GR 5 : Hasselt → Bokrijk → Hasselt (18 km) - janvier 2019
Info : pour effectuer cette étape de 21 km dont 18 sur le GR, nous avons pris le train entre les gares d'Hasselt et de Kiewit (3 km hors GR).
L’étape du jour va entièrement se dérouler sur le territoire de la commune d’Hasselt, sous un ciel bien bleu et une température proche de zéro degré.
Depuis la gare de Kiewit, nous devons parcourir environ 3 km afin de rejoindre le GR 5. C’est au niveau du pont permettant à l’Overdemerstraat de franchir le canal Albert que nous retrouvons le balisage blanc et rouge.
Nous suivons l’Overdemerstraat jusqu’à un rond-point où nous prenons, sur la gauche, la Galgebergstraat ; après une centaine de mètres, nous tournons à droite dans la Semmestraat.
Pendant 1,3 km, nous marchons le long de cette route, quasi rectiligne, bordée d’arbres. Sur ce trajet, nous franchissons le Slangbeek. Ce ruisseau prend sa source dans la réserve naturelle de Slangbeekbron et s’écoule vers les Ballewijers.
Le Slangbeek délimite ensuite la frontière entre Kiewit, un hameau de la commune d’Hasselt, et Zonhoven, jusqu’à la voie ferrée (Hasselt - Anvers). Le cours d’eau passe finalement sous le canal Albert avant de se jeter dans le Demer.
Nous quittons l’asphalte pour prendre, sur la droite, un chemin herbeux en bordure d’un champ. 200 mètres plus loin, nous entrons dans la réserve naturelle « Platwijers », située dans la partie sud-ouest de Zonhoven, le long de la ligne de chemin de fer Hasselt - Anvers.
La réserve naturelle, qui s'étend sur environ 100 ha, est constituée de nombreux étangs qui offrent le gîte et le couvert à plusieurs espèces d’oiseaux. Les rares sentiers accessibles au public sont en fait les digues des étangs.
Après cet agréable parcours, d'environ 800 mètres, au bord de quelques étangs partiellement gelés, nous retrouvons l’asphalte. À l’entrée d’un quartier résidentiel, nous découvrons une pierre dressée servant de frontière entre Hasselt et Zonhoven.
Sur cette pierre, du côté d’Hasselt, on devine les armoiries de la ville et celles du prince-évêque de Liège. La question de la limite entre les deux communes, qui se disputaient un morceau de lande adjacente, a été source de conflits de 1333 à 1813.
En 1666, en présence du magistrat d’Hasselt et d'un représentant du prince-évêque Maximilien de Bavière, les limites ont été fixées et délimitées au moyen de 21 bornes. Une seule de ces bornes, en pierre bleue, est toujours à sa place d'origine, celle que nous voyons ici.
En dépit de ces bornes frontières, la bataille pour le morceau de lande continua sans interruption. La fixation définitive des limites municipales entre Hasselt et Zonhoven a finalement eu lieu, en 1813, sous l’égide de Napoléon.
Du côté de Zonhoven, on peut lire, sur la pierre, ce message en latin « Non ultra sonhovienses sub poena corporali ex edicto sermi anno 1666 ». Cela signifie que, suivant le décret de 1666, tout habitant de Zonhoven qui franchit la frontière sera puni par un châtiment corporel.
Pendant environ 2 km, le parcours est un peu moins intéressant. Nous franchissons la ligne de chemin de fer Hasselt - Anvers avant de la longer sur 500 mètres. Nous continuons ensuite, toujours sur l’asphalte, parallèlement au Slangbeek, jusqu’à la N74.
De l’autre côté de l’axe routier, nous empruntons une piste réservée au cycliste et pénétrons, 600 mètres plus loin, grâce à un portillon, dans la réserve naturelle de Kiewit. D’une superficie de 130 hectares, celle-ci appartient à la ville d’Hasselt.
Nous traversons une prairie, puis nous poursuivons notre progression, au bord d’un petit étang, sur des caillebotis. Cette réserve naturelle fait géographiquement partie de la Campine limbourgeoise, où l’on rencontre de nombreux lacs et étangs peu profonds.
Ces petites dépressions, en forme de cuvette, se trouvent principalement dans les sols sableux apparus au cours des dernières glaciations. Ces petits étangs naturels, avec des niveaux d'eau variables, ne sont pas alimentés par un ruisseau ; ils regorgent d'insectes comme les libellules.
Nous franchissons un autre portique et suivons brièvement un chemin asphalté. Nous tournons ensuite à droite dans le parc du château de Kiewit, faisant lui aussi partie de la réserve naturelle.
Le tracé blanc et rouge emprunte des larges allées forestières et traverse un petit cours d’eau : le Schijnbroekbeek.
Un peu plus loin, nous longeons un étang et passons devant une chapelle. À proximité de cette dernière, un poteau du GR 5 nous informe des différentes distances par rapport à notre position.
Il est presque 13 h et nous aimerions trouver un établissement où effectuer la pause pique-nique. Même si le soleil est bien présent, la température assez fraiche ne nous incite pas à nous poser sur un banc en pleine nature.
Par chance, nous trouvons, près du château, une taverne « Koe-vert » où nous sommes autorisés à manger nos tartines à condition de prendre une consommation ! Nous nous laissons tenter par des bières locales : la « Coccinelle » pour moi, la « Qui Vivit » pour Paul.
