine. Ces bâtiments sont affectés en lieux de vie, ateliers d’artisans, réserves pour les quelque 50 000 objets de collection, ou encore en espaces de travail pour le personnel. Ils sont organisés en huit hameaux typiques de l’architecture rurale traditionnelle wallonne du sud du sillon Sambre et Meuse : habitations, fermes, chapelle, école,…

Si des bâtiments représentatifs de régions comme l'Ardenne ou la Famenne sont nombreux, d'autres régions restent à compléter. Aujourd'hui, il est de plus en plus difficile de trouver des bâtiments, et ce pour plusieurs raisons. Il faut d’abord respecter des critères scientifiques et dénicher des immeubles autres que ceux déjà présents au sein du site. Ensuite, des primes et des subsides sont désormais offerts afin de préserver les bâtiments in situ.

GR 14 : Fourneau Saint-Michel

Vallée de la Semois, ferme de Corbion

GR 14 : Fourneau Saint-Michel

Ardenne centrale, ferme de Redu

GR 14 : Fourneau Saint-Michel

Ardenne centrale, école de Morhet

Le GR 14 passe le pont sur la Masblette (298 mètres d’altitude) et vire à droite sur un chemin pentu et rocailleux. Si ce tronçon devrait s’effectuer en forêt, cette dernière a, apparemment, été abattue récemment. Après 900 mètres, nous parvenons à une petite route où nous croisons le tracé du GR 151 : Tour du Luxembourg belge (déjà rencontré lors de la quatrième étape). Créé en 2015, ce sentier de grande randonnée permet, au départ de Neufchâteau, d’effectuer une grande boucle de 230 km à travers la province de Luxembourg. Le parcours commun entre les deux GR est très court puisqu’après 70 mètres, ils se séparent déjà. Nous retrouverons le GR 151 près de l’église de Mirwart.

GR 14 entre le Fourneau Saint-Michel et Grupont GR 14 entre le Fourneau Saint-Michel et Grupont

Nous pénétrons dans le bois de Machi et entamons, peu après, la descente vers la N803 ; ce trajet (de 402 à 290 mètres d’altitude) s’effectue sur de larges chemins forestiers parallèlement à un ruisseau.

GR 14 entre le Fourneau Saint-Michel et Grupont, bois de Machi

Le tracé blanc et rouge traverse la N803 (Rochefort - Saint-Hubert) puis, sur une passerelle en bois, le Linçon. Ce cours d’eau à peine franchi, nous reprenons de la hauteur et grimpons jusqu’à 373 mètres d’altitude. Cette longue côte (900 mètres) sera, pour nous, la plus éprouvante de l’étape. Au sommet, nous prenons, vers la droite, un chemin de terre progressant en lisière de forêt.

GR 14 entre le Fourneau Saint-Michel et Grupont, le Linçon

Après 600 mètres, près d’une grande demeure isolée au milieu de la campagne, nous revenons sur l’asphalte et avançons sur celui-ci, en descente, vers Grupont. Sur ce tronçon, nous admirons le vaste panorama sur le village d’Awenne mais aussi, selon le topo-guide, sur la Famenne.

GR 14 entre le Fourneau Saint-Michel et Grupont

Nous profitons d’un banc, devant la chapelle Notre-Dame des Pauvres, pour nous reposer quelques instants. L’édifice date de 1954 comme l’indique le monogramme figurant sur l’arc qui entoure l’autel : ECCE GRATIA PLENA DOMINI ANCILLA (voici la servante de Dieu pleine de grâces), soit MDCCCLLLLIII = 1954. La chapelle a été construite sur un terrain donné par une grupontoise et édifiée par les habitants du village. À l’origine, une fresque murale qui représentait l’apparition de la Vierge de Banneux avait été peinte, par une carmélite de Rochefort, sur le mur du fond ; elle a été recouverte par un badigeon bleu. Les vitraux, dédiés à la Vierge, laissent pénétrer la lumière sous l’arche qui abrite une statue de la Vierge de Banneux. Jusqu’en 1998, une messe y était célébrée chaque mois de septembre.

GR 14 : Grupont, chapelle ND des Pauvres

Le tracé ne descend pas vers le centre de Grupont mais prend la direction opposée. Nous empruntons un chemin empierré en surplomb de la Lomme, rivière que nous allons suivre, de plus ou moins près, pendant trois kilomètres. La Lomme (ou L’homme, Lhomme) prend sa source entre Libramont-Chevigny et Saint-Hubert. Le cours d’eau arrose notamment Poix-Saint-Hubert (où est située la centrale hydroélectrique du Val de Poix), Mirwart, Grupont, Jemelle, et la ville de Rochefort. Après 46 km, la Lomme se jette dans la Lesse à Éprave.

GR 14 entre Grupont et Mirwart, la Lomme

Au gré des vallonnements du coteau, nous nous rapprochons lentement de Mirwart. Lorsque l’asphalte prend le relais du chemin de terre, nous quittons les bords de la Lomme pour grimper vers le centre du village. C’est près de l’église, dédiée à Saint-Roch, que nous terminons cette étape.

Non loin de l’église, on peut observer une sculpture dénommée « Le Semeur ». C’est cette statue qui figure sur l’étiquette de la bière de Mirwart appelée, elle aussi, « Le Semeur ». Cette bière à haute fermentation (6,2 % d’alcool) est brassée par la brasserie Caulier.

GR 14 : Mirwart, le Semeur