Promenade verte : vallée de la Woluwe (18 km) - février 2025
Info : sur base d'un tronçon de 7 km de la Promenade verte, nous avons réalisé cette randonnée, en boucle, de 18 km. Le parcours décrit ici emprunte donc de nombreuses variantes non balisées.
Au départ de la station de métro Herrmann-Debroux, nous empruntons la venelle des Blanchisseuses ; une succession de sentiers, le long de la Woluwe, à travers le « Clos des pommiers fleuris ». De l’autre côté de la rue Charles Lemaire, nous pénétrons dans le parc Seny.
Ici, dans une partie rurale mais marécageuse de la vallée de la Woluwe, Albert Seny acheta, en 1835, un moulin à eau datant du XIIIe siècle ; il transforma ce moulin à papier en teinturerie de coton.
Au début du XXe siècle, avec la construction du boulevard du Souverain, les entreprises présentes sur son tracé sont priées de déménager. Ainsi, les divers bâtiments, y compris le moulin à eau, disparaîtront peu à peu.
Longtemps laissé à l’état de friche, un projet de transformation du site voit le jour dans les années 1950. Le parc Seny (un peu plus de 3 hectares) sera inauguré en 1963, prenant le nom de l’un des derniers propriétaires de l'ancien moulin.
Pour entrer dans le parc Ten Reuken, nous n’avons qu’à traverser l’avenue du Grand Forestier. Projet du roi Léopold II, ce parc a été créé au début du XXe siècle, lors du percement du boulevard du Souverain.
Ouvert à la circulation en 1910, ce boulevard devait joindre le prolongement de l'avenue Louise à l'avenue de Tervuren et ainsi relier des villages encore isolés au cœur de Bruxelles.
Sur l’étang, alimenté par la Woluwe, une sculpture en bois, nommée « L’Arche », fait référence au moulin à eau qui alimentait autrefois la distillerie L’Espérance ; une cascade artificielle se trouve à l’emplacement de ce moulin disparu.
Le parc, et plus particulièrement son étang, est fréquenté par de nombreux oiseaux ; 16 des 18 types de chauve-souris répertoriées en Belgique en ont également fait leur terrain de chasse de prédilection.
À la sortie du parc, nous franchissons le boulevard du Souverain et montons, en face, l’avenue du Houx. Au sommet, nous entamons un tronçon d’environ un kilomètre à travers les cités-jardins « Le Logis » et « Floréal ».
À partir de 1922, deux sociétés coopératives entreprennent conjointement, dans cette banlieue, de construire quelque 1 500 habitations intégrant une série d'équipements publics et de magasins. Le Logis est créé en 1921 par des employés de la CGER et des fonctionnaires.
Le Floréal naît un an plus tard à l'initiative d'ouvriers typographes. Couvrant une superficie de 80 hectares, les deux cités se déploient sur une longueur d'environ deux kilomètres, parallèlement au boulevard du Souverain, sur une largeur moyenne de 250 m.
Elles constituent l'ensemble le plus important de logements à bon marché réalisé en Belgique entre les deux guerres. Les petites maisons, de style cottage anglais, sont caractérisées par cet enduit rugueux, de couleur grise.
Un labyrinthe de chemins piétons, serpentant entre les jardins, mène, au cœur des îlots, à des plaines de jeux abritées de la circulation et plantées d'arbres. Les deux cités ont servi à plusieurs reprises de décor pour le cinéma.
Les marques distinctives, préservées jusqu'à aujourd’hui, de la cité Le Logis sont les boiseries peintes en vert et les rues qui portent des noms d’oiseaux ; pour la cité Floréal, les boiseries peintes en jaune et les rues qui portent des noms de fleurs.
Au bout de la rue des Pêcheries, nous empruntons brièvement la chaussée de Watermael et admirons, au passage, une belle fresque. Juste après le passage sous l’autoroute E411, nous montons, à gauche, rejoindre la promenade du chemin de fer.
La construction de la ligne ferroviaire reliant la gare du Quartier Léopold (aujourd’hui Bruxelles-Luxembourg) à Tervuren s’est achevée en 1882. À la demande du roi Léopold II, en 1897, le terminus de la ligne est dévié pour que les visiteurs de l’Exposition universelle puissent débarquer juste en face du parc de Tervuren.
En 1931, elle devient la première ligne ferroviaire électrifiée en Belgique. Le succès ne se fait pas attendre, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, on y recense près de 3 millions de voyageurs par an. Pourtant, au début des années 1950, le déclin s’amorce et le 31 décembre 1958, le dernier train de voyageurs circule sur la ligne.
