Promenade verte : D'Uccle à Forest (13 km) - mars 2026
Info : sur base d'un tronçon de 5,5 km de la Promenade verte, nous avons réalisé cette randonnée, en boucle, de 13 km. Le parcours décrit ici emprunte de nombreuses variantes non balisées.
Depuis la gare d’Uccle-Stalle, située sur la ligne reliant Bruxelles-Midi à Charleroi-Central, nous devons marcher six kilomètres afin de rejoindre le tracé de la Promenade verte.
Nous suivons la rue Victor Allard puis, au-delà d’un rond-point, nous descendons la rue Gatti de Gamond pour atteindre la rue de Stalle (N261). Nous traversons cet axe routier important avant de monter le long de celui-ci sur 350 mètres.
À hauteur de la chapelle de Stalle, nous quittons cette grand-route pour emprunter la rue Camille Van Exter. La chapelle, dédiée à Notre-Dame de Bon-Secours ou Notre-Dame des Affligés, s'élevait autrefois au centre de la seigneurie de Stalle, l'une des trois entités dont la fusion donna naissance, en 1795, à la commune d'Uccle.
Remontant probablement au XVe siècle, cette chapelle, de style gothique, a été transformée plusieurs fois, notamment à la fin du XVIIe siècle. La maison du sacristain attenante, de style traditionnel en briques et pierre blanche, daterait de 1711.
Par un sentier, nous arrivons dans la rue Rittweger, suivie brièvement. Après une centaine de mètres au bord de la chaussée d’Alsemberg, nous prenons, sur la droite, le chemin des Roses mieux connu sous l'appelation ruelle d'Adem.
Cette ruelle de 70 mètres était, jadis, peu accueillante, car elle était, notamment, fréquentée par des drogués et des délinquants. Aujourd’hui, grâce à Adem, un jeune garçon de 10 ans, cette voie pavée est devenue un agréable lieu de balade, décoré de très nombreux nichoirs.
Nous avançons ensuite, pendant 350 mètres, le long de la rue de la Fauvette pour parvenir à l’entrée du parc de Wolvendael. S’étendant sur 14,5 ha, ce parc doit son origine à un domaine entourant, au XVIIe siècle, une habitation portant ce nom.
Le tracé actuel du parc est attribué au baron Janssen, qui a vendu l’ensemble du domaine à la commune d’Uccle en avril 1921. Le site compte deux hêtraies, l’une au nord, l’autre le long du ravin ; le parc dispose de nombreux sentiers ondulant entre les pelouses.
À la sortie du parc de Wolvendael, nous empruntons, sur 250 mètres, le Dieweg avant de prendre, à gauche, juste après le cimetière, la rue du Repos. Construit après la crise sanitaire de 1866, le cimetière du Dieweg a rapidement été saturé.
Laissé à l’abandon depuis 1958, le site présente des caractéristiques exceptionnelles en termes de biodiversité. Si on n’y enterre plus, il existe cependant quelques exceptions, comme pour Hergé, ucclois de renom et figure emblématique de la bande dessinée belge, inhumé ici en 1983.
Par la rue des Pêcheurs et la rue de la Pêcherie, nous atteignons la chaussée de Saint-Job, au niveau du viaduc ferroviaire : ligne reliant Schaerbeek à Hal. De l’autre côté de la grand-route et de l’ouvrage d’art, nous pénétrons dans le Kauwberg.
Jusqu’au début du XIXe siècle, le Kauwberg faisait partie de la forêt de Soignes et appartenait, en partie, à des institutions religieuses. Ce taillis de chênes et de bouleaux, entrecoupé de clairières et de landes, servait à la population locale pour le bois de feu, le pâturage et l’essartage.
Le nom « Kauwberg » dérive de « Coudenborre », signifiant « fontaine froide », en référence à une source située au nord du site, dans la vallée du Geleytsbeek. Au XIXe siècle, la physionomie du site change radicalement.
En 1822, le roi des Pays-Bas attribue la forêt de Soignes à la Société générale. Après l’indépendance de la Belgique, celle-ci vend une grande partie des parcelles forestières, entraînant un vaste déboisement. Le Kauwberg devient alors un espace agricole et pastoral.
Le sol du Kauwberg, du sable recouvert de limon argileux, est particulièrement prisé. Entre 1930 et 1950, l’exploitation industrielle transforme le relief du site. Le limon est extrait pour la fabrication de briques, cuites sur place dans de grands fours ; elles permettront l’urbanisation des quartiers environnants.
