Les Randos de Fred & Paul

GRP 563 : Olne → Dalhem (23 km) - mai 2017

Nous quittons Olne en suivant, pendant 1,5 km, un chemin herbeux ; celui-ci passe à côté du le Tilleul Charlemagne. Certainement âgé de près de 500 ans, ce vieux tilleul était l’arbre de justice de saint Hadelin. Il donna son nom à la campagne du Tiyou où l’armée française avait établi son campement en 1690. Réduit de nos jours à un tronc presqu’exclusivement creux, il porte encore vaillamment son beau feuillage.

GRP 563 entre Olne et Saint-Hadelin

À la sortie du village de Saint-Hadelin, le balisage nous emmène dans un bosquet. Le sentier, bien large au commencement, devient de plus en plus raviné... mieux vaut passer ici par temps sec ! Nous suivons ensuite la rue Pont Al Plantche, sur 400 mètres, avant de tourner à gauche au coin d’une maison. Par un étroit sentier herbeux, nous descendons, entre les prairies, vers la N621.

GRP 563 entre Saint-Hadelin et Micheroux GRP 563 entre Saint-Hadelin et Micheroux

De l’autre côté de la grand-route, nous grimpons la rue Longue Voie et passons ainsi, en 600 mètres, de 187 à 240 mètres d’altitude. Au sommet, au niveau d’une place triangulaire, nous tournons à droite et franchissons, peu après, un ancien portail avec deux grilles. Nous découvrons le château de Foxhalle, une belle bâtisse de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

À la fin du chemin asphalté, nous nous engageons dans un étroit sentier passant entre une clôture et une haie vive. Nous atteignons la rue des Carmes que nous suivons sur une centaine de mètres avant d'emprunter le sentier du « Laid Broly » ; celui-ci chemine entre une terre cultivée et une prairie, puis s’enfonce dans un bosquet en surplomb d’un ruisseau.

Sentier du Laid Broly

Nous franchissons un échalier et pénétrons ainsi dans une première prairie où nous évoluons parmi les vaches. Un portillon métallique permet d’entrer dans une seconde pâture, sans vaches, que nous traversons pour rejoindre la rue Pansery. Au bout de cette rue, nous parvenons à la N3. Après avoir traversé la grand-route, nous rejoignons l’ancienne ligne 38 (déjà suivie lors de l’étape précédente) et y croisons le tracé du GR 412.

GRP 563 entre Saint-Hadelin et Micheroux, passage d'échalier GRP 563 entre Micheroux et Evegnée Tignée, RAVeL ligne 38

Nous contournons le terril du Hasard qui, en principe, n’est pas accessible au public. Cependant, de nombreuses personnes le gravissent atteignant ainsi une altitude de 355 mètres, ce qui en fait le plus haut terril de Belgique. Témoin des activités d'autrefois, il survit aux charbonnages du Hasard (fermés en 1974) ; il couvre 44 hectares.

Du sommet, par temps clair, on a une vue imprenable sur le pays de Herve et, au-delà, sur le plateau des Hautes Fagnes. Au sud-ouest, les tours de la centrale de Tihange, au nord la vallée de la Meuse et vers l’est la zone frontalière avec l’Allemagne et les Pays-Bas.

Micheroux, terril du Hasard

Pendant 700 mètres, nous suivons la rue de la Chapelle avant d’emprunter un chemin caillouteux. Ce dernier, tout en circulant entre les champs cultivés, nous fait passer tout près du fort d’Evegnée. Construit, entre 1888 et 1892, selon les plans du général Brialmont, c'était l’un des douze forts qui composaient la position fortifiée de Liège, à la fin du XIXe siècle.

Contrairement aux forts français édifiés durant la même période, il a été entièrement construit avec du béton non renforcé, nouveau matériau pour l'époque, plutôt qu'en maçonnerie. Le fort a été lourdement bombardé lors de la Première Guerre mondiale ainsi qu'au début de la Seconde Guerre mondiale.

