Promenade verte : entre Senne et Woluwe (20 km) - mars 2025
Info : sur base d'un tronçon de 7,5 km de la Promenade verte, nous avons réalisé cette randonnée, en boucle, de 20 km. Le parcours décrit ici emprunte donc de nombreuses variantes non balisées.
Nous commençons cette boucle, vers 10 h, sur l’Alfons De Cockplein, au centre de Diegem. Sur cette place, nous admirons l’imposante église Sainte-Catherine-et-Saint-Corneille.
De style gothique tardif, l’édifice a été construit, entre 1450 et 1543, à l’initiative de moines d’Aix-la-Chapelle, en moellons provenant des carrières locales. La flèche (64 mètres de haut) date de 1654 et est unique dans le paysage belge ; sa forme pourrait faire penser à une tiare papale.
Avant d’entrer dans le parc communal, nous découvrons le « Margapaviljoen ». Du château médiéval, entouré de douves, il ne reste que ce bâtiment d'entrée en grès datant du XVe siècle. Le nom actuel fait référence au dernier propriétaire privé, August Ulric Marga, qui acheta le bâtiment en 1902.
À la sortie du parc, nous nous dirigeons vers la gare de Diegem où nous franchissons les voies grâce au passage souterrain. Après 200 m dans la Victor Sevranckxstraat, nous quittons la zone urbanisée pour évoluer dans le « Bessenveld ».
Cet espace vert, de 27 ha de terrain constructible, était destiné exclusivement aux activités liées à l'aéroport telles que les immeubles de bureaux, les hôtels, les entreprises. Ces dernières années, de nombreux projets ont été élaborés pour développer la zone, mais ils ont toujours rencontré la résistance des résidents locaux.
Au terme de ce parcours, nous empruntons la Bessenveldstraat avant de monter sur un pont (inauguré en octobre 2024). Avec ses 710 mètres de long et 7 mètres de large, il s'agit du pont destiné à la mobilité douce le plus long de Belgique, il doit permettre aux cyclistes et aux piétons de se rendre de manière rapide et sûre de Zaventem à Machelen.
Nous progressons ensuite, pendant 600 mètres, sur un chemin bétonné, au milieu des champs. Par un chemin de terre, en bordure d’un quartier résidentiel, nous parvenons au boulevard de la Woluwe. De l’autre côté de la grand-route, nous traversons la Woluwe et pénétrons dans le parc Woluwedal.
Ici, en 2021, la rivière, en grande partie canalisée et enterrée, a été ramenée à la surface et élargie pour lui donner un profil sinueux. Non seulement le risque d’inondation diminue, mais le nouveau parc constitue également un atout majeur pour la biodiversité locale.
La Woluwe a été dotée de berges naturelles et les terrains de gazon artificiel et de football adjacents ont été transformés en un parc avec 1,3 hectare de forêt.
Durant 2,7 km, nous marchons à proximité de la rivière ; tantôt sur des chemins gravillonnés ou de terre, tantôt sur des caillebotis. Cet agréable tronçon n’est hélas pas continu, car il coupe plusieurs axes routiers (N2 et E40 notamment) où nous devons emprunter des pistes cyclables.
Arrivés près de l’Hof ter Musschen, nous retrouvons l’itinéraire de la Promenade verte que nous allons maintenant suivre presqu’en continu durant 7,5 km. Nous retraversons le boulevard de la Woluwe et montons dans le Clos Hof Ten Berg.
Au début de celui-ci, nous passons devant l’Hof ten Berg qui est probablement la plus ancienne et plus grande ferme de Woluwe-Saint-Lambert. Elle appartenait depuis ses débuts (avant 1117) à l’abbaye bénédictine de Forest et gérait un domaine de plus de 100 hectares dont dépendait un moulin à eau aujourd’hui disparu.
Devant son nom à la pente sur laquelle il se trouve, le site fut morcelé, dans le courant du XIXe siècle. Deux vestiges subsistent du vaste domaine de l’époque : la partie réservée à l’habitation (daté de 1750) et les écuries transformées en petites maisons ouvrières.