Deux grandes sablières, sont exploitées jusque dans les années 1960, modifiant également profondément le relief et laissant des traces toujours visibles dans le paysage actuel. Durant la Seconde Guerre mondiale, le Kauwberg fut défriché pour la culture de légumes de subsistance.
Après la guerre, les activités agricoles et potagères diminuèrent, permettant à la végétation spontanée de recoloniser le site. Dans les décennies suivantes, le Kauwberg échappa à plusieurs projets d’urbanisation. En 1994, 22 hectares sont classés, et en 2001, l’ensemble (53 ha) est reconnu comme espace vert.
Après un parcours d’1,2 km, à travers ce bel espace vert, bien vallonné, nous parvenons à l’avenue Dolez. Nous marchons au bord de celle-ci, durant 400 mètres, avant d’emprunter un sentier à l’arrière d’un lotissement récent.
De retour sur la Promenade verte, nous progressons au cœur d’un site semi-naturel dénommé : plateau Engeland. Ce tronçon, vallonné et sinueux, d’1,2 km, surplombe le ruisseau de la chênaie (Eikelenbosbeek), affluent du Kinsenbeek.
Via un tunnel, nous franchissons, à nouveau, la voie ferrée reliant Schaerbeek à Hal pour rejoindre le Borreweg ; celui-ci porte bien son nom. En effet, « borre » signifie « source » en flamand et plusieurs ruisselets, alimentant le Kinsenbeek, naissent ici.
Sur la droite du chemin, nous découvrons l’une de ces sources : la Rinsenborre. Un peu plus loin, nous pénétrons, sur la gauche, dans la réserve naturelle Kriekenput ; nous traversons cette dernière grâce à un sentier, en dalles de pierre. Après 150 mètres, nous arrivons dans la rue Engeland.
Plutôt que de rester, comme la Promenade verte, le long de cette rue pavée, nous continuons tout droit dans la réserve naturelle Kinsendael. Le sentier traverse d’abord le Groelsbeek qui reçoit, peu après, les eaux du Kinsenbeek.
Au-delà de la confluence, nous continuons sur ce sentier, en caillebotis, puis en rondins de bois, au bord du Groelsbeek. Les deux ruisseaux, autrefois renvoyés au collecteur, réalimentent, depuis 1995, le Geleytsbeek de leurs eaux pures.
La réserve naturelle du Kinsendael et ses extensions à l’est, le Kriekenput et la propriété Herdies, forment sur près de 10 hectares, un espace semi-naturel d’une remarquable diversité (forêt marécageuse ou mélangée, prairie humide ou à hautes herbes, vergers abandonnés, friches, sources, ruisseaux, étang).
Ce site, dont les premières mentions remontent au XIVe siècle, a bien failli disparaître en 1960, lorsque la Compagnie Immobilière de Belgique l’acheta dans l’intention de construire, une fois le site drainé et les sources mises à l’égout, 31 000 m² de bureaux et logements.
Si le projet est heureusement abandonné, en 1974, une nouvelle menace voit le jour. Le site pourrait alors être intégré dans le projet du percement du ring sud de Bruxelles. Les autorités communales d'Uccle soucieuses de préserver le calme du quartier décident de l’inscrire en zone d'espace vert.
Cinq ans après, la procédure est acceptée, le Kinsendael-Kriekenput est sauvé ; le site, pas entretenu, retourne progressivement à l'état sauvage. En mars 1988, il est acheté par la Région de Bruxelles-Capitale qui, trouvant le site d'un grand intérêt écologique, lui accorde le statut de réserve naturelle en juin 1989.
De retour sur la Promenade verte, après ce petit détour bien agréable, nous suivons la rue Engeland jusqu’à un vaste giratoire installé sous l’imposant viaduc ferroviaire de la ligne Bruxelles-Midi - Charleroi-Central.
Là, nous prenons le chemin aménagé, dans le cadre de la Promenade verte, à travers la plaine du Bourdon. Le toponyme du lieu ne fait ni référence à la cloche, ni à l’insecte, mais à un ancien hameau appelé Den Horzel, dont la traduction française n’est pas juste.
Horzel est lui-même une déformation d'Eusel (nom encore donné au hameau au XVIIe siècle) dont la signification ne renvoie pas du tout à un insecte, mais à une prairie entourée d’un bois. Autrefois, il y avait ici un moulin à eau et une brasserie ; ils ont été détruits en 1971 dans l'optique du prolongement du ring.
