Les Randos de Fred & Paul

Streek-GR Kust : Blankenberge → Knokke (18 km) - avril 2026

À la sortie de la gare de Blankenberge, nous nous dirigeons, vers la gauche, dans la Weststraat. Avant d’emprunter cette rue, nous effectuons un petit détour pour découvrir l’église Saint-Antoine.

La plus ancienne église de la cité a été construite de 1335 à 1358. Cependant, l'édifice d'origine était bien plus vaste que l'actuel. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, l'église subit de graves dommages et fut presqu’entièrement détruite ; elle a été restaurée au XVIIe siècle.

Au XIXe siècle, la population de Blankenberge et le tourisme connurent un tel essor que la petite église devint trop exiguë, et il fut décidé de construire une église plus grande, l'église Saint-Roch. L'église Saint-Antoine ferma ses portes en 1889. Elle a été restaurée en 1926 et redevint, deux ans plus tard, une église paroissiale.

Blankenberge, église Saint-Antoine

Nous passons par la Breydelstraat où se trouve la maison de Majutte, la plus ancienne maison de pêcheur classée et préservée de la côte belge. Dès 1272, date à laquelle Blankenberge obtint son statut de ville, une maison de pêcheur se dressait à cet emplacement.

Au fil des siècles, la maison a été rénovée, restaurée et agrandie à de nombreuses reprises ; la version actuelle date d'environ 1775. Jusqu'au début du XXe siècle, la Breydelstraat et ses environs formaient un véritable quartier de pêcheurs.

À l'époque de la construction de la maison, il n'y avait ni digues, ni port, ni immeubles d'habitation. Les bateaux à fond plat accostaient directement sur la plage, au pied des dunes. Dans ce quartier, on comptait autrefois 66 maisons de pêcheurs et deux auberges typiques.

Blankenberge, maison de Majutte

Pendant un kilomètre, nous marchons le long de la digue avec, cependant, un petit détour par la jetée, aussi appelée Belgium Pier. Ce pont en béton, unique sur la côte belge, présente une avancée dans la mer de 350 m de long ; il a été construit en 1933.

Cette jetée remplace celle de 1894, construite en fonte, qui fut détruite par les Allemands en 1914. Au cours de son existence, elle a eu de nombreuses fonctions : casino, musée des transports et restaurant. Tout au bout, on bénéficie d’une belle vue, dans toutes les directions, sur la côte et sur la mer.

Plage de Blankenberge

À la fin de la digue, nous montons légèrement pour emprunter un sentier passant au milieu des dunes. Celles-ci se sont principalement formées durant le XVIe siècle. C’est vraisemblablement la présence de digues qui a contribué à la naissance de ce massif de dunes.

Streek-GR Kust entre Blankenberge et Zeebrugge

Une première digue aurait été construite, dans la région, vers 1200. Celle-ci n’étant pas assez solide, une nouvelle digue a été érigée dans le courant du XIVe siècle. Au début du XVIe siècle, pour parer au danger d’inondations, les habitants des polders ont construit une seconde digue, parallèle à la précédente, le « Graaf Jansdijk ».

Pour le remblai des digues, on a creusé la terre dans la zone intermédiaire. Plus tard, de petites digues transversales, divisant la zone, ont été construites entre les deux digues. Ainsi se sont formés des bassins qui se sont remplis d’eaux d’infiltration au moment où la région s’est progressivement ensablée.

La population locale appelait ces bassins d’eau douce, situés à seulement 100 mètres de la mer : « De Fonteintjes » (les sources). Sur la dizaine de terrains bas et de nappes d’eau, cinq ont été conservés et forment, depuis 1978, une réserve naturelle.

Blankenberge, De Fonteintjes

Nous descendons vers la N34 et pénétrons, juste avant d’atteindre cette route, dans cette réserve naturelle. Durant deux kilomètres, nous évoluons, sur des sentiers, à travers ce site réputé pour sa riche biodiversité.

Blankenberge, De Fonteintjes Blankenberge, De Fonteintjes

Arrivé à Zeebrugge, le tracé jaune et rouge progresse sur la digue en direction de la N31. Aux feux tricolores, nous traversons la N34 et les voies du tram avant de suivre cette grand-route, sur 300 mètres, et ainsi franchir le pont au-dessus de la N31.

Au-delà d’un quartier résidentiel, installé autour de la gare de Zeebrugge-Dorp, le Streek-GR retraverse la N34. Nous passons ensuite sur le pont surplombant l’écluse Visart. La première écluse maritime a été construite lors de l'aménagement du port de Zeebrugge.

Son nom, donné ultérieurement, rend hommage au bourgmestre Visart de Bocarmé (1835-1924), qui, avec le baron de Maere, posa les fondements du port de Bruges. La construction de l'écluse débuta vers 1896 ; début mars 1904, le premier navire la franchissait.

