Les Randos de Fred & Paul

GRP 563 : Aubel → Gemmenich (24 km) - juillet 2017

C’est par un petit chemin contournant les terrains de football que nous quittons Aubel et, pour notre plus grand plaisir, un tronçon (d’environ 600 mètres) à travers les prairies se présente déjà devant nous. Grâce à des portillons et des tourniquets, nous pouvons, relativement aisément, passer d’une prairie à une autre. Nous continuons ensuite, en légère montée, sur un chemin asphalté jusqu’à une ferme, au lieu-dit Hellestrop.

GRP 563 entre Aubel et Hombourg

L’ascension se poursuit sur une sente herbeuse, entre les champs et les pâtures. Nous atteignons la ligne 38 que nous quittons, après 200 m, pour un chemin campagnard en parallèle. Nous avions déjà suivi un morceau de cette ancienne ligne de chemin de fer, qui reliait autrefois Chênée à Plombières, lors de la première étape sur ce GRP.

GRP 563 entre Aubel et Hombourg

Après avoir traverser une prairie et longer un vignoble, nous atteignons le château de Berlieren, la plus ancienne seigneurie foncière de Hombourg. De 1124 à 1582, elle appartenait au chapitre de la collégiale Saint-Pierre de Liège qui possédait d’importants biens à Hombourg. Le château devint la propriété de la famille Locht en 1962.

Léon Locht utilise alors Berlieren et ses nombreux hectares en tant qu’exploitation agricole, tout comme son fils René qui la reprend en 1987. C’est en 2008 que débute le projet de rénover le château en habitation, gites, chambres d’hôtes, appartements, salle de banquet et centre de séminaires pour conférences, mariages ou autres évènements.

Château de Berlieren

Le tracé jaune et rouge retrouve ensuite l’ancienne ligne 38 qu’il emprunte, pendant un kilomètre, jusqu’à Hombourg. Cette ligne, circulant sur le plateau de Herve pour desservir les charbonnages du Hasard à Micheroux, le marché aux bestiaux de Battice et le marché d’Aubel fut achevée en 1895 pour relier les mines de Plombières et la ligne 39 (Welkenraedt - Plombières - Gemmenich - Aachen), déjà en service depuis 1870.

Si le service voyageurs et marchandises cessa en 1957, la ligne fut maintenue pour les besoins militaires jusqu’en 1989. Elle fut ensuite démantelée et affectée au RAVeL avec un projet de musée à l’ancienne gare de Hombourg.

GRP 563 entre Aubel et Hombourg, ligne 38

L’église de Hombourg est dédiée à Saint-Brice, évêque de Tours et successeur de saint Martin. L’édifice à trois nefs, primitivement du XIIIe siècle, a été reconstruit en 1717 puis allongé en 1839 par la première travée et le chœur ainsi que la tour et ses deux annexes. La tour actuelle, remplaçant une vieille tour trapue qui datait du XIIIe siècle, est recouverte d’ardoises depuis 1976 afin de la protéger contre l’humidité.

Nous passons à côté de la brasserie « Grain d’orge », dont les bières principales sont la Brice, la Joup, la Canaille, l’Aubel (Pure, Double ou Triple), The Pom et enfin, la Grelotte. De plus, elle produit des bières à façon : bières spéciales faites sur mesure pour des petits débits ou des événements spéciaux. Depuis sa création en 2002, la production de cette brasserie a augmenté d’année en année pour atteindre, en 2017, 4 000 Hl.

Hombourg, église Saint-Brice

C’est en contournant la colline du Schasberg, avec sa croix en béton de 15 mètres de haut, que nous quittons le village de Hombourg. Nous traversons l'ancienne ligne 38 et grimpons vers le bois de Laschet. Durant ce parcours, sans que l'on ne s'en doute, nous passons au-dessus du tunnel de la Galoppe. Celui-ci, long de 795 mètres, permet le passage de la ligne de chemin de fer : Aachen - Tongres.

