Les Randos de Fred & Paul

GR 57 : Gouvy → Troisvierges (19 km) - juin 2018

Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le train entre les gares de Troisvierges et de Gouvy.

C’est peu après 10h30 que nous entamons, au départ de la gare de Gouvy, cette dernière étape sur le « Sentier de l’Ourthe orientale ». Nous devons d’abord marcher 300 mètres pour rejoindre le tracé blanc et rouge au niveau du pont surplombant le chemin de fer.

Nous suivons la rue des Morseux jusqu’à des terrains de football et continuons ensuite, dans la même direction, sur un chemin de terre. Celui-ci progresse, en montée, en lisière d’une forêt et atteint, un kilomètre plus loin, un carrefour de 4 chemins. C’est là que nous nous séparons du GRP 571 : Tour des Vallées des Légendes qui nous accompagnait depuis les environs du lac de Chérapont (étape précédente).

GR 57 entre Gouvy et Ourthe GR 57 entre Gouvy et Ourthe, séparation du GRP 571

Le GR 57 se poursuit, au milieu des bois, pendant 1,5 km sur un agréable chemin de terre. Nous traversons la N827 et prenons, en face, une petite route de campagne descendant lentement vers le village d’Ourthe. Sur cette route, nous faisons la connaissance d’une mère et de son fils de 6 - 8 ans ; ils cheminent ensemble pendant 3 - 4 jours dans cette belle région.

GR 57 entre Gouvy et Ourthe GR 57 entre Gouvy et Ourthe

Le village d’Ourthe (460 mètres d’altitude) est situé aux sources de la rivière dont il porte le nom. C’est là, en effet, que l’Ourthe orientale se crée à partir de quatre petits cours d’eau dévalant des collines environnantes. Deux de ces rus proviennent du village de Deiffelt ; un troisième, qui prend sa source au cœur des prairies humides situées au nord du village, rejoint le cours principal au centre de la localité. Le quatrième, après avoir formé quelques étangs, dévale des collines de Wathermal pour se jeter dans la rivière à l’embranchement de la route qui rejoint ce village.

L’Ourthe orientale rejoint l’Ourthe occidentale, après un parcours d'environ 45 km à travers prés et forêts. À Engreux, la confluence (aujourd’hui noyée dans les eaux du lac de Nisramont) donne naissance à l’Ourthe qui continue son chemin vers La Roche-en-Ardenne. Le bassin versant de l'Ourthe orientale (10 960 hectares) s’étend sur trois communes : Gouvy, Houffalize et Bastogne.

Ourthe a été incorporé en 1586 à la commune de Gouvy ; il ne comprenait alors que neuf maisons. Ce n’est qu’en 1807 que le village fut érigé en paroisse. Le 14 janvier 1945, lors de l’offensive « Von Rundstedt » l’église paroissiale Sainte-Agathe a été détruite par les bombardements. Cette église, érigée en 1870, succédait à deux sanctuaires : le premier, simple chapelle, érigé en 1631 ; le second construit en 1707. De 1964 à 1969, on édifia une église en béton aux volumes géométriques stricts. L’édifice (assez laid) figure parmi les premiers chantiers inspirés par les nouvelles dispositions liturgiques du concile Vatican II.

GR 57 : Ourthe, église Ste-Agathe

Après la pause de midi, nous suivons brièvement la N815 et prenons la direction de l’école du village. Peu après celle-ci, le tracé blanc et rouge emprunte un chemin gravillonné passant entre des prairies. Sur la droite, nous devinons quelques étangs alimentés par les premières eaux de l’Ourthe orientale. Nous longeons une forêt de résineux et entamons ensuite, l’ascension vers Wathermal en traversant, dans un premier temps, cette forêt.

GR 57 entre Ourthe et Wathermal GR 57 entre Ourthe et Wathermal

À l’entrée de Wathermal, nous dépassons une aire de pique-nique et découvrons, sur la gauche, la charmante chapelle dédiée à Saint-Hubert et Saint-Antoine. Située sur un éperon rocheux, la tour de la chapelle est parfois considérée comme datant de l’époque romane ; ses murs atteignent à certains endroits plus de 1m50 d’épaisseur et sont percés de meurtrières. Le corps de l’édifice, dans son état actuel, a été consacré en 1769. Les cloches de la chapelle, millésimées de 1369, témoignent de l’ancienneté du bâtiment.

