Les Randos de Fred & Paul

GR 121 : Wavre → La Roche (23 km) - mars

La situation géographique de Wavre, au carrefour de grands chemins, est à l’origine du développement de la cité. Celle-ci voit bientôt son centre devenir un lieu d’échanges florissants. En 1222, le duc Henry de Brabant, désireux de reconnaître les mérites de la population et soucieux d'en obtenir le soutien, fait de Wavre une « ville franche ». La période allant de la fin du Moyen Âge à la Révolution française est, pour la ville, une alternance continuelle de progrès et de régression. Cependant, auberges et marchés attirant toujours plus de monde, au XVIIIe siècle, Wavre perd définitivement son aspect campagnard pour devenir une ville cossue.

Nous commençons cette étape devant l’hôtel de ville de Wavre. Acquis par la municipalité en 1809, ce bâtiment est en fait l’ancienne église des Carmes chaussés, érigée en 1662 et reconstruite en 1720 suite à un incendie. Les religieux sont expulsés de leur couvent en 1797 par les révolutionnaires français. Les bâtiments actuellement visibles, fortement endommagés par le bombardement de l’aviation allemande en mai 1940, ont été reconstruits et totalement réaménagés.

Au pied de l’hôtel de ville, on trouve la statue du Maca, adolescent espiègle qui escalade la balustrade du perron municipal. Cette sculpture, datant de 1962, représente le premier bourgeois de la ville qui reçoit « la Charte des libertés et franchises ». Le Maca incarne l’esprit primesautier et moqueur des Wavriens qui ont tiré de lui leur surnom. Caresser les fesses de la statue du Maca apporterait une année de chance...

GR 121 : hôtel de ville de Wavre et statue du Maca

Nous laissons le GR 579 ainsi que le GRP 127 partir vers la gare et empruntons la rue de Nivelles sur 200 mètres. Le GR 579 : Bruxelles - Liège permet, en 160 km, de relier ces deux grandes villes. Le GRP 127 : Tour du Brabant wallon décrit, au départ de Wavre, une grande boucle de 266 km à travers la plus petite des provinces wallonnes. Il passe notamment par Waterloo, Rebecq, Nivelles, Villers-la-ville, Perwez, Hélécine, Jodoigne et Grez-Doiceau.

Par la ruelle de la Blanchisserie, nous atteignons l’îlot du poète, situé dans la rue des Fontaines, qui est un lieu d’hommage à Maurice Carême. Installé tout près de la maison natale (aujourd’hui disparue) de l'artiste, l’îlot a été inauguré en 1985. Né à Wavre en 1899, Maurice Carême a participé à la création de plusieurs revues littéraires ; il a publié plus de 80 recueils de poèmes, romans, contes et nouvelles. Dans les écoles françaises, il est sans doute l’auteur le plus lu. À l’étranger, ses œuvres sont traduites dans de nombreuses langues. La pièce d’eau qui orne l’îlot est constituée d’anciens bacs à lessive du lavoir public qui était situé à cet endroit jusqu’en 1966.

GR 121 : Wavre, îlot du poète

Nous quittons le centre-ville en franchissant la N238 et la Dyle. La Dyle prend sa source sur le territoire de Houtain-le-Val. Dans sa partie wallonne, la rivière traverse les communes de Genappe, Court-Saint-Étienne, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Wavre et enfin Grez-Doiceau. Elle poursuit son cours en région flamande pour se jeter dans le Rupel, après un parcours de 86 km. Le Rupel, quant à lui, se jette dans l’Escaut quelques kilomètres plus loin. Les principaux affluents de la Dyle sont la Thyle, le Train, la Lasne, la Senne, le Demer et l'IJse.

Nous nous dirigeons vers l’autoroute E411 et prenons, 500 m après celle-ci, la rue aux Loups ; un sentier en lisière d’un champ qui grimpe ensuite (de 54 à 120 mètres d’altitude) vers un lotissement. Très vite, le GR 121 descend un sentier encaissé, entre deux clôtures, et rejoint un chemin évoluant au milieu des terres cultivées.