GRP 563 entre Evegnée Tignée et Saive

Nous cheminons sur le Thier Hamal avant de traverser la voie de Saive. Le parcours asphalté se poursuit, au milieu des prairies, pendant environ un kilomètre. Près d'une exploitation agricole, dite « Ferme des Hospices », nous tournons à gauche et descendons, par un sentier raviné, vers Saive.

Ce village, dont l’existence est attestée depuis au moins le IXe siècle, comporte neuf hameaux ou quartiers. Nous sommes ici au Mousset, dont l'étymologie serait : endroit où une rivière « pénètre » (en wallon « mousse ») dans une autre. En effet, le hameau se situe, dans un vallon, au confluent du ruisseau Sainte-Julienne et du ruisseau d'Évegnée.

GRP 563 entre Evegnée Tignée et Saive

Par le chemin de la Julienne suivi d'un sentier bucolique, nous parvenons au hameau du Frise qui est implanté le long du ruisseau Sainte-Julienne. Ici, tout comme au Mousset, une foulerie utilisait la force motrice du cours d'eau pour « fouler » (rendre plus serré, plus fermé) des draps de serge (grosse laine abondamment produite notamment pour les tenues ecclésiastiques puis militaires).

Le nom du ruisseau fait référence à sainte Julienne de Cornillon (1192 - 1258), religieuse augustinienne et prieure du couvent du Mont-Cornillon, à Liège. Le cours d’eau prend sa source à Retinne (lieu de naissance de la sainte) pour se jeter dans la Meuse à Argenteau. Nous traversons le ruisseau et suivons brièvement la rue sur les Heids.

Sur la droite, nous découvrons le site du Vieux Château. C’est au XIIIe siècle que l’on trouve la trace de l'existence du château dans un document écrit. On peut déduire que sa construction débuta, sans doute un ou deux siècles auparavant, par l'érection du donjon suivi de la construction de la haute cour. La basse-cour et la ferme dateraient du XVe siècle au plus tôt.

Cet ensemble avait une importance stratégique considérable, car situé en territoire liégeois face au duché de Limbourg, il gardait la vallée de la Julienne et les routes environnantes. Sa position permettait un contrôle visuel très étendu. La construction sur un épi rocheux, dominant toute la vallée, garantissait sa défense. Le donjon, haute tour de 10 m de côté sur 20 m de hauteur (hors toiture), lui donnait un aspect de forteresse imprenable.

En 1692, la seigneurie de Saive est vendue à Jean Ernest de Méan dont la famille se fait construire un nouveau château et délaisse l'ancien. Ainsi abandonné, le château tombe peu à peu en ruine. La toiture du donjon s'écroule en 1895, victime de la foudre. En 2008, des bénévoles ont créé l'ASBL « Les Compagnons du Vieux Château » qui s'active depuis à sauvegarder et à promouvoir les ruines.

Vieux château de Saive

Nous suivons ensuite, durant 900 mètres, l’ancienne assiette du chemin de fer vicinal. C'est en 1895 que la société des chemins de fer vicinaux, créée peu de temps auparavant, entreprend la construction d'une ligne entre Liège et Barchon. Mise en service en 1898, elle sera prolongée jusqu'à Fouron-le-Comte, via Dalhem.

Cette liaison ferrée permettra, pendant de longues années, d'acheminer à Liège les produits des fermes, mais aussi des armuriers locaux. La connexion au charbonnage de Trembleur permettra ensuite au charbon d'être à son tour acheminé par cette voie à Liège.

GRP 563 entre Saive et Barchon

Après la traversée de la N642, nous empruntons un chemin de terre descendant, à travers bois, vers le ruisseau Sainte-Julienne. À la sortie de ce bois, juste avant de passer sous l’autoroute E40, nous croisons le tracé de la liaison permettant de rejoindre, en 14 km, le GR 57 : Sentiers de l'Ourthe. Il est regrettable que ce croisement ne soit pas mieux signalé !

Jonction du GRP 563 et de la liaison du GR 57

De l’autre côté de l’autoroute, nous progressons, pendant trois kilomètres, dans le vallon de la Julienne ; un beau parcours essentiellement forestier. Par un sentier très pentu (de 115 à 140 mètres d’altitude), nous quittons cette vallée pour rejoindre le village de Saint-Rémy.

