Hageland : Louvain → Vertrijk (14 km) - juillet 2023
Info : pour effectuer cette étape, nous avons pris le train entre les gares de Vertrijk (400 m hors GR) et de Louvain.
À la sortie de la gare de Louvain, nous prenons, sur la droite, la Martelarenlaan qui se confond ici avec la N292. Un peu plus loin, nous pénétrons dans le parc Belle-Vue ; celui-ci a été aménagé entre les deux routes et permet un agréable cheminement en surplomb des voies ferrées.
Après avoir franchi la Koning Albertlaan et la N3, nous prenons le Stoemperspad. À hauteur d’une passerelle passant au-dessus des lignes SNCB, nous rejoignons la Brugstraat et l’empruntons sur 300 mètres. Par une autre passerelle, nous parvenons de l’autre côté des voies ferrées.
Nous descendons ensuite vers l'abbaye de Parc. Celle-ci doit son existence au comte de Louvain, Godefroid le Barbu, qui a offert, en 1129, sa réserve de chasse (d'où le nom : Parc) à l'ordre des Prémontrés. Grâce à de nombreuses donations, l'abbaye connut rapidement la prospérité.
Les moines ont défriché la région et construit de nombreuses fermes ainsi que des églises. Au fil des siècles, l'abbaye de Parc est devenue l'une des principales abbayes des Pays-Bas méridionaux. Aujourd'hui encore, son domaine couvre environ 42 ha et est un témoin historique capital.
L'intégrité de l'ensemble historique - pratiquement plus aucun élément n'y a été ajouté ou enlevé depuis la fin du XVIIIe siècle - fait de ce site l'un des complexes abbatiaux les mieux préservés de Belgique.
Nous entrons sur le site par l'imposante Porte de Saint-Norbert. En 1722, la Porte du Bois, qui protégeait, depuis 1430, le domaine abbatial contre les bandits qui se cachaient dans la forêt environnante, a été remplacée par l’actuelle Porte de Saint-Norbert ; celle-ci servait d’entrepôt à grain.
Dans la cour, on peut admirer la ferme, du XVIIe siècle, construite avec du grès et de la brique, ponctués d’éléments décoratifs baroques. L'église abbatiale, quant à elle, date du XIIIe siècle, mais a été adaptée, en 1729, au style de l'époque.
Nous passons sous la Porte de Saint-Jean qui forme un bel ensemble avec le moulin à eau, construit en 1534. Situé sur le Molenbeek, ce moulin était loué à un laïc chargé de moudre les céréales pour l'abbaye ainsi que pour les paysans de la région.
Peu avant la Porte de Sainte-Marie, qui servait d'habitation au gardien de l'abbaye, nous nous dirigeons, à gauche, vers les étangs et longeons ceux-ci sur près d’un kilomètre.
Durant le Moyen Âge, les Norbertins ont creusé deux étangs dans la zone inférieure et marécageuse de leur domaine. Vers 1700, ils ont creusé deux nouveaux étangs ; ces quatre viviers, peu profonds et situés en ligne droite les uns derrière les autres, étaient utilisés pour la pisciculture.
Nous nous éloignons du site et franchissons à nouveau, peu après, les voies ferrées (lignes 36 et LGV 2). Au-delà du tunnel, récemment décoré d’une belle fresque murale, nous parvenons à la Hoegaardsestraat suivie jusqu’au pont passant sous la N25. De l’autre côté, nous empruntons, sur 700 mètres, une voie pavée.
À l’approche de la LGV 2, nous tournons à gauche dans un chemin creux entre les terres cultivées. Nous franchissons l’Herpendaalbeek et continuons sur un chemin herbeux longeant le centre psychiatrique universitaire Sint-Kamillus.
Au début des années 1920, dans la province du Brabant flamand, il n'existait que de petits centres psychiatriques pour hommes et femmes aisés. Un grand établissement psychiatrique pour les hommes nécessiteux était nécessaire à proximité de l'Université de Louvain.
En mai 1928, une ferme (environ 64 ha) fut acquise par les Frères de la Charité. L'objectif était d'y créer un établissement pouvant accueillir 800 patients. Un atout majeur résidait dans sa situation centrale, à proximité de la gare de Korbeek-Lo et bien desservie par le tram depuis Louvain.
