GR 16 : Les Hautes-Rivières → Château-Regnault (23 km) - juin 2026
Info : nous avons effectué cette étape en deux boucles différentes de 15 et 20 km (voir plan ci-dessous) ; seule la partie GR est décrite ici.
Nous commençons cette étape au centre de Les Hautes-Rivières, à hauteur du pont (sur la D13) enjambant la Semoy ; en entrant en France, l’orthographe de la Semois a été modifiée.
Nous descendons quelques marches pour rejoindre la rivière et évoluer, sur un chemin herbeux, le long de celle-ci pendant 700 mètres. Juste avant un autre pont, nous quittons le bord de l’eau (158 m d’altitude) et montons vers la D31.
De l’autre côté de la route, nous abordons la première côte en montant la rue du Lyrie. À la fin de celle-ci, nous continuons l’ascension, en pente plus douce, sur un chemin asphalté qui n’est autre que la piste cyclable, ouverte en 2016, dénommée Trans-Semoysienne.
Cette ancienne ligne ferroviaire, reliant Monthermé à Hautes-Rivières, a été mise en service en 1901. Passant dans la vallée de la Semoy et desservant ses sites industriels, cette ligne était à voie métrique : les rails étaient écartés d’un mètre.
Dès le début de la Première Guerre mondiale, les Allemands ont démonté la voie pour récupérer les rails et couper les voies de communication. Reconstruite en 1938, et prolongée jusqu’à la frontière belge (Bohan), la ligne a cependant été fermée en 1950.
Après 900 mètres, nous abandonnons l’asphalte pour grimper (de 243 à 315 m d’altitude) un sentier forestier. À son terme, l’ascension se poursuit, pendant 1,5 km, toujours au milieu des bois, jusqu’à la maison forestière du Champ Bernard (347 m d’altitude).
Située dans une clairière, en bordure de la forêt de Château-Regnault, la construction de cette maison forestière a été décidée en 1880. Au cours de son existence, par deux fois, le site a échappé à la destruction totale.
Après une petite pause, par des sentiers, parfois escarpés, nous descendons vers la Semoy ; en 1,3 km, nous passons de 366 à 180 m d’altitude. En chemin, nous profitons de quelques beaux points de vue.
Revenus dans la vallée, à proximité du cours d’eau, nous progressons, pendant 850 mètres, sur la Trans-Semoysienne ; près du moulin de la Gire, nous découvrons la passerelle de Naux.
Implantée depuis 1900, celle-ci permettait, à l’origine, aux habitants de Naux de pouvoir prendre le train. Elle n’avait d’utilité que pour les voyageurs, car sa taille ne permettait pas le passage de marchandises.
La structure, faite de métal et de bois, a subi les affres du temps et, depuis mars 2025, elle n’est plus utilisable. Trop de défauts majeurs cumulés font que la passerelle va bientôt devoir disparaître du paysage.
Le GR 16 abandonne ici l’ancienne voie ferrée pour monter (de 165 à 315 m d’altitude) un chemin rocailleux aboutissant à une petite route. Nous marchons brièvement au bord de celle-ci avant de redescendre, toujours sur des chemins forestiers, jusqu’à la D31, à l’entrée de Tournavaux.
Les habitants de ce village, fondé en 1237, sont les Vichaux, nom issu du patois ardennais qui signifie les « Putois ». Longtemps jumelé à Haulmé, Tournavaux devint, en 1872, une commune indépendante ; ceci explique l’absence d’église dans le village.
À peine arrivé à la D31, le tracé blanc et rouge effectue presqu’un demi-tour et remonte, à travers bois, en direction de Roc la Tour. Cette ascension, la plus éprouvante de l’étape, nous fait grimper, en 1,8 km, de 216 à 408 m d’altitude.
Le massif de quartzite de Roc la Tour comporte à sa base un important éboulis de blocs pierreux. Il est essentiellement composé de trois tors (sortes de tours de sept à huit mètres d'élévation) et d’une petite paroi, dont la hauteur varie entre dix et quinze mètres.
Comme de nombreux sites naturels des Ardennes, le Roc la Tour est associé à une légende selon laquelle ce lieu serait l’œuvre du Diable lui-même. On raconte qu’un jeune homme, fou d’amour mais sans fortune, rêvait d’offrir un château à sa bien-aimée.
Le Diable lui proposa de l’ériger en une nuit, avant le chant du coq, en échange de son âme. L’accord fut scellé. Aussitôt, lutins et diablotins s’activèrent dans un vacarme infernal qui réveilla le coq, lequel chanta bien avant l’aube.
