Les Randos de Fred & Paul

GR 15 : Honville → Bastogne (19 km) - juin 2021

Info : pour effectuer cette étape de 23 km dont 19 sur le GR, nous avons pris le bus TEC 1011 entre Bastogne (Gare du Sud Quai 4) et Sainlez (N4) (4 km hors GR).

Depuis l’arrêt de bus, situé sur la N4, nous devons d’abord marcher quatre kilomètres afin de rejoindre le GR 15 à la frontière belgo-luxembourgeoise. La limite entre les deux pays est récente puisque le Grand-Duché de Luxembourg fit partie de la Belgique jusqu’en 1839. La frontière est marquée par 287 bornes en acier, fabriquées par la société Cockerill de Seraing. Ces bornes sont semblables à celles érigées, en 1830, entre les Pays-Bas et la Belgique. De retour sur le tracé blanc et rouge, nous évoluons d’abord entre les prairies avant de descendre, à travers bois, vers le Schaulsmillen.

GR 15 entre Honville et Villers-la-Bonne-Eau GR 15 entre Honville et Villers-la-Bonne-Eau

Au-delà de ce moulin, nous progressons, pendant 1,6 km, en légère montée, dans la vallée du Bëtlerbaach.

GR 15 entre Honville et Villers-la-Bonne-Eau GR 15 entre Honville et Villers-la-Bonne-Eau

Après 4 km au Grand-Duché de Luxembourg, près d’une chapelle, nous revenons sur le territoire belge. En face de l’édifice religieux, on trouve une fontaine avec une plaque évoquant Monseigneur Jean-Baptiste Fallize. Né en 1844, ici tout près, à l’ancienne tannerie de Bettelange, il fut le premier évêque de Norvège.

GR 15 entre Honville et Villers-la-Bonne-Eau

Nous empruntons une petite route montant, au milieu des champs et des prés, et qui atteint, après 1,5 km, Villers-la-Bonne-Eau. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour déloger les Allemands, les Américains pilonnèrent la région pendant 15 jours. 6 000 obus s’écrasèrent sur Villers-la-Bonne-Eau, petit village de 15 maisons qui fut presque entièrement reconstruit après 1945.

GR 15 entre Honville et Villers-la-Bonne-Eau

Dans le cimetière, en face de l’église Saint-Lambert, nous découvrons une chapelle dédiée à Sainte-Barbe. Un jour d’été particulièrement sec, le feu se déclara dans une grange remplie de foin. L’incendie prenant de l’ampleur, menaçait l’ensemble du village. Les habitants privés d’eau implorèrent sainte Barbe ; aussitôt, une source abondante jaillit et l’incendie fut maîtrisé. Cette fontaine, réputée intarissable, existe toujours et guérirait toutes les maladies de la peau. L’origine du nom de Villers-la-Bonne-Eau viendrait de cette fontaine miraculeuse.

GR 15 : Villers-la-Bonne-Eau

Nous quittons le village et prenons la direction de Lutrebois, situé trois kilomètres plus au nord. Si ce tronçon, en légère montée (de 438 à 501 mètres d’altitude), commence sur l’asphalte, très vite, nous retrouvons des chemins plus agréables, au cœur d’une forêt de résineux.

GR 15 entre Villers-la-Bonne-Eau et Lutrebois GR 15 entre Villers-la-Bonne-Eau et Lutrebois

Jusqu’en 1977, Lutrebois faisait partie de la commune de Villers-la-Bonne-Eau. Son dernier bourgmestre fut le comte Patrick d'Udekem d'Acoz. Sa fille Mathilde, notre reine actuelle, a été baptisée, le 11 février 1973, en la chapelle de Lutrebois. L’édifice, dédié à Saint-Thibaut, date de 1871 ; détruit durant l’offensive des Ardennes, il a été rebâti, perpendiculairement à la route.

GR 15 : Lutrebois

Nous traversons ce village aux rues sans nom et empruntons ensuite un chemin forestier aboutissant à un carrefour. Là, nous avons deux possibilités : suivre le tracé « officiel » du GR 15 vers Bastogne où la variante qui se dirige vers le Mardasson et évite ainsi le centre de Bastogne. Nous préférons opter pour la variante qui nous semble un peu moins asphaltée…

GR 15 entre Lutrebois et Neffe

Peu après ce croisement, nous atteignons le point culminant de l’étape (549 mètres d’altitude). Le tracé blanc et rouge descend, à travers bois, vers la N64 et progresse brièvement au bord de celle-ci. De l’autre côté de la grand-route, nous montons (de 470 à 523 mètres d’altitude) un chemin de terre passant au milieu d’une forêt. Nous descendons un chemin bétonné sinuant entre les prairies pour arriver à Neffe.

