Les Randos de Fred & Paul

GR 56 : Eynatten → Eupen (17 km) - septembre 2017

Nous commençons cette étape, au centre d'Eynatten, devant l’église Saint-Jean-Baptiste datant de 1440, mais reconstruite en 1707. Après la traversée de la N68, nous empruntons la Lichtenbuscherstrasse sur 200 mètres.

Eynatten, église Saint-Jean Baptiste

Nous tournons à droite dans une petite rue qui, après les dernières maisons, devient un sentier goudronné et s’en va au milieu des prairies.

GRP 563 entre Eynatten et Raeren

Le GR 56 traverse la Wegestrasse et continue, en face, à travers les pâturages. Un sentier, entre les haies, nous mène à Berlotte où nous découvrons une ancienne cabine haute tension. Érigée en 1923 pour les six premiers points d’éclairage du village, elle abrite le musée de la carotte.

Ouvert toute l'année, cet espace d’1,8 m² est sans doute le plus petit musée de Belgique, voire d'Europe. Grâce à un système d'ascenseur perpétuel, sorte de paternoster mécanique, on fait défiler les divers objets du musée : des carottes en plastique ainsi que différents ustensiles de cuisine... en forme de carotte.

Berlotte, musée de la carotte

Après la traversée d’une route qui, selon certaines sources, serait une ancienne voie romaine, nous empruntons un chemin asphalté. Un peu avant d’atteindre une ferme, ce chemin devient caillouteux et se poursuit, sur environ un kilomètre, entre des prairies.

GRP 563 entre Eynatten et Raeren

Nous tournons ensuite à droite et pénétrons, grâce à une chicane, dans un pré. Une succession d’échaliers, aux formes diverses, nous amène, de prairie en prairie, à Raeren. Par la Burgstrasse, nous descendons vers le château de Raeren.

GRP 563 entre Eynatten et Raeren

Celui-ci a été construit, au milieu du XIVe siècle, sur le site d’une ancienne fonderie, au confluent des rivières Iter et Periol. Le château fort originel, qui était entouré de grands étangs, a été restauré, en 1583, après un incendie, et doubla de volume par la même occasion.

Au XVIIIe siècle, comme le château s’était fortement délabré, son propriétaire, l’avocat Peter Joseph de Nys, y apporta des transformations dans le style romantique. Il fit notamment construire l’entrée actuelle avec le portail qui porte ses armoiries et celles de son épouse.

Depuis 1963, le château abrite le musée de la poterie. Si des potiers sont déjà actifs au Moyen Âge, l'apogée artistique de Raeren se situe au XVIe siècle. À cette époque, des artisans mettent au point une technique révolutionnaire.

Ils créent des récipients avec un pied, des épaules, un cou et une partie centrale de forme cylindrique dans laquelle apparaissent, telles des bandes dessinées, des frises qui racontent des histoires entières, profanes ou religieuses.

Le succès de la poterie de Raeren est aussi assuré par une céramique de couleur gris-bleu jusque-là inconnue. Les cruches, telles que celles qui apparaissent dans les tableaux de Bruegel, sont fabriquées dans les nombreux ateliers régionaux.

Si charretiers et colporteurs transportent ces poteries dans toute l'Europe ; Anglais, Néerlandais et Espagnols les exportent dans les colonies du Nouveau Monde. Aujourd'hui encore, il n'est pas rare de découvrir des tessons dans les épaves ou dans les terres d'Amérique.

Raeren, musée de la poterie

Un peu plus loin, dans la même rue, nous admirons un autre château. Malgré les transformations dont il a fait l’objet au début du XVIIIe siècle, ce bâtiment, érigé au début du XVe siècle, est demeuré le prototype du château, protégé par des douves, dans la région des Trois Frontières.

La tour centrale, d’habitation et de défense, est restée intacte. Seules les fenêtres, manifestement agrandies, ne correspondent plus à la façade d'origine. Sur les façades nord, ouest et sud, des consoles en pierre surmontent les fenêtres du deuxième étage, mais personne ne sait à quoi elles servaient exactement.

Raeren, château

À l’angle de ce château, nous prenons une petite route et franchissons, sur un vieux pont en pierre, le Periol. Par des sentiers goudronnés, au milieu des pâturages, nous rejoignons le centre de Raeren.

Au-delà de la maison communale, nous prenons le chemin goudronné menant vers le parvis de l’église Saint-Nicolas (reconstruite de 1720 à 1723). Nous poursuivons sur ce chemin devenant, après un parking, un sentier passant entre deux prairies.

Raeren, église Saint-Nicolas

Nous empruntons brièvement la Bachstrasse et prenons, sur la droite, un sentier se dirigeant vers un échalier permettant de pénétrer dans une première prairie. Grâce à des échaliers qui sont en fait des assemblages de planches en bois, nous traversons plusieurs pâtures.

GRP 563, traversée de prairies entre Raeren et Eupen

Le tracé blanc et rouge franchit la Neudorfer Strasse et se dirige, par une belle allée de châtaigniers, vers le château-ferme « Knoppenburg » ; situé au milieu des prés, dans l’ancien hameau de Neudorf.

