Les Randos de Fred & Paul

GR 12 : Grimbergen → Bruxelles (Gare du Nord) (13 km) - mars 2021

Avant de commencer cette étape, quelques mots sur l’histoire de Grimbergen et de la basilique Saint-Servais, un titre accordé, en 1999, par le pape Jean-Paul II.

Au XIIe siècle, le seigneur de Grimbergen cherche à consolider son prestige par l’établissement d’une abbaye sur ses terres. Après deux essais infructueux, son successeur s’adresse à Norbert de Xanten, fondateur d’un nouvel ordre religieux.

Celui-ci lui envoie, de Prémontré, un groupe de chanoines qui s’installent à Grimbergen en 1124 et, huit ans plus tard, l’abbatiale est consacrée. L’essor est rapide même si les religieux sont souvent victimes des conflits fréquents entre le duc de Brabant et le seigneur de Grimbergen.

Ainsi, l’abbaye (avec le bourg) subit un premier ravage en 1159. Les XIVe et XVe siècles se passent dans une relative tranquillité, à part quelques catastrophes naturelles (épidémies) et parfois des troubles internes.

Grimbergen, basilique Saint-Servais

Par contre, au XVIe siècle, les guerres de Religion sont dévastatrices. En 1542, et de nouveau en 1566, l’abbaye est pillée par les iconoclastes. En 1579, elle est incendiée ; les dégâts sont tels que les 27 chanoines doivent l’abandonner.

À partir de 1660, une nouvelle église est érigée suivant les plans de Gilbert de Soignies. Les travaux sont lents. En 1725, le chantier de l’église est définitivement interrompu ; il manque deux travées à la nef (qui ne seront jamais réalisées).

Durant le XVIIIe siècle, un ensemble de nouveaux bâtiments monastiques est édifié. Mais, comme pour les autres abbayes de la région, l’administration révolutionnaire française dans les Pays-Bas méridionaux sonne le glas de Grimbergen.

En 1796, l’abbaye est supprimée et la cinquantaine de chanoines qui en dépendent en sont chassés et dispersés dans les paroisses environnantes. À partir de 1835, l’abbaye renaît peu à peu de ses cendres. Aujourd’hui, elle est toujours habitée par une communauté de chanoines prémontrés.

Grimbergen, basilique Saint-Servais

À l’intérieur de la basilique, les murs sont travaillés de façon sculpturale. Les quatre confessionnaux, la chaire, les stalles, l’autel et la tombe du comte de Grimbergen font de cet intérieur un des plus beaux ensembles baroques du pays.

Grimbergen, basilique Saint-Servais (stalles)

Nous nous dirigeons d’abord vers le château fort de Grimbergen, baignant dans de larges douves au sein d'un beau parc. Aux XIe et XIIe siècles, la famille Berthout (de puissants seigneurs) régnait sur d’immenses territoires délimités par l'Escaut, le Rupel et la Dendre.

Ces terres leur apportaient richesse et respect, mais surtout une soif de pouvoir devenant menaçante, aussi bien pour leur propre suzerain que pour les seigneurs voisins. Ainsi, la « guerre de Grimbergen » opposa les ducs de Brabant à la famille Berthout qui cherchait à s'emparer de ces riches terres.

Cette guerre sanglante, qui s'étala de 1141 à 1159, a abouti à la défaite des seigneurs de Grimbergen et, comme annoncé plus haut, à la destruction totale du bourg et du château initial que l'on disait gigantesque.

Les Berthout deviendront ensuite, bien que forcés et contraints, les plus fidèles vassaux des ducs les ayant démis. On ignore quand les descendants des seigneurs de Grimbergen se sont installés sur le lieu du château actuel.

Grimbergen, Prinsenkasteel

Tout ce que l'on sait, c'est que vers 1500, il existait déjà et est même agrandi. Ce château fort de plaine verra ses propriétaires s'élever au rang de princes de Grimbergen en 1686. Il passera plus tard dans le giron de la famille Merode et sera transformé, en 1800, en château de plaisance.