L'écluse mesure 210 mètres de long, dont 158 mètres pour le sas. La largeur au niveau des portes de fermeture est de 19,7 mètres, tandis que le sas mesure 22,5 mètres de large au fond et 38 mètres au niveau de la surface. La profondeur de l'eau dans l'écluse est de 9 mètres.

Au cours des années 1960, il devint évident que les dimensions de l'écluse seraient insuffisantes. Il fut donc décidé de la remplacer par une écluse plus grande, l'écluse Pierre Vandamme (que nous franchirons plus loin), construite entre 1970 et 1985.

Juste après l’écluse Visart, nous découvrons un monument commémorant la libération de Zeebrugge, le 3 novembre 1944, par l’armée canadienne. On y apprend que la commune fut la dernière du pays à être libérée.

Monument libération de Zeebrugge le 3 novembre 1944

Durant 800 mètres, nous progressons à proximité des installations portuaires. Le port de Zeebrugge est le deuxième plus grand port de Belgique et est inextricablement lié à Bruges. Non seulement de nom, mais aussi par le canal Baudouin, qui, du centre de Bruges, relie le port intérieur en ligne droite au port extérieur de Zeebrugge.

Port de Zeebrugge

L'idée d'un nouveau port, qui relierait Bruges à la mer comme tel était le cas au Moyen Âge, a germé au XIXe siècle et a été officiellement proposée par le roi Léopold II en 1907. Il a été dénommé « Zeebrugge » (Bruges-sur-Mer). Après la Seconde Guerre mondiale, ce port a connu un véritable essor.

C’est aujourd'hui un carrefour maritime et une importante plate-forme logistique, mais aussi le plus grand port automobile du monde. C’est également un port pétrolier et méthanier et le lieu d'arrivée des navettes transmanche avec l'Angleterre.

Zeebrugge, Seafront

Le long de la N34a, nous découvrons l’église dédiée à Saint-Donatien. La paroisse a été fondée, en 1900, au début de l'expansion de Zeebrugge. Entre 1910 et 1911, une église fut construite d'après les plans de René Buyck.

Presqu'entièrement détruite par un incendie le 8 mai 1918, l'église fut restaurée et remise en service en 1920. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle subit de lourds dommages, nécessitant l'utilisation d'une église provisoire jusqu'en 1951. L'édifice fut ensuite reconstruit.

Zeebrugge, église Saint-Donatien

Au début de la Première Guerre mondiale, il n'y avait pas encore de cimetière. Le 26 septembre 1915, 44 Allemands périrent dans un accident de tram et furent inhumés près de l'église. Pendant la guerre, le « Deutscher Ehrenfriedhof » s'agrandit progressivement. En 1916, six tombes y ont été ajoutées.

Le 5 juin 1917, 40 Allemands, membres de deux torpilleurs, morts au combat, furent inhumés dans une fosse commune. Par ailleurs, 24 Allemands et 3 Britanniques ont été enterrés cette même année. En 1918, 57 tombes allemandes supplémentaires furent ajoutées, ainsi que celles de 26 Britanniques.

Parmi eux, 7 Allemands et 14 Britanniques (enterrés ensemble) avaient péri lors des combats de la Saint-Georges. En 1919, la tombe d'un aviateur britannique retrouvé a également été ajoutée.

Il est à noter que, contrairement à ce qui se fit ailleurs, les tombes allemandes n’ont pas été transférées dans les grands cimetières collectifs allemands vers 1955. Sans doute parce qu'en cas de nettoyage, il ne resterait que 30 tombes britanniques, ce qui porterait gravement atteinte à la mémoire du lieu.

Cimetière de Zeebrugge

À proximité de l’église, une stèle rend hommage aux victimes du Herald of Free Enterprise. Le 6 mars 1987, en raison d'une porte mal fermée, ce ferry prend l'eau juste à la sortie du port de Zeebrugge. 193 passagers périssent dans le naufrage.

Zeebrugge, Herald of Free Enterprise

Nous traversons le centre du village de Zeebrugge et sa charmante place avant de revenir à la N34. Cette grand-route franchit ici, sur un imposant pont métallique, l’écluse Pierre Vandamme ; la plus grande écluse du port de Zeebrugge.

Zeebrugge, parc De Ronde Zeebrugge, Verbindingsbrug

Longue de 500 mètres, large de 57 mètres et d'une profondeur maximale de 18,5 mètres, elle a été mise en service en 1985. L'écluse relie le port avant, soumis aux marées, au Verbindingsdok, situé dans le port arrière, non soumis aux marées, et représente ainsi un accès crucial à ce dernier.

De l’autre côté de l’écluse Pierre Vandamme, nous marchons encore près des vastes installations portuaires avant d’aborder un agréable tronçon d’environ 2,5 km à travers la « ceinture verte » de Heist.