Désaffecté et déferré, le site est alors aménagé en sentier pédestre et les ponts sont démontés. À Auderghem, l’autoroute E411 et le métro suivent une partie du tracé de la voie ferrée, tandis qu’entre Stockel et Wezembeek, 3 km sont réutilisés par le tram depuis 1988.
La promenade, qui suit très précisément l’ancien tracé du chemin de fer, propose aujourd’hui un parcours continu d’environ 6 km entre Auderghem et Woluwe-Saint-Lambert ; des passerelles ont été construites à l’emplacement des anciens ponts.
Après un kilomètre, nous quittons cette promenade, très fréquentée par les promeneurs et les joggeurs. Nous longeons l’athénée royal d’Auderghem et montons l’avenue des Mésanges en direction d’une zone boisée ; nous y effectuons un agréable parcours, vallonné, d’environ 700 mètres.
Par le pont du Diable, nous entrons dans le parc de Woluwe où nous trouvons un banc pour effectuer la pause de midi. Nous cheminons ensuite, pendant 1,5 km, sur les larges allées de ce parc dont la création est liée à l’organisation de l’Exposition universelle de 1897.
Cette Exposition universelle devait se tenir sur le site du Cinquantenaire, mais aussi dans le domaine royal de Tervuren. Pour relier les deux zones, d’importants travaux d’infrastructures devaient être réalisés, dont la construction de l’avenue de Tervuren.
Afin de rendre cette nouvelle avenue plus belle, plus attrayante, plus verdoyante et y attirer la bourgeoisie de l’époque, le roi Léopold II voulait créer un immense parc (69 hectares) le long de celle-ci.
Le site choisi, se trouve dans le premier virage de l'avenue et dans l'angle formé par le futur boulevard du Souverain. Sur les hauteurs, la zone est boisée ; c’est un vestige de la forêt de Soignes. Le reste du périmètre est constitué de terrains agricoles et de fonds humides.
L’architecte paysagiste Emile Lainé se voit confier le projet d’aménagement ; les travaux ont lieu de 1896 à 1899. D’un terrain relativement plat, il va, grâce à d’importants travaux de terrassement, concevoir un ensemble paysager vallonné.
Le parc s'articule autour de longs chemins sinueux et est ponctués de vastes plans d’eau (alimentés par la Woluwe) et de bouquets d’arbres. Les terres excavées pour le creusement des étangs ont servi à élever le talus du nouveau tracé du chemin de fer et à modeler le relief.
Nous traversons l’avenue de Tervuren, non loin du musée du tram, et avançons, pendant 300 m au bord du boulevard de la Woluwe. Nous prenons ensuite, sur la droite, un sentier franchissant la Woluwe et se dirigeant vers le parc des Sources.
Des sources (d’où le nom du parc) alimentent un petit ruisseau qui se jette dans l’étang, creusé pendant la Première Guerre mondiale, dont le trop-plein se déverse dans la Woluwe.
Au Moyen Âge, le site dépendait de la ferme de Bovenberghe, elle-même propriété de l'Hôpital Saint-Jean. Par la suite, le domaine fut acheté par la famille de Louis Solvay qui décida d'y construire un château avec dépendances ; elle fit aménager un parc à l'anglaise.
Au décès de Louis Solvay, en 1952, l'entrepreneur Blaton acquit une partie de la propriété en vue d’y réaliser un projet immobilier, qui finalement ne vit jamais le jour ; la commune de Woluwe-Saint-Lambert acheta l'autre partie en 1963 pour en faire un parc public.
Nous progressons ensuite sur des sentiers, au bord de la Woluwe. Née en forêt de Soignes de la réunion de trois petits cours d'eau, à hauteur du grand étang de Boitsfort, elle arrose successivement les communes de Watermael-Boitsfort, Auderghem, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert.
Au-delà, la rivière pénètre en région flamande où elle se jette, après 21 km, dans la Senne à Vilvorde. Fait important à souligner, la vallée de la Woluwe constitue, malgré des aménagements parfois considérables, l'un des sites les mieux préservés de toute la région bruxelloise.
Sur ce tronçon, nous découvrons d'abord le parc Malou. Propriété des Jésuites, ce domaine rural est acquis par un banquier fraîchement anobli, Lambert de Lamberts, qui, en 1776, démolit la demeure existante, située au bord de l’étang, pour construire, plus haut dans la propriété, le château que l’on connaît aujourd’hui.
Celui-ci, comme le parc qui lui sert d’écrin, est progressivement embelli dans la première moitié du XIXe siècle par les nouveaux propriétaires. Les étangs du vallon du Struykbeek sont ainsi asséchés, l’étang principal agrandi et le parc redessiné tout en courbe selon la mode des jardins à l’anglaise.