En 1901, les Merode y offrent l'hospitalité aux Norbertines de Bonlieu, des moniales chassées de France par la loi interdisant les congrégations religieuses. Elles y resteront jusqu'en 1933. Durant la Seconde Guerre mondiale, le château est réquisitionné par des soldats allemands.

À l'approche des alliés, avant de prendre la fuite, ils font exploser leur dépôt de munitions. Le château est décapité et un incendie le ravage le laissant dans l'état qui est le sien aujourd'hui.

Malgré tout, les ruines gardent belle allure ; surtout la façade nord, avec ses deux tours d'angle en bon état et consolidées, qui présente toujours un aspect de forteresse médiévale. Les autres façades, plus dégradées, dévoilent des parements de briques du XIXe siècle.

Grimbergen, Prinsenkasteel

Nous traversons la N202 et abandonnons, 600 mètres plus loin, le Streek-GR Groene Gordel, avec qui nous étions depuis le début de cette étape. Par un chemin de terre, au milieu des champs, nous rejoignons une petite route.

GR 12 entre Grimbergen et l'Atomium

Nous suivons cette route sur 600 m et découvrons, au bord de celle-ci, l’imposante ferme « Potaarde » qui appartenait jadis aux seigneurs de Grimbergen.

Grimbergen, Potaardehof

Par un long tunnel, nous passons sous l’autoroute E40 (à proximité de l’échangeur de Strombeek-Bever). Les deux kilomètres suivants, jusqu’à la passerelle permettant de franchir la ligne 3 du tram ainsi que l’autoroute A12, s’effectuent à travers des quartiers résidentiels.

À la fin de ce tronçon peu intéressant, le GR 12 se dirige vers le parc d’Osseghem. Le site appartenait autrefois à l’abbaye d’Afflighem qui y exploitait la pierre. Lorsque les carrières ont été abandonnées, l’endroit fut planté de hêtres. En 1909, Léopold II acheta ce massif forestier.

Devenus propriété de l’État à la mort du roi, le massif et les autres terrains acquis par le monarque sur le plateau du Heysel sont cédés, en 1927, à la Ville de Bruxelles dans la perspective de l’organisation de l’Exposition universelle de 1935. Jules Buyssens créa le parc (de 17 ha) et son théâtre de verdure.

GR 12 entre Grimbergen et l'Atomium GR 12 entre Grimbergen et l'Atomium

Nous effectuons un petit détour afin d’admirer l’Atomium. Le monument représente une maille élémentaire de fer (9 atomes de fer) agrandie 165 milliards de fois ; ce qui donne cette forme de cube sur pointe.

L'Atomium

Culminant à 102 m, l'Atomium se compose d’une charpente d’acier et de trois piliers portant neuf sphères de 18 m de diamètre (une à chacun des 8 points et une au milieu) séparées de 29 mètres.

Les sphères sont reliées entre elles par 20 tubes de 3,3 mètres de diamètre ; le tube central contient un ascenseur, les autres abritent les escalators.

L’édifice, conçu pour durer six mois, n’était pas destiné à survivre à l’Exposition universelle de 1958, mais sa popularité et son succès en ont fait un élément majeur du paysage bruxellois. Sa destruction fut donc reportée d’année en année jusqu'à ce que l'on y renonce définitivement.

L'Atomium

Nous cheminons ensuite dans le parc de Laeken et, par l’avenue de la Dynastie, bordée de massifs de magnolias, nous arrivons devant le Palais royal de Laeken. Le mémorial au roi Léopold Ier se dresse au sommet de cette avenue.

Édifié en 1880, dans l'axe de la cour d'honneur du Palais royal, il représente un immense dais (43 mètres de haut) en forme d'ennéagone parfait. Chacune des neuf arcades abrite une statue représentant une des provinces de la Belgique d’alors ; au centre, l’effigie monumentale du souverain est sculptée dans le marbre blanc.