Ce site naturel méconnu se compose de trois parties distinctes qui, ensemble, représentent plus de 100 hectares d’espace vert. Les carrières d'argile de Heist, Sashul-Vuurtorenweiden et la baie de Heist sont des sites uniques qui méritent le détour.

Dès le Moyen Âge, la population a extrait de la tourbe et d'argile à cet endroit. Des exploitations, pour l'industrie de la brique entre les années 1950 et 1970, ont formé de nombreux étangs peu profonds.

Les anciennes carrières d'argile de Heist [Kleiputten van Heist] s'étendent aujourd’hui sur 22 hectares et se composent de prairies parsemées de marais et de roselières. Ce lieu constitue un véritable paradis pour les oiseaux, mais aussi pour les amphibiens et les chauves-souris.

Kleiputten van Heist

Nous franchissons la N384 et une ligne ferroviaire pour rejoindre le Sashul. Ce site est un vestige de l'ancienne carrière de pierres qui étaient utilisées pour la construction des brise-lames du port de Zeebrugge.

Il a ensuite, notamment, servi comme décharge pour le sable dragué surélevant ainsi artificiellement le sol de 5 mètres. Depuis les années 1990, la nature y a repris ses droits. Le sol étant composé de sable riche en coquillages, l'environnement du Sashul ressemble fortement à celui des dunes côtières calcaires.

Des milliers d'orchidées s'épanouissent ici. Le paysage se compose d'une alternance de forêts de feuillus, de buissons d'argousier et de clairières où paissent des poneys Shetland. Le domaine de Sashul est particulièrement réputé comme lieu de halte pour de nombreux oiseaux migrateurs.

Heist, Sashul

Nous n’entrons pas dans les Vuurtorenweiden qui sont séparés du Sashul par le canal de drainage Barnse Vaartje. Grâce au pont de Lichtlijn, surplombant la N34, nous parvenons dans la baie de Heist.

Heist, pont de Lichtlijn

La construction de la digue orientale du port de Zeebrugge, entre 1977 et 1985, a provoqué un dépôt de limon et de sable. Cet effet inattendu a donné naissance à un phénomène naturel rare : la création d'une « plage verte » de plus de 50 hectares.

Nous marchons, sur un chemin bien délimité, au cœur de cette baie caractérisée par une vaste plaine littorale, des dunes, des vasières et des marais salants qui attirent de nombreux oiseaux.

Baie de Heist

À la fin de ce tronçon, nous rejoignons la digue d’Heist sur laquelle nous marchons durant 1,5 km. Au milieu de ce parcours rectiligne, le Streek-GR effectue un détour par le Directeur-Generaal Willemspark.

Ce parc a été aménagé sur l'emplacement de l'ancien Bosje van Heist. Ce dernier s'était formé à proximité de la dépression dunaire allongée où, en 1909, le Chalet Suisse, comprenant un club et des courts de tennis, avait été construit.

Les plantations effectuées à l'époque pour consolider les dunes ont par la suite donné naissance à ce que les habitants de Heist appelaient « 't bustje ». Le site a été utilisé durant les deux guerres mondiales. En 1949, les bunkers et les canons antiaériens furent démantelés.

Les vestiges dunaires entre Heist et Duinbergen ont été réaménagés sous le nom de Directeur-Generaal Willemspark, en hommage au fonctionnaire qui avait rendu la création du parc possible. Dans ce nouveau parc, sept allées portent le nom de prisonniers politiques de Heist morts pendant la guerre.

Knokke, Directeur-generaal Willemspark

Au cœur du parc, on trouve la sculpture « Soccoristas ». Cette structure métallique, pesant 570 kg et ancrée sur une dalle de béton, représente un homme et une femme en maillot de bain, jumelles à la main, observant la mer depuis une chaise de sauveteur.

Knokke, Soccoristas

Nous quittons la digue et prenons la direction du parc 58, situé de l’autre côté de la N34. En chemin, nous passons par le parc Joseph Stübben et devant la chapelle du Christ-Roi, construite, en 1905, à l’angle d’un quartier résidentiel.

Knokke, chapelle du Christ-Roi

Le Streek-GR sillonne les allées du petit parc 58, ainsi dénommé parce qu’il fut aménagé en 1958, avant de contourner le Zegemeer. Autrefois, une vaste dépression dunaire s'étendait à cet emplacement, abritant une source d'eau douce.

Knokke, parc 58

Creusée en 1924 par la Société Immobilière Knokke-Balnéaire, elle donna naissance au Zegemeer. Au nord de ce lac, on trouve le Pavillon du Lac (aujourd'hui La Réserve, un complexe d'appartements) qui accueillit la première salle de jeux de Knokke en 1926.

Knokke, Zegemeer

Au-delà de ce plan d’eau, il nous reste un dernier kilomètre à parcourir, en partie hors GR, pour rejoindre, la gare de Knokke où se termine cette étape.

Plan du parcours