GR 121 : Orp-le-Petit → Jodoigne (16 km) - décembre 2025
Sur la place d’Orp-le-Petit, en face de l’église, nous découvrons une statue représentant un membre de la confrérie des « Mougneûs d’vète trëpe ». Fondée en 1981, celle-ci a pour but de promouvoir la spécialité locale : le boudin vert au chou frisé.
Dès le Moyen Âge, chaque chaumière avait son cochon et quand il arrivait à « maturité », famille, voisins et amis étaient invités à faire ripaille. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
Le boudin vert est coloré de la verdure des choux récoltés au jardin. Plus tard, le chou frisé donnera un goût plus onctueux à la préparation. À Orp, après avoir dégusté le premier morceau, on dit « C’ènn’è ! » à savoir « cela en est » sous-entendu, « c’est bien du véritable boudin vert et c’est du bon ! ».
L’église Notre-Dame, désacralisée depuis une vingtaine d’années, a été reconstruite au XIXe siècle. De l’édifice d’origine, il ne subsiste que le chœur, qui fut érigé en style gothique, en moellons de pierre de Gobertange, à la fin du XIIe siècle.
Nous quittons le village en passant sous le RAVeL (L147). La ligne de chemin de fer qui reliait Tamines à Landen fut mise en service en octobre 1865 ; à Ramillies, elle croisait la ligne 142 (que nous rencontrerons plus tard) pour former la « croix de Hesbaye ».
Le déclin des mines de charbon, la faiblesse du tissu industriel en Hesbaye et la montée en puissance du transport par route provoqueront la fermeture de la ligne au trafic voyageur et de transit dans les années 1960.
De l’autre côté de la N279, nous montons un chemin pavé et longeons, sur la gauche, une petite réserve naturelle. Celle-ci se situe dans une ancienne carrière qui a servi à l'extraction de craie utilisée dans la fabrication de ciment.
Au sommet, nous progressons, pendant un kilomètre, sur un chemin bétonné avant de tourner à droite, au pied d’un bel arbre ; nous entamons ensuite un parcours de 2 km, au milieu du plateau campagnard hesbignon, sur des chemins de terre ou herbeux.
Nous entrons dans le hameau de Nodrenge et passons à côté de l’église, dédiée à Saint-Lambert. La première église a été édifiée avant le début du XIIIe siècle. L’édifice actuel a conservé un chœur gothique en grès et pierre de Gobertange, ainsi qu’une ancienne chapelle, également gothique, devenue sacristie.
Par un chemin pavé, suivi d’un sentier bétonné, nous montons vers la rue Léon Gramme. De l’autre côté de cette rue, nous poursuivons l’ascension sur un chemin pavé avant de suivre, sur 400 mètres, un chemin bétonné, entre les terres cultivées.
Arrivés à 121 m d’altitude, nous descendons, par un chemin herbeux, vers le hameau du Saussoy (95 m d’altitude). Nous passons à côté de vastes hangars agricoles et atteignons la N240 (Grez-Doiceau - Hannut).
Le tracé blanc et rouge traverse la grand-route et continue, en face, dans un chemin de terre suivant le ruisseau d’Herbais. Après 700 m, à la fin de ce chemin herbeux, le balisage évite le village d’Enines (sur la gauche) et tourne à angle droit dans un chemin campagnard.
800 mètres plus loin, nous arrivons à Molembais-Saint-Pierre, un hameau de Huppaye où nous passerons ensuite. Par un chemin pavé, suivi d’un discret sentier, nous atteignons l’église Saint-Pierre.
Avec le cimetière ceinturé de murs et le presbytère, on peut considérer que ce site formait le noyau initial de ce village. Reconstruite en style néogothique en 1845, l’église supplante un ancien édifice qui s’y trouvait un siècle plus tôt.
Nous suivons un chemin partiellement bétonné et croisons le RAVeL (ligne 142 : Namur - Tirlemont), puis nous prenons, sur la gauche, la rue d’Autre-Eglise. Nous aurions dû emprunter cette rue sur 200 mètres, mais des travaux nous obligent à effectuer un détour d’environ 400 mètres.
Dans cette rue, nous découvrons la ferme du Grand Château. Déjà citée au XIVe siècle, elle constituait l’ancien siège seigneurial de la famille de Hupain. Les constructions actuelles, édifiées du XVIIe au XIXe siècle, comprennent notamment une grange en long et un imposant corps de logis à deux niveaux.
Peu après l’église Sant-Jean-Baptiste, un bel édifice classique daté de 1766, de retour sur le tracé officiel, nous prenons la rue du Ruisseau Saint-Jean qui nous mène devant la ferme de Chantraine.
