GR 12 : Broechem → Lier (17 km) - septembre 2026
Info : pour effectuer cette étape de 19 km dont 17 sur le GR, nous avons pris le bus De Lijn 20a entre Lier (Zagerijstraat station) (1,3 km hors GR) et Broechem (Van den Nestlaan) (800 m hors GR).
Depuis l’arrêt de bus, situé sur l’Antwerpsesteenweg, nous devons marcher environ 800 mètres afin de retrouver le GR 12 dans le Scholengangeske. De là, nous atteignons rapidement l’église Notre-Dame, située dans le centre de Broechem.
Vers 1160, l'abbaye de Tongerlo a fourni les pierres nécessaires à la construction d'une église romane à trois nefs, en remplacement d’un édifice en bois. Dans la seconde moitié du XIVe siècle, un nouveau chœur a été construit ; le transept et la tour furent dès lors modifiés.
Lors d'un incendie, le 10 juin 1584, la tour a été épargnée, mais la nef fut gravement endommagée et le chœur entièrement détruit par les flammes. L'abbaye de Tongerlo fit restaurer l'église, entre 1612 et 1616, dans le style gothique tardif.
La flèche fut partiellement détruite par la foudre en 1693. Lors de la rénovation, entreprise entre 1707 et 1708, une nouvelle façade de style baroque a été installée. À la suite de l’incendie du 7 octobre 1914, l’église fut à nouveau restaurée en 1922.
Après 200 mètres, le long de la N116, nous empruntons un sentier (Kattengangeske) pour rejoindre la Jozef de Voghtstraat. Un peu plus loin, nous quittons le centre de la localité en prenant un chemin de terre.
Durant deux kilomètres, à l’exception d’un tronçon asphalté de 150 m, nous progressons principalement sur des chemins herbeux passant entre des terres cultivées (maïs) et des vergers. Ce parcours s’achève au bord de la N14.
De l’autre côté de la grand-route, nous arrivons au centre d’Emblem où nous découvrons, près de l’église dédiée à Saint-Gummarus, l'ancien hôtel de ville construit entre 1896 et 1903. Emblem fait aujourd’hui partie de la commune de Ranst.
Au rez-de-chaussée se trouvaient la résidence du gendarme ainsi que la prison, et à l'étage, la salle du conseil. La devise inscrite sur la façade, « Eerst Raad dan Daad » (« D'abord le Conseil, ensuite l'Action »), symbolise la bonne gouvernance.
À l'angle de la Dorpstraat et de la Kesselsesteenweg, au niveau du premier étage, une niche abrite une statue en pierre de saint Gummarus, figure emblématique du chevalier médiéval. On retrouve également l'effigie du saint sur la girouette en fer forgé de la tour.
Durant 500 mètres, nous avançons au bord de la Kesselsesteenweg et franchissons ainsi successivement le canal de la Nèthe, le Molenbeek et la Petite Nèthe.
Issu de nombreuses sources, le Molenbeek passe sous le canal Albert puis sous le canal de la Nèthe avant de s’écouler, sur environ 3 km, parallèlement à ce dernier. Ce cours d’eau se jette, non loin d’ici, dans la Petite Nèthe.
Sur 700 mètres, nous progressons sur la piste cyclable longeant la Petite Nèthe avant d’emprunter, sur la droite, un sentier rejoignant la Vogelzangstraat.
À la fin de cette rue, nous pénétrons dans le domaine provincial Kesselse Heide pour un agréable parcours d’1,6 km. Le paysage de la lande de Kesselse s'est formé lors de la dernière période glaciaire, entre 70 000 et 10 000 avant J.-C. environ.
À cette époque, une épaisse couche de sable a été déposée sur la Campine par le vent, créant des dunes morcelées. Des forêts de chênes poussaient sur ces terres plus élevées et sèches ; on peut encore les voir aujourd'hui.
Vers le IVe siècle, l’homme a commencé à abattre ou à brûler des portions de forêt pour créer des terres agricoles. Lorsque le sol s’est appauvri, des clairières stériles sont restées ; celles-ci étaient idéales pour la croissance de la bruyère.
Au Moyen Âge, cette bruyère persista car les landes étaient un bien commun : le bétail des habitants y paissait et le bois de chauffage était facilement accessible. À la fin du XVIIIe siècle, la lande de Kesselse a été vendue, puis reboisée de pins sylvestres pouvant être utilisés pour l’exploitation minière.
Avant la Première Guerre mondiale, la Belgique avait construit des ceintures de fortifications. Entre les forts de Kessel et de Broechem, toute la forêt fut rasée pour garantir une bonne visibilité. Un seul pin subsista : « de betboom ».
Celui-ci servait d'arbre frontière entre Nijlen et Kessel et de point de repère. Par la suite, la lande fut reboisée, mais ces arbres furent abattus pendant la Seconde Guerre mondiale par les soldats belges et la population locale, qui avaient besoin de bois de chauffage.
