GR 128 : Hoepertingen → Tongres (20 km) - mai 2026
Info : pour effectuer cette étape de 22 km dont 20 sur le GR, nous avons pris le bus De Lijn 23 entre Tongeren [Station] (1,5 km hors GR) et Hoepertingen [Kruispunt] (300 m hors GR).
Depuis l’arrêt de bus, nous n’avons que 300 mètres à marcher, le long de la N79, pour rejoindre le tracé blanc et rouge. De l’autre côté de la grand-route, nous progressons, pendant un kilomètre, sur des chemins bétonnés, au milieu des vergers.
Nous avons ensuite droit à un bref tronçon (600 m) sur un chemin de terre avant de retrouver le béton sur lequel nous allons cheminer pendant près de sept kilomètres !
La majeure partie de ce parcours, presque rectiligne, se passera sur la « Romeinse Kassei », une ancienne voie romaine qui reliait Tirlemont à Tongres. Au début de ce long chemin, fort fréquenté par les cyclistes, nous découvrons la « Zwevende kapel ».
Cette « Chapelle flottante », a été fabriquée à partir de cerisiers (plantés dans les années 1960), qui ont été victimes d’une maladie virale provoquant la formation de cerises petites et sans saveur.
Depuis 2017, ces 90 arbres abattus ont une seconde vie grâce à l’artiste Frits Jeuris qui s’est inspiré de la chapelle d’Helshoven. 600 m plus loin, le GR 128 atteint précisément le hameau de Helshoven avec sa charmante chapelle.
Vers 1254, le frère du comte de Loon fonda ici un prieuré-hôpital pour les pèlerins de passage, desservi par les Hospitaliers de Saint-Jean. Un oratoire dédié à Notre-Dame fut construit à l'emplacement de la chapelle actuelle.
En 1317, ils vendirent tous leurs biens d'Helshoven au commandeur de l'Ordre Teutonique à Bernissem (Saint-Trond). Le prieuré disparut dès le début du XVIIe siècle et fut remplacé, vers 1674, par un ermitage, à la demande du premier ermite, Gerardus van Deventer.
Pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans (vers 1574), la chapelle a été détruite par un incendie. Edmond Godfried van Bocholtz, grand commandeur d'Alden Biesen, la fit reconstruire vers 1661.
Au-dessus de la porte, ces armoiries et une inscription commémorent la reconstruction. Suite au décès, en 1908, du dernier ermite, Andreas Gielen, l’ermitage fut démoli en 1925. La chapelle a été restaurée plusieurs fois ; la dernière remonte à 1995.
Le chemin bétonné monte ensuite, entre les vergers, pour atteindre, après 1,5 km, le Tjenneboom. Ce peuplier blanc solitaire se situe au carrefour de quatre anciennes communes : Helshoven, Gotem, Mettekoven et Voort.
Cet emplacement, au point culminant (92 m) d'un paysage agricole ouvert, est typique d'un gibet qui, autrefois, se situait souvent à la périphérie d'un village ou au sommet d'une colline. De par sa position, il est visible de partout et sert ainsi de point de repère dans le paysage.
Le nom Tjenneboom remonterait au XVIIe siècle et ferait référence à « Tjenne la sorcière ». On pense qu'il s'agit de Johanna ou Anna Machiels qui, après un procès de plus de deux ans, fut accusée de sorcellerie et brûlée vive à cet endroit en 1667.
La peine de mort fut prononcée au pied d'un tilleul géant, environ 100 mètres plus bas, et le bûcher eut lieu au sommet. Après la mort de Tjenne, le tilleul prit le nom de « Tjenneboom » dans la tradition et les écrits.
À la fin du XIXe siècle, le tilleul mourut de vieillesse et un peuplier prit racine à proximité. En 1945, la foudre frappa l'arbre, déchirant son tronc de la cime jusqu'aux racines. Quinze ans plus tard, des enfants qui jouaient mirent le feu à l'arbre, qui s'embrasa.
