Les Randos de Fred & Paul

Limburgse Mijnen : Terrils d'Eisden et Mechelse Heide (22 km) - mars 2026

Nous commençons cette randonnée en boucle, au départ du parking « Salamandre », à l’entrée de la réserve naturelle Mechelse Heide. Grâce à une passerelle, destinée essentiellement aux cyclistes, nous franchissons en toute sécurité la N763.

Le Streek-GR entame ensuite un tronçon, d’environ deux kilomètres, sur de larges sentiers en plein cœur de la forêt, composée majoritairement de résineux. Cet agréable parcours s’achève à l’ancienne gare d’Eisden, aujourd’hui un café-restaurant.

Streek-GR Limburgse Mijnen entre le parking Salamandre et la gare d'Eisden Streek-GR Limburgse Mijnen entre le parking Salamandre et la gare d'Eisden

Au début du XXe siècle, la découverte du charbon et l'exploitation des mines de Winterslag, Waterschei, Zwartberg et Eisden ont rendu nécessaire le raccordement des mines à une ligne de chemin de fer afin de faciliter le transport du charbon.

La gare d’Eisden se trouvait sur la ligne 21B, construite au début des années 1920, pour assurer la liaison, en 6 km, vers la gare d’As, située sur la ligne 21A (Hasselt - Maaseik). La gare d'origine, très austère et initialement en bois, était dotée de deux petites dépendances.

Cette gare servait non seulement au transport du charbon, mais aussi de halte pour les nombreux mineurs qui se rendaient à la mine. Après sa fermeture au trafic voyageur, en 1983, la gare de marchandises resta en activité jusqu’à la fermeture des mines de charbon en 1988.

Au bout de la Spoorwegstraat, nous pénétrons dans la cité-jardin d’Eisden. Au début du XXe siècle, on estimait que chaque site minier aurait besoin d'environ 4 000 ouvriers ; une main-d'œuvre très importante, impossible à fournir par les environs immédiats.

L'emploi de personnes issues de l’immigration était donc envisagé dès le départ, mais les logements existants aux alentours étaient insuffisants. À partir de 1908, la compagnie minière commença à acquérir des terrains et la construction de la cité-jardin débuta immédiatement.

Eisden, tuinwijk

L'architecte Léon Jaminé établit un certain nombre de directives que ces nouveaux quartiers ouvriers devaient respecter. Le quartier a donc été situé au sud-ouest de la mine, afin d'être le moins exposé à la pollution atmosphérique, et à une distance d'environ 1 500 mètres, distance que les ouvriers pouvaient parcourir à pied.

L'ensemble du projet s'inspira des cités-jardins anglaises, sans plan de rues préétabli. Une première phase de construction s'étendit de 1911 à 1913. Ces maisons étaient destinées aux ouvriers wallons travaillant au creusement des puits.

En 1914, 110 logements étaient achevés, dont quatre villas d'ingénieurs et la résidence du directeur, cette dernière étant située dans un petit parc. Après la Première Guerre mondiale, quelques maisons supplémentaires furent construites, mais ce n'est qu'en 1923 que l'on peut parler d'une seconde phase de construction, cette fois-ci plus planifiée.

Eisden, tuinwijk

La construction d'un centre débuta également en 1923, bien qu'il ne fût que partiellement réalisé. Néanmoins, une école de garçons et de filles, un couvent (1934) et l'imposante église Sainte-Barbe (1937) furent achevés.

En raison de la Seconde Guerre mondiale et de la crise du charbon (1958), les projets d'aménagement public au nord de la place centrale ne se concrétisèrent jamais. La direction des mines n'autorisant pas le développement autonome de la classe moyenne, celle-ci se développa en périphérie, dans une direction différente de celle initialement prévue.

Les vastes jardins privés contribuent largement à l'esthétique de la cité-jardin. Les parcelles mesurent au moins 650 m², ce qui explique la très faible densité de construction. Le règlement d'urbanisme imposait l'aménagement de parterres de fleurs devant les habitations ; le reste du terrain était cultivé en potager.

Nous découvrons l'église Sainte-Barbe, l'une des cinq cathédrales construites dans le Limbourg, entre 1925 et 1945, par les compagnies minières de la région. Bien qu'elles ne soient pas des cathédrales au sens strict du terme, elles sont ainsi nommées en raison de leur aspect imposant et monumental.