GRP 563 : vallée de la Julienne

Après un sentier entre deux clôtures, nous passons à côté du presbytère érigé par l'abbé Dubois (curé de la paroisse de 1707 à 1711, puis abbé de l'abbaye du Val-Dieu jusqu'à son décès en 1749). Ses armoiries et sa devise « Recte et fortite » figurent sur le linteau de la porte d'entrée ; elles sont flanquées de la date 1728. Nous descendons la voie Marion jusqu’à la N604 que nous suivons sur une centaine de mètres, le long de l’église Saint-Rémy.

Saint-Rémy, presbytère Saint-Rémy, église

Nous franchissons le ruisseau de Bolland et prenons la direction de Feneur. Ce cours d'eau prend sa source près du centre de Herve. Il passe par le village de Bolland où, canalisé, il alimente les étangs du château. Le ruisseau se jette dans la Berwinne, à Dalhem, après un parcours de 13 km.

À Feneur, il alimentait trois moulins, dont un reste en activité. Via un chemin caillouteux, entre des prairies, nous atteignons le centre du village dont le nom proviendrait de « Fenore » (bon foin), qui s’expliquerait par les prés fertiles le long du Bolland.

GRP 563 entre Saint-Rémy et Feneur

Nous traversons la rue de Trembleur et prenons un chemin, qui semble privé, à côté de l’ancienne seigneurie. Nous franchissons deux barrières et, par une servitude, nous arrivons à l’entrée d’une ferme. Après avoir contourné l’exploitation agricole, nous montons le chemin de Tongres. Sur ce tronçon de 400 mètres, nous pouvons voir, sur la gauche, le village de Dalhem, que nous atteindrons dans 1,5 km.

Ancienne seigneurie de Feneur Vue sur Dalhem

Nous empruntons l’ancienne assiette du chemin de fer vicinal (la même ligne qu'à la sortie de Saive). Un parcours bien agréable qui nous mène jusqu’à l’entrée du tunnel, creusé en 1904, passant sous le centre historique de Dalhem. La ligne, arrêtée en 1955, est rouverte en 1973 pour un petit train touristique reliant la mine de Blegny à Mortroux. Le 5 octobre 1991, « Li Trimbleu », dérailla et causa la mort de 7 personnes.

Par un escalier, passant sous le « Wichet de la Rose », nous arrivons au centre de Dalhem où nous terminons cette étape. Le terme « Wichet » est une altération du mot guichet, petite poterne dans une enceinte. Datant probablement de 1520, mais restauré en 1920, ce passage, creusé dans la muraille, est encore utilisé comme liaison entre la partie haute et la partie basse de Dalhem.

Dalhem, Wichet de la Rose

Plan du parcours

➔ Jonction avec d'autres GR

  • Le GR 5 : Mer du Nord - Méditerranée. Ce sentier de grande randonnée relie la mer du Nord à la Méditerranée en 2 600 kilomètres. Du nord au sud, il parcourt ainsi les Pays-Bas, la Belgique, le Grand-Duché de Luxembourg, la France où il traverse les Vosges et le Jura, la Suisse près du lac Léman, puis à nouveau la France à travers les Alpes jusqu'à la Méditerranée.

  • Le GR 412 : Sentier des Terrils traverse, sur plus de 300 kilomètres, la Wallonie d'ouest en est. Entre Bernissart et Blegny-Mine, il passe notamment par le Grand-Hornu, l’ancien canal du Centre, le Bois du Cazier et le château de Franc-Waret. Le numéro d'attribution de ce sentier de grande randonnée fait référence au 4 décembre qui est le jour de la fête de Sainte-Barbe, sainte vénérée des mineurs.

  • Le GR 57 : Sentiers de l'Ourthe remonte, au départ de Liège, le cours de l’Ourthe jusqu’au barrage de Nisramont. Ce sentier de grande randonnée se divise ensuite en deux branches : une qui suit l’Ourthe occidentale jusqu’à Libramont ; une autre qui remonte le cours de l’Ourthe orientale vers Houffalize et Troisvierges (Grand-Duché de Luxembourg).