Le terrain acquis formait un ensemble contigu. Il comprenait des parcelles appartenant à divers agriculteurs. Il était nécessaire d'en acquérir un certain nombre. Les agriculteurs refusant de vendre, des négociations d'échange furent entamées.
Sur le plan architectural, le concept de pavillon fut retenu, un exemple emblématique de l'architecture novatrice du XIXe siècle. Le style Renaissance brabançonne constituait une option importante lors de l'élaboration des plans.
Fait unique pour l'époque, le confort des patients fut une priorité absolue : chaque bâtiment était équipé d'un chauffage central et d'un système d'eau chaude. Les travaux débutèrent en mai 1931.
Le bâtiment des bains, premier édifice construit, servit temporairement de logement aux ouvriers qui séjournaient sur le chantier toute la semaine. Le premier pavillon fut le pavillon Saint-Vincent, suivi des autres.
Puis, la construction des bâtiments secondaires commença : le bâtiment administratif, la chapelle, la blanchisserie, l'infirmerie et la résidence de l'aumônier. Une tour ornementale de 58 mètres de haut, servant également de château d'eau, fut érigée au-dessus du bâtiment administratif.
Le 4 juillet 1932, les dix premiers patients arrivèrent et furent affectés au chantier. Fin 1933, la quasi-totalité des pavillons étaient achevés et opérationnels. Chaque pavillon affichait complet un mois après son ouverture. La ferme fut le dernier bâtiment achevé, en 1935.
Un peu plus loin, nous contournons les terrains du Bierbeekse Tennisclub installés sur le domaine Wilderhof. Propriété des seigneurs de Wilder au XIe siècle, le site a ensuite appartenu à différents propriétaires, dont l'abbaye de Villers-la-Ville et l'abbaye de Parc ; depuis le XVIIIe siècle, ce domaine appartient à des particuliers.
Peu après les terrains de tennis, nous abandonnons le GR 128 et prenons, sur la gauche, le « Wolfberg ». Durant près de deux kilomètres, nous suivons ce chemin de terre (enherbé par endroits) passant tantôt dans les sous-bois, tantôt entre les terres cultivées.
Le tracé jaune et rouge rejoint la Langestraat qu’il quitte après 200 m pour emprunter un sentier encaissé. Celui-ci monte légèrement jusqu’à l’Ezelbergstraat, franchi cette rue et redescend de l’autre côté en direction de Bremt.
Dans ce hameau, peu après une petite chapelle peinte en bleu, nous parvenons à un rond-point où se dresse une chapelle plus importante. Étant situé à plus de quatre kilomètres de Bierbeek, les fidèles de Bremt cherchèrent à acquérir leur propre église en 1903.
Le doyen de l'époque jugea d'abord cette demande inutile, mais accéda à la requête. En 1912, la chapelle fut érigée en église annexe de la paroisse Saint-Hilaire de Bierbeek. Elle fut dédiée à « Notre-Dame Immaculée de Lourdes ». Le curé de Bierbeek en était le vicaire.
La messe du matin était alors célébrée tous les dimanches. Cependant, les fidèles devaient toujours se rendre à Bierbeek pour les baptêmes, les mariages et les funérailles. En raison de la baisse de fréquentation, la chapelle de Bremt a été désacralisée en 2019 ; c’est désormais une salle polyvalente.
Nous nous engageons dans la Soveneelstraat. Cette voie pavée devient rapidement un chemin de terre progressant au milieu des champs de pommes de terre et de céréales. 1,8 km plus loin, nous atteignons la Keizerstraat sur laquelle nous marchons brièvement.
Nous prenons, sur la gauche, un chemin caillouteux évoluant entre terres cultivées et prairies. Peu après les premières maisons de Vertrijk, nous empruntons, sur la gauche, un étroit sentier aboutissant dans la Brugstraat.
C’est là que nous quittons le tracé du Streek-GR Hageland afin de rejoindre, 400 mètres plus loin, la gare de Vertrijk où se termine cette agréable petite étape.
