GR 12 : Koningshooikt → Malines (19 km) - septembre
Nous commençons cette étape à hauteur de l'arrêt de bus : Koningshooikt (Kruisbaan) ; là où nous avions arrêté la dernière fois. Nous sommes ainsi directement sur le parcours et prenons, après 200 m, un sentier progressant dans le Brede Zeyp.
Entre la Dyle, la Nèthe et la Grande-Nèthe s'étendait jadis une vaste étendue sauvage : la Waverwoud. Cette « forêt de Wavre » est mentionnée pour la première fois dans une charte de l'empereur Henri II datant de 1008.
Aujourd'hui, six grands fragments de cette forêt subsistent : le Vossenbergbos, le Zuurbossen, le Gasthuisbossen, le Hondsbossen, le Bemortel et, le plus grand vestige, le Brede Zeyp.
Au XIIIe siècle, les « Berthout », puissants seigneurs de Malines, prirent partiellement possession de la forêt. Ils commencèrent à défricher la région et fondèrent trois paroisses sur les anciennes terres forestières : Wavre-Sainte-Catherine, Wavre-Notre-Dame et Wavre-Saint-Nicolas (aujourd'hui Putte).
Le Brede Zeyp était à l'origine un domaine de chasse offert par Jean II de Wesemael aux ducs de Bourgogne, vers 1470. Un geste princier qui valut à la région son nom royal : Koningsbossen, ou Konings.
Les habitants des hameaux environnants de Hoyckt et Hazendonck, qui, avec Konings, formeraient plus tard l'actuel Koningshooikt, étaient réputés pour leur aptitude à récolter le bois de chêne le plus fin, qu'ils préféraient puiser dans la forêt royale.
Non loin du sentier, sur la droite, se trouve le fort de Koningshooikt. Celui-ci a été construit entre 1906 et 1914 dans le cadre de la deuxième ceinture défensive autour d'Anvers. Pendant la Seconde Guerre mondiale, une importante couche de béton fut ajoutée.
La ligne KW, nommée d'après ses points de départ et d'arrivée : Koningshooikt - Wavre, débutait à ce fort. Nous arrivons en face d’un vaste site industriel composé d’immenses serres et prenons, un peu plus loin, un sentier asphalté longeant une autre grande serre…
Par le Grensstraat, nous parvenons à la Berlaarbaan. De l’autre côté de cette route, nous empruntons un petit chemin asphalté longeant le Vossenbergbos et aboutissant près du cimetière de Wavre-Notre-Dame.
Sur la place du village, cachée derrière les stands de la fête foraine, nous devinons l’église Notre-Dame dont la première pierre a été posée en 1260. De nombreuses catastrophes, comme des incendies et des guerres, ravagèrent l'édifice, si bien que la construction actuelle date de 1921.
Durant 700 m, nous marchons au bord de la Leemstraat avant de prendre, sur la droite, une rue « cyclable » passant entre des serres (ce sont principalement des tomates qui sont cultivées ici) et des champs. Un des nombreux bunkers de la ligne KW se trouve dans cette rue.
Après deux kilomètres, majoritairement sur des petites routes de campagne, nous retrouvons enfin un chemin herbeux qui nous mène dans le Peultenbos.
Pendant 800 m, nous progressons sur des sentiers au milieu de ce bois qui est, lui aussi, un vestige de la Waverwoud. Sur ce parcours, nous longeons le Bruinbeek ; ruisseau déjà franchi plusieurs fois depuis Wavre-Notre-Dame.
Après la pause de midi, de l’autre côté de la N15, nous prenons le Krankhoeveweg et abordons, un peu plus loin, un beau tronçon composé d’une succession de sentiers.
Au-delà du château-ferme de Berentrode, par l’Uyerenboslaan, nous arrivons à l’entrée du Krankhoevebos. Nous traversons ce bois en ligne droite avant de longer la piste d’athlétisme de Bonheiden.
Le GR 12 franchit à nouveau le Bruinbeek et, après 100 m au bord de la Waversesteenweg, vire à gauche sur un chemin de terre en lisière d’un bois… dernier tronçon agréable avant d’aborder un parcours asphalté de 2 km.