Après cette pause, nous quittons le domaine en empruntant une allée forestière, puis nous franchissons, à nouveau, le Schijnbroekbeek. Alors que nous traversons une prairie, nous sommes surpris de découvrir que nous arrivons à Houffalize !
Près de nous se trouve l’épave d'un avion de chasse américain abattu, à Houffalize, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le pilote s'est enfui jusqu’à Kiewit où la résistance l'a caché dans le grenier du château.
Par un portillon, nous pénétrons dans un pré que nous traversons en direction d’une forêt. Nous progressons, pendant 700 mètres, au milieu des résineux, puis nous prenons sur la gauche un étroit sentier longeant des étangs.
Nous atteignons ainsi l’endroit (près de Bokrijk) où commence la variante qui permet de se rendre au centre d’Hasselt ; c’est ce parcours que nous choisissons aujourd’hui.
Après la traversée de la ligne de chemin de fer Hasselt - Genk, le tracé blanc et rouge se poursuit sur un sentier, pas toujours très visible, le long du Zusterkloosterbeek.
Le ruisseau tire son nom du fait que Bokrijk était la propriété de l'abbaye d'Herkenrode qui joua un rôle important dans le développement des étangs dans la région ; les sœurs possédaient et utilisaient beaucoup de ces étangs pour la pisciculture.
Le Zusterkloosterbeek effectue un parcours fort sinueux, d'environ 8 km, et possède une pente assez importante (0,4 %). À Bokrijk, il alimente plusieurs grands complexes d’étangs situés à l’est et à l’ouest du domaine.
Jadis, le cours d’eau se dirigeait directement vers le Demer à Hasselt ; de nos jours, il débouche dans le canal Albert, au niveau du complexe d'écluses. Après ce beau tronçon, nous retrouvons l’asphalte durant 400 mètres et passons à côté d’une école primaire.
Nous revenons temporairement le long du Zusterkloosterbeek, puis nous prenons un dernier chemin forestier. Lorsque celui-ci se termine, nous empruntons, vers la gauche, une piste cyclable parallèle à la Consciencelaan.
Par un sentier, à l’arrière d’un quartier résidentiel, nous arrivons à la N75. Grâce au passage piéton, nous traversons cette grand-route et prenons une rue, dans un zoning industriel, menant au canal Albert ; nous abordons ici la moins belle partie de l’étape.
Nous longeons le canal, sur 500 m, jusqu’à l’écluse d’Hasselt, puis nous continuons sur l’autre rive pendant 550 mètres. Ce complexe d'écluses a été créé lors de la construction du canal dans les années 1930 et comprend trois écluses de 10,10 m de hauteur : deux de 136 x 16 m et une autre de 196 x 24 m.
Par la Sasstraat, nous aboutissons au R71, le grand ring d’Hasselt, sous lequel nous passons via le passage souterrain aménagé pour les cyclistes. Nous longeons le Jardin Japonais et traversons, 250 mètres plus loin, le Demer.
Cette rivière, qui prend sa source au nord-est de Tongres, traverse notamment Hasselt, Diest, et Aarschot avant de se jeter dans la Dyle à Werchter (au nord de Louvain) après un parcours de 85 km.
Le GR 5 se dirige vers le centre d’Hasselt en cheminant dans le parc Kapermolen. Avec ses 30 hectares, il constitue le plus grand espace vert du centre-ville ; on y trouve notamment la piscine communale et un skatepark.
Nous découvrons ensuite l’ancienne prison qui héberge aujourd'hui la faculté de droit de l'université d’Hasselt. Le bâtiment a conservé de nombreux symboles qui trahissent son ancienne fonction.
Nous traversons le R70, le petit ring d’Hasselt, et longeons le béguinage avant de cheminer dans les rues piétonnes du centre-ville. Nous admirons notamment la cathédrale Saint-Quentin, dont la construction débuta vers 1100.
De cette église romane, seule la partie inférieure de la tour subsiste ; la partie supérieure a été érigée, dans le style gothique, vers 1250. La nef, le transept et le chœur ont été construits entre 1406 et 1448.
Dans la seconde moitié du XVe siècle, les chapelles latérales ont été agrandies de manière uniforme, donnant ainsi à l'église un plan à cinq nefs. La flèche actuelle date de 1725.
La tour (62 mètres de haut) possède un carillon de 47 cloches qui est considéré comme le meilleur du pays. L'architecture intérieure de l’édifice est de styles variés ; on peut y admirer quelques beaux vitraux gothiques.
Le mobilier provient principalement de l'abbaye d'Herkenrode. L’église a été élevée au rang de cathédrale en 1967, lorsque le diocèse d'Hasselt fut créé.
Sur la place principale (Grote Markt), nous apercevons la maison « Het Sweert » qui, avec ses colombages, est l'une des maisons les plus célèbres d'Hasselt. Elle est ainsi nommée d'après un panneau qui montre une épée dans un poing ganté ; c'était le symbole des pharmaciens.
Cette maison était déjà mentionnée en 1462, mais l'aspect actuel date principalement de 1659 lorsqu'elle a été radicalement rénovée. À l'origine, c'était une auberge, mais en 1713, elle est devenue une pharmacie… ce qu’elle est toujours aujourd’hui.
En traversant la ville pour rejoindre la gare, où se termine cette étape, nous découvrons plusieurs sculptures et œuvres d’art…