L'initiative et la construction de ces églises ont, en grande partie, été financées par les compagnies minières. À Eisden, une chapelle était déjà prévue lors de la première phase de construction de la cité-jardin. L'église actuelle a été construite entre 1934 et 1936 ; il s'agit d'un édifice cruciforme à trois nefs.

La maçonnerie est d'inspiration gothique, comme en témoignent les fenêtres à arc brisé et les vitraux inspirés de la cathédrale de Chartres. La structure porteuse de l'église et du clocher (53 mètres de haut) est entièrement construite en béton armé.

Autour de cette structure, les façades extérieures sont en brique. Dans la plupart des églises, le clocher se dresse au-dessus de l'entrée, mais ici, il est construit à l'autre extrémité, au-dessus du chœur.

Eisden, Sint-Barbarakerk

Sur la vaste place, devant l’église, on peut voir le monument : De Putmannen, en hommage aux 251 mineurs qui sont décédés (entre 1921 et 1987) dans la mine d'Eisden, pendant (ou à cause de) leur travail.

Il s’agit d’une colonne rectangulaire creuse sur un socle bas, avec deux parois ouvertes évoquant un passage, une porte ou une cage d'ascenseur avec un sol en verre au-dessus d'un « puits » profond. À l'extérieur, deux bas-reliefs représentent les mineurs.

Eisden, De Putmannen

Plutôt que de suivre l’itinéraire, évoluant à travers la cité-jardin, nous optons pour une variante, non balisée, un kilomètre plus longue, mais qui offre l’avantage d’être en pleine nature ; nous longeons notamment un vaste plan d’eau.

Streek-GR Limburgse Mijnen entre Eisden et le Lange Terril Streek-GR Limburgse Mijnen entre Eisden et le Lange Terril

Vue sur les Tweelingterril

De retour sur le Streek-GR, nous apercevons les deux chevalements de l’ancien charbonnage. En 1901, un géologue découvre l'existence du charbon campinois ; dans un contexte de pénurie générale de houille grasse, cette découverte provoque une véritable « ruée vers le charbon ».

À cause de la politique, des intérêts de nationalisation, de la Première Guerre mondiale, mais aussi des litiges concernant les concessions, l’exploitation n'a réellement débuté qu’en 1923. Jusqu'en 1950, l'extraction du charbon se fit à des profondeurs comprises entre 500 et 600 mètres, puis de 1950 à 1965 entre 600 et 700 mètres.

À partir du début des années 1970, l'exploitation commença au-delà de 780 mètres. En 1955, l'effectif maximal atteignit 7 340 mineurs. 1957 fut l'année record avec une production de 1 883 420 tonnes. La mine ferma ses portes le 18 décembre 1987 ; la production totale s'éleva à 73 191 000 tonnes.

Fait remarquable, contrairement à la plupart des mines de charbon, les chevalements d'Eisden étaient construits en béton. Ceux-ci sont aujourd'hui conservés comme mémorial. La tour de gauche est d'origine ; celle de droite a été reconstruite.

Eisden, Terhills chevalement

Après avoir admiré la vue du sommet de l’un des deux chevalements (à 24 mètres de haut), nous reprenons la randonnée en nous dirigeant vers le Lange Terril. Cette ascension est rude, car nous passons, en 700 mètres, de 35 à 100 m d’altitude.

Vue sur le Lange Terril

Vue sur le Lange Terril

Ascension du Lange Terril

Par des sentiers en lacets, nous descendons de ce terril dont l’édification a commencé en 1964 ; si la mine n’avait pas fermé en 1987, sa hauteur aurait été encore plus importante.

Streek-GR Limburgse Mijnen entre le Lange Terril et les Tweelingterril

Grâce à un pont « flottant » de 380 mètres de long (inauguré en septembre 2024), conçu spécialement pour les cyclistes, nous franchissons aisément le plan d’eau. L’endroit est très touristique grâce aux nombreux aménagements effectués : on y trouve notamment le Terhills Resort appartenant à Center Parcs.

Le plan d’eau résulte de l’extraction de graviers par NV Maasland Groefuitbating, qui avait racheté le terrain à la compagnie minière. L'objectif était de pouvoir ensuite « remblayer la carrière », avec les déchets miniers. En raison de la qualité des eaux souterraines, notamment, cette solution s'est avérée peu judicieuse.

