Hageland : Vertrijk → Tirlemont (16 km) - avril 2026
Info : pour effectuer cette étape de 17 km dont 16 sur le GR, nous avons pris le train entre les gares de Tirlemont (400 m hors GR) et de Vertrijk (400 m hors GR).
Au départ de la gare de Vertrijk, nous nous dirigeons vers la Brugstraat afin de retrouver, après 400 mètres, le balisage jaune et rouge. De l’autre côté de la N234, le Streek-GR emprunte brièvement la Stationsstraat avant de suivre, vers la gauche, un sentier asphalté.
Au bord de ce sentier, nous découvrons, à côté d’une source « miraculeuse » (citée pour la première fois en 1514), une chapelle dédiée à Sainte-Lucie ; jadis, on invoquait cette sainte pour soigner les affections des yeux, de la gorge et du sang.
À Vertrijk, dans l'église Notre-Dame de l'Assomption, un autel, dédié à Sainte-Lucie, est mentionné dès 1370. L'origine de cette dévotion est probablement liée aux nombreuses épidémies de peste qui ravagèrent la région entre 1315 et 1362.
En 1796, il fut décidé de construire une chapelle, en pierre de Gobertange, au-dessus de la source. En 1971, pour des raisons de sécurité, la statue polychrome de Sainte-Lucie, datant du XVe siècle, fut replacée sur l'autel qui lui est dédié dans l'église.
Nous contournons l’église Notre-Dame de l'Assomption qui présente différents volumes, témoins des différentes phases de construction. Une première église a été édifiée entre 950 et 1020 environ.
Le clocher fut remplacé, vers 1160, par la tour en grès blanc ; la seule partie encore visible de cette première église romane. La nef a été agrandie au milieu du XIIIe siècle dans le style gothique primitif. En raison de problèmes de stabilité, elle fut reconstruite cinq siècles plus tard dans le style classique.
À la fin du XVe siècle, un chœur gothique rayonnant fut ajouté à la nef gothique, ainsi que le transept sud. Les voûtes du chœur et le transept nord n’ont été achevés qu'au XVIe siècle.
Pendant un kilomètre, nous progressons sur la Roosbeeksestraat qui s’en va, au-delà du village, vers un bois. Après celui-ci, nous abandonnons le béton pour un chemin herbeux montant (de 63 à 81 m d’altitude) entre de futurs champs de pommes de terre et des prairies.
Un kilomètre plus loin, nous descendons, en longeant un parking, vers l’E40. De l’autre côté de l’autoroute et de la LGV 2 (ligne de train à grande vitesse reliant Louvain à Ans), nous entrons dans Willebringen.
Nous traversons le village en empruntant la Torenhofstraat. Au-delà des dernières maisons, cette rue devient un chemin pavé sinuant entre les terres cultivées.
Après 400 mètres, le Streek-GR s’en va, vers la gauche, pour contourner, par les champs, un bois. Nous décidons de faire une petite infidélité au tracé en prenant le sentier traversant cette zone forestière.
Par un chemin herbeux, nous revenons sur le parcours « officiel ». Peu avant d’atteindre le village d’Hoksem, nous croisons le GR 128 qui nous tiendra compagnie pendant 6 km.
Dans la Sint-Jansstraat, presqu’en face de l’église, nous découvrons un moulin à eau. Mentionné pour la première fois en 1340, il a longtemps appartenu au chapitre de Hoksem. Ce moulin à huile, devenu moulin à grains, a été vendu, en 1798, comme bien national.
À cette époque, le moulin était équipé d'une roue à aubes et de deux meules ; la chute d'eau était de 1,91 mètre. En 1824, il était décrit comme un moulin à grains, à foulon et un moulin à ocre (pour pigments).
En 1928, la roue à aubes fut remplacée par une turbine (offrant un rendement supérieur). Au décès du dernier meunier, en 1981, le moulin cessa son activité et tomba en ruine ; en 1998, il a été acheté et restauré par des privés.
Le moulin se situe sur le Menebeek. Ce cours d'eau prend sa source à Meldert, au confluent du Jordaanbeek et du Molenbeek. Au-delà d’Hoksem, le Menebeek poursuit son cours vers Tirlemont où il se jette dans la Grande Gette.
L’église Saint-Jean est construite en pierre provenant de Gobertange et d'Overlaar ; comme l’église de Vertrijk, elle présente un aspect hétérogène. La tour, de style roman, date du XIIe siècle. Le clocher est orné d'un coq et d'une poule, une particularité unique en Belgique.
La nef unique, elle aussi romane, a été partiellement démolie pour permettre l’ajout, aux XVIe et XVIIe siècles, d’un pseudo-transept. Le chœur (légèrement disproportionné), a été construit au milieu du XIVe siècle suite à la nomination d'un chapitre de dix chanoines vers 1344.
Devant l’édifice religieux, un monument commémore Lodewijk De Vos. Lors de la Première Guerre mondiale, 15 jeunes soldats partirent pour le front, il fut le seul habitant de Hoksem à ne pas revenir ; il est décédé le 24 octobre 1914 près de Dixmude.
À la sortie du village, nous montons (de 55 à 79 m d’altitude) un chemin agricole aboutissant, après 900 mètres, à la Waversesteenweg. Au bord de cette route, on trouve un monument dédié à George Fisher Parramore, un jeune Américain de 22 ans.
Le 1er décembre 1943, l'avion dans lequel il se trouvait fut attaqué par la Wehrmacht. Grièvement blessé, il aida ses camarades à enfiler leurs parachutes avant de sauter lui-même. Un incident provoqua l'ouverture partielle de son parachute et un crash, peu après midi, dans un champ, ici, à Hauthem.