Fou furieux, le Diable détruisit le château d’un coup de sabot, ne laissant sur place que des ruines. Ces débris forment aujourd’hui le Roc La Tour mais chacun sait que ces pierres portent aussi le nom de château du Diable.
Après une pause bien méritée, nous montons encore un peu jusqu’à atteindre le point culminant de l’étape, à 422 m d’altitude. Ensuite, pendant 3,5 km, nous cheminons, principalement sur des sentiers forestiers, en légère descente.
Le tracé blanc et rouge atteint la D989 (258 m d’altitude) et nous propose, de l’autre côté, d’admirer, depuis les hauteurs, la ville de Monthermé située dans un méandre de la Meuse.
Sur 1,5 km, au gré d’un parcours (bénéficiant de nombreux bancs) sur des sentiers rocailleux, nous allons découvrir trois beaux points de vue. Le premier est celui de la Roche à Sept Heures.
Ce nom viendrait du fait qu’à sept heures (le matin et le soir), le soleil, éclairant cet éperon rocheux, lui donnerait un éclat très visible. En effet, il est constitué de quartzites, roches siliceuses compactes, qui reflètent la lumière.
Les points de vue de la Roche et de la Longue Roche, nous permettent aussi de profiter pleinement de ce magnifique paysage.
À la fin de ce sentier des crêtes, nous amorçons la descente vers Monthermé. Cet itinéraire forestier de deux kilomètres, contrairement à ce que l’on pourrait penser, est relativement aisé et se déroule principalement sur de larges chemins.
Nous parvenons au bord de la Meuse (147 m d’altitude) et marchons le long du fleuve jusqu’au pont permettant de le traverser. C’est ici que se termine « officiellement » le GR 16… mais pas notre randonnée !
Avant d’emprunter un tronçon de la liaison permettant de rejoindre le GR 12, nous effectuons un détour (1 km aller-retour) afin de découvrir, de l'autre côté de la Meuse, l’église Saint-Léger ; exceptionnellement ouverte en raison de travaux d'entretien.
L'édifice, construit vers la fin du XIIe siècle, fut pillé et incendié en 1445 par une horde de brigands (les « Ecorcheurs ») à la solde d'Evrard de la Marck.
Aux quelques éléments ayant pu être récupérés (mur nord de la nef, transept, arcs de la croisée et collatéral nord), on ajouta les cinq pans de l'abside, la tour carrée du clocher et les voûtes du chœur. Ces nouvelles parties sont de style gothique.
L'église a été consacrée, en 1452, par l'archevêque de Reims. L'édifice connut ensuite plusieurs modifications, notamment durant les guerres de Religion où il fut fortifié ; les fenêtres ont été transformées en meurtrières.
À l'intérieur, on peut observer de nombreuses fresques datant du XVIe siècle. Les premières furent découvertes en 1925, sous un badigeon qui s'écaillait à cause de l'humidité. Des campagnes de travaux et de restauration ont eu lieu entre 1961 et 1967.
La Vierge au milieu des apôtres
Le miracle des blés
Le Trône de Grâce et Saint-Nicolas (à droite)
Nous admirons aussi les fonts baptismaux du XIIe siècle, décoré de quatre figures humaines, et le maître-autel, en marbre rouge, qui aurait été réalisé en 1783 par un artiste de Charleville-Mézières, François Feuillat.
Au début de l’itinéraire de liaison, nous longeons brièvement la Meuse avant de suivre la D1, sur 650 mètres ; sur ce parcours, nous franchissons, une dernière fois, la Semoy, ici à quelques mètres de sa confluence avec la Meuse.
Nous nous engageons sur un sentier forestier qui s’élève progressivement (de 138 à 267 m d’altitude). En chemin, après 800 mètres, un petit détour nous permet de découvrir un vaste piton rocheux d’où l’on jouit d’un beau panorama sur Monthermé et la vallée de la Meuse.
Un peu plus loin, le tracé blanc et rouge sinue sur d’étroits sentiers passant entre des formations rocheuses (comme la Roche Bayard). La beauté du paysage et des points de vue fait vite oublier la difficulté de certains tronçons de ce parcours de 700 mètres.
Le tracé blanc et rouge atteint une vaste esplanade où une série de panneaux raconte la légende des Quatre Fils Aymon et du cheval Bayard. Par un escalier, nous arrivons au pied de l’imposante statue représentant les quatre frères autour de leur fameux cheval.
De là, il ne nous reste plus qu’à descendre vers le centre de Château-Regnault (138 m d’altitude) où se termine cette étape.