GR 57 : chapelle de Wathermal

Nous quittons ce beau village et grimpons encore jusqu’à atteindre 540 mètres d’altitude, au niveau de la frontière belgo-luxembourgeoise. La limite entre les deux pays est récente puisque le Grand-Duché de Luxembourg fit partie de la Belgique jusqu’en 1839. La frontière est marquée par 287 bornes en acier, fabriquées par la société Cockerill de Seraing. Ces bornes sont semblables à celles érigées, en 1830, entre les Pays-Bas et la Belgique.

GR 57 entre Wathermal et Huldange

C’est donc au Grand-Duché de Luxembourg que vont se dérouler les neuf derniers kilomètres de l’étape ; malheureusement plus de 60 % de ce parcours s’effectuera sur de l’asphalte. Peu après la frontière, nous empruntons une petite route de campagne descendant jusqu’à un ruisseau et remontant ensuite vers Huldange.

GR 57 entre Wathermal et Huldange GR 57 : église de Huldange

Dans ce village, nous effectuons un détour (1 km aller - retour) afin de nous rendre jusqu’à la Burrigplatz. Ce lieu, surplombé d’un château d'eau, est annoncé comme étant le sommet du pays : 558,35 mètres d’altitude. Grâce à des mesures plus précises, on a constaté, dans les années 90, que le point le plus élevé du Grand-Duché se situe en réalité à un kilomètre plus au sud-est ; la colline de Kneiff culmine à 560 mètres, soit un mètre de plus que la Burrigplatz.

GR 57 : Huldange, Burrigplatz

De retour sur le tracé blanc et rouge, nous suivons une route montant, pendant 250 mètres, vers une forêt. Nous bénéficions ensuite d’un beau tronçon d’1,3 km progressant, sur un chemin principalement herbeux, au milieu des bois. À la sortie de la forêt, le GR 57 descend sur une petite route de campagne durant près de 2,5 km ; un tronçon peu intéressant passant au lieu-dit « Gaalgebierg » (la colline au gibet).

GR 57 entre Huldange et Troisvierges GR 57 entre Huldange et Troisvierges

Sur la droite, nous apercevons Basbellain. Le nom de ce village pourrait être le nom de localité le plus ancien du pays ; à l’automne 585, le roi mérovingien Childebert II y séjourna. Nous traversons la CR 337, près d’une ancienne croix de grès, et continuons la descente, jusqu’à la Woltz. Cette rivière constitue la partie supérieure de la Clerve (affluent de la Wiltz) ; c'est dans Clervaux que le cours d’eau change de nom.

GR 57 entre Huldange et Troisvierges, Basbellain

Au niveau de la Woltz (436 mètres d’altitude), nous sommes au cœur de la réserve naturelle de Cornelys Millen ; cette grande zone humide s’étend sur une superficie de 190 ha. Occupant une large cuvette aux pentes douces le long du cours d’eau, cette zone est une mosaïque de milieux variés dont 46 % sont exploités comme herbage et 7 % comme terre de labour. Les prés humides, occupant 40 ha, constituent le principal intérêt de la réserve et sont un des derniers refuges pour des espèces animales et végétales rares. La plupart des plans d’eau ont été créés par l’homme pour l’exploitation piscicole. Un autre élément du paysage souligne l’intervention humaine, il s’agit de la voie de chemin de fer reliant Troisvierges à Gouvy.

Après avoir traversé la voie ferrée, nous cheminons encore un kilomètre sur l’asphalte avant de prendre, sur la gauche, un sentier longeant la clôture d’un pré ; ce dernier venant d’être fauché, nous y marchons plus aisément. Nous franchissons, à nouveau, la Woltz et avançons vers la gare de Troisvierges sur une piste cyclable qui n’est autre que la Vennbahn.

GR 57 entre Huldange et Troisvierges GR 57 entre Huldange et Troisvierges, la Woltz

Un panneau didactique nous informe que nous sommes sur le « Sentier des Passeurs ». À partir de 1942, les résistants luxembourgeois, les jeunes réfractaires à l’enrôlement de force et ceux qui offrent l’asile sont impitoyablement pourchassés. Début 1943, des mouvements patriotiques commencent à organiser des filières d’évasion vers la Belgique où le régime militaire allemand est un peu moins strict. Des sentiers plus ou moins sûrs sont connus de quelques passeurs, tous des jeunes de la région. Pour sauver de l’oubli ces actes héroïques, le Sentier des Passeurs a été créé. Il retrace, dans les grandes lignes, le parcours réel emprunté par les passeurs de la région.

GR 57 : gare de Troisvierges

Peu avant 16h, nous rejoignons la voiture laissée, le matin, à la gare de Troisvierges.