Les Randos de Fred & Paul

Groene Gordel : Perk → Grimbergen (16 km) - octobre 2016

En ce beau dimanche ensoleillé, nous commençons, vers 10 h 15, la dernière étape du Streek-GR Groene Gordel. Depuis le centre de Perk, nous devons d’abord parcourir 600 mètres afin de retrouver le balisage jaune et rouge.

Nous suivons un chemin gravillonné, entre deux terres cultivées, avant de tourner à droite et d'emprunter une sente herbeuse au milieu d’un bois. Un peu plus loin, nous croisons le Streek-GR Dijleland ; les deux parcours seront communs pendant 6,5 km.

Streek-GR Groene Gordel entre Perk et Elewijt

En suivant le Hoofdbosweg, nous traversons le Snijsselsbos en quasi ligne droite et rejoignons la rivière : Barebeek. Nous passons ensuite à côté d’une école et atteignons le centre d’Elewijt où nous effectuons une première pause, devant l’église.

Streek-GR Groene Gordel dans le Snijsselsbos

La paroisse, probablement apparue au IXe siècle, est dédiée à Saint-Hubert, le saint patron des chasseurs et des forestiers. L’église actuelle, de style néogothique, a été construite en 1847, mais la tour remonterait au XIIe siècle.

Au XVIe siècle, Elewijt devint un lieu de pèlerinage important en l’honneur de Saint-Hubert que l’on invoquait principalement contre la rage. Une procession attire encore chaque année, le lundi de Pentecôte, de nombreuses personnes.

Elewijt, église Saint-Hubert

Nous traversons la N227 et quittons Elewijt en empruntant l’Eppegemsesteenweg. À l'intersection de cette chaussée avec la Waversebaan, peu avant de passer sous l’autoroute E19, nous croisons le GR 128 avec qui nous cheminerons pendant 3,5 km.

Streek-GR Groene Gordel, Streek-GR Dijleland, GR 128 Streek-GR Groene Gordel : passage sous l'E19 à Elewijt

Le long de la Steendreef, une allée bien arborée, nous découvrons une demeure construite en 1735 : Het Neerhof, une ancienne ferme dépendant du château « Het Steen » vers lequel nous nous dirigeons.

Elewijt, Steendreef Elewijt, Het Neerhof

À l’origine, cette motte féodale, avec une tour en pierres, faisait partie de la ceinture défensive de la « Terre de Grimbergen » érigée contre les ducs de Brabant. Le premier résident connu du château « Het Steen », et peut-être son constructeur, est Arnoldus de Wilre en 1304.

Cependant, son propriétaire le plus célèbre est Pierre Paul Rubens qui l'achète en 1635, avec sa seconde épouse, et le fait transformer en un château de style Renaissance flamande. Après la mort de Rubens, en mai 1640, son épouse continua d’habiter le château.

Elewijt, Rubenskasteel

En face du domaine, on trouve l'ancien moulin à eau du château. Le célèbre architecte Laurent-Benoît Dewez acquiert « Het Steen », en novembre 1777, et prend l'initiative de construire un moulin à eau sur le Barebeek.

Ce projet reçoit beaucoup d'opposition des villes de Bruxelles et Malines, ainsi que du seigneur de Perk, qui craignent la concurrence pour leurs moulins et parce que celui-ci est, selon eux, préjudiciable à l'écoulement de l'eau. L’autorisation de bâtir est accordée en 1779.

Elewijt, ancien moulin du Rubenskasteel

La Steendreef nous mène jusqu’à la N270 que nous suivons brièvement. Nous prenons ensuite la Steenvaartdreef ; une drève rectiligne de 600 mètres occupant l’emplacement d’un ancien petit canal qui reliait « Het Steen » à la Senne.

Une partie de ce chemin a été asphaltée, mais il reste heureusement une bande gravillonnée sur la gauche. Au bout de ce chemin, près de la Senne, nous trouvons un banc où nous installer pour pique-niquer.

Cette rivière prend sa source à une quarantaine de kilomètres de Bruxelles, près de Soignies. Ses eaux traversent Rebecq, Tubize et Hal avant d’atteindre Bruxelles. À la sortie de la capitale, la Senne coule vers Vilvorde et Zemst puis se jette, après 103 km, dans la Dyle.

Elewijt, Steenvaartdreef

Sur la droite, nous apercevons les vestiges d’une écluse médiévale qui, dès le XIIIe siècle, joua un rôle important dans la régulation du débit de la Senne. Le site se composait d’une tour de pierre, qui faisait office de poste de péage, et d’un moulin ducal.

En 1910, les digues étaient devenues si fragiles et la vie aux abords de la rivière polluée tellement insoutenable que le moulin cessa définitivement ses activités de meunerie.

En août 1914, le complexe a été détruit par les Allemands et n’a jamais été reconstruit. Seul le moulin a été épargné, mais il fut peu à peu dépouillé de ses pierres, qu’on utilisa à d’autres fins.

Zemst, Weerdemolen

Nous suivons la Senne sur une centaine de mètres avant de prendre un sentier asphalté qui nous mène, à travers la campagne, vers Eppegem. Après le passage sous la voie ferrée (Bruxelles - Anvers) et la traversée de la rivière, nous arrivons au centre du village.

Alors que d’habitude en Flandre, à chaque croisement de sentiers de grande randonnée, il y a un poteau directionnel ; ici rien n'indique que nous nous séparons du GR 128 et du Streek-GR Dijleland.