Ces bâtiments ont été établis, vers 1175, par l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Ordre de Malte). C’est le comte Gilles de Duras, seigneur de Jodoigne, qui permit à l’Ordre des Hospitaliers de s’installer dans les environs, en leur cédant l’église Saint-Médard vers 1173.
Les religieux établirent ici leurs bâtiments, au lieu-dit Chantraine, pour en faire une « hôtellerie » dont la fonction première était d’offrir l’hospitalité à toute personne de passage. Au cours du XIIIe siècle, l’Ordre s’agrandit : l’Hôpital de Chantraine acquiert le titre de Commanderie.
À partir du XVe siècle, le site est progressivement délaissé par les Hospitaliers, conservant sa seule fonction agricole ainsi que sa brasserie, qui sera laissée aux laïcs. Les bâtiments ont été, dans l’ensemble, largement modifiés.
Le domaine conserve encore sa grange monumentale (XVIIe siècle) ainsi qu’une ancienne chapelle médiévale, remarquable témoin de l’architecture gothique du XIVe siècle.
Nous quittons le centre d’Huppaye en suivant un chemin pavé qui nous emmène, à travers la campagne, vers le bois du Haut Saint-Pierre ; celui-ci appartenait jadis au chapitre de Saint-Pierre à Liège.
Après la traversée de ce bois, le tracé blanc et rouge opère un quart de tour à droite et emprunte, pendant 1,5 km, un chemin au milieu des terres cultivées.
À l’approche d’un petit bois, nous prenons un chemin, dont la moitié gauche est asphaltée et la droite pavée, aboutissant près de la N29 (Charleroi - Tirlemont). De l’autre côté de la grand-route, une succession de sentiers nous conduit jusqu’à l’église Saint-Médard.
Cette église est le principal et le plus ancien des édifices religieux de l’entité de Jodoigne. Sans doute originellement destinée à devenir une collégiale et donc à abriter une assemblée de décideurs religieux, elle fut élevée sur le plan d’une croix chrétienne massive, caractéristique romane.
La pierre de Gobertange et le calcaire mosan, utilisés pour l’édification (du XIIIe au XVe siècle), donnent à l’édifice sa luminosité caractéristique.
En mars 1660, le magistrat, les métiers et les bourgeois de Jodoigne prirent la décision de faire réaliser une châsse en argent pour abriter les reliques de saint Médard (sa mâchoire inférieure) et saint Corneille (une de ses phalanges).
Saint Médard, patron de la ville, est principalement honoré comme le guérisseur des maladies nerveuses et cérébrales, mais aussi des maux de dents. Médard, évêque évangélisateur, né en 457, aurait la réputation d’être un « faiseur de pluie ».
Jodoigne faisait partie des diverses fondations du duc de Brabant Henri Ier. Ce dernier, soucieux d’agrandir les frontières de la Maison de Louvain, fit mainmise, en 1184, sur la seigneurie de Jodoigne.
Le duc de Brabant décida de bâtir une ville neuve sur l’éminence dominant le point de confluence du cours de la Grande Gette et du ruisseau Saint-Jean, en vis-à-vis direct de la colline où s’inscrit le quartier Saint-Médard. À l’origine modeste domaine rural, Jodoigne gagna donc rapidement le rang d’agglomération urbaine.
Favorisée par le duc, elle acquit une certaine prospérité. Relais entre les grandes villes du duché (Louvain, Bruxelles,…) et les campagnes, la cité avait pour principale fonction la redistribution de produits alimentaires, ou d’artisanat ; une ville-marché était née.
Symbole du pouvoir du duc, sa maison forte (il s’agit du château Pastur d’aujourd’hui) est érigée dans la cité, bien qu'il n’y habite pas. Cet imposant bâtiment Renaissance de 1730, est l'actuel hôtel de ville.
À l’intérieur du vaste périmètre emmuraillé qui protégeait la cité proprement dite, il n’y avait pas de lieu de culte public - du moins à l’origine -, puisque le tracé des fortifications n’incluait pas le quartier Saint-Médard, ni son église.
Au début du XIVe siècle, une chapelle consacrée à la Vierge Marie est donc construite dans la cité intra-muros. Partiellement désacralisée ; la chapelle Notre-Dame du Marché sert encore de lieu de culte, mais est aussi devenue un lieu culturel où des concerts et des expositions sont organisés.
Nous quittons la Grand-Place en prenant un petit sentier, l’impasse de la Gadale, qui se termine par une volée d’escalier longeant l’enceinte du château Pastur. Ce raidillon fut jadis le lieu où aurait résidé une femme que l’on disait sorcière.
Par extension, le qualificatif qui la désignait a fini par s’appliquer à tout un petit quartier, désormais dit « la Gadale ». Via la rue de la Grande Montagne, nous parvenons au parking, au bord de la N222, où se termine cette étape.