Cette dernière, construite en 1918, est un maillon important du trafic marchandises, car elle permet de relier le Limbourg à l'Allemagne, sans traverser Liège et les Pays-Bas. Utilisée uniquement pour le transport de marchandises, c'est une des lignes les plus impressionnantes de Belgique du point de vue des ouvrages d'art ; dont le plus spectaculaire est certainement le viaduc de Moresnet (que nous découvrirons lors de la prochaine étape).

Au sommet (275 mètres d’altitude), nous progressons sur un chemin forestier marquant la frontière entre la Wallonie et la Flandre (région des Fourons).

GRP 563 entre Hombourg et Sippenaeken GRP 563 entre Hombourg et Sippenaeken

Nous prenons ensuite un chemin annoncé comme étant privé, mais qui est une servitude publique de passage, à travers le bois de Leusdal. Après un kilomètre, un tourniquet nous permet d’accéder à une prairie d’où nous profitons d’un beau point de vue. Le GRP 563 traverse encore plusieurs prés, grâce à des échaliers, avant d’atteindre Sippenaeken.

GRP 563 entre Hombourg et Sippenaeken

Au-delà de l’église Saint-Lambert, nous descendons, une petite route, vers un camping situé à deux pas de la frontière néerlandaise. Avant d’atteindre ce dernier, nous traversons la Gueule. Cette rivière qui prend sa source près de Hauset, à proximité de la frontière belgo-allemande, parcourt 20 km en Belgique et 38 km aux Pays-Bas, où elle se jette dans la Meuse, au nord-est de Maastricht. C’est le cours d'eau le plus rapide des Pays-Bas ce qui n'est pas étonnant quand on sait qu'il descend de 238 mètres sur une très courte distance.

GRP 563 entre Sippenaeken et Plombières

Après la traversée du camping, nous continuons sur l’asphalte et longeons le golf de Mergelhof. 700 mètres plus loin, le balisage nous emmène vers un autre camping. C’est sur un chemin semi caillouteux, le long de prairies alluviales, que nous progressons. Situées dans le lit majeur de la rivière, ces prairies sont des zones naturelles d’expansion des crues. Elles jouent ainsi un rôle important pour limiter l’impact des inondations en aval.

GRP 563 entre Sippenaeken et Plombières

Grâce à un portillon, le GRP 563 pénètre dans la réserve naturelle de la vallée de la Gueule. Celle-ci s'étend sur plus de 20 hectares et est composée de plusieurs blocs de parcelles très différents les uns des autres. Cette réserve présente un intérêt paysager exceptionnel où la succession d'habitats (haies vives, chemin creux, prairie naturelle, versant boisé, mares, saules têtard, berges et lit) en fait un véritable havre de paix pour une multitude d'espèces animales et végétales.

GRP 563 entre Sippenaeken et Plombières, vallée de la Gueule

Nous randonnons au milieu des prairies jusqu’à une passerelle permettant de traverser la Gueule. De l’autre côté du cours d’eau, nous sortons de la réserve naturelle et poursuivons, toujours à travers les pâtures. C’est en franchissant un échalier, face au cimetière de Plombières, que nous terminons cet agréable parcours d’environ 1,5 km.

GRP 563 entre Sippenaeken et Plombières

Nous effectuons une pause devant l’église Notre-Dame de l’Assomption, construite en 1935. Cet édifice octogonal, de style néobyzantin, est un chef-d'œuvre d'élégance dont l'intérieur frappe par sa clarté.

Plombières, église ND de l'Assomption

Près de l’église, un wagonnet de mine évoque le passé industriel de Plombières, qui s’appelait jadis « Bleiberg ». On extrayait ici la pierre calaminaire depuis 1365. Au cours des siècles, l'exploitation de la mine a connu des hauts et des bas. Les périodes de chômage correspondant souvent aux périodes pendant lesquelles les eaux de la Gueule toute proche ou les eaux souterraines envahissaient le site d'extraction.

