Les Randos de Fred & Paul

Camino : Melide → Arzúa (21 km) - mai 2025

Pour info : le parcours décrit ci-dessous emprunte quelques variantes (non balisées).

Hier, nous avons profité de l’après-midi pour visiter le centre de Melide qui abrite quelques édifices religieux intéressants. Située au bord de l’avenida de Lugo (N547), la chapelle San Roque a été construite en 1949 avec des pierres provenant des anciennes églises San Pedro et San Roque.

Le portail principal, issu de l'église San Pedro, se compose de trois arcs en plein cintre. Grâce aux colonnes à fûts étroits et à hautes bases ainsi qu'aux chapiteaux ornés de motifs végétaux, on peut dater cette église du XIVe siècle.

À gauche de cette chapelle, on trouve un cruceiro du XIVe siècle ; selon certaines sources, ce serait le plus ancien calvaire de Galice. À l’avant, on distingue le Christ assis, couronné, montrant ses mains blessées. L’arrière présente le Christ crucifié, entouré de Marie et de saint Jean.

Melide, chapelle San Roque

Sur la praza do Convento (place du Couvent), nous découvrons l'église Sancti Spiritus. Au XVe siècle, de nouvelles familles émergent ou acquièrent une importance sociale et politique en Galice ; parmi celles-ci, la famille Ulloa qui contrôla Melide tout au long de ce siècle.

La réalisation architecturale la plus remarquable de cette famille fut la reconstruction, en 1498, de l'église du couvent Sancti Spiritus. L'objectif était de créer une communauté religieuse et hospitalière, capable d'accueillir les pèlerins et les pauvres sur le chemin de Compostelle.

Les deux cénotaphes latéraux, en mémoire de la première et de la seconde épouse de Lope Sánchez de Ulloa, datent de cette époque. Sur le devant des sépulcres, on peut voir des inscriptions généalogiques concernant ces deux nobles galiciennes, qui jouèrent un rôle important au Moyen Âge.

Au XVIIIe siècle, des travaux d'agrandissement ont été entrepris dans l'église. Seules la chapelle latérale du XIVe siècle et la chapelle principale du XVe siècle furent conservées. La façade, située côté place, ainsi que la tour datent du XVIIIe siècle.

Melide, iglesia Sancti Spiritus

Sur cette place se distingue aussi une demeure baroque ; elle a été fondée en 1671 par l'archevêque originaire de Melide, Mateo Segade Bugueiro. Au XIXe siècle, elle deviendra la maison de campagne du marquis de Corvera ; depuis 1960, elle abrite l'hôtel de ville.

Le rez-de-chaussée était destiné aux écuries, aux caves à vin et à d'autres pièces, tandis que le premier étage servait aux salles de classe et aux logements. Aujourd'hui, seule la façade du bâtiment a été conservée, l'intérieur ayant été détruit afin de l'adapter à ses nouvelles fonctions.

Melide, ayuntamiento

La chapelle dédiée à San Antón Obra Pía est accolée à cette maison. À l'intérieur, on peut notamment découvrir deux cénotaphes sculptés en granit.

Celui de gauche, représentant un fidèle agenouillé en tenue d’ecclésiastique, évoque Mateo de Segade Bugueiro. À droite, son neveu, Antón Varela de Segade, premier mécène de San Antón, chevalier de Santiago et chef de la police judiciaire, est représenté en costume d'époque.

Melide, San Antón Obra Pía

Au sommet d'un fort préromain, à l'emplacement même du château médiéval, se dresse la chapelle du Carmen, construite en 1741 par Blas Núñez de Segade, curé de San Antón Obra Pía, avec le soutien de tous les habitants de Melide.

Melide, chapelle du Carmen

Ce matin, sous un ciel gris, nous quittons Melide en suivant la N547 sur 300 mètres. Plus loin, après avoir longé le cimetière, nous traversons la grand-route et prenons la direction de Santa María de Melide.

À l’entrée du village, au-delà du cruceiro, nous découvrons l’église Santa María. L’édifice, de style roman, présente une nef rectangulaire unique de dimensions modestes, reliée à une abside composée d'un chœur rectangulaire plus étroit que la nef et d'une abside semi-cylindrique.

L'église possède deux entrées, l'une au sud et l'autre à l'ouest. Les deux tympans sont dépourvus de sculptures. Il est fréquent, dans l'architecture romane galicienne, de trouver des tympans sans sculpture, mais il est possible qu’il y ait eu, jadis, une représentation polychrome peinte.

À cause des pèlerins faisant la file pour obtenir le tampon paroissial sur la credencial, nous ne verrons pas l’intérieur de l’édifice. Dans le chœur, on trouve des peintures du XVIe siècle figurant une théophanie de la Sainte Trinité. Une frise inférieure représente six apôtres avec leurs noms et attributs.

Santa María de Melide

À la sortie du village, nous continuons, pendant 800 mètres, sur un chemin en gravier. À hauteur d’un hangar agricole, un panneau nous informe de l’existence d’un Camino complémentario passant par Penas ; nous préférons cependant rester sur le Camino « officiel » (300 m plus court).