Le château était connu auparavant sous le nom de « Haus auf der Heyde ». Bâti au XVIe siècle, il ne s’est vu conférer son nom actuel qu’après l’adjonction de deux tours en forme de bulbes.

Neudorf, Knoppenburg Neudorf, Knoppenburg

À la fin du chemin caillouteux, nous pénétrons dans une vaste prairie. Nous trouvons difficilement l’échalier dissimulé dans la haie vive et, après une seconde prairie, nous traversons ce qui était, jusqu’il y a peu, un champ de maïs.

GRP 563 entre Raeren et Eupen

Après un dernier tronçon herbeux, nous retrouvons l’asphalte sur lequel nous progressons pendant 1,7 km. Nous tournons ensuite à gauche et pénétrons dans l’Hertogenwald où nous allons cheminer durant six kilomètres ; avec une superficie de 12 300 ha, c'est l'une des forêts les plus étendues d'Ardenne.

Cette forêt tire son nom du fait qu'elle constituait jadis la réserve de chasse des ducs de Limbourg qui régnaient sur la région. Presque complètement déboisée et réduite à l'état de fagne, le gouvernement autrichien à Bruxelles décide, en 1775, des premiers essais de plantation d'épicéas dans cette région.

Au XIXe siècle, le gouvernement prussien impose la plantation d'épicéas dans la partie orientale. L'Hertogenwald offre depuis un paysage de massifs résineux (60 %) et de futaies feuillues (40 %) alternant pentes douces et vallées encaissées où coulent de nombreux ruisseaux en provenance du plateau fagnard.

Depuis 1830, on distingue la partie occidentale, appartenant alors à la Belgique, et la partie orientale (dans laquelle nous cheminons) devenue prussienne pour un siècle, avec à l'époque une frontière naturelle constituée par la rivière Helle. De nos jours encore, ces deux parties sont gérées par deux administrations forestières différentes.

Si l'Hertogenwald est étroitement associé aux Hautes Fagnes, ce n'est pas uniquement parce que cette forêt jouxte et ceinture, pour une bonne part, la réserve naturelle. C'est surtout parce que l'enrésinement s'est fait au détriment des landes marécageuses qui couvraient autrefois la totalité de ce haut plateau situé aux confins de l'Ardenne et de l'Eifel.

GRP 563 entre Raeren et Eupen

Après 500 mètres dans la forêt, le GR 56 croise la Vennbahn. Depuis 2012, cette ancienne ligne ferroviaire est devenue une grande piste cyclable, permettant en 130 km de relier Aix-la-Chapelle à Troisvierges (au Luxembourg).

Cette ligne, axe direct entre Aachen et la vallée de la Moselle, avait été mise en service par les Chemins de Fer Prussiens, en plusieurs sections, entre juin 1885 et novembre 1887. La ligne connut un succès phénoménal et l'itinéraire fut mis en voie double au début du XXe siècle.

Après la Première Guerre mondiale, selon le traité de Versailles, la voie ferrée ainsi que ses stations et installations étaient entièrement sous la souveraineté de la Belgique (même si une grande partie de la ligne se trouvait en territoire allemand) et firent donc partie de son territoire.

Cela entraîna la création de cinq enclaves allemandes du côté ouest de la ligne de chemin de fer. La Vennbahn n'ayant plus le même succès qu'autrefois, vu qu'une frontière supplémentaire devait être franchie, fut remise en voie unique dans les années 1930.

Ligne stratégiquement importante, elle a été plusieurs fois victime de bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale. C'est une ligne sinistrée qui est récupérée par la SNCB au lendemain du conflit, et le transport de voyageurs n’est déjà plus assuré entre Raeren et Kalterherberg.

La ligne ferroviaire acquit une vocation de transport de marchandises qu'elle conserva jusqu'en 1982 entre Waimes et Saint-Vith, et jusqu'en 1989 entre Raeren et Sourbrodt. La voie a encore servi pour le chemin de fer touristique entre 1990 et 2002, et pour la desserte du camp d'Elsenborn jusqu'en 2004.

Vennbahn

Dans l’Hertogenwald, nous progressons sur d’étroits sentiers, parfois couverts de caillebotis afin d’éviter les zones humides. Au lieu-dit « Hasenell », nous rejoignons une route suivie sur 400 mètres avant de tourner vers la gauche, face à des installations sportives.

Nous descendons une belle allée forestière et trouvons, au bord d’un petit étang, un banc où effectuer une pause.

GRP 563 dans l'Hertogenwald GRP 563 dans l'Hertogenwald

Nous franchissons un petit ruisseau, le Diebach, et continuons la descente jusqu’à une maison isolée. Là, nous retraversons le Diebach avant de monter vers une petite route. Le parcours se poursuit, toujours au milieu de la forêt, et entame progressivement sa descente vers la vallée de la Vesdre (de 360 à 283 m d’altitude).

GRP 563 entre Raeren et Eupen, Hertogenwald

Le tracé blanc et rouge progresse, pendant 800 mètres, en surplomb de la Vesdre. Sur ce tronçon, nous avons la surprise de croiser des militaires en plein entrainement sur un genre de parcours aventure. Juste après la traversée de la N68, nous terminons cette étape au niveau du poteau nous informant du croisement de plusieurs GR.

Eupen, jonction des GR 15, 563 et 573

Plan du parcours