De l’autre côté de la Waversesteenweg, nous poursuivons l’ascension, sur un sentier bétonné, jusqu’au point culminant de l’étape (96 m d’altitude). Sur la gauche, nous apercevons déjà les tours des différents édifices religieux de Tirlemont.
Au sommet, sur le plateau d'Hauthem, se dresse la chapelle des Marolles. Elle a été bâtie, en 1832, par les Sœurs de la Société du Sacré-Cœur, une congrégation installée au centre d’Hoegaarden depuis 1820.
La supérieure de l'ordre était initialement sœur Maricole, d'où le nom de sœurs Maricolles ou Marolles. La chapelle consacrée à la Vierge Marie, fut nommée Klein Scherpenheuvel, car elle avait été conçue comme une réplique miniature de la basilique de Scherpenheuvel.
En 1970, les sœurs vendirent la chapelle à un particulier qui souhaitait la transformer en maison de campagne. Le caractère religieux du lieu disparut alors. En 1992, l'Agence flamande de gestion du territoire fit l'acquisition de l’édifice laissé à l’abandon.
Nous profitons d’un banc, installé dans le parc entourant la chapelle, pour effectuer la pause de midi. Plutôt que de suivre le Streek-GR et le GR 128, nous optons pour une variante plus bucolique ; nous emprunterons le tracé « officiel » lorsque nous passerons ici avec le GR 128.
Cette variante, 800 mètres plus courte, se déroulant sur d’agréables chemins creux, nous fait descendre vers le centre d’Hoegaarden (48 m d’altitude) où nous retrouvons le balisage.
Les moines d'Hoegaarden sont les premiers à découvrir la recette unique de la bière blanche, aux alentours de 1445. Cette bière trouble naît de l'omniprésence du froment, la principale céréale cultivée dans la région.
D'après certaines sources historiques, la bière blanche originale était extrêmement aigre jusqu'à ce que les moines décident d'y ajouter de la coriandre et de l'écorce d'orange.
La Blanche a créé pas mal d'effervescence à Hoegaarden. En 1726, le village comptait 39 brasseries et plus de 110 malteries. Après la Révolution française, l'amélioration du réseau routier et la popularité de la bière Pils accentuent la concurrence.
La plupart des brasseries restent toutefois actives jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. La dernière brasserie (Tomsin) ferme ses portes en 1957. En 1965, les villageois décident de réagir, histoire de ne pas perdre leur bière adorée.
Pierre Celis, installe une chaudière à houblon dans sa laiterie. Très vite, il agrandit la brasserie et s'installe dans des locaux plus spacieux qu'il appelle « De Kluis » (le cloître), un clin d'œil aux moines. En 1987, au moment où il allait commencer son exportation vers les Etats-Unis, un incendie réduit en cendres la brasserie.
La bière belge blanche originale ne pouvait pas, ne devait pas disparaître. Le salut viendra de la brasserie Artois, à Louvain, qui décide d'investir et de faire de la blanche d'Hoegaarden une marque connue dans le monde entier.
La légende raconte que la forme du verre d'Hoegaarden vient des pots à confiture. Un jour, comme il manquait de verres au village, quelqu'un a eu l'idée de les remplacer par des bocaux à confiture.
Les villageois ont trouvé la bière si bonne, sans doute à cause des restes de confiture mêlés à la bière, qu'ils décidèrent d’adopter les bocaux. Si personne ne sait vraiment pourquoi le verre a cette forme, ce qui est sûr, c'est que la forme hexagonale et l'épaisseur des parois gardent la bière fraîche plus longtemps.
Au centre d’Hoegaarden, de l’autre côté de la N221, nous suivons la Vroentestraat avant d’emprunter un sentier longeant le vaste complexe monastique Mariadal qui abrite aujourd’hui plusieurs écoles.
Nous traversons la Kloosterstraat et prenons un étroit sentier qui nous amène, en 500 mètres, au moulin Celis. Situé sur la Grande Gette, ce moulin, mentionné pour la première fois en 1340, est aussi connu sous le nom de Kleine Molen (Petit Moulin).
Les bâtiments actuels remontent à 1758. À partir de 1909, le moulin fut modernisé. Une turbine et un moteur à combustion interne furent installés, et le transport interne des céréales et de la farine fut également mécanisé. Le moulin resta en activité jusqu'en 1986. Le site est aujourd’hui aménagé en chambres d’hôtes.
Peu après ce moulin, nous abandonnons le GR 128 (nous le retrouverons lors de la prochaine étape) pour emprunter, sur 400 mètres, le RAVeL. Ce dernier est installé sur l’ancienne ligne 142 qui reliait Namur à Tirlemont via Éghezée et Jodoigne.
Par un tunnel, orné d’une belle fresque, nous passons sous la LGV 2 et l’autoroute E40. De l’autre côté, nous prenons un chemin de terre rejoignant la Grande Gette et traversant ensuite celle-ci.
Un peu plus loin, ce chemin, devenu bétonné, s’en va, entre les terres cultivées, vers la N221. Au-delà du croisement avec le Zuidelijke Ring (R27) de Tirlemont, nous continuons, pendant 300 mètres, sur cette grand-route.
Plutôt que de passer par la Biezenstraat, nous optons pour un chemin parallèle, partiellement bétonné. Nous franchissons le Menebeek (proche de sa confluence avec la Grande Gette) et passons, peu après, sous la ligne ferroviaire 36 (Bruxelles - Liège).
Là, il nous reste 400 mètres à marcher (hors GR) pour rejoindre la gare de Tirlemont.