Il faut attendre le XIXe siècle pour voir se développer une véritable activité industrielle. Début 1825, le gouvernement néerlandais autorise les frères Cockerill à effectuer des recherches sur le site minier de Bleiberg. Le 23 juin 1825, ils obtiennent de la commune de Montzen, dont dépend alors le hameau de Bleiberg (Montagne de Plomb), la concession sur l'exploitation des gisements. En 1855, les mines de plomb et de zinc atteignent une superficie de 112 hectares. Cette étendue ne cessera de croître jusqu'en 1875 pour dépasser les 1 000 hectares.

Mais Bleiberg souffre de l'absence de voies de communication. C'est ainsi qu'en 1869, l'État accorde à l'exploitant de la mine la concession pour la construction d'une ligne de chemin de fer entre Welkenraedt et la frontière prussienne. C’est à ce moment que débute la production de zinc brut en plaques, d'argent et de plomb en barre, tant à partir de minerais locaux que de minerais d'importation. La mine, qui comptera jusqu'à 364 personnes, a arrêté ses activités en 1922.

Depuis 1919, « Bleiberg » (nom jugé à consonance trop germanique à la fin de la Première Guerre mondiale) est devenu « Plombières ». En 1976, lors de la fusion des communes, la paroisse de Plombières est choisie afin d'éviter des querelles entre les communes de Gemmenich et de Montzen. Plombières ne possédant pas de bâtiment propice à l'installation de locaux communaux, la maison communale sera installée, jusqu’en 2000, à Montzen.

Plombières, wagon de mine

Le tracé jaune et rouge traverse la N608 et, après avoir suivi brièvement la N613, s’engage dans la rue du Casino. Nous allons, pendant 1,5 km, nous balader sur l’ancien site minier et découvrir notamment une grotte artificielle. Le problème principal du site était la rivière (la Gueule) dont les eaux s'infiltraient régulièrement dans les galeries, causant la mort d'ouvriers au fond. C'est pourquoi les frères Cockerill obtiennent, en 1861, l'autorisation de détourner la rivière. Un tunnel est donc creusé sous le rocher pour laisser passer la rivière.

GRP 563 entre Plombières et les Trois-Frontières

Nous contournons la « halde calaminaire », des pelouses qui renferment des plantes particulières liées à la présence de zinc et d’autres métaux lourds dans leur substrat, et poursuivons la randonnée en nous dirigeant vers le village de Gemmenich. Le parcours se déroule à présent principalement sur de petites routes au milieu des champs et prairies. Peu à peu, nous prenons de la hauteur en nous dirigeant vers le site des « Trois Bornes ».

GRP 563 entre Plombières et les Trois-Frontières

Le GRP 563 évite le centre de Gemmenich et continue son ascension, sur l’asphalte, jusqu’à la N608. Nous traversons cette grand-route et retrouvons les chemins de terre. Le parcours, désormais à travers bois, progresse le long de la frontière néerlandaise où nous découvrons plusieurs anciennes bornes.

GRP 563 entre Plombières et les Trois-Frontières

Après cette longue ascension, nous atteignons la borne marquée des trois lettres B (Belgique), D (Allemagne) et NL (Pays-Bas). C’est ici, aux Trois Bornes, que se situe le point culminant des Pays-Bas à 322,5 mètres d’altitude. De 1830 à 1919, l'endroit était le point de rencontre de quatre territoires puisqu'il y avait aussi « Moresnet Neutre » (dont nous parlerons lors de la prochaine étape).

Avec ses 50 mètres de haut, la tour Baudouin surplombe le site. Un ascenseur conduit en quelques secondes les touristes sur un plateau panoramique où une vue exceptionnelle sur une partie de la Belgique, des Pays-Bas et de l'Allemagne s'offre à eux.

Les Trois-Frontières, Tour Baudouin Les Trois-Frontières, point culminant des Pays-Bas

Plan du parcours