En 1853, le directeur de la Société Générale (qui sera aussi Premier ministre de 1874 à 1878), Jules Malou, achète la demeure et le parc qui porte désormais son nom ; il y décédera en 1886. Sa descendance le cède à la commune de Woluwe-Saint-Lambert en octobre 1950.
À la sortie du parc, nous découvrons une imposante sculpture. Le sculpteur animalier Raymond de Meester de Betzenbroeck a réalisé ce « Lion rugissant » pour l’Exposition universelle de 1958. L’œuvre a été amenée à l’entrée du parc Malou pour y être visible depuis le boulevard de la Woluwe.
Un peu plus loin, nous passons à côté du moulin de Lindekemale. Sa première mention, en 1129, en fait l'un des plus anciens moulins en région bruxelloise, il appartenait alors en indivision aux familles seigneuriales de Wezembeek, de Duffel et de Woluwe. Celles-ci céderont toutes leurs parts respectives à l'abbaye de Parc à Heverlee.
Moulin à grain depuis son origine, il produira également du papier dans le courant du XIXe siècle. Au début des années 1900, la production de farine est abandonnée au profit du tabac à priser et de la chicorée, cultivés à proximité. Après son acquisition par la commune, il est converti en restaurant en 1970.
Avec le moulin du Nekkersgat à Uccle, c’est le seul moulin à eau subsistant parmi les 87 moulins de ce type qui se trouvaient en région bruxelloise au XIXe siècle.
De l’autre côté de l’avenue Émile Vandervelde, nous continuons tout droit, durant un kilomètre, sur des sentiers de plus en plus bucoliques. À hauteur de l’avenue Hippocrate, nous quittons les rives de la Woluwe et longeons l’Hof ter Musschen, l'un des plus vastes complexes agricoles anciens existant encore à Woluwe-Saint-Lambert.
Si son histoire est très mal connue, on peut toutefois affirmer qu'il ne fut jamais la propriété d'une institution religieuse. C'était, probablement, à l'origine, une simple tenure relevant de la seigneurie de Woluwe. La première phase de construction remonterait au XVe siècle, la seconde phase, la plus importante, doit remonter aux années 1740.
Réputée pour son élevage de chevaux de trait brabançons, la ferme est exploitée jusqu’en 1979 ; les prairies s’étendaient jadis sur plus de 50 ha (emplacement actuel de l’UCL). Le site semi-naturel contigu, de 10 ha, classé en 1994, forme sans doute le milieu biologique le plus riche de la région bruxelloise.
Un peu plus haut, nous découvrons un moulin à vent provenant d'Esplechin (près de Tournai) où il fut édifié vers 1767. Le docteur Duthoit, l’acheta dans les années 1930 et le restaura. En 1960, sa veuve en fit don à la commune de Woluwe-Saint-Lambert qui le transféra sur son territoire.
Partiellement détruit en 1980 par un incendie, le moulin a été reconstruit, en 1988, sur un site plus approprié, une butte artificielle. Sa présence ici est purement pittoresque ; aucun document ancien ne fournit, en effet, de trace tangible d’un moulin à vent sur le territoire de la commune.
Nous prenons un sentier en contrebas du site universitaire de l’UCL puis, au-delà d’un quartier résidentiel, nous retraversons l’avenue Émile Vandervelde. Un peu plus loin, nous admirons la chapelle de Marie la Misérable, de style gothique brabançon, qui doit son existence à une légende :
Au début du XIVe siècle, Marie, une jeune paysanne, avait décidé de vivre en recluse et de renoncer au monde. Un riche chevalier aux avances duquel elle avait résisté, la fit accuser de vol pour la faire céder ce qu’elle refusa. Il l’a fit alors juger pour vol, vagabondage et sorcellerie ; elle fut condamnée à être enterrée vivante.
Des miracles s’étant produits sur le lieu de son exécution un pèlerinage se développa nécessitant l’édification de la chapelle. Celle-ci fut longtemps la propriété des seigneurs de Stockel, dont le plus prestigieux représentant, Georges Kieffelt, s’y fit inhumer. Le marquis de la Boïssière-Thiennes la donna, en 1922, à l’ordre des Assomptionnistes qui la gère encore aujourd’hui.
Après un second passage dans le parc Malou, nous longeons le stade Falon et découvrons, juste avant de remonter sur la promenade du chemin de fer, pour un tronçon de 800 mètres, une belle et imposante fresque.
Sur ce parcours, l’artiste Daniel Steenhaut a imaginé, en 2001, la rencontre de deux tronçons de chemin de fer. Tout à coup, les voici qui prennent vie : de part et d’autre, le rail s’élève, ondule et prend forme humaine. Au point de jonction des deux tronçons, ce sont désormais un homme et une femme qui se tendent la main.