De l’autre côté de la N294, au bout de la rue d’Aragon, nous montons un escalier et évoluons ensuite, pendant un kilomètre, sur le plateau du Val d’Or. Après avoir été une zone agricole, ce plateau a été exploité comme carrière de sable et d’argile dans les années 1930.
Après la Deuxième Guerre mondiale, les zones excavées furent remblayées par des déchets ménagers et de voirie. Le terrain fut ensuite recouvert de terre. Une végétation spontanée s’est développée et le plateau est retourné à un état semi-naturel.
Laissée à l’état de friche depuis la fin des années 1970, la zone acquit une grande qualité biologique en raison de la diversité des biotopes. Si une partie de la zone a été lotie, près de 6 hectares constituent le parc du Val d’Or, aménagé en 2022.
Nous descendons jusqu’à la place de la Sainte Famille, où se dresse une église au style moderne, avant de longer, sur un sentier dallé, le parc de Roodebeek.
Cet espace urbain couvre une superficie de 4,5 ha. Constitué par la fusion des parcs de deux propriétés, il a été ouvert au public en 1948. Une partie du site fut exploitée comme carrière de pierre et de sable qui, dans les années 1880, fournissait les matériaux nécessaires au pavage des rues de Bruxelles.
Les fortes pentes que l’on peut observer aujourd’hui sont les séquelles de cette carrière. Le parc présente un mélange d’essences datant de l’époque où il était un domaine privé et d’espèces indigènes colonisant progressivement le sol en donnant un aspect naturel à l’ensemble des massifs.
Entre la sortie du parc et l’E40, nous progressons, sur des sentiers asphaltés, au milieu du quartier des Étoiles. Jusqu’au début des années cinquante, cet endroit n’était que friches et prairies. Les premiers logements, datant de 1954, furent ceux du quartier des Constellations.
Le quartier des Pléiades a été construit au début des années soixante pour reloger les expatriés belges du retour du Congo après l’indépendance de celui-ci. Le quartier du Capricorne suivit en 1963-1964 enfin, le quartier Andromède remonte aux années septante.
Ces quartiers ont un style architectural propre, mais ont tous été bâtis dans l’esprit des cités-jardins. La plupart des maisons ont donc leur jardin et des venelles sillonnent l’ensemble. Certaines maisons ont été pourvues d’un garage dès l’origine et étaient donc destinées à héberger des familles possédant déjà une voiture.
De l’autre côté de l’autoroute, nous suivons l’avenue Léon Grosjean avant de traverser le parc de l’Argilière. À la sortie de ce dernier, nous abordons le tronçon le moins intéressant de l’étape. Par la rue Hugo Verriest, puis l’avenue du Cimetière de Bruxelles, nous parvenons après un kilomètre devant celui-ci.
En juin 1784, l’Empereur Joseph II promeut un décret visant à prévenir l’insalubrité en interdisant d’ensevelir les morts près des églises. Ce décret ordonne également d'entourer les cimetières d'un mur d'enceinte et leur désaffectation à l'intérieur des villes.
Les paroisses de la Ville de Bruxelles s'associent pour ouvrir trois nouveaux cimetières à Saint-Josse-ten-Noode, Saint-Gilles et Molenbeek-Saint-Jean ; le cimetière de Laeken reste le seul autour de son église.
En 1804, un décret napoléonien confie aux communes la gestion des cimetières. Le principe de concession à perpétuité apparaît, offrant aux familles l’occasion de faire édifier de véritables monuments commémoratifs, parfois très coûteux, destinés à perdurer.
À cette même époque, les « nouveaux » cimetières deviennent exigus et l’urbanisation croissante empêche toute possibilité d’extension. En juin 1874, le collège communal décide d’acheter 30 hectares de terrain, sur la commune d’Evere, afin de créer un vaste cimetière principal, imaginé comme un parc paysager.
Une acquisition supplémentaire de terrain portera rapidement la superficie totale à 38 hectares. Le cimetière est traversé par de larges avenues reliant d’importants ronds-points sur lesquels sont édifiés les monuments funéraires les plus imposants. Les parcelles sont délimitées par des haies le long des chemins sinueux.