Laeken, mémorial Léopold Ier

Le château de Schonenberg a été construit, à l’initiative des archiducs autrichiens et gouverneurs généraux des Pays-Bas, Marie-Christine d’Autriche et Albert de Saxe-Teschen, entre 1781 et 1785. La Révolution et le rattachement de notre territoire à la France en 1794 ont contraint les archiducs à quitter le château.

Ils ont ensuite vendu le domaine, et les terres avoisinantes furent partagées. Le château a été sauvé de la destruction, en 1803, grâce à Napoléon qui le fit acheter par le département de la Dyle afin d’en faire une résidence. Après la chute de l’Empire, la résidence a été attribuée au nouveau royaume des Pays-Bas.

En 1831, le roi des Belges, Léopold Ier, s’installa au château de Laeken. Il fit agrandir le domaine, mais le château proprement dit ne subit pas de grandes modifications sous son règne. Le roi Léopold II, en revanche, fit ériger un bel ensemble de serres.

Au début du XXe siècle, le château a été complété par deux ailes latérales, dessinées par Girault. Après la mort de Léopold II, l’État continua à mettre le domaine et le château de Laeken à la disposition du Roi.

Palais royal de Laeken

Par la drève Sainte-Anne, nous atteignons le cimetière de Laeken puis, un peu plus loin, l’église Notre-Dame de Laeken. C'est le plus ancien des cimetières bruxellois encore utilisés, et le dernier qui soit de type paroissial, c'est-à-dire implanté autour d'une église.

GR 12 entre l'Atomium et la gare du Nord

Louise-Marie, la première reine des Belges, avait exprimé le souhait d’être inhumée à Laeken. À son décès en 1850, pour honorer sa mémoire, le roi Léopold Ier décida de faire construire une nouvelle église, dont il comptait financer la construction.

Cependant, une souscription nationale fut lancée et de nombreux citoyens y contribuèrent. L'architecte Joseph Poelaert remporta le concours organisé pour la construction de l’édifice. La première pierre de cette église néogothique a été posée dès 1854.

Mis en service en 1872, l'édifice n'a été achevé qu'en 1907. L’église fut intégrée dans une perspective urbaine par l’ouverture d’une artère rectiligne, large de 30 mètres, partant du pont de Laeken, appelée avenue de la Reine.

En 1904, la vieille église communale, datant du XIIIe siècle, a été abattue. Seul le chœur gothique resta épargné. Il se trouve dans le cimetière, à côté de l'église actuelle.

Laeken, église Notre-Dame

Mise à jour, janvier 2025 : jusqu'à la gare du Nord, le tracé du GR 12 a été totalement modifié. Le parcours décrit ci-dessous n'est donc plus d'actualité.

Nous empruntons la rue des Palais Outre-Ponts qui nous mène au bord du canal Bruxelles - Charleroi. Dans cette rue, on peut admirer une des nombreuses fresques murales, consacrées à la bande dessinée, disséminées dans Bruxelles.

Bruxelles, fresque BD Lincoln

Nous traversons la N277 et, avant de franchir le cours d’eau, nous découvrons le « Monument au Travail ». Érigé en 1930, il met en scène cinq sculptures de bronze et quatre hauts-reliefs, œuvres du sculpteur Constantin Meunier.

À l'avant du monument, on peut voir la Maternité, un bronze figurant une femme et ses enfants symbolisant l’avenir. Dressé sur un pylône au coin du monument dans l'axe de la Maternité, le Semeur personnifie le travail de la terre et la production.

Aux trois autres angles, sont placés l’Ancêtre, le Mineur et le Forgeron. Les hauts-reliefs des côtés, associés aux quatre éléments, ont pour sujet : l’Industrie (le feu), la Mine (la terre), la Moisson (l'air) et le Port (l'eau).

Bruxelles, monument au Travail Canal Bruxelles - Charleroi

De l’autre côté du canal, nous évoluons, pendant 650 mètres, le long de la chaussée d’Anvers. Par le boulevard roi Albert II, dont la partie centrale a été aménagée en zone piétonne, nous nous dirigeons vers la gare du Nord où se termine cette courte étape.

GR 12 entre l'Atomium et la gare du Nord

Plan du parcours