GR 121 entre Wavre et Louvain-la-Neuve

Ce chemin prend lentement de la hauteur et devient asphalté à l’entrée d’un quartier résidentiel. À la fin de celui-ci, nous tournons à droite sur une petite route passant entre l’arboretum de Lauzelle et le golf de Louvain-la-Neuve. Installé progressivement depuis 2004, l’arboretum de Lauzelle rassemble une riche collection de gymnospermes et d’angiospermes, destinée en priorité à l’apprentissage de l’identification des essences forestières. Les 4 ha sont divisés en trois parcelles, regroupant à chaque fois deux ou trois arbres de même espèce.

GR 121 entre Wavre et Louvain-la-Neuve

Nous pénétrons dans le bois de Lauzelle et descendons vers un étang. Propriété de l’Université catholique de Louvain, cette forêt périurbaine de 198 hectares possède plusieurs statuts de protection des milieux naturels ; la présence de ce bois dans une région urbanisée et la diversité de ses biotopes justifient ces statuts de protection. L’originalité du bois de Lauzelle réside dans ses fonctions d’ordre didactique et scientifique. Il constitue un lieu d’enseignements pratiques pour les futurs bio-ingénieurs et biologistes ainsi qu’un laboratoire d’expérimentation et de recherche. Plusieurs de ses peuplements forestiers sont des tests de plantation et de pratiques sylvicoles menés par l’Unité des Eaux et Forêts de l’Université.

GR 121 entre Wavre et Louvain-la-Neuve, bois de Lauzelle

Un petit cours d'eau, affluent de la Dyle, le Blanc Ri, traverse le site d'est en ouest en alimentant plusieurs étangs, grâce à de nombreuses sources. Au niveau d’un de ces étangs, nous sommes contraints d’effectuer un détour, car nous sommes en période de migration des batraciens…

C’est près du rond-point situé sur la N250 que nous retrouvons le tracé blanc et rouge, après un détour d’1,5 km. Pendant 600 mètres, nous marchons à travers les rues de Louvain-la-Neuve. Au cours des années 1960, le nombre d'étudiants de l'Université catholique de Louvain (Leuven) augmente rapidement. La loi du 9 avril 1965 sur l'expansion universitaire autorise la partie francophone de l'Université à envisager son expansion à Woluwe-Saint-Lambert et en Brabant wallon.

Par ailleurs, les tensions entre les communautés linguistiques francophone et néerlandophone atteignent leur paroxysme en 1967-1968 avec la crise politique connue sous le nom de « Walen Buiten » (« Les Wallons dehors ») durant laquelle les Flamands exigent le départ des étudiants francophones de Louvain au nom du droit du sol et de l'unilinguisme régional. Cela amène l'Université à décider le transfert intégral de sa section francophone hors de Louvain et à faire sortir de terre une ville universitaire entièrement neuve à Ottignies à partir de 1970.

Pour réaliser son projet, l’UCL acquiert soit par expropriation, soit par achat négocié, quelque 900 hectares de terres agricoles. La première pierre de la ville nouvelle est posée le 2 février 1971 et la faculté des Sciences appliquées ainsi que les premiers habitants s'y installent dès 1972. La conception particulière de la cité estudiantine suit le relief du terrain et ses dénivellations : le centre urbain est entièrement piétonnier et construit au fond de la vallée, sur une dalle de béton de 14,5 hectares de superficie et de 39 cm d’épaisseur, au-dessus de deux étages de parking.

GR 121 : Louvain-la-Neuve GR 121 : Louvain-la-Neuve

Nous parvenons au bord du lac de Louvain-la-Neuve que nous longeons brièvement sur un sentier dénommé « Rêverie du promeneur solitaire ». Créé en 1974, ce lac, situé en contre-bas du centre-ville, s’étend sur 5 hectares (85 000 m³). Avec une profondeur moyenne de 1,20 m, il sert de bassin d’orage et permet ainsi d’éviter les inondations en aval de la ville.

GR 121 : lac de Louvain-la-Neuve

Le tracé blanc et rouge passe sous la N238 puis emprunte la rue de la Malaise, parallèle au ruisseau du même nom, jusqu’à l’entrée du bois des Rêves. Ce domaine provincial, qui s’étend sur environ 67 hectares, propose près de 17 km de chemins et sentiers balisés ainsi qu’un étang de pêche. C’est sur un banc, à proximité de l’étang, que nous nous installons pour la pause de midi.