Neuf cents sépultures de notables sont transférées des trois anciens cimetières désaffectés vers le nouveau cimetière. Inauguré en août 1877 par le bourgmestre Jules Anspach, le cimetière est toujours en activité aujourd’hui.
Sépultures de Charles de Brouckère & Jules Anspach
Mémorial aux victimes de l'incendie du magasin À l'Innovation
Monument aux Britanniques morts durant la bataille de Waterloo
Après une promenade, d'un kilomètre, dans le cimetière de Bruxelles, nous revenons sur le parcours et suivons sur 900 m, le long de ce dernier, la rue de l’Arbre Unique dont une portion est constituée d’anciens pavés.
Au-delà d’un petit parc, nous traversons l’avenue Léopold III et, plutôt que de suivre la Promenade verte, nous prenons, sur la droite, les allées du Languedoc jusqu’au petit pont piétonnier permettant de franchir la ligne de chemin de fer 26 (Schaerbeek - Hal).
Près de la maison communale d’Evere, nous descendons la rue Leekaerts (un escalier) puis, après avoir traversé la chaussée de Haecht, nous empruntons, sur 400 mètres, la rue de Paris.
De retour sur la Promenade verte, nous arpentons le parc du Bon Pasteur issu de la fusion de deux anciens espaces verts : le parc Saint-Vincent (au nord) et le parc du Doolegt (au sud). Ce dernier abrite une mare alimentée par le Doolegt.
Couvrant une superficie de plus de 14 ha, ces parcs sont reliés par deux tunnels piétons. Nous marchons brièvement dans la zone boisée de l’ancien parc Saint-Vincent puis, nous abandonnons la Promenade verte pour descendre vers la réserve naturelle du Moeraske.
Lors de la construction, entre juin 1834 et mai 1835, de la ligne de chemin de fer entre Bruxelles et Malines, les premiers aménagements affectent la vallée du Kerkebeek. En 1866, pour raccourcir le trajet entre Bruxelles et Liège, une seconde ligne ferroviaire est bâtie entre Schaerbeek et Louvain.
À partir des années 1900, les Chemins de fer de l'État belge aménagent, dans la plaine entre le Kerkebeek et la Senne, une gigantesque gare de formation dotée d'une remise à locomotives et d'installations de garages et de réparation.
Au début des années 1980, afin de construire le prolongement de l'autoroute A1 vers le centre de la capitale, des remblais (des ordures recouvertes de terre) sont érigés tout le long de la rive droite du Kerkebeek et ce, jusqu'à hauteur du parc Walckiers.
Une partie de l'assiette (qui deviendra le parc du bon Pasteur) est déjà construite lorsque les travaux sont laissés à l'abandon. Un bassin régulateur pour récolter les eaux des nombreuses sources avoisinantes n'a pas encore été affecté par les travaux ; il est devenu un étang et, avec le temps, le marais du Moeraske.
En 1984, l'Agglomération bruxelloise décide de classer les 14 hectares du site en zone verte à haute valeur biologique. En mars 1995, la Région de Bruxelles-Capitale classe les 4,5 hectares du marais en réserve naturelle.
À la sortie de ce site bien agréable, nous continuons, le long du Kerkebeek et des lignes ferroviaires, sur une succession de sentiers, jusqu’à la gare d’Haren-Sud. Peu après, nous franchissons les voies de la ligne 36 (Bruxelles - Liège).
Depuis 2003, entre Bruxelles et Louvain, deux voies rapides (à 200 km/h) ont été insérées entre les deux voies dites « lentes » sur lesquelles circulent les convois qui desservent les arrêts intermédiaires.
Nous empruntons le sentier de la Glaisière, en surplomb de la ligne SNCB 26 (déjà traversée précédemment) puis, près du cimetière d’Haren, nous franchissons les voies ferrées. Par la rue de l’Osier fleuri (un sentier asphalté), nous revenons le long de la ligne 36.
Via la chaussée de Haecht, nous passons par-dessus les voies ferrées et prenons, juste après, le Nijserenweg évoluant parallèlement à la ligne SNCB. Par la Kosterstraat, nous franchissons une dernière fois les rails pour rejoindre, 300 m plus loin, le centre de Diegem.