Streek-GR Limburgse Mijnen entre le Lange Terril et les Tweelingterril

Nous grimpons vers les Tweelingterril : deux terrils situés côte à côte, dont les pentes adjacentes se rejoignent comme des frères siamois ; leur construction a débuté en 1952. Ici aussi, l’ascension est pénible avec des pentes à 10 %.

Ascension des Tweelingterril

Nous passons d’un terril à l’autre (respectivement 121 et 129 m d’altitude) avant de redescendre, tranquillement, vers le plan d’eau (35 m d’altitude), d’une superficie de 70 hectares, où nous effectuons la pause pique-nique.

Streek-GR Limburgse Mijnen entre les Tweelingterril et le Mechelse Heide

Nous montons un escalier en bois permettant de rejoindre un chemin sablonneux suivi, en légère montée, sur 550 mètres. Par un sentier encaissé, nous descendons vers un chemin de terre évoluant tout près de l’ancienne ligne ferroviaire 21B (évoquée en début d’étape).

Streek-GR Limburgse Mijnen entre les Tweelingterril et le Mechelse Heide Streek-GR Limburgse Mijnen entre les Tweelingterril et le Mechelse Heide

Tandis que le Streek-GR reste, pendant 1,7 km, sur ce chemin, nous l’abandonnons après 500 mètres. Via un chemin forestier, quasi rectiligne, montant doucement (de 59 à 87 m d’altitude), nous parvenons, après 1,8 km, à la N763.

Streek-GR Limburgse Mijnen entre les Tweelingterril et le Mechelse Heide

De l’autre côté de la grand-route, nous pénétrons dans la réserve naturelle Mechelse Heide dans laquelle nous marcherons les six derniers kilomètres de l’étape ; après 800 m, nous retrouvons le balisage jaune et rouge du Streek-GR.

Cette lande, l'une des plus vastes de Flandre (700 ha) se caractérise par un paysage vallonné, un sol sablo-limoneux et des zones riches en tourbe. Parmi les nombreuses espèces de bruyères, on y trouve la bruyère cendrée, une espèce rare en Belgique.

La grande diversité d'espèces de genêts est aussi à mentionner. Des arbres et arbustes, tels que le peuplier faux-tremble, le fusain et le chêne sessile, y sont disséminés. Ces arbres épars offrent un abri aux lézards et aux oiseaux insectivores.

Streek-GR Limburgse Mijnen dans la réserve Mechelse Heide

Par un chemin sablonneux, en descente, nous nous dirigeons vers une zone boisée. À l’entrée de celle-ci, nous montons, sur 300 mètres (de 66 à 85 m d’altitude), pour découvrir une ancienne carrière de sable.

Streek-GR Limburgse Mijnen dans la réserve Mechelse Heide Streek-GR Limburgse Mijnen dans la réserve Mechelse Heide

Le sable blanc extrait ici est d'une qualité exceptionnelle ; il est utilisé dans de nombreuses applications, de la porcelaine aux matériaux de construction, en passant par le liant pour d'innombrables produits chimiques. Ce sable est également parfaitement adapté à la fabrication de différents types de verre.

Nous surplombons l’ancienne carrière avant de descendre au bord du plan d’eau qui s’est constitué après la fin de l’extraction.

Streek-GR Limburgse Mijnen dans la réserve Mechelse Heide, ancienne carrière de sable

Après avoir brièvement longé le plan d’eau, nous grimpons un étroit sentier pour surplomber, à nouveau, l’ancienne carrière ainsi qu’une autre qui semble encore active. Nous descendons un chemin aboutissant à une autre zone forestière et prenons, un kilomètre plus loin, sur la gauche, un chemin sablonneux montant au milieu des bruyères.

Streek-GR Limburgse Mijnen dans la réserve Mechelse Heide, ancienne carrière de sable Streek-GR Limburgse Mijnen dans la réserve Mechelse Heide

Par un escalier, nous atteignons un sommet, à 101 m d’altitude, d’où nous profitons d’un dernier beau panorama. De là, nous descendons vers le parking « Salamandre », où nous terminons, vers 16 h 30 cette belle randonnée.

Streek-GR Limburgse Mijnen entre la réserve Mechelse Heide et le parking Salamandre

Plan du parcours