GR 15 entre Lutrebois et Neffe GR 15 entre Lutrebois et Neffe

Neffe fut le cadre d'une confrontation directe entre Allemands et Américains pendant la bataille des Ardennes. Le 18 décembre 1944, les blindés américains en position dans le hameau tentent de s’opposer à l’avancée allemande. Après de violents combats, les Américains se replient sur Bastogne et abandonnent la localité qui est finalement libérée le 1er janvier 1945.

Le hameau est traversé par la Wiltz ; cette rivière, ici proche de sa source, prend naissance près de Bastogne. Après environ 8 km, la Wiltz quitte la Belgique pour poursuivre son trajet au Grand-Duché de Luxembourg où elle se jette dans la Sûre. Le GR 15 emprunte, sur 400 mètres, une ancienne voie ferrée aujourd’hui transformée en RAVeL. Cette ligne de chemin de fer, mise en service en 1887 et déférée en 1968, reliait Bastogne à Wiltz.

Nous traversons la N874 et montons vers le Mardasson en prenant la rue de Clervaux qui est en fait un chemin de terre, entre les prairies. Depuis le mémorial (visité lors de la prochaine étape), nous n’avons plus qu’à descendre vers le centre-ville afin de retrouver la voiture.

GR 15 entre Neffe et Bastogne

En chemin vers la gare du sud, nous passons à côté des principaux monuments de Bastogne dont la Porte de Trèves. En l'an 1332, Jean l'Aveugle, comte de Luxembourg et de La Roche, roi de Bohème et de Pologne, accorde la charte de franchise à la ville permettant à celle-ci de s'entourer de remparts, de tours et de deux portes : la Porte Haute (démolie en 1825) et la Porte Basse ou Porte de Trèves. En échange, la ville a pour obligation d'entretenir les remparts et les bourgeois doivent en assurer la garde. En 1688, les remparts sont démolis sur l'ordre du roi Louis XIV et la Porte (d'environ 8 m de côté et 17 m de haut) est convertie en prison jusqu'à la Première Guerre mondiale. Au XIXe siècle déjà, des travaux de restauration sont nécessaires. Les dégâts causés par l'offensive des Ardennes ont presque provoqué la ruine du bâtiment.

GR 15 : Bastogne, Porte de Trèves

Un document ancien, datant de 893, fait déjà mention d'un lieu de culte à Bastogne. La première église fut certainement de style roman ; il en reste des vestiges, tel que le clocher carré et trapu (20 m de hauteur sur 11 m de côté) avec ses murs de deux mètres d'épaisseur. Lors d'une rénovation et d'un agrandissement au XVIe siècle, elle reçoit un aspect légèrement gothique. Restructurée en église-halle dans laquelle le clocher est intégré, elle apparaît dès lors moins massive. L'église, dédiée à Saint-Pierre, est restaurée plusieurs fois, la dernière restauration majeure datant des années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale.

GR 15 : Bastogne, église St-Pierre

Sur la place Mc Auliffe, nous découvrons le monument dédié à la mémoire de ce général, valeureux défenseur de la ville en 1944. C'est lui qui, le 22 décembre 1944, répond à la demande de reddition des émissaires allemands par un « Nuts » devenu célèbre...

GR 15 : Bastogne, monument Mc Auliffe

Le char Sherman de Bastogne n’est pas tout à fait celui d’origine puisque la tourelle a été récupérée sur un autre char. Ce Sherman faisait partie de la 11e division blindée américaine ; celle-ci n’avait aucune expérience du combat en arrivant en Belgique. Les tankistes américains en voulant éviter d’emprunter un pont qu'ils pensent miné, battent en retraite. Ils s’engagent dans un champ pour contourner l'obstacle, mais ils vont s’y embourber. Immobilisé, le char sera facilement détruit par l'armée allemande. L’équipage parviendra à sortir du char, mais sera capturé par les nazis.

Normalement, le char aurait dû être découpé au chalumeau et envoyer vers les usines sidérurgiques liégeoises pour être refondu. Mais le fermier, propriétaire du terrain où il avait été abandonné, a poursuivi avec une fourche les ouvriers qui découpaient l’engin. Il craignait que l’huile libérée lors de la découpe du char, ne pollue la source qui se trouvait sur son terrain. Le char a ensuite été déplacé sur la place Mc Auliffe, où tout le monde a fini par considérer qu’il y avait toute sa place en tant que symbole de la bataille ; il n’a plus jamais bougé depuis.

GR 15 : Bastogne, char Sherman