Celui-ci débute devant la Blijdenberghoeve ; cette charmante ferme, dont l’origine remonterait au XIVe siècle, joua un rôle lors de la guerre des Paysans de 1798.
Face à l’abbaye de Bethléem, un couvent moderne datant de 1965 et hébergeant des religieuses bénédictines, nous prenons la Roggemansstraat jusqu’à la Mechelsesteenweg et continuons, en face, à travers des quartiers résidentiels.
Au bout de l’Eikendreef, nous quittons enfin l’asphalte et longeons, durant 350 m, le Vrouwvliet avant de traverser ce cours d’eau, grâce à une passerelle en bois, pour pénétrer dans le Mechels Broek.
Le Vrouwvliet prend sa source à Begijnendijk et se jette, après un parcours d’environ 28 km, dans la Dyle, près de la zone industrielle de Malines-Nord.
À la fin des années 1960, deux grandes fosses d'extraction de sable ont été creusées pour la construction de l’autoroute E19. Ces puits sont maintenant de profonds étangs ; le plus grand des deux fait partie du centre de loisirs De Nekker.
Le plus petit est situé dans l’actuelle réserve naturelle de la vallée de la Dyle inférieure ; c’est une importante aire de repos et de restauration pour de nombreux oiseaux aquatiques.
Après un kilomètre, sur le sentier en surplomb des deux étangs, nous parvenons sur le chemin de halage aménagé le long de la Dyle ; là, nous croisons le tracé du Streek-GR Dijleland.
La Dyle prend sa source sur le territoire de Houtain-le-Val. Dans sa partie wallonne, la rivière traverse les communes de Genappe, Court-Saint-Étienne, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Wavre et enfin Grez-Doiceau.
La rivière poursuit son cours en région flamande pour se jeter dans le Rupel, après un parcours de 86 km. Le Rupel, quant à lui, se jette dans l’Escaut quelques kilomètres plus loin. Les principaux affluents de la Dyle sont la Thyle, le Train, la Lasne, la Senne, le Demer et l'IJse.
Nous progressons sur ce chemin bétonné jusqu’à l’écluse de Nekkerspoel, où, après 900 mètres, le Streek-GR Dijleland nous quitte. Le GR 12 reste encore, pendant 800 mètres, sur le chemin de halage et passe ainsi sous la N15.
Par un tunnel, près de la gare de Malines-Nekkerspoel, nous franchissons les voies ferrées (ligne Bruxelles - Anvers). De l’autre côté de la Dyle, nous empruntons la Keizerstraat en direction de la Grand-Place de Malines où nous terminons cette étape.
En chemin, nous découvrons, sur la gauche, le palais de Marguerite d'Autriche (ou Cour de Savoye). Entre 1507 et 1530, Marguerite d'Autriche, tante de Charles Quint, administra les Pays-Bas depuis ce palais ; le premier bâtiment à éléments Renaissance de nos régions.
En 1609, l'édifice est racheté par la ville et sert de siège au Grand conseil des Pays-Bas de 1616 à 1795. Restauré à plusieurs reprises, le bâtiment accueille, depuis le XIXe siècle, le Tribunal de Première Instance.
En face, se trouvent les derniers vestiges du palais de Marguerite d'York. En 1480, la veuve de Charles le Téméraire et arrière-grand-mère, par alliance, de Charles Quint, fit construire cet édifice à l'emplacement de l'ancienne cour de Cambrai. Charles Quint y passa sa jeunesse.
En 1611, le palais passa entre les mains des Jésuites qui démolirent la plus grande partie des bâtiments pour y construire leur couvent, ne conservant du palais que la salle de réception. De ce couvent ne subsistent que l'église Saints-Pierre-et-Paul et la chapelle de l'Immaculée Conception (datant de 1633).
Les armoiries en losange de Marguerite d'York figurent au-dessus de la petite porte de la tour, à côté de celles de son époux Charles le Téméraire. L'ancienne salle de réception du palais est à présent le théâtre municipal.
Église Saints-Pierre-et-Paul