Nous empruntons brièvement la rue au Bois avant de pénétrer dans le parc Crousse. Cette ancienne propriété du docteur Crousse, médecin personnel du roi Albert Ier, a été acquise par la commune de Woluwe-Saint-Pierre, en 1976, afin d’éviter sa vente à des investisseurs immobiliers.
À la sortie du parc, nous entrons dans la cité Les Venelles, construite entre 1975 et 1977. Le complexe compte dix-sept bâtiments totalisant ensemble 364 logements. L'aménagement des lieux épouse le relief du terrain, en déclivité sur plus de vingt mètres. Le terme venelle reflète bien la conception entièrement piétonne de la cité.
Chaque logement possède ici sa propre porte d'entrée et son petit jardin ou sa terrasse. Aux étages, les couloirs et paliers ont été extraits du bâtiment et replacés en façade pour former des coursives. Ces circulations visent à créer des ruelles propices aux échanges entre voisins, comme dans un village.
Une série de sentiers nous mène jusqu’à l’avenue Edmond Parmentier. De l’autre côté, nous descendons l’avenue des Châtaigniers et arpentons ensuite le parc Parmentier.
Lorsque l’entrepreneur Edmond Parmentier se voit confier la construction de l’avenue de Tervuren en 1895, il se constitue une propriété le long de cette grande voie d’accès et du talus situé à l’angle de l’avenue qui porte aujourd’hui son nom.
La propriété se trouvant à proximité du futur parc de Woluwe, il s’engage, dans un souci de cohérence urbanistique, à l’aménager ainsi que le talus voisin, d’après un plan approuvé par l’architecte paysagiste Emile Lainé.
Les terres provenant du percement de l’avenue de Tervuren serviront à remblayer partiellement cette zone humide et, comme dans les parcs voisins, deux étangs, alimentés par un petit ru affluent de la Woluwe, seront aménagés.
L’entrepreneur ne profitera pas longtemps de sa belle maison et de son nouveau domaine : Edmond Parmentier meurt en 1910 au moment où s’achève enfin le chantier du boulevard du Souverain et les nombreux litiges qui l’ont accompagné.
Propriétaire depuis 1919, l’Etat mit le parc et ses bâtiments à la disposition de l’abbé Edouard Froidure en 1933. Les premières plaines de jeux bruxelloises y seront créées et dans la partie basse, un parc public géré par Bruxelles Environnement.
Grâce à une passerelle, au style moderne, longue de 78 m, nous franchissons aisément l’avenue de Tervuren. Cette passerelle, placée en 2001, remplace le pont du chemin de fer détruit, en 1973.
Nous apercevons le musée du tram qui rassemble une belle collection retraçant l'histoire du transport en commun à Bruxelles de 1860 à nos jours, avec plus de 90 véhicules.
Nous revenons, une dernière fois, sur la promenade du chemin de fer et marchons sur celle-ci pendant 800 m. À hauteur d’un bâtiment moderne installé à l’emplacement de l’ancienne gare d’Auderghem, nous quittons la promenade et descendons l’avenue Tedesco.
De l’autre côté du boulevard du Souverain, par un sentier, nous arrivons dans la rue du Vieux Moulin, située au bord de la Woluwe (aujourd’hui voûtée). Son nom rappelle le moulin à eau construit à la fin du XIIIe siècle par le prieuré de Val Duchesse ; il fut utilisé pour la mouture du grain jusqu’en 1918.
Nous grimpons la rue de la Pente, une ruelle étroite qui serpente entre des maisons ouvrières. Ces petites habitations en briques servaient jadis de logis aux ouvriers et ouvrières des blanchisseries. De nos jours, cette activité si typique d’Auderghem a totalement disparu.
Nous traversons la chaussée de Tervuren et prenons, en face, un autre sentier pavé aboutissant près de l’église Sainte-Anne. À l’arrière de l’édifice religieux, nous descendons la rue des Deux Chaussées et passons, en bas, la grille du parc Bergoje.
Petite partie de terre argileuse appartenant à la Forêt de Soignes, le Bergoje en a été séparé, en 1729, lors de la construction de la chaussée reliant Bruxelles à Wavre. Ce parc forme un talus boisé qui longe les méandres du ruisseau du Rouge-Cloître (Roodkloosterbeek).
Peu après la sortie du parc, nous rejoignons le boulevard du Souverain que nous suivons jusqu’à son passage sous l’autoroute E411. Nous revenons ainsi à notre point de départ, à la station de métro Herrmann-Debroux.