Par un agréable chemin creux, dans un sous-bois, nous descendons vers le río Catasol ; une succession de pierres nous permettent de franchir le cours d’eau. D’une longueur d’environ 15 km, le río Catasol est un affluent du río Furelos (traversé hier).

Camino Francés entre Santa María de Melide et Parabispo Camino Francés entre Santa María de Melide et Parabispo, río Catasol

Nous montons vers la N547 et longeons celle-ci sur 150 mètres, à proximité du hameau d’O Barreiro de Abaixa. En Espagne, même s’il n’y a souvent aucun danger, presque tous les tronçons au bord des routes sont signalés par des panneaux d’avertissement.

Par un large chemin de terre, sous les feuillus, nous arrivons au hameau de Parabispo où nous retrouvons la variante (Camino complémentario) ainsi que l’asphalte. Ce tronçon de 200 mètres s’achève peu après une échoppe proposant boissons et nourriture.

Camino Francés entre Santa María de Melide et Parabispo Parabispo, el pequeño oasis

Le Camino Francés descend un chemin forestier en direction du río Valverde. Après avoir franchi ce dernier, une petite route nous amène, en un kilomètre, via le hameau d’A Peroxa, au village de Boente ; celui-ci est divisé en deux (Boente de Arriba et Boente de Abaixo) par la N547.

Le village abrite un cruceiro, une fontaine et, de l’autre côté de la grand-route, l'église Santiago datant du premier tiers du XIXe siècle. Celle-ci a été construite sur les vestiges d’une église romane du XIIe siècle. L'édifice religieux dispose de deux horloges (avec des heures différentes !).

Boente, iglesia Santiago Boente, iglesia Santiago

À la sortie de Boente, nous empruntons un large chemin de terre descendant, en 900 mètres, de 400 à 338 m d’altitude. Ce tronçon traverse une petite route et passe ensuite sous la N547 pour atteindre le río Boente.

Camino Francés entre Boente et Castañeda

Le ruisseau franchit, nous remontons (à 396 m d’altitude) jusqu’à un pont enjambant la N547. Là débute un Camino complémentario (environ 100 mètres plus long) qui permet d’éviter le tronçon routier passant par Castañeda ; nous optons pour cette variante plus bucolique.

Camino Francés entre Boente et Castañeda Camino Francés entre Boente et Castañeda

Dans Castañeda, il y avait jadis des fours à chaux où les pèlerins déposaient les pierres qu'ils avaient collectées aux environs de Triacastela. Ces pierres étaient cuites et transformées en mortier utilisé pour bâtir la cathédrale de Saint-Jacques et d'autres monuments jacobins.

Peu avant le hameau d’O Pedrido, où la variante rejoint le Camino « officiel », nous décidons d’allonger un peu le parcours. L’étape prévue ne faisant que 15 km et ne présentant pas de difficultés, nous pouvons donc effectuer quelques détours afin d’être un peu à l’écart des marcheurs.

Cet itinéraire non balisé (5,5 km plus long) évolue entre champs et forêts, où l’eucalyptus règne bien souvent en maître. Introduit dans le pays au début de la dictature de Franco, dans une politique de reforestation rapide et rentable, il possède un bois très apprécié par les industries du papier et du bois.

L’eucalyptus a tendance à conquérir du terrain, évinçant les espèces endémiques (chêne ou châtaignier), et à former des forêts denses. L’arbre australien est très gourmand en eau et absorbe celle du sous-sol ; il est aussi pyrophyte, résilient face aux feux et capable de se régénérer après avoir brûlé.

Camino Francés entre Castañeda et Ribadiso Camino Francés entre Castañeda et Ribadiso

Nous retrouvons le Camino Francés à proximité du pont de Ribadiso. Construit au XIIe siècle sur le río Iso, ce pont se compose d'une unique arche en plein cintre. La rivière, affluent du río Ulla, semble ici propice à la baignade...

Pont de Ribadiso

Le pont a subi des reconstructions ultérieures (XIIIe ou XIVe siècle) qui coïncident avec l’édification d’un hôpital pour pèlerins ; ce dernier, restauré en 1992, est à présent une auberge. Au milieu de la rue, un « voluntario » propose d'apposer le tampon sur la credencial.

Sello en Ribadiso

Un peu plus loin, à l’approche de la N547, nous optons, à nouveau, pour une variante non balisée (1,7 km plus longue). Si nous faisons ce choix ici, c’est pour éviter le tronçon « officiel » d’un kilomètre au bord de la grand-route.

Ce parcours, essentiellement au milieu des eucalyptus, passe à côté de la fontaine de Quenlla (rénovée en 2024). Une légende, associée à cette source, est décrite sur un panneau.

Camino Francés entre Ribadiso et Arzua Camino Francés entre Ribadiso et Arzua

De retour sur le Camino Francés, à l’entrée d’Arzúa, il nous reste 600 mètres à parcourir, le long de la N547. Vers 15 h 30, après avoir découvert une autre grande fresque de l’artiste Mon Devane, nous parvenons à notre hébergement.

Arzúa, Estrellas del Camino

Plan du parcours