GR 121 : Ottignies, bois des Rêves GR 121 : Ottignies, bois des Rêves

Nous sortons du domaine et, après avoir franchi le tunnel sous la ligne ferroviaire (Namur - Ottignies), nous prenons, sur la gauche, la rue Nouvelle. Au bout de cette dernière, le GR 121 continue sur un chemin de terre montant en lisière du bois de Franquenies.

GR 121 entre Louvain-la-Neuve et Beaurieux GR 121 entre Louvain-la-Neuve et Beaurieux

Par un chemin campagnard, suivi d’un court tronçon boisé, nous arrivons à la rue de la Quenique. Après 150 mètres, nous tournons à droite et descendons, à travers bois, vers la N25. Peu avant cette grand-route, nous empruntons un sentier forestier qui lui est parallèle.

GR 121 entre Louvain-la-Neuve et Beaurieux GR 121 entre Louvain-la-Neuve et Beaurieux

Au terme de ce sentier, nous rejoignons la rue de Beaurieux. Nous passons sous la N25 et obliquons, après 400 m, dans la rue du Moulin où nous découvrons le moulin, puis la ferme de Beaurieux. Le moulin à eau, déjà cité en 1312, actionnait jadis une minoterie. La roue à aubes, entraînée par l’Orne, a été entièrement restaurée par le nouveau propriétaire des lieux. L'Orne prend sa source au nord de la ville de Gembloux, à la limite de la commune de Chastre. La rivière qui traverse les villages de Cortil-Noirmont, Chastre, Blanmont et Mont-Saint-Guibert accueille différents petits ruisseaux avant de se jeter, après 18 km, dans la Thyle à Court-Saint-Étienne.

GR 121 : moulin de Beaurieux

La ferme de Beaurieux est une grosse cense brabançonne, ancienne dépendance du château-fort de Beaurieux, remaniée en 1721. Ce château, aujourd’hui disparu, dépendait de la seigneurie de Walhain. Les baillis de Walhain y séjournèrent occasionnellement, ce qui explique la seconde appellation de la ferme : ferme du Bailli. La grange est désormais utilisée comme salle de réceptions.

Pendant un peu plus de deux kilomètres, nous progressons, sur un chemin de terre, en légère montée, au milieu de la campagne. Sur ce tronçon, nous passons à côté de la « Pierre qui tourne ». Cette pierre plate est située près d’une ancienne chaussée gallo-romaine qui reliait Nivelles à Herstal via Jodoigne et Landen. En 1971, des travaux de dégagement font apparaître la dalle. D’une épaisseur constante de 45 cm et d’une forme générale pentagonale, sa plus grande dimension est de 2,70 m et sa largeur maximale est de 1,90 m ; compte tenu de ces dimensions, la pierre doit peser quelque 4 tonnes. Selon la légende, la pierre tournerait sur elle-même lorsque sonne minuit au clocher de l’église de Court-Saint-Étienne.

GR 121 entre Beaurieux et Sart-Messire-Guillaume GR 121 : la Pierre qui tourne

Au bout de cette longue ligne droite, nous prenons un chemin pavé devenant, après avoir croisé une autre route pavée, un chemin empierré. Nous arrivons ensuite à la chapelle Notre-Dame de Sart-Messire-Guillaume où nous effectuons une petite pause. Située sur une butte plantée de pins sylvestres, elle a été érigée vers 1590 par le seigneur de Sart. La chapelle est construite en briques sur un soubassement en pierres de la région (schistes de Villers). Elle succéda à un petit oratoire où l’on venait prier saint Antoine l’Ermite. Le site, classé depuis 1975, a été entièrement restauré en 1986 par le comte René Boël.

GR 121 entre Beaurieux et Sart-Messire-Guillaume GR 121 : Sart-Messire-Guillaume, chapelle

Nous quittons Sart-Messire-Guillaume en empruntant un agréable sentier, puis nous marchons, pendant un kilomètre, au cœur d’une forêt de résineux ; c’est dans celle-ci que nous atteignons le point culminant de l’étape (151 mètres d’altitude). Alors que la pluie menace, nous descendons, par une succession de sentiers, vers la gare de La Roche où nous terminons, peu après 16h, cette étape.

GR 121 entre Sart-Messire-Guillaume et La Roche

Tracé de l'étape