Le 22 avril 1970, un troisième peuplier blanc, également nommé Tjenneboom, fut planté. Plus tard, un monument dédié à Tjenne fut érigé près de l'arbre, symbolisant son ascension au ciel et appelant à la tolérance. À côté, un poteau annonce le croisement avec le GR 564.
Le chemin, toujours rectiligne, descend jusqu’à un rond-point, à l'entrée du village de Voort. Là, nous continuons, pendant 600 mètres, sur l’asphalte et devinons, sur la gauche, le château de Tornaco.
Peu après une chapelle dédiée au Christ-Roi, datée de 1934 (sur la clé de voûte), nous retrouvons le chemin bétonné. Pendant 2,3 km, nous avançons entre champs et vergers, en légère montée (de 62 à 114 m d’altitude).
Ce parcours, un peu monotone, se termine au Bollenberg. Juste avant, dans un pré, une œuvre d’art d’Hans Lemmen rappelle l’importance de la Hesbaye et de son paysage unique pour les Romains.
Au bord de la voie romaine, l'artiste a disposé cinq bancs et chaises longues en béton couleur terre cuite, évoquant la forme typique d'une villa romaine. Sur ces bancs, des informations complémentaires sur les domaines romains découverts dans la région sont disponibles.
Sur le Bollenberg, l’attraction principale, c’est l'église transparente du duo d'architectes belges Gijs Van Vaerenbergh. « Reading between the Lines » fait 10 mètres de haut et est constituée de 100 fines couches d’acier empilées de manière à former la silhouette d'une petite église typique de la région.
La construction, inaugurée en septembre 2011, pèse un peu plus de 30 tonnes. Le mode de construction fait que le paysage demeure toujours visible à travers l'église, et ce, aussi bien de loin que de près. Suivant l’endroit, l'édifice paraît présent ou (partiellement) absent du paysage.
Au-delà de ce site touristique, nous empruntons un sentier évoluant d’abord entre deux haies, puis au milieu des prairies, en direction de l’église de Groot-Loon, dédiée à Saint-Servais.
De l'église romane du XIIIe siècle, seules subsistent les fondations de la tour et de la nef. Un chœur gothique fut ajouté au XIVe siècle. La partie supérieure de la tour contient, côté est, une pierre datée de 1616. La partie supérieure de la nef date du XVIIIe siècle.
Par un agréable chemin herbeux, nous quittons le village et descendons franchir, un peu plus loin, la N79.
De l’autre côté de la grand-route, nous montons (de 103 à 112 m d’altitude) une voie bétonnée avant d’aborder un tronçon de 2,5 km, en légère descente. Ce parcours, entre prairies et cultures fruitières, alterne sentiers et chemins de terre.
Nous suivons et traversons ici deux ruisseaux qui sont des affluents du Mombeek (nous franchirons ce cours d'eau à la sortie de Haren) : le Bollenbeek qui prend sa source à Groot-Loon et le Marmolbeek qui débute près de Bommershoven.
Le GR 128 passe dans le village de Haren où nous effectuons une petite pause, près de l’église dédiée à Saint-Pierre. La nef gothique, datant du XVe siècle, repose sur des fondations romanes.
Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, la façade a été entièrement reconstruite en briques en alternance avec des bandes de marne. Si la nef est restée en marne, le chœur a, lui, été entièrement reconstruit en briques dans le dernier quart du XVIIIe siècle.
Après avoir franchi le Mombeek (affluent de l’Herk et sous-affluent du Demer), qui prend sa source près de Widooie, nous montons un chemin pavé. Au sommet, nous débutons un tronçon de près de deux kilomètres, sur des chemins bétonnés, au milieu des champs.
Nous traversons ensuite tout le village de Piringen avant de pénétrer dans la zone forestière dénommée Beukenberg. Cet agréable parcours 1,5 km, sur des chemins de terre se termine au niveau de la Legioenenlaan.
Là, nous quittons le tracé blanc et rouge pour rejoindre, après 1,5 km, la gare de Tongres située à l’autre bout de la ville.