Seul « de betboom » fut épargné une fois de plus… jusqu'à ce que, lui aussi, il disparaisse une nuit d'hiver 1943. Après la Seconde Guerre mondiale, la forêt repoussa spontanément, mais les incendies, les dépôts sauvages et l’extraction de sable endommagèrent la zone.
Dans les années 1960, une partie du terrain fut vendue et une usine de mousse de caoutchouc y fut implantée. Gérée par la commune de Kessel, à partir de 1972, la zone a été classée réserve naturelle en 1976 et acquise par la Province d'Anvers deux ans plus tard.
Le domaine de 43 hectares s'est agrandi par l’achat du Hoogbos (7 ha) en 1981 et du Hoge Heide (9 ha) en 2010. Depuis 1996, la lande de Kesselse, d’une superficie totale d’environ 79 hectares, est officiellement un paysage protégé et demeure un précieux espace vert.
À la sortie du Kesselse Heide, nous traversons la ligne ferroviaire qui relie Anvers à Hasselt et marchons le long de celle-ci jusqu’à la gare de Kessel. Au milieu de ce parcours, un petit détour nous permet de découvrir le fort de Kessel.
Ce fort a été érigé dans le cadre de la principale ligne de défense d'Anvers. Après l'acquisition des terrains nécessaires en 1908, sa construction débuta en 1909. Lorsque les troupes allemandes franchirent la frontière belge le 4 août 1914 et que la guerre éclata, le fort n'était pas encore achevé.
Le 4 octobre 1914, à 6 heures du matin, il fut bombardé par pas moins de 123 « Grosse Bertha ». Les destructions considérables le rendirent indéfendable. À 11 heures, le fort, entièrement détruit, fut abandonné. Le lendemain, il tomba aux mains des Allemands.
En 1934, le fort fut réaménagé en point d'appui d'infanterie et intégré à la position fortifiée d'Anvers. Lorsque l'armée belge abandonna sa position le long du canal Albert, le 13 mai 1940, et se déploya sur la ligne K.W., il se retrouva isolé du reste des troupes.
Le matin du 16 mai 1940, le fort fut dynamité et abandonné par la garnison. Le même jour, les Allemands l’occupèrent. Après la Seconde Guerre mondiale, le fort fut occupé jusqu'en 1974. Aujourd’hui, il sert principalement de site d'hibernation pour les chauves-souris.
Au-delà de la gare de Kessel, nous marchons un peu plus d’un kilomètre à travers des quartiers résidentiels. Ensuite, par des sentiers, nous contournons les « Steenbeemden » ; cette zone naturelle se compose de prairies humides, de forêts marécageuses et d'étangs.
Après 1,5 km, nous retrouvons la piste cyclable aménagée au bord de la Petite Nèthe et progressons sur celle-ci pendant 900 mètres. Cette rivière, qui n'a pas de source unique et précise, prend naissance à la frontière belgo-néerlandaise, près de Retie.
La Petite Nèthe poursuit son cours en passant par Kasterlee et Grobbendonk avant de rejoindre, après 44 km, la Grande Nèthe à Lier. Après 900 mètres, à l’endroit où la Petite Nèthe passe sous le canal de la Nèthe, nous montons rejoindre ce dernier.
Ce canal, d’une quinzaine de kilomètres, établit la liaison entre le canal Albert à Viersel et la Nèthe inférieure à Duffel ; il permet aux bateaux venant du sud ou de l'ouest d'atteindre le canal Albert sans passer par Anvers.
Grâce au pont ferroviaire, sur la ligne suivie précédemment, nous pouvons passer d’une rive à l’autre du canal. Un peu plus loin, par un agréable sentier, suivi d’un tronçon en caillebotis, à travers la zone naturelle « Nazareth Zuid », nous atteignons la Petite Nèthe.
Le GR 12 suit le cours d’eau jusqu’au pont de Sion, situé près de la confluence de la Petite Nèthe et de la Grande Nèthe ; celles-ci vont former la Nèthe (aussi appelée Nèthe inférieure). À Rumst, la Nèthe (15 km) s'unit à la Dyle pour former le Rupel qui se jette ensuite dans l’Escaut.
Un couvent des Sœurs de Sion, avec son église, son cimetière, son étang et son jardin, datant probablement du XVe siècle, se dressait autrefois à cet emplacement. Après la Révolution française, le couvent a été fermé et vendu.
Les bâtiments furent occupés par une manufacture textile (filature de coton), puis transformés en caserne. L'entrepôt municipal, présent ici depuis 1974, a été démoli fin 2013 pour laisser place au nouveau projet d'aménagement urbain.
De l’autre côté de ce pont moderne, en suivant la « Binnennete », un tronçon de la Petite Nèthe qui traverse le centre de Lier, nous parvenons sur les anciens remparts. Là, nous quittons le tracé balisé afin de rejoindre, après 1,3 km, le parking à côté de la gare.