Nous suivons malheureusement le mauvais balisage et ce n’est qu’un kilomètre plus loin que nous constatons que nous n'allons pas dans la bonne direction ! De retour sur la bonne piste, nous empruntons la Rekelstraat pendant 1,5 km.

La suite du parcours, jusqu’au canal, est plus agréable. Elle s'effectue sur un chemin herbeux au milieu de la zone naturelle « Dorent-Nelebroek », située sur les territoires de Zemst (Eppegem) et de Vilvorde.

Dans cet espace d’environ 80 ha, on a recensé pas moins de 200 variétés de plantes et 70 espèces d’oiseaux. Ce beau tronçon évolue à l’arrière du zoning industriel « Cargovil » et de temps à autre, nous apercevons les deux tours de la centrale thermique à gaz de Vilvorde.

Streek-GR Groene Gordel : Dorent-Nelebroek

Nous effectuons une pause boisson au bord du canal maritime de Bruxelles à l’Escaut (anciennement canal de Willebroek). Jusqu’en 1561, pour rejoindre Anvers, les bateaux quittant Bruxelles suivaient les cours sinueux de la Senne, du Rupel et de l’Escaut.

La navigation sur la Senne était longue et rendue difficile en période de basses eaux et de crues. De plus, les droits de passage des villes situées sur son parcours (dont Malines) freinaient le développement économique de Bruxelles.

En 1477, Marie de Bourgogne autorisa la construction d’un canal avec un tracé différent de celui de la Senne. Mais il fallut attendre près d’un siècle, et une nouvelle autorisation de Charles Quint, pour que les travaux débutent.

Construit entre 1551 et 1561, ce canal relie, en ligne droite, Bruxelles à Willebroek en 28 km (soit 1 à 2 jours de navigation), nettement moins que les 120 km de méandres de la Senne (8 jours de navigation ou plus).

Lors de la dernière modernisation, entamée en 1965, le canal a été élargi à 55 m (25 m pour les écluses) et le tirant d'eau adapté. La construction de deux nouvelles écluses à Zemst et Hingene permet aujourd’hui de déboucher directement dans l'Escaut à Wintam.

Le port de Bruxelles est maintenant accessible aux navires de mer de 4 500 tonnes et aux convois poussés de péniches de 9 000 tonnes. En 1997, le canal a changé de nom pour devenir le canal maritime de Bruxelles à l’Escaut.

Nous franchissons le « Verbrande Brug », un pont levant qui enjambe le canal, à proximité du hameau du même nom. Le pont actuel a été construit en 1968 et présente une partie mobile en acier d'une longueur de 38,4 m et d'une largeur de 11,6 m.

Verbrande Brug

Le nom du pont provient d'un précédent pont en bois qui fut incendié, en 1577, par la garnison espagnole de Vilvorde. Le 26 août 1914, le caporal Léon Trésignies se proposa pour traverser le canal à la nage afin d'aller actionner le mécanisme (situé sur l'autre rive).

Ce mécanisme devait abaisser le pont et ainsi permettre à l'armée belge de contre-attaquer les Allemands qui se trouvaient sur la rive opposée. Trésignies fut mortellement blessé au moment où il actionnait le système. Sur la rive ouest du canal, on peut voir un monument en son honneur.

Verbrande Brug, stèle Léon Trésignies

Au-delà de l’église de Verbrande Brug, nous empruntons un long sentier rectiligne de 2 km dénommé « Grote Kerkvoetweg ». Nous prenons ensuite, sur la droite, un sentier nous menant, après la traversée de la Poddegemstraat et du ruisseau Maalbeek, devant un beau bâtiment privé.

Verbrande Brug, Grote Kerkvoetweg

L' « Hof te Poddegem » serait la plus ancienne ferme sur le territoire de Grimbergen puisque ses origines remonteraient au Ve siècle. L’édifice que nous apercevons aujourd’hui, devant nous, ne ressemble plus vraiment à une ferme...

Grimbergen : Hof te Poddegem

Pendant 1,5 km, nous progressons dans la vallée du Maalbeek. Ce ruisseau prend sa source à Relegem (Asse) et se jette dans le canal maritime de Bruxelles à l’Escaut, près de Verbrande Brug, après un parcours d’une douzaine de kilomètres.

Sur le territoire de Grimbergen, le Maalbeek actionnait plusieurs moulins dont deux moulins à farine devant lesquels nous allons à présent passer. Depuis 1980, ils font partie intégrante du MOT (Museum van Oudere Technieken).

Streek-GR Groene Gordel le long du Maalbeek

Le Tommenmolen appartenait jadis aux seigneurs « Ter Tommen ». Plus tard, il a été acheté par l’abbaye de Grimbergen. Le moulin actuel date du XVIe siècle, mais il a été entièrement restauré au XIXe siècle.

Grimbergen, Tommenmolen

À l’origine, le Liermolen appartenait à la famille « de Lire » avant d’être, lui aussi, acheté par l’abbaye de Grimbergen, en 1341. Sa forme actuelle date des XVIIe et XVIIIe siècles.

Grimbergen, Liermolen

Un peu après 15 h, nous traversons la N211 et arrivons au centre de Grimbergen où nous terminons cette étape autour d’une bonne bière d’abbaye... de Grimbergen !

Plan du parcours