L'espace, laissé à l'abandon, a finalement été aménagé par Bruxelles Environnement, en 2011. Depuis ces travaux, le Geleytsbeek coule à nouveau à l’air libre. Autrefois, pas moins de onze moulins (recensés en 1686) se dressaient sur une distance d'à peine trois kilomètres, le long de ce cours d’eau, sur le territoire d’Uccle.
De l’autre côté de la chaussée d’Alsemberg, nous continuons le cheminement, non-loin du ruisseau, dans le Keyenbempt. Ce site était probablement déjà défriché à la fin du Moyen Âge puisque ce terme, signifiant « prairie argileuse », apparaît dans un écrit de 1435.
Le projet de construction du ring sud de Bruxelles a sauvé le Keyenbempt de l’urbanisation. Se trouvant sur son tracé, le site et les terrains environnants ont été expropriés par l’État, en 1968. Face à l’opposition de la population et au veto de la commune, le permis de bâtir ne fut jamais délivré.
La zone resta en l’état pendant plusieurs décennies. Des riverains y installèrent leur potager, tandis que d’autres la considérèrent comme une décharge. Pour beaucoup, les bois devinrent une aire de jeux.
Même s’il ne fait pas partie du Keyenbempt, le moulin du Neckersgat n’en constitue pas moins l’un des attraits. Classé en 1977, puis restauré en 2011, il est le dernier exemple des nombreux moulins qui utilisaient la force motrice du Geleytsbeek pour faire tourner leur roue.
La présence d’un moulin est attestée depuis le XIVe siècle, il appartenait alors à l’abbaye d'Affligem qui l'utilisait pour moudre le grain. En 1636, les moines vendent le site qui devient un moulin à papier. Trente ans plus tard, il est transformé en moulin à huile.
La famille Gaucheret, à l’origine de ce changement, conservera le moulin pendant près de 250 ans. À partir de 1745, les meules du moulin broieront à nouveau le grain, et ce jusqu’en 1918, date à laquelle elles cesseront définitivement de fonctionner. Depuis 1970, il est la propriété de la commune d’Uccle.
Les bâtiments sont caractéristiques de l'architecture brabançonne du XVIIe siècle (un millésime est daté de 1667), avec une cour centrale autour de laquelle sont disposés l`ancienne maison du meunier, les dépendances et les bâtiments abritant la machinerie.
Peu après le moulin du Neckersgat, nous tournons à droite pour rejoindre la rue de l’Étoile. La Promenade verte s’en va ensuite sur un chemin bétonné, aménagé entre un parking et le terminus d’une ligne de tram.
Nous traversons la rue de Stalle, à proximité d’un rond-point, et continuons sur le même revêtement durant 500 mètres. Ce tronçon, longeant des installations sportives, se termine à hauteur du dépôt de tram Marconi, inauguré en 2018. D’une superficie de 27 000 m², il permet d’entreposer 75 trams ; le dépôt dispose de 22 voies.
Nous franchissons la chaussée de Ruisbroek pour rejoindre le dernier parc de cette courte étape : le Bempt. Ce parc communal occupe environ 5 hectares d’une ancienne plaine humide beaucoup plus vaste, qui s’étendait de la chaussée de Neerstalle à la Senne.
Au début du XXe siècle, la plaine du Bempt, était encore occupée par quelques fermes, des pâtures et des cultures maraîchères. Le mot bempt lui-même signifie d’ailleurs pré ou prairie.
Au fil du temps, l’ancienne plaine s’est réduite pour faire place à des activités industrielles et à des infrastructures : au nord, l’usine Volkswagen, devenue Audi ; à l’ouest, les nombreuses voies de chemin de fer vers la gare du Midi puis, dans les années 1960, le ring de Bruxelles.
Dans les années 1970, une partie de la plaine fut terrassée afin de construire un échangeur autoroutier qui n’a finalement jamais été aménagé. Cet espace a été reconverti en terrains de sport. Autre trace de ces imposants travaux, le grand étang artificiel est en fait le bassin d’orage de l’échangeur routier abandonné.
Depuis 1984, le petit train de Forest circule sur une voie de 2,2 km de long. Plusieurs locomotives à vapeur, diesel et électriques ont été recréées à l'échelle 1/8, en respectant scrupuleusement les caractéristiques des modèles réels. Il est possible de prendre place à bord des wagons pour une balade dans le parc Bempt.
Au terme de ce chemin en béton, construit entre 2009 et 2010, pour la Promenade verte, nous quittons le parcours balisé. Afin de rejoindre le point de départ à la gare d’Uccle-Stalle, il nous faut marcher 1,3 km à travers des quartiers résidentiels.
